‹ Contribution à l'Étude des Manifestations Nerveuses dans le PaludismeChapitre 4 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les différents auteurs qui se sont occupés du paludisme ont insisté sur l'importance des troubles du système nerveux dans cette maladie. Au début, on ne connut de ces troubles, indépendamment de l'exagération des symptômes nerveux habituels du paludisme, que les diverses névralgies.

Torti, Maillot (1836) décrivent des paralysies paludéennes.

Ouradou, en 1851, et KEug. Vincent, en 1878, consacrent à ce sujet leur thèse inaugurale, et relatent de nombreux cas d’aphasie transitoire.

Landouzy et Brissaud consacrent quelques pages à ce sujet. Grasset en fait l’objet d’un chapitre spécial de son Traité des maladies du système nerveux.

Kelsch, puis Laveran, font mention de troubles nerveux moteurs.

Boinet et Salebert, dans un important mémoire paru dans la Revue de Médecine (1889), décrivent des paralysies, des troubles moteurs et des atrophies musculaires.

Trabut, en 1889, inspire à son élève Périnelle, une thèse sur l’Accès pernicieux tétanique dans la malam4,

DR ane

L. Demilly, en 1897, publie, à Lyon, une thèse sur Les névrites périphériques paludéennes.

Claude, en 1903, dans sa thèse inspirée par Crespin, signale une localisation de la douleur sur le nerf phrénique et décrit Les névralgies diaphragmatiques d'origine palustre.

Dumolard attire l'attention sur les localisations médullaires en publiant, dans le Bulletin Médical de l'Algérie d'avril 1910, une observation très démonstrative de syndrome de Landry chez un paludéen, et le même auteur va publier incessamment une observation recueillie par le Professeur Scherb, dans laquelle un syndrome syringomyélique évolue consécutivement à des accès paludéens.

ÉTIOLOGIE - FRÉQUENCE

Quelles sont les causes qui favorisent la producton des manifestations nerveuses chez les paludéens ?

L'âge ne semble pas avoir d'influence. Mais il faut signaler comme cause prédisposante, toutes les causes qui mettent le système nerveux en état de moindre résistance. C’est d’abord l'hérédité nerveuse et aussi les tares des ascendants : syphilis, alcoolisme, tuberculose, arthritisme. Ce sont les infections : tuberculose, grippe, pneumonie, fièvre tvphoïde, ete. : ce sont les intoxications : saturnisme, alcoolisme, arsenicisme ; ce sont les affections viscérales organiques produisant des troubles de circulation du cerveau : les affections cardiaques : enfin toutes les faligues, le surmenage, le froid humide, etc.

Nous n'avons pas trouvé, dans l'ensemble des observalions que nous avons eues sous les yeux, que les formes de fièvres influent sur la produetion de ces manifestations nerveuses. On les rencontre aussi bien dans le type quarte, tierce, quotidien ou continu.

La date de l'infection paludéenne ne semble pas non plus avoir d'influence ; nous avons rencontré les névrites, les névralgies, aussi bien chez d'anciens

paludéens que dans des fièvres de première invasion.

L'étiologie de ces manifestations nerveuses est, en somme, fort obscure et, à part les grandes causes de fatigue du système nerveux, on ne sait à quoi attribuer cette localisation élective sur les centres nerveux.

Cette localisation est-elle fréquente ? Nous manquons de statistiques nous permettant de formuler une réponse précise sur ce point. Nous devons nous en rapporter aux impressions des auteurs qui ont étudié la quesiton :

Griesinger observe, sur 414 cas de fièvre intermittente traités à Tubingue : ;

NEV rare AREA EEE CIS 13 cas Névralgies disséminées dans la tête. 7

Névra lien UN ARE Névralgietintercostale ne, een

{ 10), il »)

Ce qui donne environ 5 cas pour 100 malades.

Kelsch et Kiener indiquent, par ordre de fréquence, les névralgies de la 5° paire (principalement branches sus et sous-orbitaires), et ensuite les névralgies du nerf occipital, des intercostaux et du sciatique. Il indique comme névralgies rares, celles des cruraux, des jambiers antérieurs et postérieurs. Ces derniers auteurs n'indiquent pas de chiffres permettant d'apprécier la fréquence relative.

Dans la thèse de Claude qui étudie la névralgie diaphragmatique, nous trouvons ceci : « Avec M. le Docteur Crespin, nous pourrons dire que la névralgie diaphragmatique se rencontre deux ou trois fois sur cent cas de malaria ».

Pour les névrites, les renseignements permettant d'apprécier la fréquence, font absolument défaut. Boinet et Salebert, Demilly, ete., sont muets sur cette question.

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