RE IOUER
Pouls fréquent. Température : 38. :
On pose le diagnostic : catarrhe, hyperhémie et œdème pulmonaire, suites de néphrites,
Saignée et applications de sinapismes.
À 11 heures 1/1, coma, convulsions cloniques des muscles de la nuque, de la face, des yeux et des bras. Pupilles resserrées, cet accès dure $ minutes, au bout desquelles le malade reprend connaissance.
Le malade tousse, vomit, le pouls est irrégulier.
Le $ décembre à 3 heures du matin, nouvel accès plus long que le premier.
À 9 heures du matin, pouls et respiration fréquents, céphalalgie, température au dessus de 380, matité aux bases en arrière, râles crépitants, respiration bronchique, expectoration sanguinolente, urine peu albumineuse.
Pendant la journée, le pouls est plus régulier et la toux a diminué, on institue des frictions à l’onguent napolitain.
6 décembre. — Le mieux se maintient, la matité et la respiration bronchique sont moindres, l’urine plus abondante contient moins d’albumine, l’œdème des membres inférieurs est cependant plus prononcé.
7 décembre. — Pouls : 6o. Etat général beaucoup meilleur, mais un peu d’ascite, on continue les frictions et on donne l’iodure de potassium à la dose de o gr. 30 toutes les $ heures.
8 décembre. — Urines très abondantes, peu. d’albumine, sueurs profuses, l’ascite a diminué.
Cette amélioration va croissant jusqu’au 20 décembre.
À cette époque, à peine un peu d’albumine dans l'urine, on prescrit le sirop d’iodure de fer.
Fin décembre. — L'exanthème a disparu, les ganglions sont plus petits, l’urine est légèrement acide et ne contient pas d’albumine,
On ordonne du tannin et du fer.
Au mois de février suivant, nouvelle administration de mercure pendant quelques semaines, au bout de ce temps, Île malade fut complètement rétabli.
OBSERVATION VI (Lécorché et Talamon. Etudes méd.) Syphilis. Dégénérescence amyloïde du foie et des reins.
R..., âgé de 37 ans, entre le 4 décembre 1879. Le malade nie tout accident syphilitique, mais son frère qui l’amène à la maison de santé, nous dit qu'il a eu un chancre induré à l’âge de 22 ans. Le malade a des tibias caractéristiques, déformés, à bord antérieur déchiqueté, à face interne rugueuse et boursoufiée. En outre le nez est écrasé et comme enfoncé à sa partie moyenne. Pas d’autres maladies.
En 1872, sans cause connue, sans refroidissement, anasarque généralisée, pendant trois ans il est resté malade, ayant le matin les yeux bouffis, le soir les malléoles enflées.
En 187$, l'œdème ayant envahi le scrotum, il est entré à l'hôpital ; on a trouvé alors de l’albumine dans les urines. Il est sorti en février 1876 n'ayant pas d'œdème.
Depuis lors il n’a plus ni gonflement de la face, ni enflure des pieds, légère polakiurie.
Il y a un mois, point de côté à droite, frisson, dyspnée, on l’a traité pour une pleurésie. Depuis lors, il urine peu.
Depuis trois semaines, diarrhée abondante, continuelle, sept à huit selles en moyenne dans les 24 heures, liquides, jaunâtres ou verdâtres.
Depuis trois semaines aussi la gorge est douloureuse, elle est toujours sèche et il a de la peine à avaler, Pas d'œdème, trois vésicatoires sur le côté droit.
Etal actuel. — Face d’une pâleur de cire caractéristique, mais sans bouffissure. Le doigt imprime à peine un léger godet sur la face interne du tibia. Tousse peu, crachats muco-purulents qui viennent de l’arrière-gorge. Submatité à la base droite, pas de souffle ni d'égophonie ; la respiration s'entend jusqu'en bas, un peu obscure seulement à la partie inférieure. Rien à gauche ni aux sommets.
Foie et rate à l’état normal. Le voile du palais et l’isthme du gosier sont rouges, un peu œdématiés; sur le milieu du voile du palais. à son insertion à la voûte palatine, on voit trois petites ulcérations, allant de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’une lentille, recouvertes d’une mince pellicule grisâtre. Îl en existe deux autres arrondies, l’une vers la dernière molaire gauche, l'autre sur le pilier antérieur droit. Le malade se plaint surtout de la gorge ; déglutition difficile, à chaque instant crachats visqueux, adhérents, sanguinolents. Dyspnée trèS marquée dès qu’il se lève. Battements du cœur un peu irréguliers ; pas de souffle. Bruits de galop à gauche
vers la partie moyenne du cœur. Urines rares, précipité abondant d’albumine.
s. — Huit selles en diarrhée depuis hier, sans douleurs.
6. — Le maiade est dans un état de demi-torpeur continuelle à. moitié somnolent, sans forces, se laissant soulever sans essayer de s'aider.
8. — Les ulcérations du voile du palais se sont réunies formant une large plaque recouverte de détritus grisâtres. La voix est
éteinte, le malade se plaint de la gorge, il avale avec peine et R. 8
respire difficilement par la bouche entr'ouverte, urines très rares, trois à quatre selles en diarrhée.
14. — Le malade a continué à baisser rapidement. Intelligence de plus en plus obtuse, affaissée. Somnolence et torpeur presque ftyphiques. Gorge couverte d'ulcérations grisâtres, odeur fétide ammoniacale de l’haleine. Langue sèche encroûtée de sang.
Mort à 11 heures du matin.
A utopsie faite 48 heures après la mort. — Adhérences celluleuses peu résistantes dans la base droite. Pas de liquide. Poumons parfaitement sains. Un peu de congestion hypostatique. Péricarde sain. Pas d'hypertrophie du cœur; parois du ventricule gauche, 1$ millimètres d'épaisseur, coloration rouge, normale ; valvules saines ; pas de lésion aortique. .
Foie gros, ferme, dur, ‘coloration rouge clair, uniforme. Il est notablement augmenté de volume, très pesant. Un peu de périhépatite à la face convexe.
Rate de volume ordinaire ; couleur violacée ; un peu résistante à la coupe.
Reins : le droit est plus petit que le gauche. Capsule un peu épaissie et adhérente; pas de kystes; surface lisse en
général, mais présentant quelques sillons. Coloration blan- :
châtre mêlée de rouge clair ; sur une coupe, la couleur blanc jaunâtre domine ; elle occupe toute la substance corticale qui est épaissie; la coupe est résistante. Le rein gauche, plus volumineux, offre le même aspect : il est induré, bosselé, irrégulier; mêmes adhérences de la capsule, même coloration blanchätre, Rien dans les bassinets ni dans la vessie.
L'estomac est grisâtre, la muqueuse, non plus que celle du gros intestin ou de l'intestin grêle, n’offre aucune lésion appréciable à l'œil nu.
L'examen microscopique des reins, colorés par le violet de