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« premières observations furent publiées, elles ne « furent acceptées qu'avec beaucoup de méfiance ; des « cliniciens de grande valeur, des syphiligraphes « rompus à toutes les difficultés du diagnostic ne « voulurent voir là qu'une simple coïncidence. Mais « aujourd’hui l’hésitation n'est pas possible et je crois « que tout médecin qui voudra étudier les observations « qui ont été publiées, ne pourra plus mettre en doute « cet accident de la syphilis, accident rare, je le « reconnais, mais qui n'est pas douteux. »
Lorsqu'on réfléchit aux difficultés que présente le diagnostic de la néphrite syphilitique, aussi bien à la période secondaire qu’à une époque plus tardive, on comprend que des cliniciens de la valeur de Hardy, Coupland, Barlow, etc., n'aient voulu voir dans la néphrite apparaissant dans le cours de la syphilis qu'une simple coïncidence.
Après Rayer, Ricord, en 1860-61, cite quelques cas de lésions rénales qu'il n'hésite pas à rattacher à la syphilis.
Puis viennent les travaux de M. Lancereaux, puis ceux de M. Cornil, puis ceux de ce dernier auteur en collaboration avec M. Brault, qui apportent une confirmation aux travaux de Rayer.
En 1867, le professeur Perroud, de Lyon, publie deux observations d'albuminurie d'origine syphilitique ; mais nous devons dire que ces deux observations sont peu probantes, car dans chacune d'elles l'albuminurie pourrait être rattachée à une autre cause.
Frerichs, en 1871, pense que si des manifestations
rénales peuvent être attribuées à la syphilis, celle-ci ne contribue au mal de Bright que comme cause de cachexie,
M. Mauriac, dans son livre sur la syphilis tertiaire, nous dit que dès 1869 son attention avait été éveillée par un malade qui avait présenté de l'albuminurie à une époque très rapprochée de l'accident primitif.
En 1878, M. le docteur Descouts présente, dans sa thèse inaugurale une observation non douteuse d'albuminurie Ssyphilitique, survenue à une époque très rapprochée du début de la syphilis (53 jours après l'apparition du chancre).
L'année suivante, Drysdale publie un travail sur la syphilis rénale, et communique l'histoire clinique d’un cas de néphrite syphilitique survenue dix mois après lPapparition du chancre. Puis parurent les travaux de Wagner et de Burkmann (1), dans lesquels ces auteurs publient plusieurs observations de néphrite syphilitique précoce.
M. Barthélemy (2) publie, dans les Annales de Dermalologie de 1881, un long article sur quatre observations de néphrite syphilitique survenue aux diverses époques de la syphilis et,1il conclut en disant : « Les néphrites sont une des complications de toutes les périodes de la syphilis même acquise. »
L'année suivante, Wagner (3) publie huit cas de
(1) Burkmann. Deutsche med. Woch., 1880, n° 4. (2) Barthélemy. Ann. de dermat., 1881.
(3) Wagner. Deutsche Archiv. für Klinische Med., 1882.
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mal de Bright aigu, observés chez des malades atteints d'accidents tertiaires, et, fait remarquable, de syphilides ulcéreuses.
En 1886, M. Horteloup, dans le travail cite en tête de cet historique, sépare très nettement l’albuminurie survenant dans les premiers mois de la syphilis, de celle qui apparaît plus tard dans la deuxième ou troisième année. ;
La même année, M. Mauriac (1), dans trois articles ayant pour titre « Syphilose du rein », publie une étude approfondie sur les néphrites survenant aux diverses époques de la syphilis. 3
L'année suivante, M. le professeur Jaccoud (2) publie plusieurs leçons cliniques sur la syphilis rénale.
La même année, MM. Lécorché et Talamon (3) désignent sous le nom de syphilis Brightique précoce, une néphrite diffuse caractérisée par tous les symptômes du mal de Bright. |
À partir de cette époque, la néphrite syphilitique précoce semble bien définitivement admise. Cependant, en 1691, M. Welander (4), tout en reconnaissant la possibilité des néphrites précoces d’origine syphilitique, les considère comme rares : pour cet auteur la plupart. des albuminuries, avec cylindres urinaires, proviendraient du traitement mercuriel.
(1) Mauriac. Achives générales de médecine, 1"° série, t. XVIII. (2) Jaccoud. Leçons cliniques de la Pitié, 1887.
(3) Lécorché. Médecine moderne, sept. 1891.
(4) Welander. Separatabdruck von Nord med. Arkiv., t. XXIII.
L'année suivante, M. Schwimmer, au deuxième congrès de dermatologie à Vienne, dit qu'on ne doit pas incriminer le traitement mercuriel dans l'apparition de l’albumine chez des syphilitiques.
En 1893,MM. Hudelo et Darier communiquent, à la Société de dermatologie et de syphiligraphie, deux observations très probantes de mal de Bright syphilitique précoce terminé par la mort.
Ces deux observations sont l'objet de très judicieuses réflexions de M. le professeur Fournier, réflexions que nous trouverons exprimées aux différents chapitres de l'étiologie, du diagnostic et du pronostic.
La même année, M. Neumann (1), au sujet d’un malade qu'il présente, se demande si la présence de l'albumine, à la phase initiale de la syphilis, n'est pas un phénomène accidentel.
Toujours en 1893, M. le docteur Gastou communique à la Société de dermatologié une observation remarquable à un double point de vue : le malade présentait un chancre géant de l'abdomen et l'albumine était apparue pendant l'évolution du chancre.
L'année suivante, M. Elsenberg (2) publie un très important travail sur les néphrites syphilitiques, en s'occupant plus particulièrement de l'anatomie pathologique et du diagnostic. À peu près en même temps, M. Welander (3) revient, en y insistant, a ses con-
(1) Neumann. Société viennoise de dermatologie, 1803. (2) Elsenberg. Archiv. für dermat. und syphilis, 1894. (3) Welander. Archiv. für Dermat. und syphilis, 1894.
RP clusions de 1891; 4l publie de très remarquables expériences ayant trait à l'action du mercure sur le rein des animaux ; ilen déduit qu'il ne faut pas rapporter à la syphilis la présence de l'albumine dans l'urine, pendant le traitement mercuriel, mais bien à l'irritation rénale causée par l'élimination du mercure.
Citons encore les thèses inaugurales de MM. Negel (1882), Cohadon (1882), Boukkeieff (1889), Prendergast (1892), Pannetier (1893), de la Faculté de médecine de Paris,