PRÉLIMINAIRES — PREMIÈRES TENTATIVES
Réalisation de maquettes d'étude. — Le souci constant qui a guidé nos recherches a été d’accroître la sensibilité des mesures et de nous approcher, dans la mesure du possible, de la perfection limite, à savoir la détermination de la conductivité ou de sa dérivée
à un niveau fixe de la cellule, dans une couche de
liquide infiniment mince. Comme il ne peut être question de diminuer indéfiniment la taille des électrodes et leurs distances respectives, il faut chercher à obtenir les meilleures performances d’un ensemble de dimensions raisonnables.
. Nous fondant sur le fait que la configuration de nos électrodes admettait généralement des surfaces équipotentielles sensiblement cylindriques, sauf, peutêtre, à l'extrémité, nous avons pensé pouvoir étudier plus commodément leur forme d’après leur section plane sur des maquettes à grande échelle. De toute facon, une représentation plane, même imparfaite,
‘permet de juger de l’allure des phénomènes dans l’es-
pace. Le problème s’est donc posé de réaliser avec un conducteur homogène plan et des électrodes, une image d’une cellule de mesure. Ce conducteur plan devait permettre le tracé du réseau des lignes équipotentielles, au moyen d’une pointe tâteuse, comme l'ont déjà fait certains auteurs dans des cuves d’électrolyse.
Nous avons d’abord utilisé une solution électrolytique (KCI ou SO,Cu), fixée par de l’agar-agar, coulée au fond d’une cuve plate, puis la couche de gélatine, imprégnée de solution conductrice, d'un papier ou d’une plaque photographiques. Les meilleurs résultats ont finalement été obtenus avec une plaque, fixée, rincée, et imprégnée par immersion dans une solution glycérineuse de chlorure de potassium ; la plaque, égouttée et mise à sécher, acquiert, au bout de quelques heures, une imprégnation assez stable et homogène, fonction de l’état hygrométrique de l’atmosphère. Les électrodes sont des plaquettes ou des
MESURES D'ÉLECTROPHORÈSE PAR CONDUCTIMÉTRIE ESSAI D'ANALYSE DE LA RÉPARTITION DU COURANT ENTRE DES ÉLECTRODES DE CONFIGURATIONS VARIÉES
rondelles métalliques percées d’un trou, appliquées à pression sur la couche de gélatine molle, une goutte de mercure déposée dans le trou sert à établir le contact.
Tracé des lignes éqripotentielles. — Les électrodes sont connectées en parallèle aux bornes du pont de conductivité à basse impédance, sur lequel débite le générateur basse-fréquence. Le curseur du pont et la
Fig. 38.
borne « masse » d’un amplificateur de zéro à œil cathodique sont reliés à la terre, tandis que la pointe tâteuse est reliée à l’entrée de l’amplificateur par un fil blindé. Pour chaque position du curseur, on peut suivre une ligne équipotentielle avec la pointe en maintenant au minimum la tension de déséquilibre. Ce minimum est assez flou, comparé à nos mesures de conductivité habituelles ; nous avons utilisé pour la commodité un amplificateur à deux étages penthodes à alimentation secteur incorporée, à sortie sur œil cathodique, après détection et filtrage de l’ondulation résiduelle ; ce dispositif confère une certaine inertie à l'indicateur de zéro, mais permet d'observer des secteurs d'ombre à bords très nets, même en présence d’une très forte proportion de ronflements et de parasites.
Les figures I et I’ montrent les réseaux d’équipotentielles pour électrodes collées à la paroi isolante.