‹ Contribution à l'étude des Métrites SénilesChapitre 24 sur 28 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

(Docteur Maurange, Gazette hebd. 1895).

Une malade, âgée de 68 ans, diabétique, aortique, albuminurique, se plaint, tout à coup, d'une leucorrhée abondante dont elle a commencé à souffrir il y a 3 semaines environ. Malgré la gravité de son état, comme elle dit éprouver une vive douleur en urinant, nous procédons à son examen :

Col gros, congestionné, laissant écouler du pus par

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le museau de tanche. Vagin très enflammé. Nous étions très perplexe, lorsque le mari, homme de 60 ans,vint nous avouer qu'il avait contracté depuis 6 mois, hors du lit conjugal, une blennorrhagie réduite en ce moment à une goutte militaire tenace. |

Désormais la pathogénie se trouvait éclairée d'un jour singulier. Malheureusement, l'ageravation de l'état ne permit pas de contrôler par l'examen bactériologique la justesse d’une hypothèse à laquelle les commémoratifs semblaient donner quelque créance.

OBSERVATION XIX (Personnelle)

Madame Louise D.…., rentière, 57 ans, entrait le 12 juin 1895 au pensionnat de l’Hôtel-Dieu de Rouen.

Antécèdents hérédilaires. — Mère morte très jeune d'une maladie de poitrine.

Père mort à l’âge de 47 ans d'une affection de l’estomac dont elle ne peut préciser la nature.

Un frère bien portant. ;

Antlécédents personnels. — Aurait eu une bronchite vers l’âge de 12 ans.

Réglée à 17 ans.

Mariée à 21 ans.

Elle a eu 4 enfants dont deux sont morts, l'un tres jeune d'une broncho-pneumonie, suite de rougeole, et l'autre d’une fièvre typhoïde (?) à l’âge de 21 ans.

Les deux autres jouissent d’une santé relativement

bonne. Ses accouchements auraient été normaux. Elle n'aurait, jusqu'à ces dernières années, ressenti absolument aucun trouble du côté de ses organes génitaux. N'est plus réglée depuis 9 ans.

Jusqu'à la ménopause ses règles auraient été à peu près normales.

Elle entre à l'Hôtel-Dieu pour des douleurs dans le ventre et des pertes abondantes et fétides qui auraient commencé il y a 6 mois et n'auraient fait que s’accentuer malgré les injections vaginales ordonnées par un médecin qu'elle avait consulté dès le début.

Etat actuel. — L'aspect général de la malade est bon. Son teint est un peu jaune, mais elle prétend quil en a toujours été ainsi. D'ailleurs son embonpoint n'aurait fait qu'augmenter dans ces dernières années.

A la palpation du ventre on ne sent pas l'utérus (parois abdominales très épaisses), mais on provoque une légère douleur sur la ligne médiane.

Au toucher, on arrive facilement sur le col qui est gros et dur, mais ne présente aucune trace d’excoriations ni de végétations. Cependant, une certaine sensation velvétique fait penser à des ulcérations de la muqueuse.

Le corps de l'utérus est augmenté de volume, mais mobile. La malade accuse une douleur assez vive lorsqu'on fait basculer l'organe qui est en retroversion iégère.

Les culs-de-sac sont libres.

Le doigt ramène des mucosités fétides.

Le spéculum confirme les données du toucher au sujet de l’état du col qu'il montre violacé et recouvert de quel-

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ques ulcérations grisältres. Léger ectropion de la lèvre postérieure.

L'hystéromètre, dont l'introduction est pénible et douloureuse, indique que la cavité utérine mesure 8 centimètres.

Aussitôt l'instrument retiré, on constate l'émission d'une certaine quantité de pus sanieux et fétide.

On réserve le diagnostic.

Pansement à la gaze iodoformée.

La malade, ayant formellement refusé de se soumettre à l'anesthésie et présentant d’ailleurs une légère insuffisance mitrale, on abandonne l'idée d'un curettage,

è 15 juin, au soir. — Pose d'une tige de laminaire et pansement vaginal.

16 juin. — Après quelques difficultés, on parvient à enlever la tige de laminaire, dont la forme en sablier indique un rétrécissement assez marqué au niveau de l'isthme. Dilitation prudente avec les tiges dilatrices d'Hegar.

Grand lavage intra-utérin au sublimé et introduction d’un drain intra-utérin.

Pansement vaginal.

18 juin. Grand lavage de la cavité utérine à l’eau bouillie, à travers le drain laissé en place.

Injection vaginale et pansement avec des tampons imbibés de glycérine iodoformée.

Ce pansement est renouvelé tous les 3 jours pendant 15 jours.

3 juillet, L'utérus ayant accouché de son drain on en introduit un nouveau qu'on suture à la lèvre du col, et le

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même traitement est continué pendant 15 jours au bout desquels, tout écoulement ayant cessé, on cesse le drainage.

Pendant une semaine on fait des injections vaginales suivies d’un petit pansement à la gaze iodoforme.

23 juillet. La malade ne présentant plus ni écoulement ni douleurs, sort de l'hôpital.

Six mois aprés, nous avons revu madame D... Sa santé s'était maintenue excellente. Il est vrai qu’elle a toujours continué chez elle à prendre des injections et que sa situation de fortune lui a permis de garder un repos presque absolu.

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