‹ Contribution à l'étude des métrorragies des jeunes fillesChapitre 10 sur 26 · PEN ES · texte numérisé non relu

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taux en 1897, puis dans son traité des maladies des femmes en 1909, admet également la fréquence de ces accidents. Pour tous ces auteurs, c’est de toutes les cardiopathies, le rétrécissement mitral qui favorise le plus les métrorragies.

= Dans certains cas même, cet accident estle premier symptôme ; c'est pour des métrorragies que la malade vient consulter, et sa lésion cardiaque, sans un examen complet, passerait inaperçue. À ce sujet, Dalché et Robin rapportent l'observation d’une jeune fille forte, grande, de belle apparence, qui demandait des soins pour des métrorragies répétées, incoërcibles. Chez elle, tout moyen thérapeutique échouait, elle sortait d’un service de chirurgie où on avait pratiqué en vain le curettage. A la suite d'une pleurésie, elle s'était plainte quelque temps de dyspnée et, à l'examen des organes thoraciques, les auteurs furent fort surpris de constater un rétrécissement mitral que rien ne pouvait faire soupçonner.

Rapproclhons de ces cas l’observation suivante :

. Mlle S.., 23 ans. Vient consulter, le 8 janvier 1921, pour des métrorragies,et peur un état de fatigue et une toux fréquente.

Ant. Héréd, — Père et mère bien portants. Mère est réglée normalement, Ant. Pers. — Bronchites fréquentes de 3 à 7 ans ; depuis cet

âge, était bien portante, :

Réglée à 12 ans. Dès la puberté, les règles ont été très douloureuses, surtout une fois sur deux, obligeant souvent la jeune fille à quitter son travail. Elles sont fréquentes, reparaissent au bout de trois semaines, ou même de quinze jours ; toujours abondantes, persistant pendant 6 ou 7 jours. Jamais de pertes de sa ig dans l'intervalle des règles. Les épistaxis qui n'étaient pas rares dans

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l'enfance, ne se sont plus produites depuis l'établissement des règles.

En 1918, grippe avec congestion pulmonaire et pleurésie sèche d’une base.

Examen. — La malade se présente avec un aspect chétif, le corps est insuffisamment développé, la taille est un peu inférienre à la normale, l’état de maigreur est marqué et le teint pâle.

Le pouls est régulier, petit, rapide, 92.

A l'examen du thorax, on constate quelques varicosités.

Pas de ganglions axillaires ni sus-claviculaires, On ne trouve aucune modification de la respiration, ni de la sonorité pulmonaire ; mais en appliquant la main sur la région précordiale, on constate que le choc de la pointe du cœur est très vif, et qu’il existe un petit frémissement dont le maximum siège dans le troisième espace intercostal, An niême niveau, on trouve à l’auscultation, un roulement diastolique suivi d’un souffle présystolique. L’oreillette gauche paraît d’ailleurs augmentée de volume puisqu'elle donne une zone de matité dorsale, allant de la 3° à la 6° vertèbre.

I s’agit donc d’un rétrécissement mitral pur, qui semble être la cause des ménorragies.

La malade est mise au repos ; on lui donne en outre uue petite dose de teinture de digitale,

Revue le 23 janvier: beaucoup meilleur état. La malade né tousse plus ; se sent beaucoup moins fatiguée, a pu reprendre son travail. Les règles n'ont pas encore reparu ; les dernières datent du 1‘ janvier, et elles avancent habituellement de huit jours au moins. Quelques boutons d’acné sur le dos et la poitrine ; cette éclosion d’acné accompagne en général la période menstruelle ou la précède de quelques jours Pouls moins rapide : 80.

La malade à été revue en mars. Elle a eu ses règles le 28 jan vier, puis le 26 février, espacées par conséquent chaque fois de 4 semaines, nettement moins abondantes que les mais précédents, mais ayant toujours présenté une durée de 5 ou 6 jours.

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De toute façon, c’est en général dès la puberté que se produisent les premiers troubles. Les règles apparaissent souvent tardivement, mais elles sont d'emblée longues, abondantes ; parfois même il se produit des hémorragies dans VPintervalle. Plus tard seulement, lorsque la compensation ne se fait plus, lorsque l’état général est profondément altéré, l’aménorrhée s'établit. Il est exceptionnel de voir des hémorragies dans la période ultime, comme dans un cas cité par Vulpian.

On à longtemps attribué à la simple gêne circulatoire les hémorragies utérines du rétrécissement mitral. C’est ce qui expliquerait leur plus grande fréquence dans les affections cardiaques qui entraînent les modifications les plus marquées au point de vue de la circulation sanguine périphérique.

Castan met au second plan cette gêne circulatoire, rattachant aux troubles de la nutrition générale ét à l’auto-ins toxication qui en résulte, les métrorragies des cardiaques.

Dalché insiste sur ce que la lésion cardiaque seule ne suffit pas ; la meilleure preuve en est que beaucoup de ces malades ne présentent jamais aucun trouble utérin. Il paraît admettre qu’il faut, dans tous les cas, un trouble ovarien : « Si les troubles ovariens apportent de l’irrégularité dans l'apparition et même dans la quantité des règles, l'utérus influencé par le cœur exagère la perte sanguine, entretient et allouge sa durée et finit par la provoquer dans la période intermenstruelle...On ne doit pas exagérer le rôle de l'ovaire, mais on doit encore moins le passer sous silence... La éongestion physiologique appelle, localise, exagère la conges-

tiou pathologique passive. Il y a un utérus cardiaque,comme

il y a un foie, un rein cardiaque. La congestion sanguine se fixe sur le foie, le rein, de par le tait d’une tare antérieure, alcool, lithiase ; elle se fixe sur l’utérus de par le fait d’un molimen cataménial vigoureux. »

Ceci explique pourquoi les ménorragies des cardiaques surviennent, le plus souvent, au moment de la puberté, époque où le développement rapide des organes génitaux entraîne leur plus grande sensibilité ; tandis qu'avant cette époque, chez les enfants atteints d'affection cardiaque, les hémorragies sont extrêmement rares.

Déjà Dalché s’est demandé quel rôle joue l'hypertension dans les ménorragies de la puberté. La question devient maintenant d'autant plus intéressante qu’on à étudié de plus près le rôle du suc ovarien sur la tension artérielle, Peutêtre, au moins, se produit-il une poussée d’hypertension passagère, qui serait aussi bien sous la dépendance de Povaire que du cœur. Celle-ci expliquerait d'ailleurs l’influence heureuse qu’ont souvent ces métrorragies chez les cardiaques, influence constatée depuis longtemps, et sur laquelle ont insisté plusieurs auteurs, tels que Peter, Nigel Stark. Aussi certaines de ces hémorragies, loin d’être une complication grave, demandent-elles, lorsqu'elles ne dépas-

sent pas certaines limites, à être respectées.

: Maladies du rein

Faut:il attribuer aussi à l'hypertension les métrorragies qu’on voit survenir chez des jeunes filles atteintes d’albu-

minurie. Sans doute, le mécanisme qui préside à la genèse

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de ces accidents n’est il en rien différent de celui qui provoque les hémorragies de toutes sortes qui surviennent dans cet état pathologique : épistaxis, hémorragies rétiniennes. Bien qu’elles soient moins fréquentes que beaucoup d’autres hémorragies, certains auteurs les ont déjà observées et en

ont recherché les raisons.

Pour Johnson, la ménorragie est un des symptômes qu’il fant rattacher à la maladie des reins, avec urine albumineuse. West à fait la même constatation. Trier, de Copenhague, publie, à ce sujet, deux cas dans lesquels « l’explo ration ne révéla aucune lésion des organes génitaux; mais, à lPautopsie, on découvrit une néphrite chronique avec hypertension du ventricule gauche, et un épaississement de la tunique musculaire des petites artères utérines.» Dalché fait remarquer que la néphrite granuleuse, scléreuse, s’accompagne suuvent d’une dégénérescence scléreuse, athéromateuse des nombreuses artères de l’économie et particulière-

ment de celles de la matrice.

Connaissant cependant la fréquence et la gravité des hé morragies chez la parturiente albuminurique, il ne peut pas nous paraître surprenant de rencontrer ces hémorragies chez des jeunes filles atteintes elles aussi dalbuminurie, et ‘il nous semble logique de chercher à les expliquer par les mêmes causes, encore mal déterminées, il est vrai; causes purement mécaniques, causes d’auto-intoxication générale auxquelles s'ajoutent peut-être, dans certains cas, comme l’a fait remarquer Dalché,des lésionsathéromateuses secondaires

artérielles de l’utérus, analogues aux autres lésions vaseu-

Jaires.

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