‹ Contribution à l'étude des métrorragies des jeunes fillesChapitre 21 sur 26 · RAT." CE · texte numérisé non relu

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sagers, souvent liés au développement, n’ayant pas de répercussion sur l’état général, et sans conséquence aucune sur la santé ultérieure. Les deux observations suivantes en font foi. -

Observ, de Gallard, donnée dans la thèse de Bouton, n° IX. 23 ans, confectionneuse, née à la campagne. Réglée à 16 ans. A la suite des fatigues de la moisson, vives douleurs, plus violentes les mois suivants, à l’époque correspondante, Règles abondantes, durant 6 à 8 jours, régulières dans Jeur apparition, séparées par 8 à 10 jours. Dans l'intervalle des métrorragies, écoulement leucorrhéique continuel. Anémie

Mariage à 17 ans. Règles gardent les mêmes caractères, 2 grossesses normales ; enfants normaux. Pendant les grossesses santé parfaite, pas de métrorragies ni de leucorrhée. ‘

Six semaines après les accouchements les règles reparaissent, abondantes comme avant, mais sans troubles de la santé.

PG:.., 2 ans, charcutière, entré le 25 septembre 1916, salle Bichat, dans le service du D” Siredey.

Ant. Héréd. — Père birn portant, cultivateur. Mère, 49 ans, habituellement bien portante. Réglée à 17 ans, très abondamment. Actuellement souffre du ventre, prolapsus utériu, 7 enfants, dont 2 morts, l’un le jumeau de la malade, à quelques jours. 5 autres enfants, l'aînée 29 ans fut réglée vers 15 ans normalement, mariée, 2 enfants Les 3 autres sont des garçons.

Ant. Pers. — Rougeole à 8 ans et à 11 ans. Pas d'autre maladie : toujours bien portante. |

Réglée à 13 ans, normalement, cependant les règles durent une semaine, abondantes surtout pendant 4 jours. Aucune douleur. Aucune perte dans l’intervalle, cependant à l’occasion d’une fatigue, quelques pertes de sang à quelque époque que ce fût du mois, ne modifiant pas LA date d'apparition des règles suivantes, A 13 ans 1/2, est venue à Paris (sept. 1908) comme apprentie

charcutière, Ce jour-là, perte de sang bien que ce ne fût pas la

date, pendant une journée seulement, et très peu abondante, Pendant 18 mois. suppression des règles, Bonne santé générale ;

cependant céphalée fréquente, le jour surtout. Epistaxis fré-

quentes, le matin au réveil, 2 ou 3 fois par semaine,

En 1910, après ingestion de cachets de safran, reprise des règles, normales, durant 3 ou 4 jours, très peu abondantes, sans douleur, revenues à dates régulières pendant 2 ans.

En 1912 (septembre), rentre chez elle, à la campagne, pendant un mois. Pendant ce séjour, à la suite d’un accident survenu le 19 septembre (écroulement dans une carrière) les règles sont venues à la date habituelle et normalement (Les précédentes dataient du 22 août). Nouvelles règles le 16 octobre, au moment du retour à Paris. Depuis cette date, plus de règles régulières. Pertes continuelles, tantôt légères, tantôt très abondantes. Tous les deux jours, en moyenne, une hémorragie très abondante (5 ou 6 garnitures). Malgré ces hémorragies, aucune fatigue, pas d'amaigrissement, pas de pâleur. La malade n’a pris ancun soin de sa santé jusqu’en juin 1913.

Un médecin consulté alors a conseillé du fer ; hémorragies en-

core plus abondantes, Puis ergotine pendant une dizaine de jours,

les règles se sont arrêtées pendant 3 semaines, puis reprise des

pertes, comme auparavant, jusqu’en juillet.

À cette époque, quelques malaises : vue trouble, vertiges, bourdonnements d'oreilles. Départ pour la campagne pour 15 jours ; arrêt des pertes. Pendant quelques mois, presque un an, règles presque régulières, un peu avancées, sans hémorragie dans

l'intervalle :

En 1914, le jour de Ja mobilisation, reprises des pertes conti-

nuelles, beaucoup plus abondantes pendant 4 ou 5 jours par mois

(et surtout un mois sur deux) ; mais persistant sans interruption

pendant tout le mois. Cependant l'hiver, les hémorragies, sans.

s’iunterrompre complètement, sont toujours moins abondantes que

l'été,

RAA, à A

Aucun malaise, aucun trouble de l'état général, sauf quelques nausées, et peu d’appétit.

La malade vient consulter le 23 septembre, et entre à L'hôpital le 25.

Examen. — Bien développée. Poids : 65 kg.

Rien aux poumons. Cœur normal. Froid atx pieds presque constant; les mains ne sont pas froides, Figure colorée (serait pâle au contraire l'été).

Dort bien, sauf dans les périodes où elle perd beaucoup ; cauchemars fréquents. Crises de larmes. Pas de crises de nerfs. Peu d’appétit. Quelquefois nausées, jamais de vomissements. Constipation très marquée, jamais de diarrhée.

Examen local : hymen intact, Toucher rectal : utérus, paraît normal. ;

Traitement : repos absolu. Glace sur le ventre. Thyrodose 2 tablettes pendant 7 jours.

2 octobre. Même état; les pertes continuent, abondance moyenne.

Seigle ergoté, 2 paquets de 0,50 centigr, pendant 3 jours.

5 octobre. Même état. Injections chaudes 4 par jour.

Les pertes ont diminué dès le jour même, et ont cessé complètement le lendemain. Depuis plus aucune perte. Sortie le 19 octobre 1916.

Revue le 15 janvier 1917. A séjourné tout le temps à la campagne. Aucune perte jusqu’au 8 novembre, A cette date, elles ont repris très peu abondantes, mais continuelles pendant 15 jours, non modifiées par les injections chaudes, puis pendant 8 jours, beaucoup plus abondantes. "Arrêt complet, la malade étant restée au lit 8 jours. Une semaine après reprise des pertes pendant 3 semaines, comme la première fois. Elles se sont arrêtées spontanément, pendant 8 jours.

Actuellement a ses règles depuis 3 jours, depuis son retour à Paris.

On conseille à la malade le repos complet au lit pendant les

pertes,

Revue le 30 mai 1917. En rentrant chez elle, la malade s’est couchée jusqu'au 24 janvier, avec injections chaudes, 2 fois par jour. Pertes avaient cessé le 20 janvier. Reprise des hémorragies le 26. Repos jusqu'au 3 février, S’étant levée quelques heures dans l’après-midi, a dû se recoucher parce que les pertes reprenaient jusqu'au 8. Reprise le 24 février ; lit jusqu’au 2 mars. Depuis cette date jusqu’au 2 avril rien.Règles du 2 au 6 avril,peu abondantes ; sans traitement. Pas de repos au lit,; mais très peu de fatigue, En mai, pas de pertes. Aucune douleur, Très bon état général.

Il faut remarquer ici le bon état général qui n’a jamais été altéré par ces hémorragies répétées dont nous avons cependant été à même de constater l'abondance par noas-même. Il est donc bien exact que dans certains cas, les ménorragies même importantes n’entraînent aucune conséquence grave.

Disons même que certaines hémorragies auraient plutôt une action favorable, probablement en combattant une hypertension passagère, comme telles hémorragies dans le rétrécissement mitral qu’il est souvent bon de respecter, à moins qu’elles n’atteignent des proportions inquiétantes.

Mais il n’en est pas de même de toutes les métrorragies, Sans doute rencontre-t-on bien rarement, dans la littérature médicale contemporaine, les cas si effrayants décrits autrefois par Trousseau d'hémorragies profuses qui rapidement entrainaient la mort. D’autres auteurs ont également relaté des cas mortels.

Observ. IV de la thèse de Dupuy. (Witehead),

Jeune fille de 17 ans, réglée régulièrement depuis l’âge de 13 ans. Fit une chute un jour de glace ; 10 jours après, règles suivies

d’une forte hémorragie de 106 jours. À l’époque suivante, règles

très abondantes pendant 16 jours Le 2 mars, à l'époque suivante règles suivies, au bout de 3 jours, de mort, le 15 mars.

A l’autopsie, aucune lésion organique.

Observ. V. Thèse de Dupuy. (Obre). Jeune fille de 14 ans. Les premières règles ne purent être arrêtées ; mort au bout de 20

Jours.

À l’autopsie, tout était sain.

Cependant nous rencontrons encore des hémorragies donnant de très sérieuses inquiétudes. Et c’est peut-être parce que, connaissant la gravité de ces cas, et ayant à notre disposition des méthodes plus actives et plus sûres nous mwhésitons pas à intervenir lorsque la nécessité s’impose que nous arrivons à éviter une issue aussi tragique. Il n’en reste pas moins que la ménorragie est, dans bien des cas, un symptôme inquiétant, par l’anémie grave et les divers désordres qu’elle peut entraîner.

Et c’èst sur ces troubles généraux, beaucoup plus que sur l'abondance même des pertes, abondance si variable même physiologiquement d’un sujet à l’autre, qu'il faudra,

nous semble-t-il, se baser pour établir le pronostic et par

conséquent l’urgence du traitement.

ge pronostic, d'ailleurs, étant donné la multiplicité des

. causes qui interviennent, est toujours fort difficile à établir,

et bien souvent un changement de vie physique, de climat, des émotions viendront modifier brusquement le cours des accidents.

On a maintes fois observé l’influence ienfaisante du ma.

riage, comme dans ce cas, cité par Castan, d'une jeune fille

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