‹ Contribution à l'étude des métrorragies des jeunes fillesChapitre 20 sur 26 · FACE · texte numérisé non relu

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sexuels secondaires. D'autre part, comme Dalché le dit, däns son livre de l’opothérapie (1915), le défaut de développement du corps thyroïde peut coïncider avec des pertes très abondantes, qui sont calmées par les préparations de thyroïde ; « les ménorragies ne sont pas exceptionnelles, dit-il, car le myxædème prédispose aux hémorragies, et, en “particulier, aux hémorragies génitales. Si bien que des métrorragies virginales et même des chloroses ménorragiques relèvent à coup sûr de ces insuffisances thyroïdiennes.

Plus on étudie d’ailleurs la symptomatologie des troubles endocriniens, plus on en voit la complexité, D'ailleurs il a été bien montré que l'insuffisance et l’excès de fonctionnemént des glandes, ne sont pas les seuls troubles qui puis- Sent se produire. À ces notions, il faut ajouter celle d’instabilité glandulaire ; il y a tantôt excès de fonctionnement, tantôt défaut de fonctionnement de la glande. C’est ainsi que, chez des sujets, on peut voir alternativement des signes d’hyperthyroïdie et d’hypothyroïdie. Plus encore, il n’est pas impossible de voir coïncider, chez un même malade, des signes d'hyperfonctionnement glandulaire avec des phénomenes indiquant qne cette glande est insuffisante.

Nous ne pouvons donc plus être surpris d'observer, comme ilnousestarrivésouventdelc faire,des métrorragies d'une part. chez des jeunes filles manifestement atteintes d'insuffisance thyroïdienne,chez de vraies myxædémateuses même,et d’autre part,chez des sujets présentant des signes d'hypothyroiïdie.

C’est pourquoi, si étrange que puissent paraître ces résultats contradictoires, on obtient souvent une amélioration très marquée, aussi bien dans l’un que dans l’autre de ces

cas, par l'opothérapie thyroïdienne, è

RE

De même que nous avons vu revenir les règles, après un traitement thyroïdien, chez des femmes aménorrhéïques, de même, il nous est arrivé à plusieurs reprisés, de prescrire des cachets de thyroïde au cours de ménorragies et d’en obtenir des résultats très encourageants.

Mais c’est là que le traitement doit être appliqué avec la plus grande délicatesse et en ayant soin d'exercer une surveillance continue. Des doses un peu fortes provoqueraient souvent des accidents d’intolérance ; et, même des doses faibles, données à tort au moment même des hémorragies, pourraient venir exagérer encore les désordres, alors qu’administrées prudemment dans l'intervalle, elles régulariseront le fonctionnement thyroïdien, éviteront de nouveaux accidents,

Troubles des glandes surrénales

Mais la thyroïde n’est pas le seul organe qui agisse sur l'ovaire. L’action de la surrénale sur cet organe est maintenant bien connue, depuis qu'avec les travaux de Dalché, d’Apert, on a nettement isolé de l'insuffisance surrénale totale, connue depuis fort longtemps, le défaut de fonction. nement de la substance corticale seule de cètte glande, On sait la relation qui existe, aussi bien au cours du développement embryologique qu’au point de vue de leur physiologie, entre la surrénale et les organes génitaux,ovaire ou testicule,

: On a insisté (Apert) Sur l'influence qu'avait la surrénale, mais sa portion corticale seule, sur la différenciation du

.gexe. Rien de surprenant à ce que les altérations de

PSE os

cette substance, lorsqu'elles apparaissent plus tard, entraînent des modifications des caractères sexuels secondaires,et en particulier des troubles de certains phénomènes essentiels des fonctions génitales, comme la menstruation.

Et Gallais insiste sur les relations fort remarquables qui existent entre le fonctionnement des glandes génitales et l’hypertrophie de la *cortico-surrénale, relations établies d’une façon certaine par les faits anatomiques sans qu'il soit encore possible de préciser les rapports physiologiques qui unissent les deux organes.

Les faits cliniques viennent encore à l'appui de ces affirmations. Dalché et Apert ont insisté sur les troubles menstruels survenant chez des femmes présentant une hypertrophie, le plus souvent des adénomes de la corticale surrénale elle-même ou des surrénales abbérantes. Pour Apert, il faut toujours penser à une tumeur possible de Ta surrénale, en présence d’un syndrome constitué par l’adiposité, les troubles génitaux, l’hirsutisme.,

Ces troubles génitaux consistent quelquefois en aménorrhée, mais le plus souvent en ménorragies. Et l’ablation de la tumeur à amené, dans des cas cités par Apert, une amé-

lioration de ce symptôme. :

Troubles hypophysatres

L’hypophyse également semble devoir jouer un rôle dans les troubles ovariens. L’expérimentation avait déjà montré

les rapports existant entre les différentes phases du déve-

SE Lo

loppement génital et l’activité hypophysaire. On sait que Phypophyse augmente de volume chez les animaux châtrés, et qu'on remédie à cette hypertrophie par des injections d'extraits de glandes génitales.

Nous sommes donc tout à fait en droit de nous demander, avec Dalché, si l'hypophyse ne subit pas une poussée congestive à la menstruation, comme d’ailleurs les autres. glandes à sécrétion interne. Dalché a établi le rôle de l'bypophyse dans certains accidents de la vie génitale de la fenime, en particulier dans la céphalée ; et les métrorragies ne sont pas exceptionnelles non plus dans ces cas-là.

Quant à nous, personnellement, nous avons eu l’occasion d'observer plusieurs cas de jeunes filles atteintes de métrorragies, chez lesquelles l’attention était d'emblée attirée, par quelques symptômes saillants, sur l’hypophyse. Cette glande, on le sait, a une influence prépondérante sur les phénomènes de la eroissance ; c’est à un trouble de son fonctionnement qu'on rattache les cas de gigantisme et d’acromégalie. Sans atteindre cette gravité, certains troubles de la croissance sont fréquemment observés, plus particulièrement vers l’époque de la puberté, âge caractérisé par le développement rapide de la taille et la transforma: tion des formes, période de suractivité de l'hypophyse. Que ces modifications physiologiques soient exagérées, et nous arrivons à un véritable état pathologique.

Nous avons observé, dans les services d'enfants, et spécialement dans celui de notre maître le professeur Hutinel, de ées adolescentes de taille excessive pour leur âge, minces cependant et de poids insuffisant, aux membres allongés-

Leurs extrémités larges et massives, presque d’une adulte,

semblaient disproportionnées avec le reste du corps. Les modifications extérieures de la puberté n'étaient pas encore apparentes ; elles étaient cependant atteintes de métrorragies.

Certaines dé ces enfants présentaient une tachycardie passagère, calmée immédiatement par le décubitus dorsal, reparaissant dans la station debout, dans laquelle on pouvait constater aussi un certain degré d’abaissement du cœur avec éréthisme. Parfois aussi, une albuminurie passagère, albumiaurie orthostatique,venait compléter le tableau, avec des modifications des éléments urinaires, indiquant la défectuosité des échanges organiques.

Ces jeunes filles, non vraiment malades, avaient cependant inquiété leur famille, moins par ces troubles physiques que par la fatigue dont elles se plaignaient, l’état de nonchalance qui limitait leur activité et les tenait à l'écart aussi bien des jeux que du travail.

Quelques mois passaient, grâce à une surveillance attentive, à une hygiène plutôt qu’un véritable traitement (repos, bonne alimentation, hydrothérapie) grâce aussi à l'absorption de quelques cachets d’hypophyse, petit à petit, l'équilibre s’établissait, l'harmonie des formes apparaissait, l’entrain et l’activité redevenaient normaux, les règles se régnlarisaient. Il s’agit là vraisemblablement d’une instabilité glandulaire

temporaire dans laquelle Phypophyse joue le rôle principal

Les autres glandes cependant ne doivent pas être oubliées dans ces états. Il paraît de plus en plus vraisemblable qu'une glande endocrine mw'intervient jamais seule ; les divers organes à sécrétion interne combinent leurs actions,

tantôt en faisant intervenir leurs synergies, tantôt leurs an-

tagonismes, pour créer des syndromes où prédomine parfois l’action de Pun d’entre eux, dans lesquels il est souvent fort difficile d'isoler ce qui revient à l’un ou à l’autre, véritables syndromes pluriglandulaires.

Connaissant la susceptibilité de chaque glande, 1l est en effet presque impossible et tout à fait irrationnel de concevoir que Pune d’entre elles puisse intervenir sans entrainer la réaction des autres. Pour nous, il ne faut pas chercher un syndrome purement ovarien, purement thyroïdien, purement hypophysaire ou surrénal, mais plutôt des syndromes complexes dans lesquels toutes ces glandes agissent dans lesquels l’opothérapie associée donne les meilleurs résultats.

Ce sont souvent d’ailleurs des syndromes très atténués, des états frustes qui passeraient facilement inaperçus si on ne connaissait pas d'avance leur fréquence, et si on ne les recherchait pas systématiquement.

C’est, dans ces cas, chez des sujets d'une susceptibilité particulière, qu'interviennent des causes secondaires, causes banales, incapables à elles seules de provoquer ces accidents chez un individu parfaitement équilibré, mais qui viennent ajouter leur action aux troubles latents qui n'attendent qu’une occasion pour se manifester : telle la fatigue, la marche excessive, l’abus de la bicyclette où du cheval. On connaît également l'influence nocive du changement d’altitude, du climat marin quelquefois, des émotions trop vives. On sait qu’il suffit quelquefois à de jeunes parisiennes ménorragiques de quitter la ville et de vivre à la campagne pour voir leurs accidents céder rapidement.

Si nous n’avons parlé jusqu'ici que de ces quatre glandes,

DS

ovaire, thyroïde, hypophyse, surrénale, cela ne veut pas dire que nous voulions exclure toutes les autres, mais que leur action est encore trop mäl connue pour que nous en parlions dans ce travail.

Nous faisons seulement remarquer que les bons résultats donnés par l'opothérapie mammaire dans les métrorragies

sont une preuve du rôle que cette glande peut jouer dans

ces accidents.

Et ne découvrira-t-on pas, par des recherches ultérieures, que d’autres organes encore peuvent jouer un rôle dans ces

états endocritiques, par une sécrétion interne jusqu'alors ignorée ?

Nous donnons ici les observations que nous avons recueillies.

Hypothyroïdie légère

C. $S. 18 ans. Consulte en janvier 1920 pour des ménorragies. Réglée à 14 ans, régulièrement, sans douleur. Dès le début, les règles ont été très abondantes, ont toujours obligé l'enfant à rester au lit pendant les 3 ou 4 premiers jours des règles, Celles-ci durent 6 jours environ ; mais sont très abondantes pendant 4 jours seulement,

Ant. Héréd. Mère réglée précocement à 11 ans, toujours très abondamment ; 3 enfants bien portants,.

Examen : jeune fille de grande taille, bien développée, forte, au teint pâle, Léger degré d’obésité ; plus exactement, léger empâtement de la peau qui est épaissie au niveau des membres, et surtout des jambes, sans œdème vrai, On .ne sent pas le corps thyroïde. Les seins sont très développés. Développement complet du système pileux.

Rien au cœur, ni aux poumons. Pouls normal. La malade tousse fréquemment,

Le toucher rectal permet de sentir un utérus normal comme position et dimensions.

La malade est nonchalante, elle ne s'occupe pas volontiers, craint le travail, évite tout effort. Elle est peu docile et se met facilement en colère.

On prescrit le repos complet au lit, pendant toute la durée des règles et de petites doses de poudre de corps thyroïde : 0,05 centigr. trois fois par semaine, dans l'intervalle des règles, pendant 15 jours.

Revue en juin 1920. La jeune fille a suivi ce traitement pendant 2 mois, sans amélioration. On reprend des doses plus fortes : 0,05 centigr. tous les jours, pendant 15 jours par mois.

La malade, revue six mois après, perd beaucoup moins abon. damment ; ses règles sont maintenant tout à fait normales comm, durée et abondance. Elle est beaucoup plus active ; son'entourage se loue beaucoup de la transformation de son caractère Presque

plus d’empâtement des membres inférieurs

Métrorragies au début de la menstruation hypothyroïdie

B. H Née le 9 février 1902. Vue en mai 1920. Réglée à 12 ans ; au début, pendant quelques mois, règles très abondantes, durant huit jours, ayant obligé l’enfant à consulter. Actuellement les règles ont diminué, sont presque normales, régulières.

Figure ronde, yeux brillants, légèrement saillants. Thyroïde un peu grosse. Les extrémités ne sont pas refroidies. Œdème permarent des membres inférieurs; peu myxæœdémateuse,pas de goûet,

Pouls rapide 112. Dort mal. Constipation.

Troubles glandulaires thyro-hypophysaires avec ménorragies

P, R. 15 ans (née le 15 juillet 1905). Amenée le 7 juillet 1920

pour des lésions cutanées.

Ant, Pers. — Née prématurément ; nourrie uniquement. au

ee

biberon, N'a marché qu'à deux ans et demi. Rougeole à 2 ans. Oreillons. Tousse tous les hivers.

Premières règles à 13 ans, dès le début très abondantes, durant 5 jours, reparaissant deux fois par mois, laissant entre elles un

intervalle de 15 jours au plus.

Les lésions cutanées pour lesquelles on amène l’enfant sont survenues brusquement, sans cause apparente, le 22 mars. Il s’est formé, à cette époque, dés craquelures avec écoulement de quelques gouttes de sang. Cependant, auparavant déjà, depuis le mois de décembre, les avant-bras enflaient, les mains se cyanosaient, les extrémités des doigts étaient absolument violettes.

Ant. Héréd. — Mère bien portante, phlébite après la naissance de l’enfant, Une autre fille bien portante, un autre enfant

mort-né.

Père alcoolique, a une affection hépat'que-

Eramen : poids 52 kg, 600, Température normale.

Tension artérielle : 15 1/2. 8 au Pachon.

Petite taille, légère obésité. Figure ronde, un peu bouffie.

Les membres sont empâtés, sans œdème vrai La circulation est défectueuse. Extrémités légèrement cyanosées Les mains sont froides, un peu moites. On constate, au niveau des membres supérieurs, des éraflures linéaires, disposées en bracelet au poignet, plus haut sur la face dorsale des avant-bras, en coups d'ongles.

Tibia saillant à droite, Un peu de genu valgum, pieds plats. Clavicules épaisses. Pas de scoliose, attitude défectueuse. Crâne peu volumineux. Voûte palatine ogivale, Une incisive éraillée.

Les seins sont développés, sans exagération, le système pi leux n’est pas développé Corps thyroïde un peu gros. Caractère difficile,

L'enfant a été soumise à un traitement mixte, thyroïdien et hypophysaire Les ulcérations cutanées n’avaient subi aucune modification deux mois après ; cependant les mains étaient moins

cyanosées. La menstruation est maintenant régulière, les règles

Sont toujours assez abondantes, mais ne reviennent plus-qu'à ut mois d'intervalle.

Il semble qu’il s’agisse ici d’un syndrome polyglandulaire, avec prédominance thyroïdienne et hypophysaire.

Métrorragies. Troubles thyroïdiens

A. R .., brodeuse, 15 ans.

Amenée à la consultation, aux Enfants-Malades, le 18 mars 1920, pour un goitre dont le début remonte à 3 ans, époque es premières règles. Il est apparu un peu avant les règles.

Ant. Héréd. — Père éthylique. Mère morte à 48 ans d’ictère, 13 autres enfants dont 4 morts en bas âge.

Ant. Pers. — Née à terme, élevée au biberon, a commencé à marcher vers un an, Rougeole à 5 ans, sans complications. Réglée à 12 ans, Dès le début, les règles ontété régulières, à un mois d'intervalle, toujours très abondantes, durant 8 jours. Cependant la malade n’a pas été obligée de se soigner pour ses pertes.

Examen — Grande fille, normalement développée. Tibias légè rement déformés, empâtement des extrémités. Circulation défectueuse, mains moites, tremblement très marqué des doigts.

Cœur irrégulier, tachycardie. Pouls : 140.

Hypertrichose généralisée, surtout sur les jambes, les cuisses, les avant bras Développement des poils pubiens et axillaires. Pas d’exophtalmie. Goitre, surtout développé à droite.

Traitement : hémato-éthyroïdine, une cuillerée à dessert, 2 fois par jour. Hypophyse 0,25 centigr.

24 juin 1920, a suivi son traitement pendant 2 mois puis l’a interrompu,

Tachycardie persistante. Le cou est toujours volumineux, ce. pendant le goitre a diminué de volume. Peu d’exophtalmie. Tremblement moins marqué. Circulation toujours défectueuse. Les règles sont un peu moins prolongées mais toujours abondantes. |

Traitement : reprendre l'hémato éthyroïdine.

Pat + ARE

Cette malade présente manifestement des troubles thyroïdiens, goitre, tachycardie, léger tremblement, empâtement des tissus. Les métrorragies ont été améliorées par le

traitement thyroïdien.

T. H..., 14 ans 1/2 (née le 24 octobre 1905), amenée le 21 juin 1920. : ;

Ant. Héréd. — Père tailleur. Blessé à la guerre, bien portant auparavant.

Mère : réglée à 14 ans, normalement. Opérée pour fibrome à 41 ans,il y a 3 ans Actuellement bien portante. Six enfants dont l’un mort à 10 mois, de diarrhée ; les 5 autres sont bien portants.

L'enfant est amenée pour métrorragies.Réglée pour la prennière fois le 26 avril 1920 pendant 8 jours. Pertes très abondantes, mais n'ont pas empêché l’enfant de continuer son travail (couture). Les règles reviennent, plus rapprochées que normalement, vers le 20 mai, puis le 13 juin. Cette fois ci, n'ont pas cessé denuis cette date, très abondantes. )

L'enfant se plaint d’être très fatiguée ; s’est trouvée mal il y a quelques jours, est tombée dans la rue ; la perte de connaissance a duré quelques minutes seulement. Elle n'avait jamais présenté d'accidents analogues.

Sommeil excellent, Céphalée pas très fréquente. La malade est très frileuse, se plaint du froid même l'été, demande une boule dans son lit même ces jours-ci. Peu d'appétit, rarement vomissements, Jamais de diarrhée, selles régulières.

Examen. — Jeune fille bien développée, grande, au teint coloré, présentant un bon état général.

Présente tous les signes de la puberté ; système pileux axillaire, pubien déjà assez développé. Aucun signe organique ni pulmonaire, ni cardiaque

On trouve, par le toucher rectal, un utérus normal.

Le corps thyroïde paraît petit, les mains sont légèrement cya-

nosées et froides.

Ne

La malade n’a pu être revue,et il à été impossible de suivre les résultats du traitement thyroïdien qui à été prescrit. 11 semble qu’il s'agisse ici d’une hypothyroïdie légère.

G. D..., repasseuse, 14 ans (née le 6 août 1906). Enfant amenée le 30 septembre 1920, parce qu’elle à des pertes de sang sans arrêt depuis le mois de janvier.

Ant. Héréd. — Père bien portant. Mère morte en 1916 d’une congestion pulmonaire (Pas de renseignements). 6 autres enfants dont 5 morts (sans renseignements), un vivant (12 ans) bien por. tant, saigne facilement du nez.

Ant. Pers. — Pas de renseignements sur la première enfance, . En novembre 1919, est prise de quelques pertes de sang (elle n’était pas réglée jusque-là). En janvier, les règles apparaissent abondantes ; ne cessent qu’en juillet pendant un mois. Elles sont remplacées par des pertes blanches abondantes. Puis les pertes de sang reprennent jusqu’à présent.

Depuis quelque temps, se plaint de point de côté dans la fosse iliaque gauche, Ë

Examen. — Bien développée. Poids : 45 kgr. 800. Tension artérielle 12-7, bonne apparence. Système pileux pubien bien développé, seins formés.

Muqueuses peu colorées, Pas de souffles des jugulaires.

Pointe du cœur dans le 5° espace, sur la verticale mamelonnaire Bruits bien frappés, réguliers. Pouls : 72. Foie normal.

Rien aux poumons. Légère scoliose.

Corps thyroïde non perceptible. Pas de nervosisme particulier.

On sent une corde colique dans la fosse iliaque gauche, douloureuse à la palpation. Les selles sont très fétides (syndrome colique). Pas de douleur à la palpation de l'utérus.

Numération globulaire : globules rouges : 3 320.000 ; globules blancs : 7,400 ; hémoglobine : 75 0/0 ; coagulation normale, Rétraction du caillot normale, Réaction à la tuberculine négative.

Elo.

Il est difficile ici d'établir la cause précise des métrorragies. Il semble cependant qu’elles résultent d’un certain degré d’hyperovarie ; peut-être sont elles aussi favorisées par la profession de la jeune malade qui l’oblige à travailler constamment debout, et encore par la constipation habituelle.

La malade n’a pu être revue.

Ajoutons l’observation de Wellesley Kendle,citée dans la thèse de Vallery-Radot.

Obs. 77. — Fille de 9 ans. Père alcoolique. Mère morte de tuberculose à 39 ans. Sœur dela mère. idem. .Un frère aîné, crétin. Autres frères et sœurs bien portants. Arriération au moment du sevrage. À 6 ans, expression stupide. Langue prolabée. Apparence de crétin. Ventre gros. Ne joue ni ne parle, Seins très développés. Poils très nombreux au pubis et aux aisselles. La menstruation a débuté à 5 ans. Après 6 mois de traitement thyroïdien, on observe des progrès notables : à grandi de plus de 12 cm., rit, chante, marche. Cheveux plus fins. La menstruation a cessé. Seins plus petits. Membres moins saillants. Poils du pubis et aisselles ont disparu. L’organisme a rétrogradé vers l’en-

fance. En janvier 1905, l'amélioration se maintient.

L'auteur ajoute : « à propos de ce nouveau cas de puberté précoce chez une myxœædémateuse améliorée par le traitement thyroïdien, il est curieux de faire remarquer à l'exemple de Levi et Rothschild que l’opothérapie thyroidienne est capable de faire disparaître des symptômes qu’elle peut faire apparaître par ailleurs, c’est bien là la preuve du rôle régulateur du médicament. »

PAT Es

Rôle de l’hérédité

En marquant la prédominance des troubles endocriniens dans les métrorragies, nous n’indiquons pas encore la cause initiale de ces troubles, il faudrait savoir quel mécanisme produit les modifications des sécrétions internes elles-mêmes. C’est iei que nous devons songer à tous ces phénomènes morbides qui se transmettent de génération en génération et qu’on englobe sous le nom d’hérédité. Nous avons indiqué déjà, dans ce travail, la fréquence des métrorragies familiales, qui se reproduisent de mère en fille,çquelquefois même sur plusieurs générations successives.

Le rôle de l’hérédité dans les troubles endocriniens, et,en particulier, dans ceux du corps thyroïde vient d'être spécialement étudié par Vallery-Radot, dans sa thèse sur les Dysthyroïdies familiales, et nous citons quelques-unes. des observations qu’il rapporte et qui montrent bien la relation des troubles menstruels avec des altérations endocriniennes nettement héréditaires.

Obs. 66. -- (Hertoghe). Epouse A..: Abondamment réglée à 51 ans. Petite, chétive. Réglée à 17 ans. Triste, somnolente, pâle, bouffie. Peu de sourcils, 10 enfants, Une fille qui perd beau coup de sang} une obèse, une mal développée, contrefaite : une autre aux sourcils rares, digestions lentes, règles irrégulières, en-

gelures.

Obs. 146. — (Hertoghe). — Mme B... 60 ans. À allaité ses 7 enfants. Bouffissure de la face. Epilation des sourcils. Parole traî-

nante, Pommettes rouges, Règles profuses toute sa vie. Cheve-

E bg AR

lure dégarnie, Une fille aînée rhumatisante, gonflement œædémateux, Une fille avec ménorragies inquiétantes. La dernière venue au monde avec ectromélie de la main et de l'avant-bras gauches

Mère très sensible au froid, 2

Mais l’hérédité est encore un terme vague, qui indique simplement la transmission de certains troubles ou certaines prédispositions, sans en indiquer la cause exacte. Aussi eston amené à chercher la nature de cette hérédité.

C’est là qu’on est tenté de faire intervenir certaines maladies particulièrement dystrophiantes, telles que la tuberculose et bien plus encore la syphilis. Onsait que, de toutes les infections, la syphilis est celle qui entraîne les altérations les plus profondes et les plus longtemps transmissibles. Notre maître, le Professeur Hutinel a montré que : « la syphilis héréditaire tient la première place dans l’étiologie des altérations des glandes vasculaires sanguines » et son élève,le D' Barthélemy,a montré, dans sa thèse que « si l’hérédo-syphilis est capable de faire des dystrophiques c'est

en frappant le système pluriglandulaire endocrinien ».

Pronostic

Comme nous l'avons indiqué, beaucoup de ces métrorragies des jeunes filles ne constituent qu’un état temporaire, ayant une tendance spontanée à la gnérison ; les règles, au bout de quelques mois souvent, parfois quelques années; deviennent moins abondantes ; il ne se produit plus d’hémorragies intercalaires, et bientôt l’état redevient parfai-

tement normal. Ce sont, en somme, des accidents pas-

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