‹ Contribution à l'étude des métrorragies des jeunes fillesChapitre 23 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Plus que le pronostic encore, le traitement dépend de ia connaissance exacte de l’étiologie des ménorragies. Le plus Souvent, en effet, il suffit d’agir sur la cause même de la métrorragie, pour voir céder cet accident. Aussi n’insisterons nous pas sur les traitements à instituer chez une cardiaque, une hépatique, par exemple, chez lesquelles la meilleure thérapeutique sera évidemment la digitale et le repos, ou bien le régime approprié, ou même une cure thermale. C’est ainsi également que nous ne serons pas surpris de voir certaines métrorragies céder à l’absorption de quinine, chez une paludéenne, ou disparaître presque immédiatement, chez des hérélo-syphilitiques, iorsqu'on institue le traitement mercuriel ou ioduré.

Mais toutes les métrorragies, quelle que soit leur origine, si elles atteignent un certain degré de gravité, imposent un ensemble de mesures, qui constituent un traitement purement symptomatique.

: Avant tout, le repos. Notre maître, le D’ Siredey insiste, dans son enseignement clinique, sur la valeur de ce procédé ;

mais ce sera une immobilisation absolue ; la jeune fille sera maintenue au lit, étendue sur le dos, la tête un peu basse, le siège Jégèrement soulevé par des oreillers, évitant tout mouvement, dans une chambre fraiche dont l'atmosphère sera souvent renouvelée. La tranquillité la plus grande sera observée par son entourage, et sous aucun prétexte, il ne devra être permis à la malade de quitter son lit, même pour quelques instants.

C’est probablement parce que cette immobilisation n’est pas rigoureusement observée qu'on obtient difficilement en ville les succès si courants à l’hôpital, où, grâce à une surveillance étroite, on voit les hémorragies s’arrêter très rapidement, dans la plupart des cas.

Il sera bon, lorsque ces ménorragies se renouvellent, à chaque époque menstruelle, de prescrire le repos dès les 2 Ou 3 jours qui précèdent les règles, pour le maintenir pendant toute leur durée, et même les quelques jours qui les suivent. Dans l'intervalle, au contraire, un exercice modéré ne pourra pas nuire.

Au repos, on sera souvent obligé d’adjoindre l’action hé-

mostatique de l'eau chaude, administrée de préférencé par

voie rectale, ou dans des circonstances plus graves, par voie vaginale. On aura soin alors d'employer une petite sonde molle, ou des canules de dimensions réduites, L’eau devra être à une température de 48° à 50°, et les injections d’une abondance de 4 à 6 litres, seront répétées cinq ou six fois par jour.

Certains médicaments ont une action douteuse. L’ergot de seigle peut rendre des services en cas d’urgence, et à

condition de lPadministrer avec prudence, et d’en éviter la

pire

trop fréquente ingestion, de préférence sous la forme de poudre, en cachets de 0,50 centigr. à 2 ou même 4 grammes par jour.

L’hamawmelis, l’hydrastis, le viburnum n’ont qu’une action bien passagère et insuffisante. Le perehlorure de fer, autrefois préconisé, est maintenant abandonné. L’opium et ses dérivés ont comme principal avantage de faciliter l’immobi lisation de la malade,

Selon P. E. Weil, quand la ménorragie est due à l'hémophilie, il est bon de faire des injections de sérum physiologique, ou mieux encore de sérum de bœuf ou de cheval, an. tidiphtérique, par exemple, où encore de sérum gélatiné. La composition du sang se trouve également avantageusement modifiée par l'ingestion de chlorure de calcium.

Quant à nous, outre les moyens physiques indiqués plus haut, nous avons, dans le service de notre maître Siredey, surtout vu employer l'opothérapié.

L’extrait d’ovaire, loin d'atténuer ces ménorragies, risquerait d'augmenter encore les signes d’hyperovarie. Au con traire, nous basant sur l’antagonisme de cette glande et de là thyroïde, nous avons eu recours au traitement thyroïdien.

11 faut l'administrer avec une extrême prudence, en com: mençant par des doses faibles 0,02 centigr. à 0,05 centigr., parfois moins encore, souvent espacées, et en ayant soin d’exercer une surveillance quotidienne, par laquelle la moindre réaction d'intolérance, tachycardie, sueurs, diarrhée, insomnie, serait dépistée.

Ce n’est qu’au bout de quelques jours d'accoutumance que l’on pourra augmenter les doses initiales, sans toutefois

dépasser 0,10 egr. par jour et toujours en ménageant des

er, (CU

intervalles de repos, en raison d’un ou 2 jéurs d'abstention par semaine, et d’une semaine par mois. Il est préférable de faire coïncider cette semaine de repos avec celle de l’apparition des règles.

Se rappelant la corrélation des fonctions des diverses glantes endocrines, on pourra avoir recours à l’opothérapie associée, la seule rationnelle. C’est ainsi qu’il est utile, dans beaucoup de cas, et suivant les indications tirées de l’aspect des malades, d'employer, concurremment avec le corps thyroïde, l'extrait hypophysaire (2 à 4 cachets de 0,10 egr., d'extrait sec par jour), l’extrait total de glande surrénale (en cachets de 0,10 cg., 4 à 6 par jour) enfin lextrait mammaire (2 ou 3 fois par jour 0,50 egr).

Le plus souvent, grâce à ces procédés, les hémorragies sont rapidement enrayées, ou tout au moins fort réduites.

Ce n’est que si les métrorragies restent rebelles à tous les traitements précités, compromettant gravement la santé, qu'on sera obligé de recourir à des procédés auxquels on ne se résoudra que la main forcée, procédés très pénibles pour la malade et pour son entourage, mais dont l'efficacité est certaine. Nous voulons parler du tamponnement vaginal simple ou gélatiné, voire même, dans les cas plus graves, du curettage. Et dans maintes circonstances, en effet, cette intervention, quoique n'ayant ramené aucun débris dont Paspect macroscopique ou histologique indiquât une lésion

(4 Q . L . \ de la muqueuse, est suivie d’une guérison complète.

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