INTRODUCTION
S'il faut voir en réalité, dans la description originale de James PARKINSON, en 1817, la genèse des syndromes parkinsoniens, ce n’est que depuis la connaissance de l’Encéphalite épidémique, en 1917, qui détermina l'apparition d’une multitude de syndromes nerveux, rappelant en tous points ce qu'avait décrit James PARKINSON, que nous assistons à une véritable transformation dans les idées que l’on avait de la maladie de Parkinson, classée jusqu’alors parmi les névroses, les troubles endocriniens, etc.
À partir de cette époque, on ouvre un nouveau chapitre dans l’étude de la maladie de Parkinson, celui des syndromes parkinsoniens post-encéphalitiques, par opposition avec la maladie des vieillards, décrite par James PARKINSON cent ans auparavant sous le nom de « shaking palsy », paralysie agitante.
La constatation de tels syndromes à la suite de l’Encéphalite épidémique, a permis à certains auteurs d'envisager l’unicité des syndromes parkinsoniens (NETTER, SOUQUES), si bien que la majorité des auteurs séparent cependant la maladie de Parkinson du syndrome parkinsonien post-encéphalitique (PIERRE MARIE et G. LÉVY, LÉPINE, VON EcoNoMo, KLIPPEL et
LHERMITTE, GUILLAIN et MOLLARET), car, comme le pensent ces auteurs, il existe à cet égard des différences cliniques nettes.
Le pronostic des syndromes parkinsoniens étant, comme on le sait, très sombre, nous avons jugé intéressant de consacrer cette thèse à l’étude des différentes modalités de début que peuvent présenter les syndromes parkinsoniens, car il nous semble que c’est de la précocité du diagnostic ainsi que de l’application immédiate d’une thérapeutique appropriée et bien conduite que l’on pourrait attendre les meilleurs résultats.
C’est dans le but d’insister sur ce point qu’est écrite notre thèse.
Notre travail sera divisé en cinq chapitres : dans le premier chapitre, nous ferons une revue générale sommaire des symptômes de début ; le deuxième chapitre sera consacré à l’étude clinique détaillée des symptômes de début, d’après leur fréquence et leur importance ; le troisième comprendra un exposé résumé des cas des parkinsoniens soignés à la Clinique Charcot de 1925 à 1935, comprenant une statistique de 96 observations, auxquelles nous ajouterons quelques observations personnelles, soit que nous ayons vu le malade au début de son affection, ou que, par un interrogatoire approfondi et minutieux, nous ayons pu faire préciser au malade l’histoire de ses premiers troubles. Le quatrième chapitre est réservé à l’évolution et pronostic des syndromes parkinsoniens. Enfin,
le cinquième chapitre traitera du diagnostic différentiel.
Ut
Avant de terminer ces lignes d'introduction, nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance et notre gratitude à M. le Professeur Georges GUILLAIN, qui nous a toujours réservé un accueil bienveillant dans son important Service de la Salpêtrière, où nous avons acquis, à la lumière de son enseignement, des notions précieuses de neurologie, qui seront un guide dans l'exercice de notre carrière.
Nous tenons également à remercier vivement M. le Professeur Agrégé Pierre MoLLarET, Chef de Laboratoire à l’Institut Pasteur, chargé du Centre de Malariathérapie de la Salpêtrière, auprès de qui nous avons toujours trouvé l’accueil le plus bienveillant et qui nous a prodigué ses précieux conseils dans la réalisation de ce travail.