‹ Contribution À L'Étude Des Modes De Début Des Syndromes ParkinsoniensChapitre 8 sur 21 · RO S · texte numérisé non relu

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akinésie (CRUCHET, LHERMITTE), de l'aspect du visage du parkinsonien. En effet, il nous paraît important d’insister ici sur ces symptômes, car nous avons pu remarquer, pendant notre séjour à la Clinique Neurologique de la Salpêtrière, où M. le Professeur Georges GUILLAIN nous a toujours réservé un accueil bienveillant, et permis de profiter de son précieux enseignement, que beaucoup de parkinsoniens viennent consulter, les uns, parce que le bras ou la jambe sont moins habiles qu'autrefois ; d’autres, parce qu’ils avaient remarqué que les gestes étaient devenus plus lents ; d’autres enfin, parce qu’ils exécutaient moins bien qu'auparavant les actes ordinaires de la vie, ou parce que la marche est devenue difficile, etc. Il est curieux de remarquer également, que certains parkinsoniens consultent, « parce que son entourage les a fait remarquer, que son facies a changé d'expression », ou parce qu'ils sont devenus moins gais, parlent peu, etc. etc. C’est qu’en effet, tous ces symptômes, qui marquent en réalité le début d’un état parkinsonien, sont plus observés par l'entourage que par le malade lui-même.

Les troubles de l'écriture constituent aussi un symptôme de début fréquent dans les états parkinsoniens ; ils peuvent être parfois même le symptôme révélateur d’un Parkinson fruste. Il n’est pas rare, en effet, de voir de tels malades, consulter simplement, parce qu'ils ont remarqué que leur écriture est devenue moins bonne, sans qu’il existe chez eux aucun symptôme manifeste de parkinsonisme. La cons-

tatation de tels troubles permet de soupçonner déjà un certain désordre moteur, prélude d’un état parkinsonien à son début.

Les troubles de l'écriture chez les parkinsoniens ont été bien étudiés et décrits depuis longtemps par H. Lamy d’abord, dans la maladie de Parkinson, et puis, retrouvés par BÉRIEL, dans les états parkinsoniens post-encéphalitiques. Le tracé des caractères, lent et difficile, se montre hérissé de traits sinueux ou de lignes brisées que révèle l’examen de lécriture à la loupe. Chez les trembleurs, malgré les efforts de volonté, les oscillations s'inscrivent et festonnent les courbes. Enfin, l’écriture devient souvent difficilement lisible en raison de la micrographie croissante, qui s’exagère au maximum à la fin de chaque ligne (H. Lamy, LEROY). Il convient d’en rapprocher les phénomènes de crampe des écrivains, qui, comme nous l’avons fait remarquer dans notre chapitre des généralités, apparaît souvent comme un signe prémonitoire du syndrome parkinsonien.

LES TROUBLES SENSITIFS, comme l’a fait si bien remarquer M. SouquEs, dont les travaux à propos de la maladie de Parkinson font autorité. se rencontrent avec une grande fréquence à l’extrême début de l’affection ; ils précèdent, comme l’a dit ce Maître éminent de la Neurologie, tous les autres symptômes dans leur apparition. Ces troubles sensitifs se caractérisent par deux espèces de phénomènes : « Il s’agit tantôt de sensation de fatigue, d’engourdissement, de fourmillements, tantôt de véritables douleurs ».

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Ce sont surtout ces dernières qu’on trouve le plus fréquemment dans la maladie de Parkinson ; M. SOUQUES les a trouvées dans un sixième des cas environ ; MM. LHERMITTE et CoORNIL, sur douze malades examinés à ce point de vue, les ont constatées chez huit. Le plus souvent, ces douleurs ont comme siège la région de la nuque ; les lombes, où elles prennent parfois le type de douleurs en ceinture, pouvant faire croire à l’existence d’un mal de Pott (ROEDERER) ; à la région scapulaire ou dans les membres, présentant parfois une topographie radiculaire. Elles surviennent par crises, et se localisent assez fréquemment dans le segment de membre dans lequel s’installera plus tard la raideur, qu’elles précèdent parfois de plusieurs mois et même plusieurs années. Les malades comparent ces douleurs à des élancements vifs, à des constrictions pénibles, à des brûlures, etc. Elles ont rarement le caractère de douleur lancinante comme dans le tabès ou les névrites périphériques ; elles naissent et disparaissent plutôt sur place.

Le deuxième type de troubles sensitifs que distingue M. SOoUQuUESs est représenté par des paresthésies: sensations de fourmillements, engourdissement, crampes, etc. Ils se trouvent fréquemment associées à des troubles vaso-moteurs : sensations anormales de froid, des sueurs, etc. Ces paresthésies prennent une grande importance dans le diagnostic précoce du parkinsonisme, car, comme nous l’avons déjà fait remarquer, elles sont d’une extrême fré-

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quence au début de la maladie, mais il faut les rechercher, car elles sont parfois si discrètes, que le malade n’en parle pas, et ce n’est que par un interrogatoire minutieux qu’on peut les déceler.

LES TROUBLES VASO-MOTEURS ET SÉCRÉTOIRES. — Ils sont, comme les troubles sensitifs qu’ils accompagnent assez souvent, fréquents au début des états parkinsoniens. On a signalé, en effet, comme signe de début, les sensations fréquentes de chaleur, la sialorrhée (H. LÉWY), l’hypercrinie sébacée (STERN, STIEFLER), les sueurs, etc.

La sensation de chaleur est en général diffuse ou localisée à l’épigastre, au dos, à la face ou aux membres, et atteint généralement son maximum au moment des paroxysmes de tremblement et s’accompagne parfois de sueurs, mais elle peut survenir sans sueurs, et avec un tremblement modéré.

La sialorrhée est peut-être un des symptômes les plus précoces des syndromes parkinsoniens, car, comme l’a fait remarquer G. Lévy, une salivation intense associée à une fixité du regard, sont déjà des signes très révélateurs d’un syndrome parkinsonien.

L’hyposécrétion a été observée par quelques auteurs (STERN et BIG).

Les sueurs ne sont pas exceptionnelles au début du syndrome parkinsonien, elles coïncident assez souvent d’ailleurs avec les sensations de chaleur ; d’abord, elles apparaissent au moindre effort, puis,

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elles se montrent au repos, continuellement, surtout la nuit, plus ou moins abondantes.

La séborrhée, si elle a été signalée comme un symptôme de début du syndrome parkinsonien, existe aussi d’une manière très fréquente dans toutes les séquelles post-encéphalitiques (STERN, LHERMITTE). Elles donnent au visage du parkinsonien un aspect « pommadé », « salbengesicht >» (COHN, SARBO, STERN, STIEFLER).

LES MODIFICATIONS ET TROUBLES DU CARACTÈRE CONStituent aussi un symptôme fréquent au début des états parkinsoniens, qu’ils soient essentiels ou postencéphalitiques. En effet, sans envisager les troubles mentaux que l’on peut observer exceptionnellement chez certains parkinsoniens post-encéphalitiques, il est intéressant de remarquer que chez tous les parkinsoniens on observe presque toujours un changement de caractère, qui, souvent, précède la rigidité ou le tremblement et les font consulter le médecin.

Ces malades deviennent plus sombres, plus taciturnes, plus émotionnables, plus anxieux ; ils sont préoccupés et tristes, sans cause apparente.

Ce changement du caractère chez le parkinsonien serait peut-être expliqué, pour certains auteurs (Sou- QUES), par la préoccupation que détermine chez lui sa terrible infirmité.

Nous voulons terminer ce chapitre en attirant l’attention sur certains symptômes qui, quoique ayant été décrits comme appartenant en propre à l’encéphalite épidémique chronique, sont retrouvés avec

trop de fréquence chez les parkinsoniens post-encéphalitiques, et parfois même, précèdent chez ces malades, l'apparition des symptômes de la série parkinsonienne : ce sont, par exemple, les crises oculogyres et les blépharospasmes.

Chez beaucoup de malades de notre statistique les crises oculogyres ont précédé l’apparition du syndrome parkinsonien ; d'autre part, tous les malades chez lesquels les crises oculogyres constituaient pendant un certain temps le seul symptôme sont devenus, après, des parkinsoniens typiques.

Nous croyons donc que, dans tous les cas où les crises oculogyres apparaissent comme symptôme isolé, il faut se méfier de l’appariton ultérieure, presque certaine, d’un syndrome parkinsonien, d’autant plus qu’elle est la signature d’une encéphalite épidémique antérieure parfois difficilement retrouvée par l’interrogatoire. Mais il importe surtout, dans de pareils cas, de bien se garder de tomber dans la grosse erreur de diagnostic de prendre ces malades pour des pithiatiques, ce qui, d’ailleurs, n’est pas impossible ; il faut, au contraire, penser au parkinsonisme et mettre en œuvre une thérapeutique appropriée qui fera peut-être bénéficier le malade d’un avenir moins sombre.

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