CONCLUSIONS
L'étude que nous venons de faire nous semble devoir comporter deux ordres de conclusions.
Les premières ne seront qu’un résumé des Constatations faites; — un rappel, en quelques lignes, des résultats obtenus.
Les secondes, au contraire, comportent des déductions d'ordre pratique qu'il nous paraît utile de mettre en lumière, et dont, pour notre part, nous tirerons profit quand nous nous trouverons amené à donner notre avis sur le choix d’une nourrice.
1° Tout d’abord, nous constaterons que dans jes cas d’engorgement physiologique des seins, le premier lait qui sort est, même à l’œil nu, sensiblement différent du lait normal.
2° Si l’on se livre à un examen plus approfondi, microscopique et chimique, on ne tarde pas à s’apercevoir que la différence porte surtout sur la teneur en beurre. Celle-ci peut même, chez des nourrices dont
le lait sera d'ailleurs excellent, descendre à des proportions qui étonneraient quelqu'un de non prévenu.
3° Que si l’on cherche le pourquoi de cet état de choses, il est difficile de s’en rendre actuellement un compte exact. Cette question avait déjà préoccupé nos devanciers, et leur avait suggéré bien des hypothèses. Aristote lui-même s’y était essayé. Malgré les moyens d'investigation perfectionnés dont nous disposons aujourd'hui, et grâce auxquels nous connaissons, entre autres choses, le mécanisme intime de la sécrétion du lait, nous ne pouvons encore, sur le point
précis qui nous occupe, émettre que des suppositions.
4° En présence d’une nourrice dont il à le lait à examiner, le praticien doit tout d’abord s’efforcer de savoir aussi exactement que possible depuis combien d'heures les seins ‘de cette femme n'ont pas été vidés. Si le médecin trouve un lait très clair, très fluide, et surtout s’il constate en même temps de l’engorgement, il devra remettre à plus tard sa réponse, faire vider les seins, et réexaminer ensuite, deux ou trois heures après, du lait prélevé au milieu de la tétée.
M. Michel, pour analyser un lait de femme, faisait usage de trois échantillons, pris à différentes heures du jour et à différents moments de la tétée; il les mélangeait, et prenait dans le mélange l'échantillon qu’il soumettait à l'analyse. Cette pratique nous semble excellente pour apprécier exactement la com-
position moyenne d’un lait.
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5° Au point de vue du nourrisson, il faut, pour obtenir un bon élevage, des tétées régulièrement espacées.
Les faits que nous avons eu l’occasion de relater au cours de ce travail nous semblent une confirmation parfaite de ce principe, dont l'expérience, vieille comme le monde, avait démontré l'utilité. En effet, si les tétées sont trop rapprochées, le lait sera trop riche, et l’enfant aura du mal à le digérer; trop éloignées, elle donnent au contraire un lait trop pauvre, et pour une même quantité de substances nutritives, le nourrisson devra absorber un beaucoup plus grand volume de lait, ce qui ne pourra que surcharger inutilement son tube digestif.
6° Toujours au point de vue du nourrisson et pour la même raison, les tétées devront avoir une durée convenable. Si elles sont trop courtes, elles ne fournissent que la partie aqueuse du lait; trop longues, elles pourraient faire absorber, à la fin, une proportion trop forte et difficilement assimilable, de principes nutritifs.
Ce sont Ià sans doute des notions connues de tous, au moins confusément. Mais le médecin d'enfants doit toujours, plus que tout autre, les avoir présentes à l'esprit sous une forme claire et concise ,et il n’aura Jamais à regretter de les avoir mises en pratique.
Vu : Le Président de Thèse, : POUCHET Vu : Le Doyen, LANDOUZY.
Vu et Permis d’Imprimer, Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,