I. — Ce qu'est ce complexe
Il s’agit d’un sel ferrico-sodique, préparé à parür de l’acide déhydrascorbique, par addition de solution aqueuse de perchlorure de fer en quantité calculée pour qu’il y ait un atome de fer par molécule organique et de bicarbonate de soude en quantité voulue pour saturer l’hydracide formé au cours de loxydation de l’acide ascorbique en acide déhydrascorbique pour libérer tout l’hydroxyde de fer.
L'analyse de ce sel, séché dans le vide, a donné des chiffres variant d’une préparation à l’autre, mais se rapprochant comme pourcentage des chiffres suivants
Fe : 18,52 % : Na : 7,61 %
La détermination du point de congélation des solutions aqueuses a donné des chiffres permettant de calculer des valeurs de poids moléculaire variant de 253 à 273, à condition qu’elle soit faite dans un temps très rapproché du moment de la solubilisation.
Un essai de régénération de la substance organique,
D te
servant de support aux métaux dans ce sel complexe, a permis de retrouver après réduction par lhydroge-
ne sulfuré 12 % d'acide ascorbique (proportion déter-
minée par litrage du pouvoir réducteur).
Il. — Partie expérimentale
Nous sommes partis des résultats obtenus préalablement à savoir :
— que le complexe n’était pas toxique ;
— que la limite de protection était vers 7 mgr ;
— que le seuil de Pactivité antiscorbutique pour l'acide déhydrascorbique était environ 5 fois plus forte que l’acide l-ascorbique.
Nous avons mis en expérience 4 lots de cobayes
soumis aux régimes suivants :
Lots Régime quotidien I Ration scorbutigène Il Ration scorbutigène + 25 mgr. acide I-ascor-
bique (+ 5 mgr. de complexe).
III Ration scorbutigène + {À mgr. acide déhydrascorbique (+ 5 mgr. de complexe).
IV Ration scorbutigène + 5 mgr. de complexe.
RÉSULTATS OBTENUS
Lot I. — Les cobayes ne présentèrent cliniquement
rien d’anormal jusqu’au quinzième Jour ; à ce mo-
DRUTTE Wei
ment apparaissent les premiers signes scorbutiques douleurs au niveau des articulations des pattes postérieures puis antérieures. Les jours suivants, le scorbut suivit son évolution aiguë normale avec mort entre le vingt-huitième et le trente-deuxième jour.
L’autopsie révéla d'importantes hémorragies bilatérales aux genoux ainsi qu'aux articulations des coudes et des poignets. La résistance osseuse était fortement diminuée au niveau des épiphyses.
Sur les surrénales :
a) La réaction de Giroud et Leblond fut négative;
b) Le dosage de l’acide ascorbique total de 0,05 megr.
Lot II. — Chez ces animaux, on constata un développement pondéral continu, un très bon état général ; aucun signe clinique anormal ne fut suspecté.
1° Certains, sacrifiés entre les 65° et 85° jours, nous donnèrent une autopsie complètement négative.
La réaction de Giroud-Leblond fut fortement positive et on obtint un chiffre de 0,36 mgr. d’acide ascorbique dans les surrénales.
2° Les autres furent en observation pendant trois mois et demi et présentèrent une évolution normale sans signes cliniques apparents. Nous avons supprimé alors l'acide ascorbique de leur régime quotidien. Vers le 160° jour (60° jour du nouveau régime) apparurent des douleurs bilatérales suivies de tuméfactions. Ces individus eurent un poids sensiblement constant, sauf, vers leur mort, qui arriva au septième mois (210°, 225° jour).
L’autopsie décela des hémorragies bilatérales, mais
Ep
seulement aux membres postérieurs ; la résistance osseuse était très peu diminuée:
Dans les surrénales, la réaction de Giroud-Leblond fut faiblement positive, et, nous avons trouvé 0,22 mgr.
d'acide ascorbique.
Lot III. — Les animaux de ce lot furent suivis pendant 3 mois. Cliniquement, ils manifestèrent une évolution normale ; prise de poids constante, bon état général.
Sacrifiés entre les 60° et 90° jours, l’autopsie montra de très légers points hémorragiques aux membres postérieurs, une résistance osseuse normale. La réaction sur les surrénales fut positive, et, la quantité d'acide
ascorbique : 0,25 mgr.
Lot IV. — Les cobayes n’eurent aucun symptôme scorbutiforme jusqu’au 30° jour. À ce moment, ont commencé les douleurs puis les tuméfactions. Des scarifications faites au niveau des genoux, nous décelèrent la présence d’hémorragies très nettes.
1° Vers le 70° jour, nous avons sacrifié certains animaux. L’autopsie nous a confirmé la présence d’hé- . morragies bilatérales dans la région fémorale, les coudes n’en avaient pas. La résistance osseuse était un peu diminuée.
Les recherches chimiques opérées sur les surrénales nous donnèrent 0,16 mgr. d'acide ascorbique total, ‘une réaction de Giroud et Leblond très faiblement positive.
2° Les autres animaux de ce lot furent suivis pendant plusieurs mois. Les lésions ostéohémorragiques