‹ Contribution à l'étude des modifications du pouvoir antiscorbutique dans divers produits d'oxydation de la vitamine CChapitre 32 sur 48 · ETUDE DU COMPLEXE AA II · texte numérisé non relu

ETUDE DU COMPLEXE AA II

l. — Préparation

C’est un complexe ferrico-sodique préparé à partir de l’acide déhydrascorbique. Il est obtenu par action d’une solution aqueuse de perchlorure de fer en quantité telle qu’il y a deux atomes de fer par molécule organique. On sature lhydracide, formé au cours de l’oxydation de l’acide ascorbique en acide déhydrascorbique, par le bicarbonate de sodium qui libère

aussi tout lhydroxyde de fer.

On obtient un produit pulvérulent jaune, très soluble dans l’eau. La teneur en fer de 25,92 % et en Na -:

Il. — Portie expérimentale

Nous avons mis en expérience 5 lots d'animaux à

ces différents régimes

LR N ESS

Lots Régime quotidien

I Régime scorbutigène-

Il Régime scorbutigène + 25 mgr. d'acide ascorbique.

II Régime scorbutigène + 5 mgr. de complexe.

IV Régime scorbutigène + 12 mgr. de complexe.

V Régime scorbutigène + 25 mgr. de complexe.

RÉSULTATS OBTENUS (graphique 1)

Lot I. — Ces témoins firent un scorbut à évolution normale se terminant par la mort entre le 28° et le 32 jour (suivant les individus). L’autopsie révéla les mêmes lésions que celles vues dans l’expérience précédente.

Les recherches chimiques sur les surrénales furent

également identiques.

Lot II. — Chez ces animaux rien ne fut à signaler pendant les cinq mois d'observation. Ils prirent normalement du poids jusqu’au jour où nous les avons sacrifiés.

L’autopsie ne décela rien d’anormal tant au point de vue osseux qu’à l'intégrité des parois vasculaires.

La réaction de Giroud-Leblond fut fortement positive et nous avons trouvé 0,41 mgr. d'acide ascorbique dans les surrénales..

Lot III. — Ces cobayes semblèrent ne rien présenter jusqu’au 12° jour; puis survinrent des tuméfactions des membres postérieurs, et des crépitations. Ce fut ensuite une régression du poids, une apparition de la

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diarrhée et la mort entre le 30° et le 34 jour. L’autopsie montra de fortes hémorragies aux membres antérieurs et postérieurs, avec une résistance osseuse à peu près nulle. Sur les surrénales, Aa réaction de Giroud-Leblond fut négative et la quantité d'acide

ascorbique égale à 0,07 mgr.

Lot IV. — Les animaux de ce lot prirent du poids jusqu’au 35° jour. Aux membres postérieurs, on constata de légères douleurs, des crépitations, puis des tuméfactions bilatérales. Le poids commença à diminuer très légèrement, et, au 50° jour, les cobayes accusèrent une raideur de leurs pattes arrières, puis un début d’ankylose avec difficulté d'extension de la jambe sur la cuisse. Radiographiquement on eut de grosses lésions aux épiphyses fémorales, les diaphyses soufflées avec réaction périostique, enfin une décalcification expliquant les nombreuses fractures des membres.

Ces cobayes sont morts entre le 85° et le 100° jour.

L’autopsie montra de fortes hémorragies aux genoux, plus légères aux coudes ; la résistance osseuse était très diminuée.

La quantité d’acide ascorbique des surrénales avait baissé puisqu'on n’en trouve que 0,18 mgr. et que la réaction au nitrate d’argent fut négative.

Lot V. — Nous n’avons rien constaté d’anormal jusqu’au 45° jour, époque à laquelle, la pression des articulations devint douloureuse, de légères tuméfac-

tions apparurent, Nous avons fait alors des scarifica-

ÆArqe

tions au niveau des genoux montrant l’existence de petits points hémorragiques et d’un œdème très prononcé. Au 70° jour survint la raideur puis de l’ankylose des membres postérieurs. Radiographiquement, nous avons constaté de très grosses lésions d’ostéopériostite des fémurs, une forte décalcification des têtes fémorales et tibiales avec autour des os des végétations calciques. Comme les animaux des lots précédents, la fragilité des os nous amena de nombreuses fractures.

1° Certains de ces cobayes furent sacrifiés (80° jour). L’autopsie nous confirma l’existence de lésions très importantes au niveau des membres postérieurs avec hémorragies bilatérales incluses dans un tissu musculaire jaunâtre, une rétraction musculaire empêchant Pextension de la jambe sur la cuisse. La résistance osseuse était très diminuée.

Dans les surrénales :

la réaction de Giroud et Leblond fut négative ;

la quantité d'acide ascorbique réduite à 0,18 mer.

2° D’autres au 70° jour reçurent 25 mgr. d’acide ascorbique en plus de leur régime initial. En trois semaines les tuméfactions et douleurs cessèrent. Les radiographies ne présentèrent plus d'anomalies. Devant cette guérison évidente des lésions scorbutiformes, nous sommes revenu au régime du premier jour (suppression de l’acide ascorbique au 100° jour). Pendant les deux mois suivants, les animaux vécurent normalement sans présenter aucun signe suspect. Puis survinrent à nouveau les douleurs, les crépitations, les tuméfactions. Le poids des individus accusait une très

légère baisse. Au sixième mois de lexpérience, on sacrifia ces cobayes. L’autopsie nous donna les mêmes indications que ci-dessus. La quantité d’acide ascorbique des surrénales fut de 0,19 mgr.

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

Ce complexe conserve un’ minime pouvoir antiscorbutique, car si une faible dose, 5 mgr., nous a permis de constater un scorbut aigu, des doses plus fortes (12 et 25 mgr.) nous ont donné les symptômes d’une avitaminose C chronique et partielle. Celles-ci nous ont donné avec une grande régularité des lésions de décalcification osseuse, fait constaté au cours d’expé-

riences antérieures [73].

à ST SN ROMSE TETE

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