I. — Le Scorbut de l'adulte
Le scorbut, connu depuis l'Antiquité, fut appelé par Jean de Joinville « la maladie de l’Ost ». Il fut décrit par J. Echtius, au milieu du xvr siècle, qui divisait déjà les symptômes en deux catégories : ceux du début et ceux du mal confirmé. Une couleur pâle et jaunâtre du visage et des douleurs caractéristiques aux membres inférieurs étaient considérées comme les tout premiers signes du scorbut.
Mme L. Randoin [81] nous dit que les auteurs reconnaissaient « trois stades dans l’évolution de la maladie : le scorbut commencant, le scorbut confirmé et le scorbut invétéré ».
On peut décrire ces trois périodes de la manière
suivante :
Au début, on note une adynamie musculo-nerveuse, la décoloration des muqueuses, une bouffissure du visage ; les malades sont tristes. Une sensation d’angoisse et de l’anémie font leur apparition ainsi que des lésions cutanées (piqueté scorbutique). À ces lésions, se surajoute de la stomatite gengivale. Enfin, un début d’amaigrissement.
Le second stade est caractérisé par l’ulcération de plus en plus marquée des gencives. Les ecchymoses font leur apparition aux membres inférieurs, les indurations forment des sortes de tumeurs dures à la palpation. Les membres deviennent douloureux au toucher et il se produit un œdème augmentant avec la marche.
Les symptômes de la dernière période sont très rares de nos jours, car ils marquent un trouble profond de la nutrition. Ils se manifestent par des ulcères, des nécroses osseuses, des hémorragies viscérales. Une dégénérescence générale de l’organisme survient, souvent accompagnée d'accidents dysentériformes.
Il. — Le Scorbut infantile
Ce ne fut seulement qu’en 1856, qu’un professeur de Kæœnigsberg, Moller, signala une maladie chez les enfants de 6 à 18 mois, caractérisée par des douleurs avec tuméfactions des membres inférieurs. Il lappela rachitisme aigu. Puis Galland [35] et Ingerslew [53], dès 1871, appelèrent cette maladie scorbut infantile.
De nos jours, il est plus connu sous le nom de maladie