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POUVOIR NÉPHROLYTIQUE DU SÉRUM

Le sérum sanguin possède au cours des néphrites, ainsi que nous l'avons déjà vu, une toxicité souvent assez grande ; mais il aurait suivant certains auteurs, une toxicité spéciale pour le rein; et expérimentalement on a démontré à son intérieur la présence de, néphrolysines,

Chez les animaux on avait déjà montré qüe si on lie les uretères où qu'on crée une néphrile expérimentale (Bierry), ou encore si on fait à un animal une injection d'émulsion de rein d’un animal d’une autre espèce (Néfédielf), comme par exemple de rein de cobaye à un lapin, le sérum de l'animal injecté acquiert des propriétés néphrotoxiques. Nous ne pouvons parler ici plus longuement de ces expériences, pour lesquelles nous renvoyons aux mémoires originaux. Rathery # appliqué à la pathologie humiaine l'étude des néphro-

(toxines.

Pouvoir néphrolytique du sérum des malades atteints de néphrites. — On peut l’étudier de deux ° manières, ou bien en injectant ce sérum à un animal, ou bien en étudiant l’action in vitro de ce sérum sur le rein de lapin.

1° Injection de ce sérum à un animal. — Hobbs prend du sang par saignée à un malade atteint de néphrile aiguë, puis en injecte le sérum à deux cobayes par doses fractionnées. Après quelques jours il constate à l'autopsie de ces cobayes que leurs reins présentent microscopiquement des lésions très nettes de néphrite ; l'action néphrotoxique de ce sérum d’urémique est done bien prouvée, Mais il est vrai d'autre part, que Linossier et Lemoine ont vu que l'injection de sérum d'homme normal à un lapin donne de l’albumine par lésions profondes du rein. |

Rathery a peu employé ce procédé car de nombreuses causes d'erreurs viennent fausser l'expérience, notamment ce fait que le sérum est souvent infecté,

29 Étude de l’action in vitro de ce sérum sur le rein du lapin. — Cette étude a été faite par Rathery qui l’a exposée avec détail dans sa thèse. Nous indiquerons rapidement la technique qu’a employée cet auteur etque nous-mêmes avons suivie dans plusieurs cas (nous renvoyons pour plus de détails à la thèse de Rathery).

On recueille le sérum d'un brightique ou d'un urémique, qu'on décante et centrifuge, et qu'on ramène au point cryoscopique — 0,78 par addition de quelques gouttes de solution saturée de chlorure de sodium. On met ce sérum à l’étuve pendant une heure et ensuite on y plonge des petits cubes de rein de lapin normal pendant une demi-heure environ toujours à l'étuve: on retire ensuite ces morceaux de rein, qu'on fixe dans le liquide de Sauer, puis qu'on peut couper et étudier histologiquement. Il est bon d'opérer comparativement avec des fragments de rein du même lapin plongés dans une solution de chlorure de sodium cryoscopant à — 0,78. On trouve alors que les morceaux de rein ayant séjourné dans le sérum normal ont peu d’altérations, tandis que ceux mis en présence du sérum d'albuminurique sont au contraire altérés.

En quoi consistent ces altérations ? A un faible grossissement, les cubes ayant séjourné dans le sérum artificiel ont des lésions minimes, un peu de gonflement des cellules. Ceux qui ont séjourné dans le sérum malade présentent des lésions surtout neltes au niveau des tubes contournés (éclatement des cellules, cytolyse protoplasmique très accusée, destruction des brosses ; à un plus fort grossissement les lésions sont encore plus nettes, dans beaucoup de tubes toute structure a

disparu, on voit des débris protoplasmiques avec de rares granulations, des noyaux altérés et des débris de bordures en brosse.

Nous renvoyons à la thèse de Rathery pour l'étude détaillée des lésions observées. IL semble résulter des. recherches de cet auteur que le sérum, dans les néphrites, l'urémie, et même les néphrites aiguës passagères, possède une toxicité spéciale pour le rein de lapin que n’a pas le sérum d’un sujet sain. Et l’auteur explique par la présence dans le sang de néphrotoxines, ce fait que les lésions d'un rein peuvent entraîner à la longue des lésions du rein opposé lorsque la néphrite progresse. |

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