OBSERVATION XXV
Néphrite interstilielle chronique.
C..…., manœuvre, cinquante-trois ans, hôpital Saint- Pothin (service de M. Mollard).
Il entre pour de l'oppression et des œdèmes, Dans ses
antécédents, alcoolisme ancien, pas de syphilis, saturnisme (coliques de plomb fréquentes). Depuis huit mois, dyspnée d'effort, pollakiurie nocturne et, depuis quelques semaines, accès d’oppression nocturnes. Bronchite et emphysème, Gros cœur, ébauche de galop, éclat du deuxième bruit aortique. Hypertension (19 à la radiale). Très peu d'œdèmes des jambes. Urines autrefois très abondantes, en ce moment moins abondantes ; beaucoup d'albumine,
EXAMEN HÉMATOLOGIQUE le 17 septembre 1909 :
EEB-—=8:990:.
Valeur globulaire : 0,78.
formule leucocytaire :
PobRUCIÉaires. Eee ra. cr Oo70 Hosinophiles Put us toit Grands mononucléaires . . 3,7 Mononucléaires, = :77,. . 21560 Formes de passagé. . = -. 1,8
23 septembre. — Le malade n'est guère amélioré, état
stationnaire. Galop net; hypertension; pas d'œdèmes. Les urines contiennent toujours beaucoup d’albumine,
NOUVEL EXAMEN HÉMATOLOGIQUE :
Valeur globulaire (appareïl de Hayem) : 0,79.
Formule leucocytaire :
ÉObONCIÉArTés Re Ce. LE, 5.600 Hoshophles =" * °06:6 Grands mononucléaires . . 1,5 Mononucléaires. . . . . 923,4 Formes de passage. . . . o,9
Remarques. — Ce malade offre le tableau typique de la néphrite urémigène ; il n’y a pas œdèmes, mais des
phénomènes de dyspnée intense, un gros cœur avec
galop, de l'hypertension, une grosse albuminurie. Le
pie
sang, au moment des deux examens pratiqués, est à peu près normal ; le nombre des globules rouges est plutôt supérieur à la normale. Pas de leucocytose. Le nombre des éosinophiles est inférieur à la normale, ces éléments sont rares, ce qui est en rapport avec un certain degré d'insuffisance rénale que présente le malade (suivant les idées de Pierraccini).
OBservaTION XXVI
Néphrite chronique.
Rob... Jean, salle Saint-Augustin (service de M. le professeur Teissier).
Néphrite chronique. Hypertrophie du cœur gauche. Galop du cœur gauche; souffle systolique de la pointe ; péricardite sèche.
Recherche de la résistance globulaire (procédé de Widal) :
L'hémolyse débute dans une solution de chlorure de sodium à 0,44 pour 100.
Hémolyse marquée (teinte rouge cerise) à 0,38 pour 100.
Hémolyse maxima à 0,28 pour 100.
Remarque. — Résistance globulaire normale.
OnservarTion XX VII
(Déjà parue: J. Teissier, A. Cade et Ch. Roubier, Soc. méd. des hôp. de Lyon, 1908.)
A... P., salle Saint-Augustin (service de M. le professeur Teissier).
En 1903, néphrite aiguë avec orchite. En 1908, bacillose pulmonaire, infiltration bilatérale, ramollissement, cavernules; bacillose laryngée à forme vocale; albuminurie
légère avec uro-hématine en quantité notable. Pas d'œdèmes.
21 avril 1908, recherche de la résistance globulaire.
Début de l'hémolyse dans une solution de chlorure de
Hémolyse maxima, à 0,38 pour 100.
La résistance globulaire est donc très diminuée.
27 avril. —— L'albuminurie a disparu, les urines contiennent moins d’uro-hématine. Le malade a été soumis huit jours au traitement par le chlorure de calcium (3 gr.)
L'hémolvse débute alors à 0,44 pour 100 de chlorure de sodium.
L'hémolyse est maxima à 0,32 pour 100.
La résistance est donc redevenue normale.
Dosage des albumines coagulables du sérum (D' Morel): 65 pour 1.000.
O8sERvATION XX VIII
(Déjà parue en partie: J. Teissier, A. Cade et Ch. Roubier, Soc. méd. des hôp. de Lyon, 1908).
B..., salle Saint-Augustin (service de M. le professeur Teissier).
Saturnisme professionnel, hypertension (22 au Potain).
Artério-sclérose. Dyspnée avec crises paroxystiques. Emphysème et induration très discrète du sommet droit. Albuminurie discrète. Pas d’œdème des jambes.
28 avril 1908. — Recherche de la résistance globulaire (procédé de Widal).
Début de l’'hémolyse dans une solution de chlorure de sodium à 0,48 pour 100.
Hémolyse maxima, à 0,28 pour 100.
Il y à donc un léger abaissement de la résistance minima.
Dosage des albumines coaqulables du sérum (D' Morel) : 80,3 pour 1.000.
16 avril 1908. — EXAMEN HÉMATOLOGIQUE :
CPE 0290;
Valeur globulaire : 6,25 (à l'appareil de Molasrez).
Formule leucocytaire :
Polynucléaires nt EN ONCE O NO Mônonticlééires"#{ 2000 SMESS E6sinop he MEET ERNE s
Le malade a ingéré pendant huit jours, depuis le 8 avril, 3 grammes de chlorure de calcium.
Recherche de la résistance globulaire (procédé de Widal).
L'hémolyse débute dans une solution de chlorure de sodium à 0,38 pour 100,
Hémolyse marquée dans une solution de chlorure de sodium à 0,24 pour 100.
Hémolyse maxima dans une solution de chlorure de sodium à 0,22 pour 100.
Le sang paraît être fibrineux et sa coagulation est rapide.
Dosage de la chaux dans le sang (D' Morel) : 0,045 pour 1,000.
Dosage des albumines coagulables du sérum (D' Morel) : 78,7 pour 1.000.
Il n’y a plus d’albumine dans les urines.
Remarques. — Morphologie du sang normale, Taux d'albumines du sérum supérieur à la normale. Il est à remarquer, surtout, que la résistance globulaire s’est nettement élevée à la suite de l’admimistration de chlorure de calcium.
Conclusions. — Æ{at du sang dans les néphrites chroniques. — En compulsant les nombreuses obser valions de néphrites chroniques avec examen hémato-
logique que nous venons de relater, nous pouvons nous faire une opinion sur l’état du sang au cours de ces maladies.
1° Eléments fiqurés du sang. — L'anémie est très variable, suivant les cas. Au début de la néphrite interstilielle, quand l'affection ne donne que peu de symptômes, le chiffre des globules rouges est normal (obs. XXIT et XXITT), et parfois il y a de l'hyperglobulie (obs. XXIV). Mais plus tard, quand la néphrite interstitielle arrive à une période plus avancée, on observe toujours un certain degré d'anémie, moyenne dans beaucoup de cas, autour de 3.000.000, parfois plus intense, près ou au-dessous de 2.000.000 (ex. obs. XVIet XVII). La néphrite parenchymateuse s'accompagne aussi d’anémie (obs. V). Il en est de même dans la néphrite des jeunes sujets, et le chloro-brightisme (obs. XIII). Dans beaucoup de cas, les numérations successives montrent que l'anémie s’accentue au fur et à mesure que la néphrite s'aggrave et qu’on se rapproche de l’urémie (obs. XIII). Mais dans quelques cas, malgré un état grave, 1l n’y a pas d’anémie (obs. XXV), mais alors cela tient-1l peut-être à l'influence cardiaque ainsi que nous l’avons déjà dit dans la première partie de ce travail.
La valeur globulaire subit ordinairement des variations parallèles à celles du nombre des globules rouges ; le plus souvent elle est inférieure à 1, parfois elle est assez abaissée. Cependant, dans quelques cas avec anémie assez intense (obs. XV, XVI, XVII, XVIII), nous l’avons trouvée supérieure à 1, mais ces cas sont l'exception.
Dans les cas avec anémie marquée, l'examen du sang sec coloré nous a montré souvent des déformations globulaires et un peu d’inégalité des globules rouges (obs. VI et VIT).
Les hématies granuleuses, numérées dans deux cas (obs. VI et XIII) sont en quantité normale.
La résistance globulaire, normale dans la plupart des cas, est parfois un peu diminuée (obs. VIII, XVI et X VIT). Dans deux cas déjà publiés (obs. XXVITI et XXVIIT), elle était diminuée puis s’est élevée sous l'influence de l’ingestion de chlorure de calcium.
Nous n'avons pas pu, d’après nos observations, déterminer les formes chniques de néphrites auxquelles correspondait cette diminution de la résistance globulaire ni assigner au phénomène quand 1l existe une cause bien évidente.
Pour ce qui est du nombre des globules blancs, la lecture de nos observations nous montre que quand la néphrite est bien compensée, 1l reste normal ; il n'y a pas de leucocylose ; nous exceptons les cas (obs. IX et X) où 1l y avait coexistence de tuberculose et où la légère leucocylose constatée pouvait être expliquée par les lésions du sommet. Loisque la néphrite est mal compensée, on peut observer une légère leucocytose (ex. obs. XII, XIII, XVII, etc.), (autour de 15.000 globules blancs), qui est inconstante d’ailleurs, et peut devenir plus manifeste au moment de l’urémie (voir le chapitre suivant).
La formule leucocytaire est ordinairement normale ; mais dans beaucoup de cas, surtout s’il y a une légère leucocytose, on note une tendance à la polynueléose.
Quant aux éosinophiles, ils sont toujours présents dansles néphrites bien compensées, ne sont pas en nombre supérieur à la normale. Dans les néphrites graves, ils peuvent être diminués, au-dessous de 1 pour 100 (ex. obs. XXV, elc.), ou manquer (ex. obs. XVI). Mais la loi de Pierraccini a été trouvée en défaut dans plusieurs cas. Nous discuterons, d’ailleurs, ce point plus en détail dans le chapitre suivant, consacré à l'urémie.
29 Caillot el sérum. — La coagulation du sang se fait ordinairement dans les délais normaux, et la ré traction du caillot est le plus souvent complète au bout de vingt-quatre heures. Dans deux cas (obs. VIT et XII) nous avons observé un léger retard de la coagulation, et dans ces deux cas, le deuxième surtout, il existait des épistaxis abondants et répétés.
Le sérum a parfois une coloration jaunâtre plus foncée que d'habitude, el dans un de nos cas (obs. XV), 1l était opalescent.
Le faux des albumines du sérum est le plus souvent inférieur à la normale dans presque toutes nos observations ; cette hypoalbuminose est, en général, plus marquée dans les cas où existent des œdèmes étendus (ex. obs. XVI, XVII, XII, etc.), mais elle existe aussi et peut être assez marquée dans des cas où les æœdèmes sont légers ou n'existent pas (ex. obs. VI, VII, XV).
Le point cryoscopique du sérum déterminé dans un cas (obs. VII) était abaissé.
La quantité durée du sérum dosée dans trois cas était supérieure à la normale, surtout dans un cas grave (obs. XVII) où elle était très augmentée.
La quantité de chlorure de sodium du sérum déterminée dans un cas était normale (obs. XIT).
Enfin le pouvoir hémolytique du sérum a été trouve normal dans le plus grand nombre de cas, parfois on a
pu noler une très légère augmentation.