‹ Contribution à l'étude des modifications du sang dans les néphritesChapitre 54 sur 58 · I. — Au point de vue morphologique · texte numérisé non relu

I. — Au point de vue morphologique

1° Les globules rouges sont le plus souvent diminués de nombre; mais celte anémie est très variable suivant la forme clinique de la néphrite, et elle peut subir des varialions. Le plus souvent il s’agit d’une anémie relative par dilution sanguine (hydrémie). Elle est plus intense lorsqu'existent des œdèmes étendus. Parfois elle manque, surtout au début de la néphrite interstitielle, où le nombre des globules rouges est normal et où 1l peut même y avoir hyperglobulie.

La valeur qlobulaire est le plus souvent abaissée lorsqu'il y a anémie.

On n'observe des déformations globulaires que lorsque l’anémie est très intense.

Les hématies granuleuses restent en nombre normal.

2° La résistance globulaire, normale dans la plupart des cas, présente parfois une diminution plus ou moins marquée, sans que nous puissions encore déterminer rigoureusement les formes cliniques auxquelles réponde

cette diminution de résistance, ni assigner au phénomène quand il existe une cause bien évidente.

3° Les globules blancs restent en nombre normal quand la néphrite est bien compensée. Lorsqu'il y a insuffisance rénale ou urémie, on observe souvent une augmentation relative du nombre des globules blancs, une légère leucocytose.

La formule leucocytaire présente, surtout lorsqu'il y a leucocytose, une tendance plus où moins marquée à la polynucléose.

Quant aux éosinophiles, nous avons constaté leur disparition du torrent circulatoire dans beaucoup de néphrites arrivées à la période d’urémie. Mais la loi établie par Pierraccini, vraie dans beaucoup de cas, . ne s'applique pas à la totalité des faits pour des raisons

encore inconnues.

IT. — Au point de vue des propriétés générales du sang el du sérum :

4° La coagulatlon du sang se fait ordinairement dans les délais normaux ; cependant, dans les néphrites avec hémorragies (épistaxis, etc...), on peut observer un léger retard de la coagulation.

5° Le sérum a souvent dans la néphrite interstitielle une coloration jaune plus foncée que d'habitude. La lactescence ou l’opalescence du sérum existent dans quelques cas.

On constate le plus souvent un abaissement du point cryoscopique du sérum.

6° Le taux des a/bumines coaqulables du sérum est Je plus souvent inférieur à la normale; cette hypo-

albuminose est plus marquée dans les cas où existent des œdèmes étendus, mais on l'observe, aussi, dans des cas où il n'y a pas d’œdèmes, où quand ceux-ci sont peu marqués. Chez les cardiaques, au contraire, on observe le plus souvent de l'hyperalbuminose du sérum.

La quantité d’urée du sérum est le plus souvent augmentée dans la néphrite intersütielle, et d'autant plus que la néphrite est plus grave.

La quantité de chlorure de sodium du sérum est normale, la rétention chlorurée se faisant non dans le sang, mais dans les tissus.

7° Le pouvoir hémolylique du sérum, normal dans le plus grand nombre de cas, peut subir parfois une légère augmentation. |

III. — 8° Les divers caractères hématologiques sus-indiqués sont variables suivant la forme de la néphrite (néphrite aiguë, néphrite chronique hydropigène, néphrite urémigène, chloro-brightisme, etc.)

9° Les lésions rénales nous semblent pouvoir Jouer un rôle parfois dans la constitution du syndrôme

anémie pernicieuse.

IV.— En résumé, parmi les modifications sanguines qu'on peut observer dans les néphrites :

a) Les unes sont certaines, admises par la plupart des auteurs quise sont plus spécialement occupés de la question; elles se trouvent confirmées par nos recherches personnelles : c'est ainsi que l’hydrémie avec hypoglobulie, l'hypoalbuminose du sérum caractéri-

sent la néphrite parenchymateuse, qu'une anémie plus légère ou même nulle, une hypoalbuminose moins marquée, mais par contre une azotémie constante et souvent très accentuée, sont le propre de la néphrite interstitielle.

b) Lesautres sont discutables, n'existent pas dans la totalité des cas, ou apparaissent sans qu'on puisse leur assigner une raison toujours identique : elles nécessitent de nouvelles recherches plus approfondies.

Toutefois de nos nombreux travaux personnels nous pouvons déduire que, dans beaucoup de néphrites, parenchymateuses surtout, l’hypoglobulie s'accompagne d’une diminution légère de la résistance globulaire jointe à une augmentalion du pouvoir hémolytique du sérum. Ceci a d'autant plus de valeur que l'hypoglobulie concomitante permet de supposer que les globules moins résistants ont déjà disparu sous l'influence de la toxémie.

Vu:

Page 1