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de pronalion, il a constaté que le cubitus exécutait, dans son articulation avec l'humérus: 1° un mouvement d'exlension pendant Le premier tiers du quart de cercle décril par son extrémité inférieure; 2° un pelit mouvement d'inclinaison latérale de dedans en dehors, pendant son fiers moyen: 3° un mouvement de flexion pendant son dernier liers. Lorsque la main était arrivée à son plus haut degré de pronation, l'observateur l'a ramenée lentement en supination. Alors, l'extrémité inférieure du cubitus a déerit dans un sens opposé, une nouvelle courbe résultant aussi de la succession et de la combinaison des trois mêmes mouvenients dans l'articulation cubito-humérale.
La plupart des anatomistes ont soutenu que l'articulaion ginglymoidale du coude était trop serrée pour permettre le moindre mouvement de latéralité du coude; Je viens de démontrer cependant qu'il est produit naturellement et incessamment pendant la pronation et la supina- (ion.
Qu'on l'explique où non, le mouvement du cubitus est donc incontestable.
I suffit du plus petit mouvement latéral du cubitus, dans son articulation avec l'humérus, pour que, à l'extrémité de cet os qui devient ainsi un long levier, ce mouvement at d'un centiniètre à un centimètre et demi. Il ne faut pas s étonner si ce mouvement latéral du cubitus dans l’articulation du coude ait pu être nié par un grand nombre d'anatomistes, car 1l peut échapper à l'observateur qui n y prête pas une grande attention.
Le mouvement du cubitus, pendant la pronation et la supination, paraît être passif, ou du moins on peut l'ob- Len passivement comme le prouvent les expériences
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suivantes: «sur des sujets morts récemment et dont l'irritabilité existait encore, j'ai provoqué la pronation et la supination à l’aide de la faradisation localisée, et j'ai vu se produire successivement les trois mouvements décrils ci-dessus. J'ai fait cette même expérience sur un membre fraîchement amputé, après en avoir enlevé la peau. Les muscles étant mis à nu, j'étais certain que l'excitation élait exactement localisée dans les muscles pronateurs et supinateurs. Eh bien, sitôt que la pronation et la supinalion commencaient, Je voyais le cubitus exécuter dans l’'arüiculation du coude ses trois mouvements successifs d'extension, d'inchnaison latérale et de flexion. J'ai conslalé alors qu'en tournant, en pronation et en supination, l'extrémité inférieure du radius faisait décrire à l'extrémité inférieure du cubitus, avec laquelle il s'articule, une courbe égale à la sienne et dans un sens opposé.
« Siensuite, au moment de la contraction énergique de l'un des pronateurs ou du court supinateur, je maintenais sohidement l'extrémité imférieure du cubitus, j'observais qu'en m'opposant au mouvement de rotation qui lui est imprimé par le radius, le mouvement de rotation de ce dernier s'en trouvait très limité.
«J'ai constaté enfin, dans ces expériences, que pendant la rotation du radius, les ligaments de l'articulation cubito-carpienne étaient distendus et que, par leur résistance, ils imprimaient à l'extrémité inférieure du cubitus le mouvement en are de cerele dont il vient d'être ques- Üon. »
Nous nous sommes volontairement étendu sur la description des expériences de Duchenne, leur précision et
leur rigueur scientifiques fournissent, en effet, à la dis-
— 14 — 6 cussion des éléments sérieux. Les expériences de Duchenne ont été modifiées et rendues encore plus démonstratives grâce à quelques perlectionnements de détails par Heiberg et Dwight.
Heiberg, qui a consacré à cette question un mémoire de la plus haute importance, a établi expérimentalement que le cubitus avait un mouvement de cirrcumduction.
Dwight énonce ainsi l'opinion de Heiberg en y ajouant les critiques suivantes! « L'apparence de rotation du cubitus est frappante el nous ne pouvons mettre notre main en pronalion en gardant le cubitus fixé et en tournant le radius tout autour de lui à la manière classique: mais nous pouvons placer l'axe de rotation dans l’axe de n'importe quel doigt, et cela devient évident si nous tenons une règle ou un tire-bouchon successivement entre chaque doigt. » Cet auteur prétend alors que nous devons modifier la théorie de la rotation de l’avant-bras et lui donner un axe qui passerait à travers la tête du radius et du cubitus, et cet axe varierait grâce aux déplacements du cubitus. Les expériences les plus frappantes d'Heiberg consistent à fixer des points de repère sur l'extrémité inférieure du radius et du cubitus, la main ayant été préalablement désarticulée, et à montrer que dans la rotation de l’avant-bras chaque point de repère décrit une courbe.
Dwight, pour compléter les expériences d'Heiberg et en tirer des conclusions plus précises, raconte qu'il a pratiqué une incision jusqu'à l'os, de chaque côté du poignet, et qu'il a enfoncé des épingles sur la partie externe du radius et la partie interne du cubitus; ces épingles faisaient, avec l'axe de l’avant-bras, un angle droit et,
be quand la main était en supination, elles étaient loutes deux horizontales: dans le mouvement de pronation, où voyait l'épingle radiale décrire une grande courbe, tandis que l’épingle cubitale restait au repos.
Ayant, en outre, désartieulé la main et fixé l'humérus dans un étau, 1l a saisi l'extrémité inférieure des deux os avec une pince à dents résistante et il a essayé de les faire tourner, mais les deux os se sont fracturés sans qu'aucun mouvement ne se produise dans l'épingle fixée sur le cubitus.
Dans d'autres expériences, Dwight a fixé de petits pinceaux dans la partie inférieure du radius et du cubitus à la facon d'Heiberg el a vu, à son grand étonnement, des courbes se tracer sur le papier qu'il tenait appuyé contre les pinceaux: celle du radius se dirigeait en haut, en dedans et en bas: celle du cubitus, beaucoup plus peüle, se dirigeait en bas, en dehors et en haut. Ce mouvement du cubitus n'était n1 forcé, ni contre nature. Il a constaté, en outre, que, ayant fixé une épingle à angle droit sur le cubitus, celle-ci n'était animée d'aucun mouvement. Pour plus de précision, 1l dénuda la surface interne de la diaphyse du cubitus sur une certaine distance, et se rendit compte qu'il n'y avait aucun mouvement de rotation.
Examinant avec plus d'attention l'épingle fixée latéralement sur le eubitus, il vit qu'il existait des légers mouvements d’abduction au commencement de la pronation, et acquit la certitude qu'il y avait bien un mouvement latéral du cubitus.
Ces expériences expliquent les points controversés, c'est-à-dire que des mouvements latéraux se produisent
dans l'articulation du coude. On peut montrer que ce mouvement de latéralité existe quand l'avani-bras est amené à angle droit, et il est curieux de constater que ce mouvement est beaucoup plus étendu quand l'avant-bras est en pronation. D'après Dwight, l'expérience suivante d'Heiberg enléverait tout doute à ce sujet: un long bâtonnet est fixé le long du cubitus d'un sujet vivant, de facon à ce qu'il dépasse le coude de cinq centimètres environ, puis on fait exécuter des mouvements de pronalion et de supination,-et on constate que le bâtonnelt décrit des courbes analogues à celles qui ont été imdiquées à l'extrémité inférieure du cubitus. Ces courbes correspondent forcément à des mouvements de latérahité.
De tous ces faits, Dwight conclut: 1° que le cubilus ne tourne pas: 2° qu'il a un mouvement de latéralité .
Flesch a cherché à expliquer les mouvements de latéralité du cubitus par la conformation de l'articulation du coude qui rappellerait celle d'une charnière.
Nous devons également signaler l'opinion-de Dumur (1) que cet auteur a développée dans une thèse inspirée par Beaums, de Bordeaux.
D'après hu, le mouvement de pronation de l’avant-bras se divise en deux temps: un premier lemps pendant lequel le radius se meut seul, son extrémité inférieure décrivant un quart d’ellipse;: un second temps pendant lequel le Cubitus prend part au mouvement en décrivant à peu près un quart de circonférence. Îl en serait de
même pour le mouvement de supination: le cubitus pre-
(1) Duuur. — Thèse de Bordeaux, 1889.
mi7 nant part au premier lemps du mouvement; le radius tournant seul dans le second temps.
Dumur montre, en outre, que le mouvement de circumduction de l'extrémité inférieure du cubitus n'a pas pour siège l'articulation du coude: ce mouvement transmis au cubitus par l’humérus, se passerait dans l'articulation de l'épaule.
De cette dernière idée, nous pouvons rapprocher celle de Winslow qui avait observé des mouvements de l’extrémité inférieure du cubitus dans la pronation et la supinahon et qui, lui aussi, les supposait produits par une rolation de l’humérus sur la cavité glénoïde de l’omoplate.
Nous avons dû nous étendre un peu longuement sur l'historique de la pronation et de la supination, afin d'évi-
ter des redites et mieux grouper les éléments de la dis- Cussion.
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