IT. — DEUXIÈME THÉORIE
Le premier argument de Lecomte en faveur de la mobilité du cubitus consiste à placer un anneau circulaire, rigide, autour du poignet et de montrer que le poignet
peut sy mouvoir de la pronation à la supination. Pour Lecomie, si le cubitus était fixe, le radius seul mobile, le diamètre du bracelet deviendrait insuffisant et empêcherait les mouvements du radius.
Nous avons répété l'expérience de Lecomte de la façon suivante, en employant, au lieu du bracelet, un « pied à coulisse ».
Expérience 1. — Un bras d'adulte est désarticulé au niveau de l'épaule; nous fixons l'humérus dans un étau, puis nous mesurons le diamètre transversal du poignet en pronation, au moyen du pied à coulisse, qui accuse 60 millimètres. Nous plaçons ensuite le bras en supinaion, et la mensuration nous donne 59 millimètres.
Expérience 11. — Sur le même bras, nous enlevons les parties molles, et nous nous assurons que, pendant l'expérience, le cubitus reste parfaitement immobile; les mensurations nous révèlent 54 millimètres en pronation, et 53 millimètres en supination.
Nous avons répété quatre lois ces expériences et nous avons obtenu des différences sensiblement les mêmes dans les diamètres transversaux du poignet en pronation et en supination.
Nous pouvons donc conclure de ce premier point que l'expérience de Lecomle n'est nullement démonstrative.
Quant au second argument de Lecomte, il ne mérite que peu d'attention. Lecomte soutient que l'engrènement n'existe pas au niveau de l'olécrâne et qu'il y a même une certaine laxité. Cette affirmation de Lecomte Justifie pleinement le mot de Dwight qui dit que « ses écrits attirent plus de ridicule que d'attention sérieuse ». Nous avons maintes fois mis à nu des articulations du coude,
RE
el nous avons toujours pu constater que la mobilité latérale de l’olécrâne n'existe pas. Toutefois, nous ne nous sommes pas borné à ce simple examen cadavérique, nous avons demandé à maints chirurgiens si, au cours des interventions sur le coude, ils avaient parois constaté de la laxité olécranienne; nous croyons pouvoir reproduire ici l'opinion de M. Vallas, qui nous a déclaré que l'intimité de l'olécrane avec l'humérus était parfaite et qu'au cours des résections du coude, 1l fallait pousser” la dénudation très loin pour pouvoir luxer cet os et lui imprimer des mouvements de latéralité.
En outre, nous avons fait l'expérience suivante : sur un bras désarticulé au niveau de l'épaule, et fixé dans un étau, nous avons enfoncé un clou transversalement dans les épiphyses du radius et du eubitus, et nous avons. constaté que les mouvements de pronation et de supination disparaissaient complètement, ce qui n'existerait pas s'il persistait un léger mouvement de rotation dans l'articulation huméro-cubitale.
Il est inutile de réfuter davantage les arguments de Lecomte en ce qui concerne le coude.
Quant à ce qui se passe au niveau du poignet, ses conclusions sont plutôt des conséquences des exposés que nous venons de réfuter, et nous croyons qu'il n'est pas nécessaire de nous étendre plus longtemps sur les mouvements de translation et de circumduetion comme sur les mouvements de rotation sur l'axe.
Nous avons du reste à revenir plus loin sur ces mouvements de translation et de circumduction qui se passent au niveau du poignet et à en chercher l'interprétaton.
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Quant à l'opinion de M. Jaboulay sur la possibilité de produire des mouvements au niveau de l'olécrâne, l'avant-bras étant fléchi sur le bras, elle se trouve en Opposition avec les faits et expériences énoncés plus haut.