‹ Contribution à l'étude des mouvements de pronation et de supination: Attitudes à donner à l'avant-bras dans les fractures isolées et combinées des deux osChapitre 9 sur 14 · DR · texte numérisé non relu

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indépendants: le troisième, qui produit à la fois la semipronation et la flexion de l’avant-bras sur le bras, est connu sous le nom de long supinateur. (Cette dénomination est inexacte, puisque ce muscle est demi-pronateur et fléchisseur de l’avant-bras sur le bras.) Tous les muscles qui S’attachent à l’épitrochlée, dit-il, concourent à la pronation.

« Deux muscles président à la supination: l’un, le court supinateur est supinateur indépendant; l’autre, le biceps brachial, exécute simultanément la demi-supinalion et la flexion de l’avant-bras. La pronation et la supination peuvent donc se faire indépendamment soit dans l'extension, soit dans la flexion de l’avant-bras sur le bras, tandis qu'un seul muscle exécute à la fois ou la pronation et la flexion (le long supinateur) ou la supination et la flexion (le biceps brachial). »

Espace inlerosseux. — Quant à l’espace interosseux, nous avons cherché à vérifier la facon dont il se comportait dans les mouvements de pronation et de supinaion. Les auteurs, en effet, ne sont nullement d'accord sur les dimensions de cet espace pendant ces mouvements.

Tillaux émet l'idée que, dans la pronation, « le corps des deux os s’entrecroise à angle aigu, et, quand la pronation est complète, ils se touchent, c'est-à-dire que l’espace Interosseux a disparu: l'espace interosseux acquiert donc sa plus grande largeur dans la supination et disparaît complètement dans la pronation. En conséquence, ajoute Tillaux, la condition anatomique indispensable à la production de ces deux mouvements est l'intégrité de l'espace interosseux. »

Cette assertion mérite discussion. D’après Tillaux, en

effet, la pronalion serait limitée par la rencontre des deux os, et dans la supination interviendrait la tension du ligament interosseux. Nous n'avons cependant rien constaté d'analogue dans nos recherches. Si l'on examine, en effet, une radiographie de l’avant-bras placé en pronation, on voit nettement que l'espace interosseux est ‘conservé, el que les os n'arrivent pas au contact, même dans la pronation forcée. Expérimentalement, ce fait est facile à vérifier. Nous avons répété l'expérience de Brossard, et nous avons pu nous rendre compte de la justesse des faits qu'il avance.

Sur un avant-bras d’adulte, nous avons sectionné les parties molles, à deux travers de doigt au-dessus du poignet et à deux travers de doigt au-dessous du coude, puis dénudé complètement les os dans l'intervalle de ces deux sections: nous avons donc laissé absolument inlactes les articulations du coude et du poignet, ainsi que les parties molles qui les entourent et les renforcent. Le bras est alors saisi dans un étau et on produit un mouvement de pronation forcée. On constate alors que l’espace interosseux persiste sur loute la longueur et qu'il conserve à sa parlie moyenne un écartement d'au moins un centimètre. Il est donc démontré que si l’un des deux os se casse, ce n'est pas en prenant un point d'appui sur l'os voisin.

Quant aux mouvements de supination, ils se trouvent limités de deux façons différentes. La supination provoque, en effet, comme l'a montré Brossard, « un contact complet entre les deux os et un effacement de l'espace interosseux sur une certaine étendue ». Les faces pos-

térieures du radius et du cubitus, en même temps que

HEC pis ces deux os, au lieu de rester parallèles, s'entrecroisent à la manière des branches d'un X. Ils arrivent alors à se toucher avec la plus grande facilité sous l'influence d'un mouvement de supination pour lequel il n’est pas nécessaire de déployer une grande force. Le point de contact à lieu à deux centimètres el demi au-dessus de Ja partie moyenne du cubitus. On constate alors de visu la persistance de l'espace interosseux au-dessus et audessous du point de contact, el le contact se trouve démontré soil par la vue, soit par le choc perceptible à l'oreille à chaque mouvement de supination. Si l’on exagère le mouvement de supination on s'aperçoit que les points de contact deviennent plus considérables: ils augmentent plutôt au-dessous qu'au-dessus du point de contact primitif produit par une supination peu violente. L'espace interosseux persisle néanmoins, même dans ce mouvement exagéré, au-dessus et au-dessous de la surface où les deux os se touchent.

L'étendue de la surface de contact mesure au moins une hauteur de deux à trois centimètres. Une boule de cire à cacheter ramollie dans l’eau chaude, placée entre les deux os est absolument coupée par le haut des os dans la supination forcée.

11 résulte de ces fails un premier point intéressant, cest que dans la pronation forcée, les mouvements se passent surtout dans l'articulation radio-cubitale supérieure, tandis que les mouvements de supination forcée se passent surtout dans l'articulation radio-cubitale inlérieure. En outre, l'espace interosseux acquiert son maximum d'écartement dans une situation intermédiaire à la pronation et à la supination forcées, c’est-à-dire en demi-pronation.

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Le long exposé que nous avons fait des théories el des critiques sur la pronation et la supination, et l'étude anatomique qui lui fait suite, pourraient faire penser que nous allons énoncer maintenant, sous forme de conclusions, des idées neuves sur la pronation et la supinalion. Il n'en est rien, car, comme nous avons pu voir au cours de la critique des théories, il est des faits certains, il esi des faits discutés.

Les faits certains sont les mouvements de rotation du radius autour du cubitus; ce sont également les mouvements de flexion, de translation et d'extension de l’extrémité inférieure du cuübitus.

Restent les faits discutés: ce sont ceux qui ont rapport à l'interprétation de ces mouvements.

-Nous avons vu que les expériences de Duchenne, reprises par Heiberg, par Dwight, ont recu de tous les anatomistes une consécration absolue. M. Testut (1) qui, cependant, oublie de citer: Duchenne, à propos de la pronation et de la supination, -admet en grande partie la manière de voir de cet éminent physiologiste. Pour nous, nous adoptons pleinement l'opinion de Duchenne (de Boulogne). Toutefois, en ce qui concerne l'interprétation des mouvements de flexion, de translation et d'extension du cubitus, nous croyons que, seule, l'explication que nous avons fournie plus haut est vraiment démonstrative: c'est grâce à l’'obliquité de l'articulation du coude que le cubitus peut se porter en dedans et en dehors dans les mouvements d'extension et de flexion et faciliter ainsi

(1) Tesrur. — Anatomie descriptive, L. I.

de au radius ses mouvements de rotation, qui resteraient forcément incomplets et limités.

Les extrémités inférieures des deux os de l’avant-bras décrivent des arcs de cercle semblables à ceux décrits par les pointes de deux épées dans les mouvements de dégagement el d'engagement usités en escrime (le radius engage, Landis que le cubitus dégage). Lorsque le mouvement de pronalion s'exécute librement, sans que Je bras ou l'avant-bras soit maintenu, on se rend compte très aisément de ce double mouvement de l'extrémité inlérieure.

Quant aux axes suivant lesquels se produisent les mouvements de pronation et de supination, suivent-ils une ligne passant du milieu de la cupule radiale à la tête du cubitus ? Sont-ils, au contraire, sus ou sous-jacents à l'extrémité inférieure du cubitus ? Il est bien difficile de le dire. En réalité, il n'y a pas qu'un axe suivant lequel se font ces mouvements, il y en a une mullitude, et il nous semble qu'ils décrivent un véritable cône, comme a cherché à l’établir Heïberg.

En résumé, nous n'avons vu, comme modifications à apporter aux idées exprimées jusqu'ici, que l'interprétation nouvelle que nous donnons du mouvement de translation du eubitus.

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