PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
Les cultures isolées sur milieu de jus de pomme de terre ont été faiblement pathogènes pour le lapin ; l'injection intrapéritonéale détermine une péritonite plastique avec exsudat purulent, dans lequel nous retrouvons les éléments levuriens encapsulés. L'injection sous-cutanée à la dose de o,r gr. produit chez le lapin
des nodules inflammatoires ou bien se résorbe simplement sans nuire à la vitalité de l’animal. En injection intraveineuse, notre organisme provoque à la dose de o,o1 gr. la mort du lapin en 5 à 7 jours avec amaigrissement, diarrhée et gonflement intestinal. Dans les poumons et les foies, on retrouve le champignon nu, dépourvu de capsule.
La souris est très sensible aux toxines de ce parasite et meurt par une injection sous-cutanée de 0,01 gr. au bout de 2 à 3 jours avec les mêmes symptômes intestinaux ; le cobaye s'est montré réfractaire à l'injection de o,1 gr. dans la veine jugulaire.
Le 4 janvier 1934, nous avons reçu les prélèvements d’une mastoïdite provenant de la même malade. Nous y avons constaté microscopiquement et par les cultures les mêmes éléments encapsulés donnant par la suite les formes végétatives que nous avons décrites.
Nous rangeons cet organisme dans la famille des Saccharomycétées ; le genre Schizosaccharomyces Liber, d’après ces propriétés morphologiques et biologiques.
SERODIAGNOSTIC
A. Agglutination :
La sporo-agglutination a été pratiquée au moyen d’une culture de Rhinocladium Beurmanni, dont le pouvoir agglutinant était connu. On emploie une culture âgée d’erviron 2 mois. Nous avons prélevé aseptiquement quelques doses de la culture, que nous avons trituré au moyen de sérum physiologique stérilisé dans un mortier en verre, afin d'obtenir une suspension homogène. Celle-ci est filtrée sur un filtre préalablement mouillé. Les spores passent ainsi à travers le filtre et le filtrat est examiné au microscope (oculaire 4, objectif 6 ou 8) pour l’'énumération approximative. On dilue au fur et à mesure le filtrat pour obtenir une émulsion contenant 130 à 160 spores par champ microscopique.
La dilution des spores ainsi préparée, le sérum de notre malade a été ensuite réparti dans des tubes à hémolyse aux doses suivantes :
XIX gout. d’émulsion +1 gout. de sérum non dilué=Dil. 1/20 XVI gout. d’émulsion +4 gout, de sérum dilué à 1/10=Dil. 1/50 XVIII gout. d’émulsion +2 gout. de sérum dilué à 1/10=Dil. 1/100 XIX gout. d’émulsion +1 gout. de sérum dilué à 1/10=Dil. 1/200 XVIII gout. d’émulsion +2 gout. de sérum dilué à 1/40=Dil. 1/400 XIX gout. d’émulsion +1 gout. de sérum dilué à 1/40—Dil. 1/800 XX gout. d’émulsion servant de témoin.
On agite alors avec précaution les tubes et on place le tout à l’étuve à +37° pendant 1 heure.
L'examen microscopique nous a déjà permis d’apercevoir dans les 4 premiers tubes des grumeaux se déposant au fond du tube, visibles à l’œil nu.