EXAMEN DIRECT DU PUS
L'examen cytologique nous a permis de constater au moyen de la coloration panoptique de PapPENHEIM, les caractères suivants : le pus de l’abcès se caractérise principalement par une forte prédominance de leucocytes polynucléaires neutrophiles. Les lymphocytes font presque complètement défaut. Ces cellules ont subi un agrandissement notable, de sorte qu’elles atteignent une taille sensiblement égale à celle des neutrophiles segmentés. Elles sont fortement granuleuses ; les différents segments du noyau sont très petits et nous trouvons des leucocytes à 5 ou 8 fragmentations du noyau. Ces segments sont réunis encore entre eux le plus souvent par des zones nucléaires très minces, sorte de ponts. Les monocytes ne peuvent plus être mis en évidence ; par contre, nous constatons ça et là des cellules basophiles, à grosses granulations dans le cytoplasme ; leur dimension est légèrement supérieure à celle des neutrophiles.
D'autre part, nous remarquons des cellules à aspect hyalin, transparent, sans noyau nettement délimité. Ces éléments peuvent atteindre deux fois et demi le volume des neutrophiles segmentés. Le cytoplasme renferme des grains minuscules éosinophiles ou basophiles et le noyau est le plus souvent représenté ici seulement par une ou plusieurs régions ombrées un peu plus colorées en bleu que le reste du cytoplasme. Le tout fait nettement penser à l’image de cellules caryolysées hypertrophiées et ayant subi la dégénérescence graisseuse.
En plus, nous constatons encore de rares noyaux très aplatis, grands et faiblement chromophiles, qui sont très probablement les vestiges de fibres conjonctives.
Le pus provenant du curettage du pied est constitué par une masse renfermant une forte proportion de coagulum, d'hématies, un réticulum conjonctif peu abondant, des substances grasses et autres éléments difficiles à différencier. On remarque encore quel-
ques lymphocytes, d'assez nombreux leucocytes fortement segmentés et pycnotiques.
L'examen bactériologique du pus provenant de l’abcès cutané ne nous à pas permis de déceler des microorganismes pathogènes au moyen du microscope. |
Dans le pus séro-hémorragique prélevé dans la lésion osseuse, nous avons isolé des grains microscopiques qui atteignent parfois le volume d’une pointe d’épingle. Ces éléments lavés sur un filtre de IÉNA présentaient une coloration jaune ; ils avaient un aspect plus ou moins floconneux et une consistance plutôt molle.
A l’examen microscopique entre lame et lamelle, ces grains montrent une partie centrale dense, non transparente, fortement chromophile pour les couleurs d’aniline : violet de gentiane ou bleu de méthylène, non colorables au moyen du MAy-GRUENWALD, Cette masse compacte est entourée d’une zone périphérique formée par des filaments plus ou moins enchevêtrés, très peu ramifiés et fortement fractionnés. Les filaments terminaux sont souvent munis de renflements que nous ne pouvons cependant pas comparer à de véritables massues. Les filaments libres sont tous très courts, rappelant souvent des bacilles, mais le plus fréquemment des pseudobâtonnets grêles et allongés, se prolongeant par de courtes chaînettes cocciformes de taille irrégulière.
Ces éléments sont tous facilement colorables par les couleurs d’aniline ; ils sont GRAM positifs. On constate une sorte de granulation par cette technique, caractérisée par des zones plus ou moins incolores ou roses alternant avec des régions fortement chromophiles violettes.
Au moyen de la coloration de ZIEuL, nous avons pu remarquer de rares éléments acido-alcoolo-résistants, toujours libres et dispersés entre les cellules du pus, tandis que les grains sont toujours complètement ZreaL-négatifs.
RECHERCHES CULTURALES :
Le parasite a été isolé dans les conditions que nous venons d'exposer sur milieu maltosé liquide de pH=—6,8.
Dans les premiers temps, nous avons eu beaucoup de difficultés pour entretenir et réensemencer l'espèce pathogène. Nous avons repiqué le champignon tous les 4 à 5 jours en employant toujours le même milieu.
Pour adapter notre organisme à la culture sur milieu solide, nous avons rencontré beaucoup d'’insuccès.
Sur milieu de RauzIN neutre solidifié, sur pomme de terre acide, sur pomme de terre glycérinée, sur jus de carotte ou de pomme de terre gélosé, la culture a été toujours négative.
C'est pourquoi nous avons eu recours à la technique de Macnusson (120) et au sérum LŒFFLER.
Nous avons utilisé un milieu renfermant 3 de cheval et une partie de bouillon glucosé à +
7 solidifié par coagulation. Les cultures ont été placées à
PRE ANEE SET
parties de sérum |
effectuées soit en aérobie, soit en anaérobie à 1/14 de mm de pression. C'est ce milieu qui nous a permis d'obtenir en culture aérobie l’Actinomyces à l'état de pureté, afin d'étudier ses propriétés morphologiques et biologiques.
Après avoir adapté l'organisme pathogène à ce milieu solide par 6 repiquages successifs, nous avons réussi à obtenir des cultures positives sur milieu neutre solide maltosé de SABouRAUD.
Le développement sur ces deux milieux devient assez luxuriant dès que les propriétés de l'espèce sont fixées. II se forme à la surface des milieux de petites colonies qui sont légèrement jaunâtres, deviennent verruqueuses, prennent la forme de chouxfleurs au moment où plusieurs colonies deviennent adhérentes et se fusionnent.
Sur bouillon gélosé, il se forme de petites colonies blanches non cohérentes et non adhérentes au milieu.
Sur bouillon gélatiné, le champignon se développe très lentement. La culture commence vers les bords du tube de culture par la formation de petites colonies isolées pouvant atteindre les dimensions d’une tête d’épingle. La gélatine marque alors un début de liquéfaction et c’est dans ce substrat devenu liquide que le développement devient le plus intense (à +22°).
Sur milieu de pomme de terre, l'apparition de toutes petites colonies se fait très tardivement entre le 6° et le 10° jour de culture, Jamais il ne se forme de tapis homogène.
Sur pomme de terre glycérinée, nous constatons après une dizaine de jours de petites colonies blanches ei humides.
Sur bouillon glycériné gélosé, le développement est un peu plus luxuriant, sans modification de l'aspect des cultures.
Sur bouillon glucosé gélosé au sang défibriné, il se forme très tôt des colonies mamelonnées sur toute la surface du milieu. Ces colonies sont très adhérentes au substrat et en se fusionnant elles donnent un tapis mince mais homogène, jaune-brunâtre et plus ou moins mamelonné.
En milieu liquide le substrat de choix est constitué par le milieu de SABOURAUD maltosé neutre.
La culture sur bouillon peptoné à 3 Z donne au bout de 8 à 10 jours un faible dépôt jaunâtre, floconneux dans le fond du tube. Le bouillon reste clair. La formation du voile à la surface de milieu fait toujours défaut.
Sur bouillon glucosé peptoné les cultures présentent sensiblement le même aspect.
Le bouillon à 10 7 de sérum permet à +37° une croissance assez rapide ; il se forme au fond du tube des flocons compacts atteignant un maximum au bout de 3 semaines. Le liquide reste toujours clair ; nous n’avons pas pu déceler la formation d’indol dans ce milieu.
Sur le lait écrémé, le développement est pauvre et le lait ne subit aucun changement après 10 jours de culture à +37°.
Le lait non écrémé constitue un substrat beaucoup plus nutritif ; il se forme à la surface du milieu un voile très faible et
chétif, lisse qui tombe à la moindre secousse. Le lait est coagulé vers le 10° jour de culture ; la formation de caséase fait toujours défaut.
Le liquide de RauuiN acide, l’eau de malt et le moût de bière sont peu favorables et le développement, s'il s'installe, est toujours très tardif.