CAS DE BREWER ET WOOD
Premiers symtômes : Douleurs entre les omoplates et sur la colonne vertébrale. Enflure entre la deuxième et la quatrième vertèbre dorsale.
La Ponction donne du pus qui, ensemencé, produit une culture de levure.
L'incision laisse écouler une grande quantité de pus. Une métastase se produit.
La Culture est positive : Il s’agit du Cryptococcus Breweri, VEr- DUN 1912.
Pour ce qui est de la Sporotrichose osseuse, rappelons que cette maladie est une affection assez rare comme le déclare Tai Lien KiawG (13). Cet auteur a en effet, au cours de sa bibliographie, pu dénombrer depuis 1907 en tout et pour tout, une soixantaine de cas seulement en France ; la plupart de ces cas ont été décrits entre les années 1907 et 1914. Longtemps on a confondu les Sporotrichoses osseuses avec des affections tuberculoïdes. Nous nous permettrons ici de citer la description très claire et suggestive que LANGERON (14) en donne : « Localisations très importantes à connaître et mises en lumière par les recherches expérimentales de De BEURMANN, GouGEroT et VAucuEr (15). Elles se présentent sous forme de périostites sporotrichosiques, sources de fractures spontanées ; de sporotrichoses des petits os des extrémités avec toutes les variétés de périostites ossifiantes, d’ostéites raréfiantes, d’abcès intra-osseux, d’ostéites épiphysaires et d’ostéoarthrites accompagnées de tuméfactions et de colorations violacées des doigts, enfin, on connaît des ostéites des os du crâne, simulant l’ostéite syphilique tertiaire ».
On a la preuve aujourd’hui que l'infection sporotrichosique dans certains cas, peut se faire par la voie sanguine ; elle arrive ainsi à donner naissance à des foyers primitifs limités au périoste ou à l’os même.
Il ne faudrait cependant pas généraliser, et certains lésions osseuses se produisent dans quelques cas par pénétration du parasite localisé, tout d’abord, dans des foyers ulcéreux ou gommeux, dermiques qui arrivent à prendre de l'extension en profondeur à travers les divers tissus jusqu’à l’os. C’est un cas de ce genre que Frorrro et BENEDETTI (16) ont pu décrire ; des auteurs, tels que DE BEURMANN, GOUGEROT et VAUCHER (15) ont insisté à diverses reprises sur le fait suivant : en présence de tout cas suspect d’arthrite aiguë, subaiguë ou chronique, il faudrait penser à la possibilité d’une sporotrichose. JEANSELME et ADAMSON (17) n'ont-ils pas eux aussi fait remarquer que les inflammations arthritiques peuvent être rangées dans les sporotrichoses universelles ou généralisées ? La maladie osseuse se présente habituellement sous un aspect spécial qui revêt la forme de modifications gommeuses de l’os ou du périoste. Récemment, plusieurs auteurs ont rappelé que GouceroT, EnrManN, Larousse (18), Pick (19), Grecor (20) ont décrit des infections analogues localisées surtout,
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il est vrai, aux os des extrémités, mais pouvant se limiter aussi aux os des métacarpiens ou même aux os longs, tels que dans les cas de Wipaz et JAGQUET (21), PAYENNEVILLE (22), Pick et AzscuuL (23) ; À. Sarrory et OrTicont (24) ont même décrit des localisations à la machoire supérieure.
Dans le cas des sporotrichoses, il est nécessaire de poursuivre les travaux afin de pouvoir permettre au médecin de poser un diagnostic différentiel aisé et sûr, de façon à éviter les confusions avec la tuberculose d’une part, avec la syphilis, de l’autre. L’importance de ce diagnostic différentiel a été démontrée d’une façon très éloquente par les travaux de GoucEroT et de son école auxquels nous renvoyons pour de plus amples renseignements (18, 25). L'étude des sporotrichoses semble avoir été quelque peu négligée en France depuis 1914.
En l’espace de deux ans, MM. Meyer et À. Weiss (26) ont pu observer trois cas de sporotrichose osseuse à la Clinique chirurgicale B de l’Université de Strasbourg. Signalons l'étude intéressante de P. Ducroux (3) qui a contribué à perfectionner le diagnostic de la sporotrichose osseuse. C’est à dire que la sporotrichose osseuse n’est pas si rare qu'on a bien voulu le déclarer.
Que l’on nous permette de tracer à grands traits l'historique de cette affection : Tout le monde connaît les recherches de SCHENK (27) [1898], qui furent suivies par celles de HoœExTEN et PERKINS (28) [1900]. Dans notre pays, c'est pe BEURMANN et Ra- MOND (29) qui ont publié la première note intéressant ce genre de maladie. On ne peut passer sous silence les observations de Lurz et SPLENDORE (30) qui relatent des faits concernant la sporotrichose spontanée du rat. Ces recherches furent poursuivies par Brissaup et RATHERY, HuDeLzo, Monter-Vinarp, BRAUN et MERLE, mais ce sont, sans aucun doute, les mémoires documentés de DE BEURMANN, GOUGEROT et VAUGHER (25) qui apportèrent le plus grand nombre de recherches expérimentales : ils décrivirent l’apparition des lésions viscérales, musculaires, osseuses, ostéo-articulaires, synoviales ayant de très grandes analogies avec les lésions déterminées par l'infection à l’aide du Bacille de Kocu. De l'animal à l’homme, il n’y a pas loin, aussi ces savants émirent l’hypothèse que de semblables localisations pouvaient se produire chez le sujet humain.
Comme le rappelle Tar Lrex KianG, c’est le 5 juin 1908 que SICCARD, BITCH, GOUGEROT, ainsi que FAGE exposèrent à la Société Médicale des Hôpitaux les deux premiers cas de sporotrichose osseuse du tibia, apportant à l'appui de leurs assertions des preuves expérimentales tirées des cultures faites au laboratoire. Enfin, on peut citer le mémoire de pe BEURMANN, GoucEeror et Vaucuer publié en 1909 (25) et dans lequel les auteurs considèrent les sporotrichoses ostéo-articulaires. Rappelons aussi la thèse de CaRAvEx (8) qui contient une étude sur les ostéo-arthrites mycCosiques. ZEILINGER (31), MARcHaND ont consacré des études bibliographiques et cliniques aux sporotrichoses osseuses. En ce qui concerne le diagnostic de ces affections, les travaux les plus
saillants ont été publiés par Wipaz et ABrami (33) qui ont réussi à démontrer en 1908 que le sérum des sporotrichosiques possédait la propriété spécifique d'agglutiner les spores du champignon. Comme beaucoup d'auteurs l'ont prouvé, cette épreuve est encore à l'ordre du jour, et elle constitue une des meilleurs méthodes de diagnostic.
Nous en arrivons aux Aclinomycoses osseuses et nous poserons la question suivante : Ces affections primitives sont-elles si rares que l'on semble le déclarer ? Rappelons que LANGERON (34) a cru devoir insister sur des cas exceptionnels, dans lesquels les lésions actinomycosiques semblent débuter dans l'os lui-même. Cet auteur émet l'hypothèse d'une pénétration du parasite à travers la muqueuse digestive, son passage dans le sang et son transport et sa localisation dans la substance osseuse, Ducroux dans son travail sur les mycoses des os rappelle que CARAVEN a pu récolter 4 cas rapportés par IsRAËL (35), KonLer (36) et Bozrin- GER (37). Aussi pour une bibliographie complète de cette question, renvoyons-nous à sa thèse, mais retenons qu’un très grand nombre de cas comprennent des lésions osseuses primitives ou éloignées de tout foyer actinomycosique. De plus en plus, on a l'impression que ces cas d’actinomycoses primitives sont relativement très répandus à la fois chez les animaux et chez l’homme. La pénétration du parasite peut se faire par la peau, à la faveur d’une petite lésion cutanée (pustule d’acné par exemple). Elle peut aussi avoir lieu par l’appareil respiratoire et digestif. Ducroux croit apporter la preuve certaine en ce qui concerne son cas, de la généralisation par voie sanguine de l’actinomycose indépendamment de toute infection surajoutée : « Nos cultures et nos inoculations n’ont jamais mis en évidence d’autres microorganismes qui auraient pu intervenir pour permettre l'introduction du parasite actinomycosique et sa colonisation à distance ».
En ce qui concerne les lésions, BorLINGER fait remarquer la présence d’un épaississement très important du périoste et d’une induration fibreuse dans les os tarsiens : l’épaississement du périoste est aussi visible dans les lésions qui siègent à l’astragale, au calcanéum, au scaphoïde et aux os cunéiformes. La substance osseuse molle est raréfiée et renferme des foyers jaunâtres ; dans les cavités et les lacunes, on peut mettre en évidence des colonies actinomycosiques. HAMBURGER (38) et BosrRoœM (39) se sont aussi attachés à décrire les aspects anatomo-pathologiques des actinomycoses osseuses et le fait le plus remarquable qu'ils aient constaté réside dans l’absence habituelle de tout travail de réaction de la part des différents constituants de l'os.
Au point de vue de la localisation des foyers, citons les régions osseuses suivantes : fémur, condyle interne du tibia, omoplate, tibia, côtes et clavicules, condyles occipitaux, humérus, articulations du genou et du fémur.
Ducroux, au cours de ses recherches sur les mycoses osseuses, a pu mettre en évidence une actinomycose osseuse primitive caractérisée par l'absence de toute lésion organique autre que
celle intéresant le tissu osseux, par la déficience d’une adénopathie prononcée, par les examens des cultures, l'étude des propriétés biologiques de l'organisme, la reproduction des lésions expérimentales chez les animaux. Il conclut de son travail que la porte d'entrée est située à la jambe droite, dont les lésions ont guéri spontanément. Trois ans après ces faits, l'affection a repris à la jambe gauche (on peut supposer ici le transport du parasite par voie hématogène). S'étant localisée en cette place, elle a attaqué l'os de prédilection des mycoses osseuses qui est le tibia. Les lésions causées à cet os ont fourni à l’examen clinique et radiologique des symptômes caractéristiques. Enfin, le malade a été guéri rapidement par le traitement iodé.
CHaAPirRE II
Considérations générales sur les Blastomycètes
Lorsqu'on parle de Blastomycètes en mycologie parasitaire, on a l'habitude de séparer distinctement les organismes réduits à des cellules bourgeonnantes (levures) et ceux qui sont filamenteux tout en prenant dans certaines circonstances la forme levure. Pour l'historique complet de la question, nous renvoyons aux travaux de CHARLES (6) et de Ducroux (3). Les recherches sur les levures pathogènes s’échelonnent depuis 1853 jusqu'à notre époque : qu'il nous soit permis ici de citer les noms de Rogin (40), CLaunEe BERNARD (4), Poporr (42), MaGGiora et GRANEDIGO (43), ACHALME et TRoisiER (44), Curris (45), San FeLice (46), BussE (ir) rete...
VuiLLEMIN et LEGRAIN (48) décrivent le Saccharomyces granulalus, STEINHAUSS, le S. membranogenes (49) ; BLancnarn, Bixor et ScHwaRTz (50) isolent le Saccharomyces Blanchardi de GurarT. Parmi les autres auteurs qui se sont occupés des blastomycoses, citons encore CASTELLANI (b1), A. SARTORY (52), LASSEUR (53), AnpErsoN (54), HupeLo et MontTLaur (55), Roncazr (59, Remak (56), CasaGranpr et BRescaLiont (57), CorseLzi et Frisco (58), Gircrisr (60), DEMANCHE (61), Lucet (62), HARTER (63), LEGENDRE (64), BEAUVERIE et LESIEUR (65), DE BEURMANN et Gou- GEROT (66), Hupero, Duvaz et Læpericn (67), GUILLIERMOND et Pésu (68), Ora (69).
Nous pourrions citer encore nombre d’auteurs, mais nous arrêtons là cette énumération, en nous contentant de prier les personnes s'intéressant à cette bibliographie de se reporter aux deux thèses citées au début de ce chapitre.
Nombreuses sont les classifications qui ont été données au sujet des Blastomycètes : rappelons le travail systématique de Lipau (70). Cet auteur considère d’abord les organismes ne présentant pas d’asques nettement différenciés (Hémiascées), il envisage ensuite ceux qui donnent des asques nets (Enascées). Ce groupe des Enascées se divise en Exoascées (asques nus et libres), Plectascées (asques légèrement enveloppés), Discomycètes (périthèces ouverts), Pyrénomycèles (périthèces fermés).
A. SARTORY (71) a donné une classification exclusivement basée sur des caractères botaniques : il distingue quatre familles : Hémiascées, Pézizacées, Sphæriacées, Périsporiacées ; Buscouxe et Joserx (72), à propos de cet essai de classification, font remarquer que la Mycologie parasitaire médicale gagnerait beaucoup à adopter ce genre systématique qui se conforme aux règles de la
Cryptogamie en se basant sur les caractères botaniques des +spèces.
De BEurmanx et GouGeror (66) ont établi des groupements fondés sur des caractères médicaux : ils distinguent différentes blastomycoses : tout d’abord, les Saccharomycoses et les Atelosaccharomycoses : les parasites responsables de ces affections ne possèdent en aucune période de leur vie des filaments mycéliens vrais. Les Saccharomycoses sont produites par des organismes capables de se reproduire par l'intermédiaire d’asques, Ce qui n'est pas le cas des Atelosaccharomyces. DE BEURMANN et GOUGE- RoT rangent dans ces diverses familles les genres bien connus : Saccharomyces, Cryptococcus et Monospora.
Viennent ensuite les Parasaccharomycoses dues à des champignons capables de présenter un mycélium rudimentaire ; ce genre est mal défini.
Les Zymonémaloses causées par des organismes cryptogamiques capables de prendre la forme globuleuse levure et la forme filamenteuse.
Les Endomycoses dont les agents sont des champignons à mycélium filamenteux et à reproduction sexuée par ascospores.
Les Parendomycoses, comprenant des champignons voisins qui se distinguent cependant des précédents par leurs caractères culturaux.
Il est nécessaire ici de citer la classification des Hyphomycètes parasites élaborée par VuizzemIN (73). Cet auteur distingue trois groupes essentiels : tout d’abord les Conidiosporées, les Hémisporées sur lesquelles nous n’insisterons pas. Enfin les Thallosporées qui sont caractérisées par une reproduction au moyen de thallospores produites par le morcellement du thalle sans aucune différenciation particulière. Ce groupe est divisé en deux sous-groupes : les Blastosporées ou Blastomycètes et les Arthrosporées où Arthromycètes. Nous n'insisterons que sur les premiers.
Les Blastosporées comprennent les genres Cryplococcus, Monilia, Cladosporium, Malassezia etc... Tous ces genres se distinguent des autres thallosporées par la présence de thallospores spéciales que l’on appelle des blastospores. Ces éléments ont généralement une forme arrondie présentant l'aspect des levures ; ils naissent par bourgeonnement et prennent leur origine au pourtour des filaments. Ces blastospores sont capables de se multiplier pendant longtemps et l’on n’a remarqué jusqu’à présent aucun arrêt dans leur vie végétative.
GUILLIERMOND (74) s'est appuyé sur cette classification de VuILLEMIN, classification purement botanique, pour essayer de mettre de l’ordre dans ces différents groupements. Il divise les Thallosporées en plusieurs familles et sous-familles. Tout d’abord, il distingue la famille des Saccharomycétacées qui comprend les organismes caractérisés par une mulliplication asexuée par bourgeonnement ou cloisonnement et, en plus, une reproduction proprement dite au moyen d’asques et d’ascospores. GUILLIERMOND
a créé Cinq groupes qui se répartissent dans cette famille : ce sont les : Schizosaccharomyces constituant à eux seuls le premier groupe. Le deuxième groupe comprend les genres Zygosaccharomyces, Debaryomyces, Schwaniomyces, Tor'ulaspora, Nadsonia. Le iroisième groupe renferme des levures capables de bourgeonner, douées d'une reproduction sexuée par ascospores et d’un pouvoir fermentatif dégradant les matières sucrées en produisant de l'alcool ; ce groupe contient les genres : Saccharomycodes, Saccharomycopsis, Saccharomyces et Hansenia. Le quatrième groupe comprend les genres Pichia et Willia doués d’un pouvoir fermentatif, mais dont les produits de dégradation n’aboutissent pas à la production d'alcool, mais d’éthers. Le dernier groupe renferme des levures dont on connaît la reproduction sexuée, mais dont les affinités sont encore très mal connues : les genres Monospora et Nemalospora en font partie.
GuILLIERMOND considère ensuite la famille des Non-Saccharomycétacées caractérisée par des espèces à formes bourgeonnantes dépourvues de reproduction par asques et ascospores : il y englobe les genres suivants : Torula, Mycoderma, Cryptococcus.
Pour être complet dans l’histoire de ces classifications, mentionnons l'essai fait par Buscake (72) qui tient compte surtout des données cliniques.
La classification qui, à notre avis, mérite d’être retenue parce qu'elle allie les recherches botaniques et les caractères cliniques, est celle créée par Langeron (75). Cet auteur considère les Saccharomycétacées avec les genres pathogènes : Debaryomyces KLOECKER 1909, Saccharomyces MExEenN 1838, Willia HANSEN 1904. Le deuxième groupe de LANGERON comprend les Endomycétacées avec le genre Endomyces. ,
Quant aux Non-Saccharomycétacées, eu égard aux beaux travaux de VuILLEMIN, LANGERON nomme la famille des Hyphomycètes thallosporées avec les Blastosporées d’un côté et les Arthrosporées de l’autre. Les Blastosporées qui nous intéressent seuls à présent comprennent les genres pathogènes : Cryplococcus et Monilia.
Nous ne ferons que signaler la classification ébauchée par Ora (69) qui nous paraît fort compliquée et peu accessible aux médecins praticiens habitués à des données cliniques et à des termes que l’on admet aujourd’hui comme consacrés
Mais qu'il nous soit permis d'insister quelque peu sur une publication parue il y a un peu plus de deux ans et où LANGERON et TaL1ce ont donné de nouvelles méthodes d'étude et d'essai pour la classification des champignons levuriformes (76). Ces auteurs, après avoir rappelé toute l'importance des champignons levuriformes en médecine, leur présence dans les lésions les plus diverses de surface ou profondes, signalent toutes les tentatives de classification de DE BEURMANN, GOUGEROT, VUILLEMIN, basées sur des caractères morphologiques. Ils font entrevoir les travaux fondés sur des propriétés biochimiques et font connaître le but
de leur travail qui a été « d'utiliser à défaut ou à côté des ascospores, l'appareil sporifère pour donner une classification botanique des champignons levuriformes ».
LanceroN et Tazice proposent deux groupes de méthodes pour l'étude des champignons levuriformes : les premicrs sont des procédés macroscopiques, les autres sont microscopiques.
Les méthodes macroscopiques exigent des milieux de culture bien définis : ces milieux sont au nombre de deux, tout d’abord de la gélose glycosée à 27 de glycose ; les produits employés pour la confection de ces substrats sont ceux qui ont été recommandés par SABOURAUD ; la façon de les préparer a été empruntée à la technique même de SaBouraup. Le deuxième milieu solide est constitué par du moût de bière additionné de 107 de gélatine blanche extra.
En ce qui concerne les milieux liquides, les auteurs emploient avant tout le milieu classique de RauziN acide qu'ils considèrent comme le meilleur pour le cas où l’on veut pratiquer l’isolement des souches pures. Viennent ensuite le moût de bière et l’eau de pommes de terre.
Les méthodes microscopiques comprennent en premier lieu l'observation de prélèvements opérés au moyen du fil de platine flambé et dans ce cas LANGE=ON et TaLICE recommandent pour l’observation le liquide de Lucoz qui, disent-ils, permet de voir avec beaucoup de netteté le contour des blastospores. L'observation des espèces à étudier doit se faire sur le tube de culture lui-même adapté à cet effet (peu de gélose et grande inclinaison du milieu). Quelquefois cet examen peut ne pas donner entièrement satisfaction ; il doit alors être complété par l'examen d’un prélèvement monté en préparation et traité au moyen du LucoL par exemple.
Les auteurs ont observé les appareils sporifères sur les cultures en eau de pommes de terre : dans un premier cas, ils aspirent au moyen d'une petite pipette droite une colonie qui est ensuite étalée sur une lame, égouttée, séchée à 37° et examinée dans le liquide de Lucoz double qui a la propriété de colorer en bleu-noir les grains d’amidon de pommes de terre (formant le fond de la préparation) et en jaune-brun le champignon luimême, Quelquefois on doit pratiquer des microcultures (en goutte pendante) sur l’eau de pommes de terre. Ces microcultures doivent être soumises à une surveillance sévère et examinées toutes les heures au moins. Dès que la culture est satisfaisante et qu'elle permet d'observer ce que l’on voulait voir, on détache la lame de l’anneau et on fait sécher à l'étuve à 37°. On peut aussi colorer ces microcultures au moyen du liquide de LuGor, comme il a été dit plus haut.
En ce qui concerne les caractères macroscopiques des cultures, les auteurs croient nécessaires de fournir quelques précisions concernant l'observation de ces caractères : tout d’abord, ils considèrent les cultures crémeuses et les cultures membraneuses ; les premières sont reconnaissables à cause de leur aspect brillant et humide, les autres sont toujours sèches. On doit observer les
caractères de la surface du tapis cultural qui, dans certains cas, se plisse, dans d’autres, reste parfaitement lisse. La consistance des colonies sera connue par le contact au moyen du fil de platine. La couleur sera observée avec profit surtout sur les cultures géantes. L'odeur des cultures de Blastomycètes est en général fade.
LANGERON et TALIcE conseillent de déterminer la température optima de croissance en employant pour chaque souche à étudier trois séries de culture dont les unes seront placées à la température du laboratoire ; les autres à l’étuve entre 22° et 25° ; enfin, les dernières seront disposées à 37°.
Mais une mention spéciale doit être réservée aux cultures opérées sur les milieux liquides ; en l’espèce, le milieu adopté est l'eau de pommes de terre. On considérera les flocons cohérents ou non en suspension et les dépôts, la présence ou l'absence d'un voile.
Les colonies géantes seront obtenues avec facilité et sans grand danger de contamination en se servant des fioles de Roux (ou boîtes de Roux). D’après l’aspect de ces colonies géantes, les auteurs distinguent des cultures crémeuses épaisses, convexes, à surface lisse ou creusée de sillons généralement peu profonds : dans ce cas il s’agira des genres Mycotorula, Mycotoruloïdes et Candida.
Les colonies membraneuses, épaisses, sont mates, ridées et souvent recouvertes de sortes de mèches (Genre Géotrichoïdes).
Toutefois LANGERON et Tarice placent entre ces deux types très différents deux genres de transition : le genre Mycocandida qui donne des colonies crémeuses à épaisseur variable, à surface lisse et grumuleuse. Dans le genre Blastodendrion on a affaire à des cultures minces et creusées de sillons.
Parmi les caractères morphologiques des Blastomycètes, les auteurs retiennent tout d’abord les blastospores dont la forme et les dimensions sont essentiellement variables suivant les différents genres : on peut donc se servir en partie de ce caractère. Un classement des différentes formes a pu être opéré : nous le donnons ici en résumé: la forme des blastospores peut être «ronde, brièvement elliptique, elliptique allongée, ovoïde courte, ovoïde allongée ». On trouve enfin des types symétriques, stalamoïdes. Puis on peut envisager des blasiospores cylindriques, bacculiformes ou en bâtonnets, en croissants ; des éléments à contours irréguliers et allongés, des blasiospores piriformes ; certaines possèdent des membranes à double contour. Dans les cultures un peu âgées, les auteurs ont trouvé des blasiospores géantes qui ne sont pas constantes pour un genre, une espèce ou une souche.
La façon dont s'opère le bourgeonnement peut aussi donner des indications intéressantes : bourgeonnement unipolaire, double, quadruple, quintuple etc... La germination, elle aussi, a ses modalités et ses règles. La formation des blastospores en verticilles plus ou moins réguliers est un phénomène à noter, de
même que la morphologie des extrémités des filaments. On ne saurait négliger non plus la présence de chlamydospores, mais il faut se souvenir qu'elles apparaissent dans les cultures en milieux liquides et dans les cultures cellulaires prêtes à se dessécher.
LanGEroN et Tarice appellent aussi l’attention sur les filaments corémiés ou coremiums : on doit à ces éléments les mèches caractéristiques qui se forment quelquefois à la surface de certaines cultures.
Tels sont les caractères morphologiques retenus par Lan- GERON et TALICE ; pour ce qui est des caractères biochimiques, ils s’'empressent de déclarer que le seul caractère auquel ils ont recours est la liquéfaction de la gélatine {protéolyse du moût gélatiné). Ils ajoutent encore que ce caractère ne saurait correspondre en aucune manière à leurs groupements morphologiques. Ceci revient à dire qu'ils ne se servent aucunement pour la classification systématique des champignons levuriformes, des différentes réactions de fermentation qui étaient cependant tant à l'honneur, il y a quelque temps. Cependant, la raison de ce renoncement est particulièrement éloquente : «Ces caractères, très importants pour l'étude biologique, nous ont paru de nul secours pour l'étude systématique, c'est tout au plus s'ils peuvent servir d'appoint pour compléter une détermination et encore ce renseignement est des plus douteux, car les épreuves de fermentation ont été effectués par nos prédécesseurs avec des types non déterminés morphologiquement. Toute cette question des fermentations est donc à reprendre ».
Ensuite, les auteurs repoussent le terme de Monilia : ils le rayent de la nomenclature des levures ; les champignons levuriformes se trouvent donc limités aux Mycotorulées dont ils donnent la définition suivante : Champignons levuriformes proprement dits, non pigmentés et possédant un appareil filamenteux sporifère.
Pour être complet et fixer les idées, nous tenons à donner la classification des champignons levuriformes telle que LANGE- RON et TALICE la conçoivent :