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CLASSIFICATION DES CHAMPIGNONS LEVURIFORMES

selon LANGERON et TALICE

« La sous-famille des Mycotorulées est divisée en six genres » répartis en deux groupes, suivant la nature des cultures :

1) Cullures crémeuses :

Mycotorula : Blastospores en verticilles simples et réguliers et en bouquets terminaux. 17 souches : deux ou peut-être trois espèces.

Mycotoruloïdes : Blastospores en verticilles réguliers, composées et étalées en bouquets terminaux : 16 souches, 4 espèces provisoires.

Lu

Candida : Blastospores en chaînettes terminales et en verticilles plus ou moins réguliers ; six souches ; trois espèces.

Mycocandida : Appareil filamenteux très ramifié, chaînettes terminales très courtes, verticilles rudimentaires. Quatre souches ; deux espèces.

Blasiodendrion : Arbuscules en pinceau, formés de blastospores stalagmoïdes. Trois souches ; sept espèces.

2) Cultures membraneuses :

Geotrichoïdes : Intermédiaire entre les blastosporés proprement dits et les arthrosporés ; des blastospores verticillées et des blastospores-arthrospores, Sept souches ; sept espèces.

LANGERON et TaLice joignent à cette étude le genre Geotrichum (ancien Mycoderma) souvent confondu, disent-ils, avec les bilastosporés, mais qui possède un vrai mycélium et des arthrospores. Cinq souches ; deux espèces.

Les auteurs donnent la clef suivante pour faciliter les déterminations :

1. Colonies crémeuses ..... ditrarst ER AU aa Colonies membraneuses ........,....... (6

2. Des chaînettes terminales .............. Candida Pas de chaînettes terminales ou seulement PRO COURENT LE CS DR PEU Hz

3. Verticilles simples, réguliers, des bouquets rite 0, Ste PR AT es Mycotorula

Verticiiles simples ou composés, plus ou moins réguliers, pas de bouquetsterminaux 4

h. Blastospores stalagmoïdes dominantes des

AEDUHSCUECS. . cree Ur .......... Blastodendrion Blastospores arrondies ou ovalaires domi- IT ER CROP Ses REY A CE DERET

5. Verticilles composés, étalés .............. Mycotoruloïdes

Verticilles rudimentaires réduits à deux

blastospores, pseudo-mycélium très ramifié,

blastospores allongées, dominantes ...... Mycocandida 6. Pseudo-mycélium fragile, des blastospores

verticillées, des blastospores-arthrospores et

des conidies ; pas de voile sur l’eau de

pommes de terre ..s.,..ss.s.es......" Geotrichoïdes

Mycélium vrai, non fragile avant la désar-

ticulation ; des arthrospores, pas de blasto-

spores ; voile sur tous les milieux liquides . Geotrichum

CHapPiTRE Il

Considérations générales sur les Actinomycètes

Le genre Actinomyces Harz est incriminé dans un certain nombre d'infections cryptogamiques communes à l’homme et aux animaux et que l’on nomme Actinomycoses. L'étymologie du mot rappelle la disposition en étoile radiée de certains éléments du champignon isolé des lésions mêmes.

Nous rappelerons ici que c’est en 1845 que LANGENBECK en Allemagne a signalé une affection nouvelle causée chez les bœufs par un champignon microscopique. En 1857, LeBerT, en France, fait les mêmes constatations. Mais ces auteurs ne s’attachèrent pas particulièrement à l’étude des organismes parasites et il faut arriver en 1877 pour trouver les premiers travaux vraiment intéressants sur cette question. En effet, à cette époque BoLLiINGER (17) publia un mémoire qui fait époque. D’autres chercheurs s’adonnèrent à ces études et nous citerons BoSrROoEM (78) qui étudia la plupart des caractères morphologiques et biologiques relatifs à ce champignon ; il décrivit aussi la pathogénèse et l’étiologie de l'affection déterminée chez l’homme et les animaux. C'est Merscu- NIKOFF qui prouva que l’Actinomyces en question était un champignon inférieur se reproduisant par des arthrospores. En 1892, Rossi-Doria (79), Donec ainsi que SAUVAGEAU et Rapais (80) confirmèrent ces recherches ; dans un travail très documenté, les deux derniers auteurs font rentrer les champignons dénommés Actinomyces dans le genre décrit par Waliroth (81) en 1883 sous le terme d’Oospora.

«Les Actinomyces, disent SauvAGEAU et Rapais, sont des Oospora déformés par la vie parasitaire dans la profondeur des tissus ; les renflements claviformes que présentent les extrémités des filaments dans les lésions actinomycosiques et farciniques et surtout la précoce fragmentation du mycélium doivent être probablement considérés comme des moyens de défense du champignon contre l'organisme vivant au sein duquel il est plongé ».

SARTORY, après avoir pendant longtemps soutenu la dénomination d’Oospora déclare que, puisque la dénomination d’Actinomyces a prévalu dans le monde médical et qu’elle est employée le plus communément pour désigner ce genre de parasites, il est recommandable de la maintenir.

Sans citer tous les Actinomyces qui ont été décrits dans la littérature scientifique, rappelons les principaux: Nocarb (82) dans un travail fort complet publie l'étude de l’Actinomyces incriminé dans le farcin du bœuf, affection caractérisée par l’inflammation suppurative des vaisseaux et des ganglions lymphatiques

superficiels : la culture donne des éléments ayant la propriété de se ramifier et de produire des arthrospores. L’infection artificielle du cobaye et du mouton a donné des résultats positifs ; toutefois, un certain nombre d'animaux y sont réfractaires ; dans cet ordre d'idées, on peut citer le lapin, le chat, le cheval et l'âne.

Chez l’homme, dans deux cas Wozrr et IsRAËL (83) ont isolé l’Actinomyces Israeli dont les cultures s’obtiennent facilement à l'air, mais se produisent surtout dans la profondeur du milieu ; par la voie intrapéritonéale, ces auteurs ont reproduit des tumeurs, où ils ont pu isoler des grains actinomycosiques,

LianièRes et Srirz (84) isolèrent un Actinomyces ne présentant pas les caractères de l’Actinomyces du bœuf ; on peut aussi signaler l’Actinomyces de GiBson (85) isolé dans la rate d’une femme ictérique, l’Actinomyces Tozeuri trouvé dans un mycétome à grains noirs par Nicoze et Pinoy (86). L'Actinomyces Maduræ cause une affection connue sous le nom de pied de Madura, dans l'Inde ; étudié par ViNcENr (87).

Les recherches de RoGEr, SArRToRY et Borx (88) ont permis à ces auteurs de décrire un certain nombre de champignons du genre Actinomyces dans divers cas pathologiques. LAssERRE (89), à Toulouse, isole une espèce dans un cas d’ulcère pharyngé avec ulcération du plancher des fosses nasales et de la lèvre supérieure. A. Sarrory décrit chez un malade suspect de tuberculose pulmonaire un Actinomyces se présentant sous forme de petits filaments mycéliens munis parfois de légères ramifications ; cet organisme était acido-résistant tout comme le Bacille de Kocx et se laissait très difficilement cultiver. A, SARTORY et LASsEUR (g1) étudient l’Actinomyces bronchialis qui marque une prédilection pour la maltose. A. Sarrory et BaïLzy (92) isolent d’un cas de mycose pulmonaire en 1921, l’'Actinomyces catarrhalis. Dans un abcès du cerveau EPPINGER (93) en 1890 isole un Acitinomyces pathogène pour le cobaye et le lapin, l’Actinomyces astéroïdes dont une variété a été décrite dans une mycose osseuse par Ducroux (94), il s’agit de l’Actinomyces asteroïdes, variété serratus.

En 1932, ANronioLt (95) publie une étude très documentée où il relate ses recherches sur l’Actinomyces pulmonalis, variété gracilis. 11 isole en outre une nouvelle espèce à pigment rouge des glandes sous-maxillaires chez une fillette présentant une infiltration ganglionnaire avec périadénite ; il lui donne le nom d’Actinomyces Allenbachit.

Il y a un an environ, P. Moxar (96) publie une étude sur le cycle évolutif des Actinomyces dans les cultures et l'organisme animal et réussit à mettre en évidence le stade ultrafiltrable et les stades intermédiaires entre celui-ci et l’Actinomyces filamenteux se reproduisant par arthrospores,

Nous nous permettrons maintenant de donner quelques détails sur la place des Actinomyces dans la classification et d'envisager les divisions systématiques du groupement.

Ces parasites se classent dans le groupement des champignons imparfaits ou Fungi Imperfecti, Hyphomycètes, etc...

Nous adopterons la classification donnée par M. LANGERON qui distingue deux genres :

1) Le genre Actinomyces HArz 1877 comprenant des organismes anaérobies facultatifs dont le thalle est constitué par des filaments unicellulaires plus ou moins longs, ramifiés et dont les dimensions oscillent entre o w, 3 et 1 w, 2. Les filaments sont facilement colorés par les divers colorants usuels d’aniline et restent colorés quand on les soumet à la réaction de GRAM-. D'autre part, les spores se forment d’une façon tout à fait spéciale.

2) Le genre Actinobacillus de BRUMPT (1919) : les organismes se rangeant dans cette catégorie présentent dans leur évolution un phénomène de scissiparité très accusée qui les a fait quelquefois comparer à des Streplobacilles. D'autre part, ces organismes ne restent pas colorés par la méthode de Grau et ne sont nullement acido-résistants.

On divise les Actinomyces en deux sous-genres :

a) Les Euactinomyces avec la Section des Parasitici ;

b) Les Cohnistreplothrix.

Nous ne retiendrons dans notre exposé que les Euactinomyces, section des Parasitici one l’on subdivise en plusieurs soussections, tel que LANGERON l’admet :

1) Tout d’abord la sous-section des Majores qui renferme des champignons du genre Actinomyces faciles à cultiver sur les milieux usuels employés en Mycologie parasitaire ; au cours de leur évolution culturale, ils produisent sur les milieux solides des sortes d’efflorescences crétacées de couleur blanche. Microscopiquement, on peut constater les caractères suivants : les filaments qui forment le mycélium sont assez volumineux et généralement non acido-résistants. Les cultures dégagent presque toujours une odeur caractéristique de moisi. Au point de vue de leurs propriétés biochimiques, on doit retenir qu'ils liquéfient la gélatine et le sérum coagulé. Ils produisent des diastases capables de digérer lamidon ;

2) Vient ensuite la sous-section des Minores dont les représentants se cultivent assez facilement : une remarque intéressante ici : les cultures sur milieux solides ressemblent beaucoup aux cultures du Bacille de Kocn. Pas d’odeur caractéristique à signaler, Lorsqu’elles sont âgées, les colonies sont poudreuses et ternes. Les filaments se ramifient très rarement ; ces organismes sont très souvent acido-résistants. S'ils liquéfient un des deux milieux gélatine ou sérum coagulé quelquefois, ils ne liquéfient jamais les deux ensemble. Ils ne secrètent jamais de diastase et contrairement aux espèces appartenant au groupe précédent, ils végètent fort pauvrement sur le milieu de pommes de terre. Les Actinomyces faisant partie de la sous-section des Minores sont les plus pathogènes et sont capables de déterminer des lésions généralisées.

3) La dernière sous-section dite des Breviores comprend des espèces fort difficiles à cultiver, du moins sur les milieux habituellement utilisés. Le milieu qui paraît le plus favorable semble

le bouillon peptoné. Les colonies sont petites et souvent collées aux parois du tube ou localisées au fond du récipient de culture. Ces organismes ne dégagent pas d’odeur propre ; microscopiquement, ils se montrent sous la forme de courts articles ressemblant à des bactéries. Ils ne poussent pas sur la pomme de terre, ne secrètent pas de diastase et ne sont doués d'aucun pouvoir liquéliant vis-à-vis du sérum coagulé ou de la gélatine.

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