‹ Contribution À L'Étude Des Myosarcomes Du Corps De L'UtérusChapitre 28 sur 47 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Jacoun, Gyn. et obst., 1921.)

Myome malin; récidive après extirpation d'un fibromyome.

Mme F. L..., âgée de 45 ans, admise à la Clinique le 19 juin 1917. Se plaint de sensation de pesanteur dans le bas-ventre et de difficultés de miction; on a dû la sonder deux lois dans les dernières semaines. Menstruation régulière toutes les trois semaines, durant six à sépt jours, assez forte, indolore. Trois accouchements normaux, le dernier il y a un an et demi; deux avortements.

Examen. — Etat général passablement bon. Pas de signes de cachexie. Au toucher, on a des difficultés à atteindre la portion vaginale qui est reloulée en’ arrière par une grosse tumeur se trouvant devant elle. Cette tumeur, qui fait bomber la paroi vaginale antérieure, dépasse vers le haut la symphyse de quatre travers de doigt; elle est dure, peu mobile, et fait corps avec la portion vaginale.

Opération le 21 juin 1917. — Extirpation totale de l’utérus ét des annexes. Guérison nette. La malade quitte la clinique le 9 juillet 1917. |

La pièce anatomique n’a pas été conservée. Il est dit dans la feuille d'observation qu'il s'agissait d’une tumeur de la crandeur d’une tête de nouveau-né partant de la paroi antérieure de l'utérus, de consistance un peu friable. é

Examen microscopique fait à l'Institut d'anatomie pathologique de Strasbourg : Fibromyome bénin.

Réadmission le 22 avril 1918. — La malade s'étant bien portée après l’opération se plaint, depuis cinq semaines, d’hémorragies

qui ont augmenté dans les derniers jours. Elle remarque, en outre,

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: se | que le ventre devient plus gros. Pas de douleurs. Amaigrissement . depuis quelque temps. S

Examen, — On trouve l ‘abdomen fortement gonflé. ‘Epanchement

__ ascétique assez important: ‘du côté droit, tumeur dure, bosselée, | immobile, s ‘étendant de la symphyse jusqu'au foie. Au toucher, :

on sent une tuméfaction en forme de chou-fleur remplissant le

Jond du vagin, du volume d’un petit poing. Exeisiôn d’un petit

Oservaron VE — \Miome malin: récidive après cxlirpalion d'un « fibronyome ». Grossissèement 1 : 128.

morceau de celte tumeur, Traitement aux Ravons X. La malade quitte la clinique le 140 mai 1918. Elle est morte chez elle peu de temps après. }

Examen microscopique (coloration à léosine-hématoxyline). — Première reproduction : À un faible grossissement, l'aspect est en certains points tout à fait celui d'un myome banal. On voit des cellules allongées avec HOYaux en bâlonnet, serrées les unes contre les autres et groupées en faisceaux de ‘largeur très différente, En

d'autres endroits, les éléments cellulaires sont dissociés par une

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forte infiltration sanguine et se trouvent en partie en voie de dégénérescence; il y à des places où on ne voit plus que des restes de cellules, des globules rouges et de la fibrine. La vascularisation de la tumeur est très abondante; il y a une foule de petits et de grands vaisseaux qui paraissent creusés dans la masse ñnéoplasique et qui ne montrent que rarement une paroi propre, formée d'une couche d’endothélium. En étudiant à un fort grossissement les

parties bien conservées du néoplasme, on,aperçoit, dans Îles

faisceaux coupés longitudinalement, des éléments fusiformes com-

plètement analogues à ceux des myomes banaux. Les coupes trans-

versales offrent également l'aspect ordinaire des faisceaux musculaires. Mais ce qui frappe, c'est le manque complet du tissu conneclif intercellulaire.

OBsERvATION VII

(JaAcQUIN, Gyn. et obst., 1921.)

Myosarcome développé sur un fjibromyome préexistant

avec métastase dans le paramètre gauche.

Mme C. W..., âgée de 65 ans, nullipare, ménopause à partir de 04 ans. Depuis un an, sensation de faiblesse, manque d’appétit, constipation. Dans les dernières semaines, tension dans le bas ventre et douleurs pelviennes, amaigrissement.

À l'examen, l’état général paraît satisfaisant. Pas de signes de

: À ÿ : : pis cachexie. Râles au niveau du lobe inférieur du poumon gauche. La.

partie sous-ombilicale de l’abdomen fait saillie; on y palpe une tumeur passablement dure, non fluctuante, dépassant l’ombilic de deux travers de doigt, siégeant surtout du côté gauche du basventre, Au toucher, on constate que cette tumeur appartient à l'utérus, dônt elle ne se laisse pas délimiter. Dans la région

annexielle gauche, une seconde tumeur dure, du volume d’un petit

poing, un peu mobile (appartenant à l'ovaire?) Diagnostic. — Fibromyomes de l'utérus (transformation maligne ?), Opération le 6 janvier 1909. — Laparotomie : On trouve une

+ ane Fu rie

Srosse tumeur utérine dont la surface. est perlorée à. un endroit par

des végélations papillaires. Dans la partie supérieure du ligament

large gauche, une tumélaction du volume d'un œuf d’oie. Extirpa- | Lion supravaginale de utér us avec les annexes et le néoplasme du

| paramètre gauche. #17 | vs RES

Onsenvatiox VII. — Myosarcome. Grossissement 1 : 254.

A sa sortie de la Clinique, le 11 novembre 1909, la malade se irouve dans un état général assez mauvais. Les deux poumons sont affectés (métastases?) et au toucher on sent dans le cul-de-sac vaginal gauche des bosses dures.

Examen macroscopique. — La tumeur a en tout le volume d’une tête d'homme et pèse 2 kg. 1. Sa surface est lisse, irrégulièrement bosselée. Du côté droit antérieur, on remarque des végétalions qui, en une étendue de 2 centimètres sur 2 em. 17/2, ont dépassé le niveau de la tumeur el perforé son revêtement péritonéal. La consistance de la tumeur est très inégale, Elle corres-

pond, en partie, à celle d'un muscle non contracté; ailleurs, elle

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est dure comme de l'os. Quelques petits fibromes pédiculés et calcifiés partent de la surface antérieure et postérieure de Ia Lumeur, A la coupe, on constate que la cavité utérine est déviée vers la droite; elle contient un polype à base large s’insérant sur la paroi droite antérieure. A part cela, rien de particulier à la muqueuse, La tumeur principale est développée aux dépens de la paroi gauche pôstérieure de l'utérus. On y distingue très nettement une zone périphérique fasciculée, dure, de teinte blanchâtre, el une zone centrale, molle, paraissant être en état de nécrose complète. En différents points, on rencontre des dépôts calcaires assez importants. Là où il y a eu perloration du revêtement péritonéal, ôn voit dans la zone périphérique un noyau du volume d'une grande noisette qui se distingue par sa mollesse de son entourage fibreux. Dans le ligament large gauche, tumeur de la grandeur d’un œuf d'oie, irrégulièrement bosselée et contenant une cavité pseudokystique. Cette tumeur est nettement séparée de la

tumeur utérine; il n’y a aucune continuité. Les ovaires sont atro-

phiés; aux trompes, rien de particulier.

Examen microscopique. — Fragments recueillis : 4° tumeur prin-

cipale : zone fasciculée, zone molle, zone intermédiaire; 2° novau ayant perforé la capsule: noyau du ligament large; 3° paroi de la cavilé pseudokystique; 4° muqueuse, polypes sous-muqueux, ovaires et trompes. Coloration à l’éosine-hématoxyline et au safran d’après la méthode de P. Masson, :

1° Dans la zone fasciculée de la tumeur principale, on trouve un tissu fibro-musculaire assez dense, rappelant tout à fait l'aspect d'un fibromyome banal. En se rapprochant de la zone molle, on voit des faisceaux musculaires en voie de dégénérescence et des traînées de cellules dont on ne peut pas dire si elles représentent des éléments sarcomateux ou des fibres musculaires dégénérées. Dans la zone molle, il y a absence de tout élément cellulaire s. c'est la nécrose complète.

2° Le noyau néoplasique qui a perforé la çapsule et celui du paramètre gauche montrent, à un grossissement moyen, une siruclure rappelant par endroits celle d’un myÿome. On voit des cellules lusiformes groupées en faisceaux qui s’entre-croisent et dont le

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protôplasme présente la même coloration que les fibres musculaires lisses. Il est intéressant de constater que cette coloration caractéristique du protoplasme manque dans les cellules fusiformes jeunes au bord de l’infiltration néoplasique. En d’autres endroits de la tumeur, le groupement en faisceaux'est moins prononcé. La forme des cellules montre des irrégularités souvent très prononcées; les noyaux, de grandeur très variée, sont tantôt allongés en grain d'avoine, tantôt plus courts, ovalaires où irrégulièrement arrondis. On remarque quelques cellules géantes multinucléées. Le stroma est peu développé, les vaisseaux sont rares; leur paroi est formée d’une couche d'endothélium. Par endroits, il y à de linfiltration sanguine ef des foyers de nécrose assez importants. L'enrahissement el la destruction du tissu environnant s'observent très nettement dans les différentes coupes.

3° La paroi de la cavité pseudokystique est formée par les mêmes éléments néoplasiques que nous venons de décrire. Ceux-ci infiltrent vers la périphérie le tissu du ligament large; vers la lumière de la cavité, ils se trouvent en voie de dégénérescence. L'infiltra- Lion sanguine est très prononcée dans cette partie de la tumeur, le groupement en faisceaux, par contre, ne S'y observe pas. 4° Le polype sous-muqueux ne montre rien de particulier. La muqueuse, les ovaires et les trompes ne sont pas atteints par Île

néoplasme.

OBservaTION VIT

(VIOLET et-AMALAUTINE, in thèse Rogix, Bordeaux, 1911-1912).

Léiomyome malin.

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