‹ Contribution À L'Étude Des Myosarcomes Du Corps De L'UtérusChapitre 31 sur 47 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Viozer, Lyon médical, 1928.)

Myome malin de l'utérus après la ménopause et épithélioma

du corps utérin.

Femme de 57 ans, mère de trois enfants, qui a consulté, il y a sept ans, un médecin des hôpitaux, puis un chirurgien compétent, et chez laquelle on trouva une tumeur utérine ou annexielle, du volume d’une tête fœtale. Un conseil dans le sens d’une opération fut donné, qui ne fut pas suivi. La ménopause s’installe l’année suivante, et la malade, dès lors, ne consulte plus et ne s'inquiète pas de sa tumeur pelvienne. |

Depuis un an, le ventre s'est mis à grossir, et depuis six mois, des pertes nouvelles sont apparues. Pertes rouges, rosées, glaireuses, survenant presque constamment et augmentant d’abondance. Il n'existe aucune douleur, simplement de la gêne.

La malade nous est amenée par son fils, médecin-major dans notre ville.

Il s'agissait d’un ventre énorme, proéminent, nettement. fluctuant en certains points, sonore dans les flancs, maïs on sentait nettement en certains points des masses solides. Pas de ballotte-

at

DAMNT SEEN

ment. Pas d’ascite. Au toucher, le col était élevé, et par le toucher rectal on sent des masses solides dans le pelvis.

Il était difficile d'isoler nettement l'utérus. Mais devant les signes cliniques, il fallait faire le diagnostic de tumeur ovarienne avec des parties kystiques prédominantes et des parties solides,

encore opérables, mais avec propagation possible du côté de l’uté-

rus, vu l'apparition de pertes de sang et de pertes d'aspect mucoïde, jaunâtre, ressemblant au contenu des tumeurs ovariennes. Je conseillai l'intervention, qui fut pratiquée le lundi 9 janvier. On fit d’abord une incision limitée, sous-ombilicale, au niveau de Ja partie fluctuante.

Dès l'ouverture du péritoine, on perçoit une masse tendue, flucluante, bleutée, adhérente au péritoine pariétal. Ponction qui ramène 5 à 6 litres de liquide hématique. La réduction de la partie kystique étant ainsi obtenue, on s'aperçoit qu’il reste encore une partie importante de la tumeur dans le ventre et que le reste de cette tumeur est solide. On agrandit l’incision par en haut. On lire cette tumeur hors de l'abdomen et on s'aperçoit que ses attaches pelviennes se font sur l'utérus et non sur les ovaires, qui sont libres, sains de chaque côté.

On fait une hystérectomie subtotale assez basse et on termine par une péritonisation très régulière, après vérification et toilette de l’abdomen. C’est à ce moment qu’on trouve, adhérent au péritoine pariélal, vers le cæcum, un noyau de cette tumeur greilé sur ce péritoine et qu'on a failli laisser dans l’abdomen.

L'abdomen est fermé sans drainage et l'examen de la pièce montre qu'il s'agit d’une tumeur solide, développée au niveau d’une corne utérine, que cette tumeur est formée de nodules, dont les uns, près de l'utérus, sont mobiles sous le péritoine, et qu'à mesure qu'on s'éloigne du centre de la tumeur, celle-ci est formée de petites masses se pédiculisant, reliées entre elles par des tractus fibreux, et qu'en certains points ces formations sont en forme d’anse de panier, Quant à la partie kystique, elle était remplie de sang, mélangé à du liquide séreux, dont l'examen cytologique n'a malheureusement pas été fait, de caillots anciens, avec de la fibrine, comme s'il s'agissait d’une cavité de nécrobiose survenue dans cette tumeur

et non d’un kyste utérin véritable.

PAU ie

A l'ouverture de la cavité utérine, il existait une masse en forme de champignon, ayant, pour ainsi dire, ulcéré la paroi utérine, désintégrée en surface, et d’où provenaient les, pertes sanglantes et glaireuses observées par la malade.

Un morceau de cette tumeur intra-utérine a été prélevé et confié à M. Noël, pour être bien sûr qu'il s’agit d’une tumeur conjonclive et non d’une tumeur épithéliale. L'examen histologique a montré qu'il s'agissait d’un myome à évolution rapide à cellules jeunes et d’un épithélioma du corps utérin.

Page 1