INTRODUCTION
Nous nous proposons d'étudier les infections aiguës des muscles de la vie de relation au stade d’abcédation.
Pour désigner cette forme clinique des myosites il existe une terminologie des plus variées pouvant prêter à confusion : myosite aiguë suppurée, polymyosite des pays chauds, pyohémie à abcès profonds, myosite purulente, pyomyosite aiguë, lombo, doundou, kil...
De tous ces vocables nous retiendrons celui de myosite aiguë suppurée qui, cliniquement et anatomiquement, situe bien la question.
Le terme de pseudo-myosite, rencontré fréquemment dans les journaux médicaux coloniaux, ne figurera pas dans ce travail : cette appellation tendant à faire croire à des lésions extra-musculaires ; or, presque toujours, on désigne de la sorte de véritables abcès collectés à l’intérieur de la gaine d’enveloppe du muscle; très souvent dans le pus de ces abcès on a décelé la présence de fibres musculaires plus ou moins spha célées.
Nous passerons sous silence les myosites suraiguës et subaiguës, formes n’entraînant pas l’abcédation, l’une parce que la mort survient avant, l’autre parce que le tissu musculaire reprend son intégrité sans suppurer.
Nous éliminerons aussi toutes les formes chroniques abcédées ou non quelle que soit leur origine (pyogènes banaux, bacilles tuberculeux, tréponèmes, mycoses).
Nous ne parlerons pas des myosites aiguës suppurées survenant au cours de septicémies aiguës ou à la suite d’infections de voisinage (infections intramusculaires septiques; ostéomyélites, fractures ouvertes et toutes suppurations d’alentour).
ete
Nous avons donc en vue dans ce travail les formes de myo. sites aiguës suppurées survenant au déclin ou à la suite d’une septicémie diagnostiquée ou non (typhoïde surtout) et les formes en apparence primitives.
Ces deux sortes de myosites au premier abord dissemblables offrent comme nous le verrons de nombreux points communs (pathogénique, clinique, pronostique, thérapeutique).