‹ Contribution à l'étude des Myosites Aiguës SuppuréesChapitre 5 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

1803. Latour cite une observation d’abcès musculaire dans une septico-pyohémie.

1819. Velpeeu à la nécropsie d’un typhique constate une rupture des muscles du bas-ventre; il croit que ces malades se déchirent les muscles par leurs mouvements brusques.

1820. Villeneuve donne une observation de « Rhumatisme suppuré »; pour lui, le tissu cellulaire situé entre l’aponévrose et le muscle suppure, non le tissu musculaire. Birard (1832), formule la même opinion.

1829. Thollé décrit l'apparence pâle, décolorée des muscles dans la fièvre typhoïde, leur prédisposition à la rupture.

1838. Tessier, puis Milcent rapportent des faits d’abcès purulents intramusculaires.

Mais il faut attendre Zenker (1864) et Hayem (1870), pour avoir une vue d'ensemble et une description anatomo-pathologique des lésions; description depuis lors restée classique.

Enfin avec l’ère pasteurienne apparaissent successivement les travaux de Labuze (1871), Jacops (1873), Sentex (1880), Hôlscher (1891), Someil (1894) sur les myosites éberthiennes.

Les autres myosites aiguës suppurées sont aussi décrites eb étudiées par Nicaise (1877), Scriba (1885), Brunon (1886), Klippel (1887). Mauclaire (1893), Gouget (1894), Bujwid (1895), Suard (1896),

Mollard et Régaud (1899), puis Durante (1902), en précisent les caractères anatomo-pathologiques.

Les Japonais, Ito et Sinnoka (1903) et Miyake (1904), sont les premiers à donner des statistiques importantes sur cette question.

Sarrailhé (1909), fait part des cas qu'il a observés aux colonies.

En 1922 enfin le professeur Sabrazès écrit son livre sur les

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myosites aiguës, typhiques et paratyphiques, résumant l’état actuel de la myopathologie.

Depuis, en plus d’une discussion à la Société nationale de chirurgie de Paris (1932-1933), sont parus les travaux de Osawa et Ranaka au Japon (1926-1929), les publications des médecins coloniaux : Huard, Pales, Bouffard, Commes, Massias, et enfin tout récemment une thèse très documentée | de Pergola,

ETIOLOGIE

La myosite aiguê suppurée, de fréquence variable suivant les pays, la race, l’âge, le sexe, présente une étiologie compliquée tenant à la multiplicité des germes en cause et à un certain nombre de facteurs prédisposants, que nous passerons successivement en revue.

Pays. — La myosite aiguë suppurée, affection rare en France et même en Europe, où les cas ne sont signalés que de loin en loin, est une maladie fréquente sous d’autres lattitudes (Extrême-Orient, Orient, colonies).

Le Japon surtout semble payer le plus lourd tribut à cette maladie.

Miyake (1904), sur 33 cas de myosites aiguës primitives qu'il observe coup sur coup, relève 27 fois la suppuration.

Sur 250 cas de myosites, publiés à cette date au Japom 200 à peu près sont abcédés.

Osawa en dix mois a pu en inciser 30. Deushi, en 1929, publie 165 cas personnels.

Aux colonies les faits sont aussi très fréquents.

Au travail princeps de Sarrailhé(1908) portant sur 8 cas, succèdent les publications de Bouffard (2 cas), Commes (4 cas), Laigret et Lefrou (11 cas), Huard (21 cas), Pales (29 cas sur 35 observations de myosites), Massias (15 cas) pour ne citer que les principaux travaux parmi ceux des médecins coloniaux français.

C’est cette fréquence beaucoup plus grande des myosites aiguës suppurées en dehors de l’Europe qui en fit faire une affection spécifiquement coloniale (Bouffard, Commes, Laigret et Lefrou).

Nous verrons plus loin qu’il faut surtout en voir la cause

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dans les conditions de vie de l’indigène et de l’européen à la colonie, assez dissemblables des nôtres.

Race. — Il en est de même pour la race; jaunes, noirs, blancs seront dans les mêmes circonstances aussi susceptibles les uns que les autres.

Sexe. — L'’abcès éberthien se voit le plus souvent chez les hommes. Mais très certainement avec la vaccination préventive PP AMPBP dE jeunes recrues à leur arrivée au régiment, cette complication de la dothiénentérie ne sera plus observée chez les hommes; elle fera partie de l’ancienne pathologie.

Dans les autres formes, c’est encore l’homme qui est le plus fréquemment atteint.

Osawa sur 30 cas relève 23 hommes et 7 femmes. Pergola compte 40 hommes pour 10 femmes, Massias 8 hommes pour 6 femmes.

Parmi les observations rencontrées au cours de nos lectures nous relevons 92 hommes pour 14 femmes.

Age. — La myosite aiguë suppurée considérée comme une affection de l’adulte entre 16 et 45 ans se rencontre fréquemment chez l’enfant et même chez le nourrisson.

Klemperer, puis Finger, Gohrr et Schlagenhaufer rapportent 2? cas de myosite aiguë suppurée à la suite d’ophtalmie purulente, l’un chez un enfant de quelques Jours, l’autre chez un enfant de trois semaines.

Massias publie une observation de myosite aiguë suppurée à staphylocoques chez un enfant de 17 mois.

Sur les 123 observations que nous avons compulsées nous relevons celles de 16 enfants avant 15 ans.

Causes déterminantes.

En dehors du bacille typhique cause d'environ 30 myosites suppurées (observations publiées à ce Jour), le germe relevé le plus souvent à l’origine des abeès musculaires est le staphylocoque; viennent ensuite le Streptocoque, le gonocoque, le pneumocoque, les colibacilles, les pasteurelloses ; nous dirons aussi un mot de la filariose et de l’amibiase.

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Staphylocoque.

Abrami et Worms sur 63 cas trouvent 51 fois le staphylocoque soit 89 %.

Sur 99 cas relevés par Pergola, 26 fois le staphylocoque est en cause : soit 49 %.

Sur les 123 observations que nous avons compulsées 98 fois l'identification du germe a été faite et 69 fois on trouve le staphylocoque seul et une fois associé au gonocoque, soit 56 % ou 70 % suivant que l’on se reporte aux 123 observations ou aux 98 identifications.

Streplocoque.

Ce germe est beaucoup moins souvent à l’origine de myosites aiguës suppurées. Abrami et Worms accusent 12 fois le streptocoque sur 63 cas; mais ce streptocoque donna lieu à des formes suraiguës mortelles, formes, qui n’entrent pas dans le cadre de cette étude. Sur nos 123 cas nous ne relevons que 5 fois le streptocoque seul et une fois associé au colibacille (Yovtchich et Vassitch}, soit 5 %.

Gonocoque.

Courtois-Suffit dit que « le gonocoque en se généralisant, semble aimer le muscle », c’est exact mais nous pouvons

ajouter qu'il l’aime rarement au point de le faire suppurer. Nous l'avons trouvé cinq fois seul et une fois associé au staphylocoque, soit 5 %.

Pneumocoque.

Semble être la cause fréquente de myosites aiguës aux colo-

nies.

Sept fois il produisit l’abcédation dans nos observations,

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