‹ Contribution à l'étude des myosites syphilitiques diffuses et gommeusesChapitre 25 sur 31 · AA · texte numérisé non relu

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comme formées de dépôts blanchâtres, rougeâtres, d’un blanc pur ou d’un blanc jaune, légèrement striés, presque sans sècheresse. L'examen microscopique montre un tissu de granulation très compacte, à petites cellules, dans le tissu connectif intramusculaire, avec dégénérescence graisseuse précoce, au milieu de laquelle les cellules disparaissent complètement, de sorte qu'il ne reste qu’une masse finement granulée, riche en graisse et en apparence amorphe. Les stades ultérieurs peuvent produire l’impression d’une infiltration amorphe, circonstance qui a induit Billroth en erreur. Quand on examine la tumeur à une époque moins avancée, on rencontre un très grand nombre de petites cellules rondes pour la plupart et à un noyau comme dans le tissu de granulation. Ce stade cellulaire, dans les tumeurs gommeuses musculaires, dure beaucoup plus longtemps que dans toute autre espèce de tumeurs de ce genre, à l’exception peut-être des tumeurs cérébrales (1). »

Ces tumeurs tantôt se résorbent sans causer aucun

dommage, tantôt elles prolifèrent et forment une néoplasie qui peut étouffer, scléroser les parties envahies ; tantôt, après une multiplication active elles subissent la

dégénérescence graisseuse et se résorbent.

L’atrophie qui peut résulter d’une sclérose gommeuse

est étudiée histologiquement par le D'Durante dans

l'observation suivante.

(1) VircHOW. Pathologie des tumeurs.

DuraNTE (l).

Gomme congénitale et symétrique des sterno-mastoidiens.

Ce fait que nous avons eu l’occasion d’observer dans le service du Dr Porak, à la Charité, concerne un enfant à terme après une application très aisée de forceps pratiquée par l’interne de service, M. d'Herbécourt.

Des les premiers jours on remarque, au niveau de la partie moyenne des sterno-mastoidiens, une induration circonscrite sans altération des téguments sous-jacents et un peu plus notable à gauche qu’à droite. On pense au début à un hématome dû au forceps ; mais la bilatéralité de ces tumeurs, et l'absence de toute ecchymose doivent bientôt faire renoncer à ce diagnostic.

L'enfant pris de diarrhée verte succombe le 18° jour.

Autopsie. — Après avoir mis à nu la région cervicale, on voit de chaque côté, à l’union du 1/3 moyen et du 1/3 inférieur du chef sternal des sterno-mastoïdiens, une tumeur du volume d’une noisette proéminente, ovoïde, à grand axe vertical, présentant environ ! à 1,5 centimètre transversalement sur ? à 3 cms de hauteur, et tranchant par sa couleur grise sur la teinte rouge du muscle. Cette tumeur, de consistance dure, fibreuse, résiste au couteau comme un tissu de cirrhose. Elle est incluse sous l’aponévrose du muscle. Après section on constate qu’elle siège bien dans l’épaisseur même du chef sternal qui, cependant, présente encore quelques faisceaux d’apparence normale sur sa face postérieure. Les limites ne sont pas très nettes ; on passe assez promptement du tissu scléreux au tissu

(1) Bulletin de la Sociélé anatomique de Paris, janvier 1898, DU65S:

sain, mais il n’y a pas de trace de coque fibreuse, les faisceaux musculaires et la production pathologique se pénétrant mutuellement sur une mince épaisseur,

Rien à signaler dans les autres organes qui, microscopiquement, paraissent sains.

L'examen histologique a montré les lésions suivantes:

Sur les coupes transversales, on rencontre, en arrière de la tumeur, des faisceaux musculaires parfaitement sains, sauf quelques rares fibres gonflées et en dégénérescence hyaline. Au centre de la tumeur les fibres musculaires font complètement défaut ; on ne trouve à ce niveau que du tissu fibreux, adulte très pauvre en petits noyaux, ovoides ou aplatis. La vascularisation relativement rare n’est représentée que par des vaisseaux peu nombreux de gros et de moyen calibre; on ne voit pas ou presque pas de capillaires.

Ces vaisseaux sont atteints souvent d’endo-périartérite pouvant aller jusqu’à l’oblitération complète, quelquesuns, cependant, sont encore perméables et presque sains. Ils sont entourés en général d’une zone conjonctive plus lamelleuse qu» le reste du tissu et constituée par des fibrilles et des lames plus lâches que dans les points éloignés des conduits vasculaires. Enfin cet espace périvasculaire est fréquemment rempli de cellules rondes se colorant fortement et constituant un nodule infectieux intéressant la paroi vasculaire sur une plus ou moins grande épaisseur, s'étendant plus ou moins loin dans le tissu voisin, Il n’en existe pas qui ne soit en rapport au moins avec un petit vaisseau. Aucun de ces nodules ne présente de signes de dégénérescence; tous leurs éléments sont bien vivaces, nulle part nous n’avons trouvé de cellules géantes. Ces caractères, leurs connexions avec les vaisseaux et la nature des lésions vasculaires, permettent, croyons-nous, de regarder ces nodules comme des gommes histologiques.

En étudiant la coupe depuis les points sains, jusqu’au centre de la tumeur, on peut suivre tous les stades de l’al-

tération. Celle-ci a un début franchement vasculaire. Les premières modifications sont à la fois des lésions vasculaires légères quant à l’endartérite, plus intenses qu’à la périartérite, et la sclérose qui, en premier lieu, n’intéresse que les travées conjonctives périfasciculaires, séparant nettement les faisceaux puis les subdivisant en faisceaux plus petits.

Plus loin les lésions vasculaires ainsi que la cirrhose s’accentuent, À côté de la sclérose perifasciculaire, apparait la sclérose intra-fasciculaire, dissociant les fibres elles-mêmes qui, à ce niveau, commencent à s’atrophier. La rareté des fibres contractiles parait ici également due à l'augmentation du tissu conjonctif et à l’atrophie de l’élément musculaire.

En'plusieurs points on retrouve de nombreux faisceaux neuro-musculaires. Disons enfin que plusieurs nerfs sont entourés de ces points malades, d’une gaine lamelleuse hyaline et très épaisse. |

Sur les coupes longitudinales, les mêmes lésions se retrouvent, mais si la topographie est moins facile à constater, on peut, par contre, mieux suivre chaque fibre depuis les points sains jusqu’au noyau de sclérose. On se rend compte ainsi queles éléments musculaires pénétrant dans le tissu pathologique, y cheminent un certain temps, dissociés par le tissu conjonctif, mais toujours bien striés, ne présentant comme seule réaction visible, qu’une augmentation de noyaux de sarcolemme et parfois des renflements limités qui semblent indiquer un début de dégénérescence hyaline.

Mais nulle part nous n'avons constaté de vacuolisation de la fibre. Après un trajet plus ou moins long, la fibre s’amincit, s’atrophie progressivement, la gaine se vide peu à peu, etse transforme finalement en un filament délié chargé encore de noyaux et représentant la gaine vidée, revenue sur elle-même qui semble se nerdre et se confondre au milieu des faisceaux du tissu scléreux. La forme de ces noyaux, leur disposition en série longitudinale per-

met encore de les distinguer quelque temps des noyaux conjonctifs ; mais au centre du nodule, cette distinction devient difficile à établir d’une facon certaine. Ilen résulte qu’en plein tissu de sclérose, il est un grand nombre d’éléments nucléaires auxquels on ne saurait assigner à coup sûr une origine musculaire ou conjonctive.

Dans les coupes longitudinales, on retrouve très aisément les îlots de cellules rondes autour des vaisseaux, mais étalés le long des parois vasculaires qu'ils enveloppent, ils présentent moins nettement la forme nodulaire que dans les coupes transversales. En aucun point les éléments gommeux ne pénètrent dans les gaines musculaires, les noyaux nombreux que l’on observe dans celles-ci ont toujours-les caractères de noyaux musculaires.

Pas plus sur ces coupes que sur les précédentes nous n'avons vu ni des cellules géantes, ni des points dégénérés en voie de nécrose.

M. Durante fait suivre cette observation des réflexions suivantes :

« C’est une atrophie simple, sans que jamais la gaine « ne soit envahie ou pénétrée par les cellules rondes « constituant la gomme. La fibre n’est pas détruite par « phagocytose, mais étouffée par le tissu vonjonctif « exubérant. On voit très nettement la substance con- «tractile disparaître peu à peu. Cependant la gaine, « vide de protoplasma, conserve encore ses noyaux « proliférés, et comme elle se perd progressivement au

« sein du tissu de sclérose, on peut se demander jus- « qu’à quel point les noyaux que l’on observe en plein « tissu scléreux, là où aucune fibre musculaire n’est « plus visible, ne représentent pas, en partie du moins, « certains noyaux musculaires, accompagnant des gaines

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