DIAGNOSTIC
Quand les antécédents spécifiques sont connus, le diagnostic des myosites diffuses ou gommeuses est en général facile. De même, quand elles sont accompagnées d’autres manifestations syphilitiques, comme cela se passe généralement. Cependant, comme on peut s’en apercevoir dans l’observation 70, malgré la connaissance d’une syphilis antérieure, le diagnostic n’est pas tou- Jours très aisé. Or les myosites spécifiques n’ont pas de symptôme pathognomonique, et leur diagnostic doit être basé sur tous leurs symptômes. Tout d’abord, leur évolution lente, indolente généralement, sans changement de coloration à la peau, sans troubles généraux bien manifestes, écarte l’idée d’une affection aiguë, telle qu’un abcès, une myosite inflammatoire, une périostite. En outre leur siège est bien évidemment dans le muscle ; on trouve facilement cette Jocalisation si l’on à soin de palper la tumeur pendant la contraction et pendant le relâchement du muscle. Toute ostéite ou périostite sera donc facilement éliminée, de même une arthrite, puisque les points douloureux de cette affection, font défaut et l’on ne se trouvera plus en présence que d’une tumeur, siégeant dans un muscle.
Si nous avons affaire à une myosite diffuse, les symptômes énoncés dans le chapitre précédent permettront de faire facilement le diagnostic. Cependant quelques myosites d’origine blennorrhagique (1), typhique, peuvent être confondues avec celles d’origine syphilitique. Les antécédents permettront aisément d’écarter la blennorrhagie et la fièvre typhoïde, infections qui ne peuvent être méconnues, puisqu'elles précèdent de peu leur localisation musculaire. Si, malgré l’observation la plus attentive, le diagnostic ne peut pas être posé, on aura recours au traitement mixte, iodure de potassium et mercure, qui, rapidement, lèveront toute incertitude.
Les gommes musculaires dans la syphilis acquise sont d’un diagnostic plus difficile.
Dans l’observation suivante, une gomme des péroniers latéraux a été confondue avec un sarcome et un fibrome.