‹ Contribution à l'étude des myosites syphilitiques diffuses et gommeusesChapitre 30 sur 31 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Dès que le diagnostic sera posé, et quelquefois même, pour Pétablir, on instituera le traitement général spécifique. L'iodure de potassium sera donné de suite à la dose de 6 à 10 grammes par jour. Cette dose est évidemment variable suivant la gravité du cas et la tolérance du malade. Mais on doit toujours agir vite et sans crainte.

A l’iodure de potassium on adjoindra le mercure ; cette association de médicaments a une action beaucoup plus rapide et plus profonde que l’iodure employé seul. La forme, sous laquelle on emploiera le mercure, a peu d'importance. Cependant il est préférable d'employer, au lieu de pilules, soit les frictions, soit les injections, puisqu'il faut agir rapidement. Plusieurs médecins ont fait des frictions loco dolenti, pensant agir directement ; les observations ne nous démontrent pas que ja guérison ait été plus rapide. Nous pensons même qu'il peut être contre-indiqué de faire la friction sur la région malade, car elle pourrait réveiller la douleur ; nous préférons donc un tout autre endroit.

Au traitement général, nous associerons un traitement local destiné tout d’abord à calmer la douleur et à diminuer, si possible, la tuméfaction. On emploiera de

la pommade belladonée, des onguents calmants. Puis, quand la douleur et la tumeur auront disparu, des frictions à l'alcool camphré, des courants continus pourront servir à faire disparaître petit à petit l’atrophie musculaire, et à combattre l’impotence fonctionnelle.

Lorsque les gommes des muscles superficiels se seront ulcérées, et suinteront à l’extérieur, on les saupoudrera de poudre d’iodoforme, en les recouvrant d’une bandelette imbriquée d’emplâtre de Vigo.

Quand toute myosite, diffuse ou gommeuse, aura disparu, on se rappellera qu’on se irouve en présence d’une syphilis maligne, et qu’un traitement poursuivi avec persévérance s'impose pour empêcher tout accident postérieur.

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