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auraient persisté pendant plusieurs années et se produisaient encore quand Mme Fe... a quitté son pays. Ce frère travaillait comme ouvrier agricole. I] s’endormait en conduisant son cheval. Il serait même une fois tombé d’une charrette au cours d’une attaque de sommeil diurne.
Mme Fe... a peu de renseignements sur l’état de ses frères et sœurs. Elle ne crojt cependant pas qu’il y ait d’autres cas de narcolepsie. Une de ses sœurs serait atteinte, depuis: l’adolescence, de crises vraisemblablement comitiales.
Le mari de Mme Fe.…., que nous avons pu examiner, ne présente aucun signe organique neurologique, si ce n’est un léger tremblement. Dans ses antécédents, nous ne trouvons rien de particulier, à part un éthylisme ancien et très marqué... ë
Mme Fe... a eu 14 grossesses, dont 5 avortements nom provoqués. Sur 9 accouchements à terme, 2 enfants sont morts en bas âge de convulsions, un, à 2 ans, de méningite. 6 enfants sont vivants ; ce sont, par ordre de naissance : Toussaint, actuellement âgé de 40 ans, qui fait l’objet de notre observation ; Justin, âgé de 38 ans ; Marie-Louise, âgée de 34 ans ; Joseph, âgé de 32 ans ; Pierre, âgé de 29 ans ; Jean, âgé de 26 ans.
: Justin, âgé de 38 ans, se porte bien, n’a jamais présenté de narcolepsie, mais il a eu des convulsions dans l’enfance. Il est tras myope, est service auxiliaire à cause de ce vice de réfraction. Il a eu la typhoïde à l’âge de 10 ans, en même temps que son frère Toussaint. Il est marié, a 2 enfants en bonne santé.
Marie-Louise, âgée de 34 ans, est mariée, a 3 enfants en bonne santé, Elle ne présente aucun antécédent pathologique.
Joseph, âgé de 32 ans, est célibataire. Il se porte bien, n’a jamais eu de narcolepsie. Il est très myope, est service auxiliaire pour cette raison.
Pierre, âgé de 29 ans, est narcoleptique depuis l’âge de 15 ans. Ses crises ont apparemment le même caractère que celles de son frère Toussaint. Le sujet, qui travaillait dans une usine métallurgique, a dû abandonner ce métier, parce qu’il avait peur de s'endormir auprès des machines. Actuellement, i] est ouvrier agricole,
Mais en plus de sa narcolepsie, il a des accès de cataplexie, qui sont apparus en même temps que cette dernière. Quand il est fatigué, quand il a à faire quelque travail
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demandant une attention soutenue et surtout lorsqu'il est en proie à une émotion, il tombe brusquement, parce que ses jambes se dérobent sous lui. Sa mère raconte, par exemple, qu'il présendait ces accès quand son père le grondait ou menaçait de le battre. Cette dissolution du tonus dure quelques minutes seulement. Les caractères en sont difficiles à préciser, étant donné que nous n'avons pu voir le malade, qui n’habite pas Marseille.
Depuis deux ou trois ans, les phénomènes narcoleptiques et cataplectiques auraient régressé, mais non disparu.
Il ne semble y avoir à signaler rien d’autre chez ce sujet, si ce n’est une forte myopie, qui a motivé son classement dans le service auxiliaire. Il est marié depuis deux ans, n’a pas d'enfant.
Le dernier fils, Jean, est âgé de 26 ans. Nous avons pu J’examiner le 15 décembre 1941. Il présente, depuis l’âge de 12 ans, de la narcolepsie. IL est pris, dans la journée, d’une envie de dormir invincible, qu’il est obligé immédiatement de satisfaire. Il s'endort souvent au cours de son travail, mais a toujours le temps de se coucher par terre. Etant menuisier de son métier, il lui est arrivé d’avoir ces crises de sommeil étant sur une échelle. II a alors tout de même le temps de descendre rapidement et de s’allonger. Ce sommeil diurne s'accompagne régulièrement d’onirisme. Les rêves sont presque toujours du même type : le malade voit passer devant lui très rapidement une série de personnages, toujours les mêmes, qui sont immobiles, mais défilent comme sur une lanterne magique. Ces personnages sont très fortement colorés. Parfois au contraire, les visions se réduisent à des cercles colorés ou à des dessins d’aspect géométriques. Ces phénomènes sont très courts, mais peuvent se répéter plusieurs fois au cours du paroxysme narcoleptique. Ils semblent cependant exister surtout à son début. Les mêmes manifestations se produiraient souvent au moment où le malade s'endort de son sommeil nocturne. Ce sommeil serait agité.
: Les accès narcoleptiques étaient fréquents, jusqu'à plusieurs par jour. Au cours de la guerre de 1939-40, Île malade a été hospitalisé au Maroc et soigné par la Sanédrine, qui a amélioré son état dans des proportions considérables. Il n’avait plus alors que deux à trois accès par
semaine. Depuis l'interruption de la médication éphédrinée, les accès ont repris, mais avec une régularité moins nette qu'autrefois.
Il n’y a jamais eu de cataplexie. Les antécédents ne montrent rien de particulier. Le malade est service auxiliaire pour la vue (Myopie accusée). L'examen neurologique est entièrement négatif. L'intelligence est assez vive, le niveau intellectuel normal. Le malade n’est pas marié.
En résumé, nous obsrvons un homme atteint de narcolepsie d’allure essentielle, avec calcifications intra-cérébrales. L’étude de ses antécédents et l’examen de sa famille nous montre que sa mère, sa grand'mère et un oncle maternel sont narcoleptiques, que sur ses quatre frères, un est narcoleptique ; un autre est atteint de narcolepsie et de cataplexie. Tous les membres de la famille sont fortement myopes.