OBSERVATION II
(M. le Professeur Agrégé SÉDALLIAN)
(Résumé : Crises comitiales chez un homme de 18 ans. Azotémie à 2 gr. 86. Tension à 20/11. Pas d’œdème. Albuminurie. Guérison rapide en 10 jours. Sort du service avec une tension normale et une azotémie à 0,40. Néphrite aiguë azotémique pure. Possibilité d'intoxication par un solvant nouvellement employé pour les peintures.)
G... Jean-Angelo, 38 ans, peintre-plâtrier, entre dans le service le 8 juin 1941, envoyé par son médecin avec le diagnostic suivant : vomissements incessants, céphalées et 3 crises comitiales ces jours derniers.
Antécédents : Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires et collatéraux. Personnellement, le malade s’est toujours bien porté, il n’a jamais présenté d’accidents comitiaux. Incorporé en 1939 après un examen entièrement négatif ; on n’avait, en particulier, rien trouvé d’anormal dans les urines. Ethylisme avoué de 2 à 3 litres par jour.
Affection actuelle : Le début remonte au samedi 31 mai. Depuis 2 jours le malade travaillait avec un nouveau produit qu'il appelle « l'huile acétique », lorsqu'il ressentit des vertiges, des crampes d'estomac et une sensation de barre épigastrique, des nausées, des céphalées vives, sans aucun autre trouble, sans température. Le malade s’alite. Son médecin qui le voit le 6 juin constate l’existence de vomissements incessants et une crise comiliale avec examen neurologique négatif. Des céphalées tenaces persistent pendant 2 jours sans aucun autre signe nouveau. Le 6 juin, entre 4 et 6 heures du matin, le malade prend 3 crises
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comitiales. Le 7, à la suite d’une autre crise, il est amené à l’hôpital où, quelques instants après son admission, il en reprend une nouvelle. Cette crise était de type généralisé avec convulsions cloniques et toniques, morsure de la langue ; cyanose très marquée après la crise. -
A l'entrée, le malade se présente très obnubilé, souffrant de céphalées violentes, mais ne présentant :
Au point de vue nerveux : Aucun trouble : réflexes pupillaires et tendineux obtenus; pas de Babinski ; pas de contracture des membres ; pas de raideur de la nuque ; pas de Kernig ; pupilles régulières, normales. On note des hémorragies sous-conjonctivales étendues. Pas de signes d’imprégnation éthylique. Pas de tremblement.
Au point de vue pulmonaire : Rien à signaler. Rythme respiratoire normal. Pas de dyspnée.
Au point de vue digestif : Vomissements abondants, état nauséeux constant. Bouche très sèche, langue saburrale. Pas de diarrhée. Rien à l’abdomen : foie et rate non perçus.
Au point de vue urinaire : Oligurie légère. Très gros disque d’albumine. Pas de sucre:
Au point de vue cardio-vasculaire : Pointe dans le cinquième espace intercostal un peu en dedans de la ligne mamelonnaire ; rythme régulier ; bruits normaux.
Tension artérielle : 20/11.
En somme, malade de 38 ans sans antécédents cardiaque ou rénal antérieurs, qui a présenté des crises comitiales de type généralisé avec signes urémiques : le dosage d’urée à l’entrée a montré 2 gr. 54, et chez lequel on retrouve la possibilité d’une intoxication professionnelle (cependant bien courte : 48 heures), qui aurait déjà donné des troubles chez d’autres ouvriers : céphalées, ver- Liges, nausées, barre -épigastrique, diarrhée.
Le 3 juin 1941 (Docteur Sédallian) : Le malade présente des crises épileptiformes. Son médecin a constaté la première il y a 3 jours, 3 autres il y a 2 jours et, dans le service, le malade a pris des crises généralisées à deux reprises. Elles n’existaient pas avant le début de l'affection. Il n’existe au point de vue neurologique pas d’autres symptômes, ni coma, ni signes parétiques ; le médecin a constaté chez lui, après une crise, une petite hémiplégie gauche avec Babinski, qui a été passagère. Il existe des hémorragies sous-conjonctivales liées sans doute aux crises épilepti= formes. Ce malade est un hypertendu à 20/11, un éthylique, il
me une grosse albuminurie. Le dosage de l’urée a donné gr. 04. -
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