‹ Contribution à l'étude des néphrites apparues au cours du purpuraChapitre 12 sur 80 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

L'examen des pièces, dans la plupart des cas où l’autopsie a pu être pratiquée, montre qu'au cours du purpura le rein présente des caractères du gros rein blanc avec lésions portant à la fois sur les glomérules, les tubuli, le tissu interstitiei et les ephitheliums, lésions de néphrite diffuse, surtout parenchimateuse.

Cette forme est généralement observée chez les enfants où la sclérose rénale est fort rare, les choses allant beaucoup plus vite que chez l’adulte à cet âge. Comme exception, nous citerons l’observation d’Osler (Obs. : XXXIT) et l'observation de (Cabot (Obs. XXXXID).

Chez l'adulte on a observé aussi plusieurs fois des lésions analogues avec gros rein blanc et néphrite parenchimateuse diffuse.

Ici, également, nous signalons quelques exceptions:

Observation d’'Hutinel (Clin. 1910 : Boucher, 45 ans), observation d’Osler (1889 : Homme, 30 ans), observation de W. K. Hunter (Obs. XXXX).

L'observation de Moussous est la première où l'on

trouve une étude détaillée et vraiment instructive des lésions.

LE De PEL

En général, comme nous l’avons dit plus haut, les reins sont augmentés de volume. Leur poids approche 150 grammes. Ils sont blancs, mollasses. Parfois leur surface montre de petits points hémorragiques. La décortication est facile. Les glomérules sont les éléments les plus atteints, quoique inégalement altérés. Ils présentent une augmentation de volume quelquefois perceptible au petit grossissement.

Certaines fois on constate une prolifération cellulaire au niveau de la face interne de la capsule de Bowmann et au niveau du bouquet glomérulaire. On peut voir aussi un exudat fibrineux dans la cavité glomérulaire.

Dans d’autres cas on constate une multiplication cellulaire beaucoup plus intense aux endroits les plus altérés. La capsule de Bowmann, épaissie, se confond avec le tissu conjonctif environnant.

On voit des tractus fibreux au milieu d’amas de cellules.

Dans l'observation de Moussous, « la capsule est très épaissie, infiltrée de noyaux en abondance autour des vaisseaux et dans les espaces intertubulaires. Les tubes contournés, dont un grand nombre sont dilatés, contiennent de nombreux cylindres hyalins colorés en rose par le carmin. Leur épithélium de revêtement est abrasé, les cellules sont gonflées et très granuleuses, peu distinctes les unes des autres, les déchets épithéliaux encombrent la lumière du canalicule. Sur des préparations traitées à l’acide osmique, on constate sur un très grand nombre de tubes la dégénérescence graisseuse

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des épithéliums. Les anses de Henlé et les tubes droits sont beaucoup moins altérés, mais un grand nombre d'entre eux sont gorgés de globules sanguins; sur d’autres points il y a de petites hémorragies interstitielles. On n’a jamais trouvé les réactions de la dégénérescence amyloide ».

Dans l’observation de Chaperon, la substance corticale est très pâle. Les pyramides sont très congestionnées.

Dans les cas de néphrites hémorragiques dont parle A. Lippmann (1912), l’autopsie montrera des infarctus volumineux et de petites hémorragies donnant au rein l'aspect bigarré. L'examen histologique révéla des lésions de glomérulo- -néphrite avec embolie glomérulaire.

Osler (Br. Med. J.) rapporte aussi une minutieuse ctude d’un cas suivi par le Dr Sturrock.

Dans un cas de purpura rhumatoïde et chez un homme de 10 ans prétuberculeux (Carnot, E. Libert et Bariety insistent sur deux ordres de lésions : a) un foie hypertrophié: 2 kgs 600 avec infiltration de pigment ocre mais sans aitération dégénérative.

b) Des reins augmentés de poids : 2.400 gr., pâles mollasses avec réaction scléreuse intertubulaire.

Walter K. Hunter (Obs. XXXIX) dans un cas a trouvé des signes nets de néphrite parenchymateuse. Dans un autre cas (XXXXI), cortex rétréci avec apparence de néphrite interstitielle chronique, aires microscopiques d'hémorragie dans les deux reins et le foie.

Dans le cas Cabot (Obs. XXXXIÏ) les reins ont mon-

tré un extrême degré de néphrite chronique. Ils pesaient réunis environ 100 gr. La corticale était épaisse d’un millimètre. Au microscope la majorité des glomérules était complètement sclérosée. Il y avait des modifications vasculaires marquées.

- Pour que lon puisse mieux juger de l’étendue des dégâts provoqués par le purpura nous ajoutons que -dans plusieurs articles intitulés « Purpura des voies urinaires » nous avons relevé sinon des néphrites, du moins des ébauches de cette complication. Témoin les observations de Fr. Kidd qui, sur 24 cas des voies urinaires, releva six cas rénaux, mais un seul malade sur ces six fit une néphrite à gros rein blanc (Obs. XXXVID. Dans un autre cas avec purpura simplex chez une femme de 38 ans, aucune modification ne peut être découverte, si ce n’est une légère dégénérescence des tubes collecteurs. Dans un autre cas encore, avec purpura fulminans, chez un homme de 59 ans, il y avait une dilatation marquée des vaisseaux remplis de leucocytes à noyaux polymorphes. Légère infiltration de cellules rondes des tissus sous-muqueux et de l’épithélium. Extravasation très marquée de globules rouges. Légère infiltration leucocytaire au sommet des pyramides. Les modifications dans le cortex sont d’aspect chronique. Présence de quelques plages de sclérose. .

Légère inflammation de l’épithélium des tubes. Pas de microbes dans aucune section. Il y avait de minces aires blanches de tissus fibreux dans la portion centrale des pyramides. À

Dans le British Journal of Urology 1930, cas de pur-

pura vésical et rénal ayant nécessité la néphrectomie pour hémorragie, des sections histologiques montrent par place des glomérules distendus par le sang, maïs la majorité est normale. En aucun point il n’y a de destruction nette de l’épithélium rénal.

Dans un cas d'intoxication aiguë par le bismuth avec stomatique gangréneuse, purpura, néphrite aiguë, très forte altération des tubes, les glomérules étant prati— quement sains. Les cellules des tubes sont tuméfiées. La lumière des tubes est un peu diminuée avec des zones des desquamation intense. Donc néphrite dégénérative tubulaire aigué.

Dans notre observation, une étude histologique assez complète a pu être réalisée grâce à une remarquable conservation des pièces anatomiques. Le rein présente d'importantes altérations des tubes contournés où l’on trouve des lésions de cytolyse à ses diverses phases, des lésions atrophie et de transformation tubulaire semblables à celles qui existent dans les néphrites chroniques. Et, fait curieux à noter, de minuscules abcès miliaires par endroits.

Les glomérules présente même de la rétraction avec par place une atrésie complète. Les vaisseaux sont très dilatés, mais leur paroi ne présente pas d’altération particulière.

Comme on le voit, à comparer avec ce qui précède, ce sont là des lésions d’un type tout à fait spécial.

En résumé on trouve dans la généralité des cas une néphrite à gros rein blanc aves lésions parenchymateuses diffuses atteignant tous les éléments.

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