TRAITEMENT
Le traitement des malades atteints de néphrite au cours du purpura est double. Celui du purpura qui provoque la lésion rénale et l’augmente à chaque poussée et celui de la néphrite.
Pour le premier il donne parfois lieu à bien des déceptions surtout s’il s’agit de purpura primitif. Dans ce cas on veillera tout d’abord à la liberté du ventre. On donnera de fréquents laxatifs de façon à éviter la résorption toxique due à la stase. Comme autres agents thérapeutiques, il y a les injections d'extraits de plaquette, de solution de peptone de Witte, de sérum animal et, mieux, de sérum humain, le chlorure de calcium en potion, l’opothérapie, la radiothérapie et enfin, depuis 1916, la splenectomie. Tels sont les moyens actuels sur lesquels nous n’insisterons pas, car ils sont trop connus.
Quant au traitement de la néphrite, ce sera surtout un traitement prophylactique. Avant tout, un repos absolu au lit s'impose jusqu’à la disparition totale de l’albumine dans les urines. Le décubitus horizontal est un excellent moyen de décongestion du rein. Cest là une précaution capitale. Combien de rechutes se produi-
sent par les levers trop précoces. On en trouvera dans cet ouvrage de nombreuses preuves. L'influence de l’or- : thostatisme est manifeste, et notamment dans l’observaüon de Marini (Obs. XXII). Dans la position debout, sa malade éliminait 15 gr. 60 d’albumine en 10 heures, alors qu’en position couchée elle n’éliminait que 5 gr. 55 dans le même laps de temps.
Comme alimentation, on évitera de donner un régime lacté exclusif. Trop prolongé, il serait débilitant. D'ailleurs, le lait est souvent mal toléré par ces malades souffrant d’affections intestinales avec colite et constipation, dit Hutinel, qui rapporte Fhistoire d’un enfant. Cet enfant ayant eu de l’albuminurie à la suite d’un purpura, était malade chaque fois qu’il prenait du lait. On n’arriva à le guérir que grâce à la diète féculente. Un second exemple en est donné par le cas de Valvassori Peroni. Il y en a beaucoup d’autres.
Le régime comportera de préférence : du bouillon, des légumes, des bouïllies, des compotes, de la confiture. On autorisera à la rigueur une petite portion de viande grillée ou de jambon. Mais on ne tolérera qu’une trés faible quantité de graisses, car elles sont toxiques par leurs acides et mal digérées.
Une question importante est la question du sel. Doïiton le supprimer ? La réponse est dictée par la clinique et le laboratoire. À défaut de l’épreuve de la chlorurie alimentaire qui risque de provoquer une augmentation de l’hématurie, l'analyse sanguine et le dosage de la chlorémie seront un guide précieux pour la solution à adopter.
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Dans notre observation, malgré de légers œdèmes à la suite d’une analyse qui donna, le 3 juin, les résultats suivants : urée, 0,90 ; chl. plasm., 3,26 ; chl. glob., 1,63 : P.H., 7,37 ; R.A.. 42,2, on institua un traitement prudent de rechloruration les 8-9-10 juin à l’aide de 2 gr. de sel par jour et les 11 et 12 juin à raison de 3 gr. ce qui se traduisit le 13 juin par les résultats suivants : urée. 0,60 ; chl. plasm., 3,62 ; chl. glob., 1,94 ; R.A. 56,7. Mais le 14 juin, devant la reprise des œdèmes, on supprima le sel à nouveau.
Le traitement médical de la néphrite se borne à peu de chose. En principe, donner peu de médicaments. Leur emploi se révélant inopérant dans la grande majorité des cas. On peut, par un traitement approprié, bien conduit, éviter une aggravation, mais il ne faut pas trop espérer obtenir de résultats positifs.
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