OBSERVATION XIII
VALVASSORI PERONI, Pediatria, 1898.
Mosconi Virginio, 5 ans, après quelques brûlures dont il guérit très bien, présenta une tuméfaction douloureuse du genou droit, qui se propagea ensuite aux deux coudes. Sur la peau tuméfiée apparurent des macules rougeâtres.
Puis l’enfant fut pris de douleurs intestinales qui se manifestèrent sous forme d'accès, avec frissons, mais sans fièvre.
Les mêmes manifestations articulaires apparurent aux pieds et aux mains. Sur la peau du tronc et des membres supérieurs et inférieurs apparurent des taches rougeâtres, purpuriques, de différentes dimensions.
Devant la persistance de ces manifestations, on se décida à transporter l’enfant, le 27 octobre 1897, à la clinique.
L'enfant a toujours été bien portant. N’a eu que la rougeole en 1895 et la coqueluche en 1897. A plusieurs reprises a rejeté par la bouche des ascaris.
À l’examen, on note que la peau est légèrement œdématiée
au niveau des paupières et sur le front. Les muqueuses sont décolorées. La langue est sale et blanche; l’haleine dégage une
odeur d’acétone.
Tous les organés sont sains, mais la constipation et le météorisme rendent malaisé l'examen de l'abdomen, qui fut ensuite pratiqué plus aisément et ne révéla aucun trouble. appréciable.
Les urines sont rares. T. 38° 2. Pouls 98, régulier.
On note de Ja tuméfaction. douloureuse au niveau du poignet; à cet endroit, la peau est brillante et parsemée de -pétéchies en partie confluentes. Sur les fesses, il existe les mêmes taches, de dimension plus grande.
Les urines recueillies le même jour présentaient 1 % d’albumine et, manifestement, la réaction de l’indican. Petits cylindres, cylindres hyalins et nombreuses cellules épithéliales.
De cet examen s'établit le diagnostic de pélioser rhumatisinale avec néphrite toxique. : 2
Rapide amélioration à la suite du traitement approprié, car on note vite la disparition de la fièvre, des tuméfactions, de la douleur et une réduction notable des pétéchies.
Dans les urines, persistaient autant qu’au début l’albumine et l’indican. L'enfant sort de l’hôpital : 5 jours après, le médecin est appelé auprès de lui. Celui-ci ressent des douleurs abdominales vives et diffuses. La peau des cuisses et du dos est recouverte de nombreuses pétéchies.
L'enfant a des vomissements, une forte constipation et une hématurie abondante. On ordonne de nouveau un traitement approprié qui se montra assez efficace.
Les crises se renouvellent fréquemment et dans les urines il persiste autant d’albumine et d’indican.
La diète lactée ne réussissant pas au malade, on supprime le lait de l'alimentation et on le soutient avec des bouillons, bouillies, purées de légumes, sans médicaments, à
Les crises viscérales cessèrent complètement; les! ,phéno-
FAQ
mènes purpuriques diminuèrent notablement et on ne trouve plus d’indican dans les urines.
‘Par contre, elles contenaient encore dé Falbumine et à l’exa-
men microscopique on note une augmentation du nombre des. cylindres et des cellules épithéliales.
- Bevant cet état, l’enfant entre à l’hôpital des Enfants de Malte. | |
On essaya de nouveau la diète lactée, mais on fut vite obligé de lui substituer des bouillons et des purées.
Avec la diète lactée, il n’y avait pas une diurèsé proportionnée à la quantité de lait ingéré, et on remarqua aussi que la légère diminution de l’albumine dans les urines n’était pas non plus proportionnée à l’augmentation quantitative de ces mêmes urines.
Aussi avec la diète lactée il n’était pas possible d’arriver à faire disparaître l’albumine dans les urines.
- IL parut opportun, pour venir en aide à la LES rénale, d favoriser l’élimination cutanée.
On fit des injections sous-cutanées de nitrate de pilocarpine, qui, à l’aide de la chaieur ambiañte et du Me artificiel de l’enfant, procura des sueurs abondantes. ;
L'usage de la pilocarpine n’eût aucun eo, On commença par 2 milligr. et on augmenta graduellement. On pratiqua 14 injections, arrivant jusqu’à la dose de 7 milligr. par jour- »
Les cheat, furent Henos pie à cause de la réapparition par intervalle: de troubles gastro‘intestinaux se traduisant par une constipation opiniâtre, corrigée par une infusion de rhubarbe et de la teinture de noix vomique.
Pendant les deux mois que l’enfant passa à l’hôpital des Enfants de Malte, on répéta à plusieurs reprises les essais "de
SRE DRE
l'alimentation lactée, et toujours on vit réapparaître, quoiqu’atténués, les pétéchies et l’indicanurie.
A la suite des quatorze injections de pilocarpine, les ‘urines ne présentèrent que des traces d’albumine sans aucun élément rénal.
L'enfant sortit de l’hôpital, il fut très bien soigné par ses parents qui le ramenaient deux mois après, complètement guéri.
L'examen des urines fut. en effet complètement négatif. I] ne restait aucun reliquat de la maladie.
OBsERVATION XIV Oppo et OLMER, Archives générales de médecine, 1900, Purpura subaigu. Insuffisance aortique. — Néphrite.
Trou. Auguste, plombier, âgé de 15 ans, a toujours eu une santé excellente, cependant il offre tous les attributs du lymphatisme.
Ce jeune homme travaillait dans des conditions hygiéniques défectueuses. Surmtené dans son atelier, il prenait une nourriture insuffisante pour son âge.
Il ressentait, surtout le soir, des douleurs dans les membres inférieurs.
En avril 1899, à la suite d’un bain de mer, les douleurs devinrent plus vives, et la mère s’apercut que l’enfant avait des taches rouges, non douloureuses, siégeant au niveau des. membres inférieurs et supérieurs. |
I! eut alors un ‘épistaxis, et peut-être une légère hématurie, le tout s accompagnant d’une grande lassitude et l’obligeant à abandonner son: travail. ‘A quelques. jours de là, il. eut un peu
SES Es
d’œdème malléolaire, mais les douleurs étaient redevenues peu intenses. Il n’y avait pas de troubles gastro-intestinaux.
L'examen des urines fait décéler la présence d’albumine.
Cet état persiste pendant trois mois; les taches purpuriques s’atténuent et augmentent tour à tour, ‘e plus souvent sous Pinfluence Ce la fatigue et quelquefois sans cause bien nette.
ll entre dans le service le 6 soût 1899.
A l’examsen, on note que jes membres supérieurs, les membres inférieurs, la verge sont couverts de taches petites, lenticulaires, variant du rouge brun au jaune verdâtre, ne faisant pas saillie sur la peau, ne disparaissant pas à la pression.
Le vis’ ge est pâle, les muqueuses décolorées, les paupières £ Le] » ,
‘égèremycnt bouffies, surtout le matin au réveil; pas d’œdème nmtalléolaire; pas de troubles gastriques, ni de diarrhée.
Le maiade ne ressent aucune douleur dans les articulations.
Le 7 août, tes urines contiennent dans leur dépôt des hématies plus ou moins altérées et 3 granrmes d’albumine par litre (2 lit. 1/2 d'urine en 24 heures).
La quantité d’albumine se maintiendra aux environs de 2 grammes, en dehors des hématuries, malgré le régime lacté.
Les autres appareils, sauf le cœur, fonctionnent normalement.
La pointe du cœur bat dans le 5° espace. On trouve Îles signes d'insuffisance aortique.
9. — Sous l'influence du repos au lit, les taches ont diminué. Maigré le régime lacté, les urines (2 lit. 1/2 en 24 h.) contiennent encore 2 gr. 50 d’albumine.
L'épreuve du bleu de méthylène donne les résultats suivants : la coloration passe rapidement et avec intensité dans les urines. L’élimination cesse compiètement 32 heures après. La perméabilité au bleu est donc augmentée,
— (54 pee
L'épreuve de la glycosurie alimentaire donne des résultats négatifs. se
13. Les urines sonl fortement colorées par le sang. On note une recrudescence du purpura. F
- 20. = Petite poussée fébrile (38°4) qe dure 24 heures, sans autre symptôme.
Le sang examiné le 22 août contient 3.150.000 globules rouges. Il-se coagule facilement. Le caillat est nettement rétractile. e
Les ensemencements restent stériles.
x septembre. — L'état est stationnaire, avec cependant tendance à l'amélioration. Les taches pâlissent. Il n’y a plus qu'un gramme d’albumine, malgré une FÉCHANSCCRCE de Ph 1émorragie cutanée.
‘Le malade demande à sortir le 11 septembre. Les urines ne contiennent plus de sang et seulement des traces d’albumine.
OBSERVATION XV CHAPRoN, thèse de Paris, 1899-1900 (résumée).
Louis R.., 12 ans, entré le 18 septembre 1899, salle Bouchut:; hôpital des Enfants Malages pour une affection caractérisée par des douleurs et une éruption purpurique.
- Sauf une hypothétique crise de rhumatisme articulaire aigu
à 3 ans, il n'y a rien à signaler dans.ses antécédets. À eu la rou:: geole.
La maladie actuelle a débuté le 3 septembre par des dou- ‘eurs. légères dans les jointures, qui se. sont accentuées et -ont récessité le repos au lit. :
Dans la nuit du 13 au 14 septembre, l’enfant est réveillé
brusquement par une douleur précordiale, des palpitations et de la dyspnée, phénomènes rapidement atténués cet disparus.
A son entrée à l’hôpital, le petit malade présente sur les deux jambes et au niveau des poignets une éruption discrète de petites taches, non prurigineuses.
On note de la tuméfaction des articulations du cou de pied, du genou et des poignets. sens.
L'urine est sanglante : sa teinte rouge est due à des globu’es de sang. :
-. Au cœur, on note un souffle systolique à la pointe.
On ordonne le repos au lit, le régime lacté et du chlorure de ca:ciunx.
21 septembre. —— On entend des frottements péricardiques : les taches purpuriques pâlissent. L'enfant se plaint de son cœur.
28. —— Le pouls est arythmique. On entend un souffle d’insufjisance aortique. à TES -
29. = On note une légère ‘aggravation de la néphrite hémorragique. Les jours suivants, le cœur faiblit et est affolé. Légère hémoptisie. 7 —
17 octobre. —— Les urines ne sont plus sanguinolentes: mais l'état générai devient mauvais.
L'enfant meurt le 19 octobre.
A l’autopsie, on a trouvé, en examinant les reins, les pyramides très congestionnées. La substance corticale était très pâle. La décortication s’était faite facilement.