HISTORIQUE
Pendant longtemps l’existence de la néphrite post- .
purpurique a été méconnue, car si l’on a pu maintes fois constater de l’albuminerie au cours du purpura,
on considérait que c'était un accident banal dû au
rhumatisme et la néphrite que traduisait cet accident était classée parmi les néphrites rhumatismales.
C’est ainsi que Riïlliet et Barthez en font à peine mention. Sanné en parle comme d’une manifestation rare du purpura rhumastimal et du purpura infectieux. Grisolle (1) dit que « parfois les reins sont le siège d’une congestion, puisque, dans quelques cas rares de purpura sans hématurie, on a vu les urines être albumineuses ». |
Il faut arriver à Bouchard pour voir la question se préciser. « Bouchard eut le mérite, ainsi que l’écrivit Hutinel, d'isoler le groupe des pseudo-rhumatismes infectieux. Il découvrit d'autre part toute une classe de néphrites secondaires provoquées par l'élimination à travers le rein des microbes propres à chacune des maladies infectieuses. C’est à la suite de ces travaux que lon commença d’individualiser les néphrites d’après leur origine. » On nota particulièrement la co-existence
() Grisolle. — Traité de Pathologie interne.
avec le rhumatisme pétéchial d’hématurie et même d’albuminurie : Gilbert (1877), Mollière et Renaut (1878), Martin de Gimard (1888), Landouzy, mais on crut généralement à des lésions fugaces, provoquées par des décharges microbiennes.
Bientôt les observations de néphrites occasionnées par le purpura se multipliérent :
En 1890 parait la thèse de Vignerot.
En mars 1891, Moussous rapporte deux cas de mal de Bright au cours du purpura rhumatoïde avec une très belle analyse anatomo-pathologique.
En décembre 1895, W. Osler, qui avait déjà, 7 ans auparavant, publié un cas, relate cinq nouvelles observations de néphrites aiguës, dont deux mortelles avec anasarque. Pour lui la néphrite est la complication la plus grave du purpura.
En 1898, Valvassori Peroni (1) cite un cas de purpura rhumatoïde suivi de néphrite toxique avec indicanurie. (Obs. XIIL.)
En 1899, Chaperon (thèse de Paris) signale la néphrite hémorrhagique comme une véritable complication et rapporte un cas.
En 1900, Oddo et Olmer étudient d’abord le rôle des reins dans la pathogénie du purpura, puis les altérations rénales secondaires au purpura. Au premier plan, ils placent les néphrites très fréquentes et en décrivent un peu trop schématiquement des formes fugaces, des formes subaiguës et des formes hématuriques.
En 1901, thèse de Villers de Gottingue.
(1) Valvassori Peroni. — La Pediatria n° 6.
En 1902, thèse de Fontanié.
En 1904, Simon, dans la Gazette des Roots cite des observations de Parker et produit en plus trois cas assez nets du Service Guinon.
En 1908, Vieillard publie des exemples typiques de néphrites dans une thèse sur les crises abdominales douloureuses du purpura rhumatoïde.
En 1910, communication de Nobécourt et Tixier à la Société Médicale des Hôpitaux (22 avril 1910).
C’est également en 1910, dans son Traité des Maladies de l'Enfance, que Marfan signale comme très rare la néphrite au cours du purpura rhumatoïde. Au contraire, dans le purpura à forme typhoïde, même quand il n’y a pas d’hématurie, on peut constater que l'urine renferme presque toujours de l’albumine.
Mais, en somme, malgré tous ces cas, la question reste encore en suspens jusqu'aux travaux d’Hutinel. Delearde et Monnier avouent en effet (1) combien ils ont été frappés du nombre restreint des cas publiés dans la littérature et de la mention à peine énoncée de la néphrite comme complication dans les traités classiques-
C’est dans la Gazette des Hôpitaux du 3 décembre 1910, puis dans la Pédiatrie pratique de 1911, enfin dans la Clinique de Paris de 1913 que Hutinel trace un magistral tableau clinique de ces néphrites. Il en rapporte de nouveaux cas.
Pour lui la néphrite survient très souvent — cette opinion se trouve déjà exposée dans son Traité des Maladies d'Enfants’: « Au cours du purpura rhumatoïde
(4) Delearde et Monnier. — Echo du Nord 1911.
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