DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE DE LA FONCTION RÉNALE DANS LES NÉPHRITES CONSÉCUTIVES A LA TUBERCULOSE
Après avoir exposé la pathogénie et les symptômes des néphrites consécutives à la tuberculose, nous devons étudier maintenant les troubles que ces néphrites apportent dans le bon fonctionnement du rein. Nous avons cherché à montrer dès le début que, dans tout organe malade, les lésions n’ont d'importance qu’en raison des troubles fonctionnels qu’elles sont susceptibles de produire. Si des altérations considérées en elles-mêmes peuvent intéresser l’anatomiste et faire le but de son étude, le médecin doit envisager cette étude comme un moyen destiné à rendre plus compréhensible la physiologie pathologique de l’organe qu’il examine. Nous avons donc considéré le chapitre consacré à l'anatomie pathologique comme un chapitre préparatoire à l'étude physiologique qui terminera ce travail. C’est la raison pour laquelle nous l'avons placée dans cette seconde partie.
Si l’on veut bien se rappeler le mécanisme de la dépuration urinaire, on se rendra facilement compte qu’elle dépend - de deux facteurs principaux : l’état des glomérules et des épithé-
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liums sécréteurs, d’abord; l’état de la pression sanguine, ensuite. — Le rein, en effet, ne se contente pas d’arrêter les poisons qui circulent dans le sang et de les retenir en lui à la manière d’un filtre ordinaire : il les rejette au dehors après les avoir extraits de la circulation, grâce à une activité propre qui paraît plus spécialement dévolue aux glomérules et aux épithéliums sécréteurs. Mais cette activité propre ne peut s’exercer facilement que si la pression artérielle est suffisante : lorsqu'elle s’abaisse, comme dans les cas d’asystolie, par exemple, l’excrétion des urines ne tarde pas à se modifier.
Le résultat de la filtration rénale, l’urine, est en somme une solution plus ou moins concentrée de poisons très divers, mal connus pour la plupart, car ils n’ont guère été isolés, mais dont les effets combinés ont été mis en évidence par les injections aux animaux. On arrive à se rendre compte dans une certaine mesure de la puissance toxique des urines grâce
à la méthode des injections intra-veineuses préconisée par le professeur Bouchard. Nous pourrons donc, après avoir examiné l’état des reins et l’état de la pression sanguine dans les néphrites consécutives à la tuberculose, connaître par l’expérimentation le pouvoir toxique des urines. Nous aurons alors tous les éléments nécessaires à l’étude de la fonction rénale, à laquelle sera spécialement consacré notre dernier