‹ Contribution à l'étude des néphrites consécutives à la tuberculoseChapitre 27 sur 34 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

(Personnelle.)

Résumé. — Tuberculose pulmonaire, poussée de granulie ayant entraîné la mort. Aucun symptôme rénal pendant la vie. A l’autopsie, très légères altérations histologiques du rein. Foie gras. Dilatation du ventricule droit du cœur.

C..., Ernest, 23 ans. Tapissier. Entré le 27 octobre 1896 à l'hôpital Necker, salle Bouley, n° 5. Mort le 6 mars 1897.

Le début de la tuberculose remonte au mois de mai 1896. La maladie fait de rapides progrès, et lorsque GC... arrive à l'hôpital, on constate aux deux sommets des signes de ramollissement,

NT

Tous les autres organes et le rein en particulier paraissent absolument sains : on ne trouve dans les antécédents aucun symptôme de néphrite.

L'état général est peu satisfaisant; l’amaigrissement est consisidérable, et il existe un état fébrile très marqué.

Les lésions pulmonaires ont une marche rapide, et six mois après l'entrée à l'hôpital la partie supérieure des poumons est détruite : l’auscultation révèle à ce niveau l’existence de deux grosses cavernes.

Le 6 mars, le malade succombe à une poussée de granulie, sans avoir jamais présenté de symptômes d’altérations rénales.

Autopsie. — A l’autopsie, on constate, outre les lésions pulmonaires diagnostiquées pendant la vie, une dilatation très nette du ventricule droit du cœur.

Le foie est gras et augmenté de volume.

Les reins sont d'apparence normale et renferment un petit nombre de granulations disséminées.

Examen histologique des reins. — A un faible grossissement il n'existe pas de lésions appréciables. Avec un grossissement plus | fort on remarque un abrasement superficiel de quelques cellules des tubes contournés; mais la partie de ces cellules qui adhère à la membrane propre du tube reste en place et se colore bien.

En somme, les lésions microscopiques sont extrêmement légères et très localisées.

OBsERvATION II

(Personnelle)

Résumé. — Tuberculose pulmonaire très avancée, Aucun symptôme rénal. À l’autopsie, altération légères des épithéliums et sclérose surtout marquée autour des vaisseaux. Sueurs. Absence de diarrhée pendant la vie. Foie normal.

D..., Gustave, 54 ans. Terrassier. Entré le 20 mars 1897 à l'hôpital Necker, salle Bouley, n° 22. Mort le 30 mars 1897.

Nous ne trouvons dans les antécédents qu’une fièvre typhoïde dans l’enfance.

La tuberculose à débuté il ÿy a deux ans environ, et depuis dixhuit mois le larynx est envahi. Cependant l’état général était resté satisfaisant jusqu’au mois de février dernier. À partir de ce moment, le malade a commencé à maigrir, à présenter des sueurs nocturnes, et s’est affaibli au point de ne pouvoir entreprendre aucune espèce de travail.

Il arrive à l’hôpital avec une énorme caverne du poumon gauche donnant lieu à un souffle amphorique et à du bruit de pot fêlé. À droite, les lésions sont moins considérables, et l’on ne constate à ce niveau que les signes d’un ramollissement peu étendu.

Les urines sont d’abondance normale. Elles ne contiennent pas d’albumine, et il n’y a pas trace d’œdème.

Autopsie. — Tout le lobe supérieur du poumon gauche est transformé en une vaste caverne, et le reste du parenchyme est infiltré de tubercules qui dans la partie supérieure sont en voie de ramollissement.

Le foie a son volume normal.

Le rein gauche renferme un kyste du volume d’un œuf de pigeon. Dans ce rein et dans le rein droit, la substance corticale est pâle et présente des tractus blanchâtres opalins. La décortication est facile, les pyramides ne sont point altérées.

Examen histologique. — Certaines capsules glomérulaires paraissent un peu épaissies, mais on ne trouve pas de sclérose nette dans les espaces intertubulaires.

A côté de tubes contournés parfaitement sains, on en rencontre d’autres dans lesquels le revêtement épithélial est partiellement altéré. En ces points les cellules sont fortement abrasées, et quel-

ques-unes ont un noyau à peine colorable. Mais ces altérations n’intéressent qu’un petit nombre de cellules.

Les vaisseaux paraissent être le siège des lésions les plus accentuées, et l’on constate à leur pourtour de larges bandes de sclérose.

OBsEeRvATION III

(Personnelle.)

Résumé. — Tuberculose pulmonaire. Aucun symptôme d’altération rénale. A l’autopsie, reins altérés. Foie gras et hypertrophié. Mort par asphyxie due à l’étendue de l'infiltration tuberculeuse des poumons.

V..., Eugénie, 46 ans. Employée de magasin. Entrée le 14 avril 1897 à l'hôpital Necker, salle Lasègue, n° 16. Morte le 27 avril

La malade a perdu plusieurs frères et sœurs d’affections pulmonaires dont elle ignore la nature. Elle a un fils encore vivant, mais atteint de coxalgie. Elle-même a eu quelques hémoptysies dans sa Jeunesse, mais sa santé avait été assez satisfaisante jusqu’au commencement de l’année 1896. A cette époque, elle a été prise d’une laryngite dont elle ne s’est jamais débarrassée complètement. Enfin depuis six mois elle tousse, maigrit et perd ses forces. Depuis trois mois, elle a dû renoncer à tout travail.

A son entrée à l'hôpital, on constate dans le poumon droit une caverne de petites dimensions, et à gauche des symptômes de ramollissement. L’oppression est très marquée.

Le pouls est petit, rapide et par moments irrégulier.

La température oscille entre 37° et 3905.

Les urines sont de couleur foncée et ne contiennent pas d’albumine.

Il n’y à ni œdèmes, ni sueurs, ni diarrhée.

SEVRES

Les jours suivants, l'oppression augmente, et le 27 avril la malade succombe à l’asphyxie, sans avoir présenté de signes d'insuffisance urinaire.

Autopsie. — Il existe dans les deux plèvres des adhérences fibreuses. Les deux poumons sont dans leur plus grande partie infiltrés de tubercules. Au sommet droit on constate l’existence de plusieurs cavernules.

Le cœur est petit etlégèrement dilaté, le myocarde est pâle.

Le foie, augmenté de volume, présente de la dégénérescence graisseuse.

Les reins sont gros, de consistance molle, et se décortiquent facilement. La substance corticale est hypertrophiée, de couleur pâle, mais ne présente pas la réaction de la substance amyloïde. La substance médullaire paraît saine.

OBsERvATION IV

(Personnelle)

Résumé. — Tuberculose pulmonaire. Poussée de granulations ayant entrainé la mort par asphyxie. Foie muscade. Reins à peu près sains à l’examen macroscopique, mais présentant au microscope un abrasement marqué de la partie superficielle des épithéliums. Pendant la vie, aucun symptôme de néphrite.

S.., Émilie, 33 ans. Couturière. Entrée le 17 avril 4897 à l'hôpital Necker, salle Lasègue, n° 12. Morte le 1x mai 1897.

S... arrive à l'hôpital avec une tuberculose pulmonaire déjà très avancée. Elle respire difficilement, présente une fièvre très élevée et une anorexie complète. L'état général est très mauvais : la malade, très amaigrie, est sans forces. Elle tousse constamment et expectore du pus en grande abondance. Elle n’a ni sueurs, ni diarrhée, ni vomissements.

A l’auscultation pulmonaire, nous constatons des signes cavitaires aux deux sommets : autour de la zone où se trouvent les excavations tuberculeuses, des râles humides très abondants indiquent un ramollissement étendu.

Le pouls est petit et très rapide, mais il n'existe pas de signes de lésions des valvules cardiaques.

Les urines, d’abondance normale, sont claires et nullement albumineuses.

Dans les jours qui suivent l'entrée à l'hôpital, les symptômes généraux s’aggravent, et le 1* mai la malade meurt d’asphyxie.

Pendant son séjour, on ne constate à aucun moment le moindre symptôme de néphrite.

Aulopsie. — Les poumons présentent des lésions cavitaires très considérables aux sommets, et dans toute la hauteur, des granulations confluentes qui paraissent être de formation récente.

Le cœur est de volume normal, rempli de caillots cruoriques. Les valvules sont saines, le myocarde est un peu pâle.

Le foie est volumineux, de consistance molle, et présente à la coupe l’apparence du foie muscade. Il a subi un certain degré de dégénérescence graisseuse.

Les reins paraissent à peu près sains à l’examen macroscopique, mais on constate sur les coupes des altérations manifestes.

Examen histologique. — Dans quelques points, la capsule glomérulaire est légèrement épaissie. On note çà et là quelques granulations tuberculeuses, mais ces granulations sont très peu nombreuses. Sur les tubes contournés on constate un abrasement très net de la partie superficielle des épithéliums, mais leur base continue à former autour de la lumière des tubes un revêtement régulier. Le protoplasma et les noyaux se colorent facilement par les réactifs ordinaires. Sur quelques tubes plusieurs cellules sont fusionnées, mais dans l’ensemble elles conservent pourtant leur individualité.

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