‹ Contribution à l'étude des néphrites consécutives à la tuberculoseChapitre 32 sur 34 · CURE · texte numérisé non relu

CURE

Le foie est augmenté de volume, et sa consistance paraît accrue, La rate est normale.

Il n’existe pas de troubles gastriques, mais le malade a de temps en temps de la diarrhée qui ne semble pas coïncider avec une diminution de la perméabilité rénale. Enfin, comme dernier symptôme, du côté des voies digestives, nous trouvons quelques hémorroïdes.

Le cœur bat énergiquement et ne présente pas de bruit de galop.

La respiration est génée depuis plusieurs jours.

Les urines sont claires et d’abondance moyenne (1 litre 1/2). Elles ne renferment pas d’albumine, mais en contenaient à l'entrée (0 gr. 30 cent. environ).

La température, normale maintenant, oscillait dans les premiers jours entre 37° et 3%.

A partir du 12 septembre, le malade commence à uriner abondamment (3 litres 1/2 environ), et cette diurèse persiste jusqu’au 15. En même temps, tous les symptômes s’atténuent. La respiration devient plus facile, les œdèmes diminuent, l’état général se relève et l’appétit revient.

Le 16 et les jours suivants, la quantité des urines tombe à deux litres, puis à un litre, et enfin le 23 septembre à un demi-litre. Nous revoyons le malade à ce moment; il est dans le même état qu’à notre premier examen. Le cœur bat 90. La pression artérielle est de 17°. Les urines sont de couleur foncée et contiennent un peu d’albumine (0 gr. 50 cent. environ).

. Du 23 au 29 l’état va en s’aggravant et la diurèse reste à un taux très bas.

Le 29, nous reprenons la pression artérielle, qui est de 11°. Le pouls est à 120, et l’anurie devient complète.

Dans la nuit du 29 au 30, le malade tombe dans le coma, et le 30 au matin nous constatons une respiration de Cheyne-Stokes des plus nettes,

La mort survient dans la journée.

Autopsie. — Dans la plèvre droite nous trouvons un épanchement d’un litre de liquide légèrement hémorragique.

Le poumon droit ne présente que quelques tubercules au sommet. Au sommet gauche, se trouve une caverne dans laquelle un gros caillot sanguin s’est formé. Le malade, cependant, n’avait pas eu d’hémoptysie depuis son entrée à l’hôpital.

Dans tout le reste du poumon gauche, nous constatons une infiltration abondante de tubercules jeunes.

Le cœur est petit, flasque, de coloration pâle, sans lésions valvulaires.

Le foie est augmenté de volume et pèse 1,760 grammes. Il est très sclérosé et présente un type de cirrhose à grosses granulations,

L’intestin est le siège d’ulcérations tuberculeuses, dont plusieurs se sont perforées dans les derniers moments de la vie, car il n’existe pas de péritonite.

Le liquide ascitique est seulement un peu trouble et rougeâtre.

Les reins, très volumineux, pèsent respectivement 210 et 220 grammes. Ils sont de couleur violacée et se décortiquent facilement. La substance corticale, légèrement épaissie, est rougeâtre et présente des tractus blanchâtres opalins. Les pyramides sont un peu rétractées,

Examen histologique. — On constate au niveau des glomérules une sclérose considérable, le bouquet vasculaire est rétracté, la capsule très épaissie. Le tissu conjonctif intertubulaire et le pourtour des vaisseaux présentent également un degré très prononcé de sclérose. Quelques tubes contournés ont conservé un revêtement épithélial à peu près complet; mais sur la plupart d’entre eux les cellules sont fusionnées, ont perdu leurs noyaux et sont notablement abrasées. En certains points même, le revêtement épithélial est tombé sous forme de débris granuleux dans la

lumière du tube.

De

OgservaTION XV bis

(Personnelle)

Résumé. — Tuberculose pulmonaire grave. OEdèmes étendus. Pas de lésions rénales.

A..., Anna, âgée de 33 ans. journalière. Entrée le 23 septembre 1895 à l’hôpital de la Pitié, salle Cruveilher, n° 22. Morte le 22 octobre 1895. Autopsie.

Cette femme. sans antécédents héréditaires, n’a eu d’autres maladies qu’une grippe assez forte l’année dernière, dont elle a très bien guéri après quinze jours de repos.

Les accidents qui l’amènent à l'hôpital ont débuté, il y a quatre mois, et se sont aggravés rapidement. Elle se plaint de douleurs névralgiques intercostales et lombaires, d'une dyspnée qui survient au moindre effort, d’amaigrissement, de sueurs nocturnes et d’une toux presque continuelle qui l’épuise et la fait beaucoup souffrir.

On constate, en lPauscultant, du ramollissement des sommets ayant abouti, à droite, à la formation d’une caverne qui paraît déjà profonde. Les râles humides descendent en arrière jusqu’à l’angle de l’omoplate et prédominent du côté droit. L'état général est très mauvais et la malade a de la fièvre. Sauf un peu d'augmentation du volume du foie, on ne trouve dans les grands viscères aucune altération importante. Les urines, d’abondance normale, ne contiennent pas d’albumine.

L'état va sans cesse s’aggravant, et jusqu’au 13 octobre aucun phénomène nouveau ne vient attirer l’attention. Ce jour-là, on note un peu d’œdème des pieds et de la bouffissure de la face : les urines examinées avec soin ne renferment pas d’albumine, et les œdèmes disparaissent deux jours plus tard. Ils reparaissent le 48, et le gonflement envahit rapidement les deux jambes et la paroi

Hole

abdominale, mais les urines ne contiennent toujours pas d’albumine.

La malade meurt le 22 octobre.

Autopsie. — À l’autopsie, les poumons présentent une infiltration tuberculeuse diffuse avec ramollissement du tiers supérieur. Les lésions sont plus marquées à droite qu’à gauche, et il existe au sommet droit une caverne grosse comme une noix. Le foie est gros, de couleur jaune et d’aspect graisseux.

Les reins ont leur volume normal. Le rein droit pèse 140 grammes et ie rein gauche 150. La substance corticale n’est pas augmentée

de volume. Les pyramides sont bien limitées et de coloration normale,

TOXICITÉ URINAIRE

1° Toxicité urinaire d'individus retenus à l’hôpital par des affections légères non tuberculeuses.

OBservaTION XVI

(Résumée.)

L..., Alfred, 46 ans. Salle Bouley, n° 24. Necker (12 avril 1897). Entré à l'hôpital pour des douleurs rhumatoïdes légères dont il

est débarrassé au bout de deux jours. — On le garde parce qu’il est sans asile. — Tous les organes sont sains et la santé est habituellement excellente. — Actuellement se promène, dort bien et

mange : 4 degrés. Ni transpirations ni diarrhée.

Coefficient urotoxique : 0.510.

OBsERvATION XVII

(Résumée.)

B.... 26 ans. Salle Bouley, n° 22. Necker (6 mai 1897).

Paralysie du nerf sciatique poplité externe consécutive à une compression énergique. — Marche difficilement et ne quitte pas la salle. — Dort bien. — Alimentation : 4 degrés. — Ni transpirations ni diarrhée.

Coefficient urotoxique : 0.320.

OBsEeRvaTION XVIII

(Résumée.)

N....33 ans. Salle Bouley, n° 32. Necker (10 septembre 1897).

Homme très vigoureux, convalescent depuis quatre semaines d'une phlébite consécutive à une broncho-pneumonie grippale. — Garde le lit. — Alimentation : 4 degrés et plus. — Dort bien. — Ni transpirations ni diarrhée.

Coefficient urotoxique : 0.441.

2° Toxicité urinaire des tuberculeux.

OBSERvVATION XIX (Résumée.)

G..., Françoise, 36 ans. Salle Lasègue, n° 7. Necker (AL avril 1897).

Tuberculose pulmonaire avancée. — Aucun symptôme de lésion rénale. Température élevée. — Ni ,sueurs ni diarrhée. — Alimen-

CRE Se tation nulle, — La malade garde le lit, — L’autopsie n’a pu être faite.

Coefficient urotoxique : 0.380,

OBservaTIoN XX

(Résumée.)

S..., Léon, 52 ans. Salle Bouley, n° 21. Necker (12 avril 4897).

Tuberculose pulmonaire à marche lente. — Aucun symptôme de lésion rénale. — Quantité des urines en vingt-quatre heures : 4,500 cent. cubes. — Ni sueurs ni diarrhée. Alimentation égale à 2 degrés environ. — Le malade circule et passe dans le jardin la plus grande partie de la journée. — A l’autopsie, on constate des altérations nettes de la substance corticale du rein.

Coefficient urotoxique : 0.940.'

Ce coefficient très élevé s'explique sans doute par ce fait que les urines subissaient très rapidement la fermentation ammoniacale. Les urines employées étaient déjà altérées. Nous n’avons pas tenu compte de cette observation, lorsque nous avons calculé le coefficient urotoxique moyen des tuberculeux.

OBsERvVATION XXI

(Résumée.)

H..., Georges, 38 ans. Salle Bouley, n° 11. Necker (6 mai 1897).

Tuberculose pulmonaire au début. — Pas de symptôme de néphrite. — Ni sueurs ni diarrhée. — Température normale, — Le malade mange bien. — Passe tout son temps dans le jardin.

Coefficient urotoxique : 0.330.

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