INTRODUCTION
L'infection tuberculeuse frappe à des degrés divers tous les organes du corps humain. Outre les lésions résultant de l’action destructive du bacille dans les points de l’économie où il s’est installé, on constate dans la plupart des viscères des altérations qui sont dues à l’action des produits toxiques résorbés au niveau des foyers tuberculeux.
De tous les organes frappés par le poison microbien, le rein est, après le foie, celui qui se trouve le plus souvent lésé. Il peut l'être de plusieurs façons. Tantôt les bacilles arrivés jusqu’à lui s’établissent dans son parenchyme pour y produire des granulations, des tubercules ou des cavernes et constituer la tuberculose rénale, dont nous ne nous occuperons pas. Tantôt il se trouve altéré par l’action des poisons microbiens qui ont pénétré dans la circulation, et il peut alors réagir de deux manières différentes : soit en subissant la dégénérescence amyloide, qui est en somme assez rare au moins dans ses degrés avancés, soit en présentant les dégénérescences diverses qui caractérisent les néphrites subaiquës et chroniques. Ces néphrites sont habituellement désignées sous le nom de néphrites tuber-
culeuses, mais ce terme nous paraît être trop peu compréhensif,
en ce sens qu'il éveille l'idée d’altérations rénales dues à la toxine tuberculeuse seule, alors que, dans la plupart des cas, les toxines sécrétées par les microbes des infections secondaires jouent probablement un grand rôle. Nous avons donc préféré, pour les néphrites dont nous allons nous occuper, une dénomination moins précise, et nous avons choisi celle de néphrites consécutives à la tuberculose, afin d'éviter toute équivoque. Nous devons méme ajouter qu'il ne sera question dans ce travail que des néphrites consécutives à la tuberculose pulmonaire chronique, car nous n'avons pu, faute d’observations suffisantes, étudier la question des néphrites dans les autres variétés d'infection.
Lorsque l’on étudie les états morbides d'un organe, ce qu'il importe surtout de connaître, c’est la nature et l'importance des troubles fonctionnels qui résultent de ces états morbides. Une insuffisance mitrale, par exemple, n'aurait pas en soi grand intérêt si elle n’exposait le malade à tous les dangers de Vasystolie; et l'existence d’une néphrite serait de même assez indifférente si celui qui en est atteint ne se trouvait menacé de l’insuffisance urinaire. C’est donc l’état de la fonction rénale dans les néphrites consécutives à la tuberculose que nous nous proposons surtout d'examiner, après avoir passé en revue, dans la première partie de ce travail, la pathogénie de ces néphrites et leurs symptômes.
Mais avant d'aller plus loin nous voudrions jeter un regard en arrière sur nos années d’études qui finissent maintenant. Car s’il est vrai que la thèse marque le début d’une vie nouvelle, elle en termine aussi une autre dont on ne s'éloigne pas sans regrets.
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Dès le début de nos études médicales, nous avons rencontré deux maîtres qui nous ont témoigné une rare affection. M. le docteur Peyrot et M. le docteur Rendu nous ont accueilli auprès d'eux alors que, ne connaissant presque personne à Paris, nous ne savions trop que devenir; ils nous ont dirigé et conduit pas à pas. Cependant leur bonté n’était point satisfaite. M. le docteur Rendu voulut assurer notre bonheur comme Roger avait assuré le sien vingt ans auparavant, et M. le docteur Peyrot ne laissa point échapper cette nouvelle occasion de nous montrer une fois de plus sa constante sollicitude. Nous ne songeons point à acquitter notre dette de reconnaissance, mais nous gardons à ceux qui ont tant fait pour nous les sentiments qu'ils connaissent bien.
Nous ne sommes guère moins embarrassé pour remercier comme nous voudrions le faire M. le docteur Moutard- Martin et M. le docteur André Petit. Les années d’internat passées dans leur service comptent parmi nos meilleurs souvenirs, et la seule peine que nous ayons eue à cause d’eux est celle que nous avons éprouvée en les quittant. Ils ont pris soin de l’atténuer, du reste, en nous continuant leur affection et en nous permettant d'aller leur témoigner souvent encore notre respectueux attachement.
Nous prions M. le docteur Barth de vouloir bien accepter tous nos remerciements pour la faveur qu'il nous a faite en nous permettant de passer chez lui notre quatrième année d'internat. C’est grâce à la recommandation de M. le docteur Rendu que nous avons pu être l'interne d’un maître dont le savoir et l’exactitude sont universellement appréciés, et l’année fort instructive que nous avons passée à l'hôpital Necker nous a laissé des souvenirs que nous conserverons toujours.
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Nous tenons à offrir à M. le docteur Guinard l’assurance de nos sentiments affectueux et reconnaissants pour la bonté avec laquelle il a bien voulu nous accueillir à l'hôpital Lariboisière. Nous prions également MM. les docteurs Muselier, Dalché et Caussade, que nous avons eus momentanément pour chefs de service, d’agréer nos plus vifs remerciements pour le temps trop court que nous avons passé auprès d'eux.
Nous offrons enfin à M. le professeur Dieulafoy, l’expression de notre vive reconnaissance pour l'honneur qu'il a bien voulu nous faire en acceptant la présidence de cette thèse.
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