ETES
déjà très manifeste 3 mois après l’amputation, car déjà après
ce laps de temps les fibres nerveuses atrophiées ne prennent plus . la coloration noire spéciale aux tubes nerveux à myéline lorsque, les coupes sont traitées par la méthode de Weigert. Le diamètre
des tubes nerveux atrophiés très diminué quelques années après
lPamputation l'est beaucoup moins après 3 ou 11 mois.
Nous avons trouvé constamment et dans tous les cas, sans considération de l'âge du sujet dont nous examinons les nerfs, les mêmes altérations des nerfs du moignon. |
On peut se demander de quoi dépend l’atrophie partielle des fibres nerveuses et comment il se fait qu’une partie déterminée des tubes nerveux, même si on les observe très loin du point sectionné, restent intacts, tandis qu’une autre partie de ces tubes s'atrophie.
Les conclusions que nous pouvons formuler à la suite de nos examens sont que :
Les fibres nerveuses motrices ne prennent aucune part à l'atrophie, elles demeurent intactes, l’atrophie se propage exclusivement par les voies sensitives. j
Il est possible de constater ces altérations des nerfs sensitifs jusque dans le ganglion spinal où l'on constate encore des tubes nerveux normaux. Au delà du ganglion spinal, c’est-à-dire dans les racines postérieures ; de même que dans les racines antérieures il est impossible de voir aucune altération histologique.
Nous admettons que les racines postérieures sont moins volumineuses que du côté normal; il s'y rend un nombre plus restreint de fibres nerveuses.
Examen de la moelle épinière.
Nous constatons immédiatement, si ce n'est à l'œil nu, du moins à la loupe, une diminution considérable du voluwe du faisceau postérieur du côté de l’amputation. Cette diminution de volume commence dans un cas d'amputation du membre inférieur
dans la partie inférieure du renflement lombaire, elle augmente en remontant et paraît atteindre son maximum d'intensité au niveau de la VIIIe paire dorsale. Le faisceau postérieur du côté normal, a dans sa partie antérieure le double du volume de celui du côté de lPamputation. Cette atrophie du faisceau postérieur diminue en remontant, mais il est encore possible dela constater au niveau de la région cervicale. Il est impossible d'observer une altération histologique de ce faisceau atrophié, nous avons employé toutes les méthodes de coloration sans parvenir à trouver une différence de structure entre le côté normal et le et le côté de l'amputation. Il ne s’agit donc que d’une atrophie quantitative c'est-à-dire une atrophie due simplement à l'absence d’un certain nombre de fibres nerveuses.
H: paraît exister une augmentation du.nombre des noyaux du côté de l’amputation, augmentation qui peut s'expliquer ainsi : lenombre des:-noyaux étant le même des deux côtés, on pourrait croire à leur plus. grand nombre du côté de l’atrophie parcequ’ils se présentent dans un espace moindre. C'est aussi pourquoi cette augmentation apparente des noyaux atteint son maximum au point où le faisceau postérieur est le plus atrophié, c’est-àdire tout à fait en avant près de la commissure grise.
Dans la substance grise on voit un amincissement considérable de Ja corne postérieure en rapport avec le cordon postérieur atrophié ; cet amincissement n’est visible que dans les coupes provenant de l'extrémité inftrieure de la moelle.
Les cornes antérieures sont atrophiées du côté de l'amputation. On distingue quatre groupes cellulaires : un groupe antéro médian, antéro-latéral, central.et.le groupe postéro-latéral.
Nous avons procédé à une numération des cellules sur une série de coupes ; elle nous a montré que le nombre des cellules n'a pas diminué dans les trois premiers groupes cités plus haut :
mais, par contre, ce nombre est deux ou trois fois plus grand, du côté de l’amputation, dans le groupe postéro-latéral.
Une deuxième altération de la substance grise concerne Ja colonne de Clarke. Avec un faible grossissement, on remarque que cette colonne est plus petite du côté de l’amputation que du côté sain, à partir de la XIJe dorsale jusqu’à la VIe de la même région.
Le nombre des cellules a diminué du côté de l’amputation et dans l’espace compris entre la VIe dorsale et la XIle dorsale ; dans un cas, cette diminution se constate jusqu'à la Ve dorsale et se contiuue jusqu’au Ier nerf lombaire.
Nos constatations viennent à l’appui du fait bien connu que la colonne de Clarke est un conducteur sensitif et nous pouvons aussi considérer comme probable, que le groupe latéral des cellules des cornes antérieures de la moelle lombaire n’est pas moteur maïs que les cellules ce groupe possèdent des fonctions, sensitives.
Dans un des cas d’amputation du bras, dont nous avons examiné la moelle, nous avons trouvé, en dehors des altérations caractéristiques des nerfs du plexus brachial, une atrophie considérable du faisceau postérieur dans toute la région cervicale et à peu près au même degré dans le territoire des Ie, IVeet VITTe paires.
La corne postérieure est atrophiée, mais à un degré peu prononcé. Sur plusieurs préparations, on pourrait croire, au premier coup d’œil, que tout le côté de la moelle correspondant à l’'amputation a diminué de volume. Maïs, en examinant plus attentivement ces coupes, on remarque que cette atrophie n’est pas réelle, elle est dûe à la diminution de volume du faisceau et à l’atrophie de la corne antérieure dans: laquelle les cellules nerveuses ont tant diminué de nombre.
Il'est intéressant de constater que toutes les fibres sensitives
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qui vont au membre amputé ne s'atrophient pas au même degré. En examinant le nerf ischiatique, très près de la section, aussi bien que les fibres nerveuses sensitives pures très près des ganglions spinaux, en examinant même ces vanglions, on trouve, presque dans chaque faisceau primitif, quelques fibres normales, flbres à myéline absolument intactes qui présentent aussi bien un faible qu’un fort diamètre. :
Nous sommes tout disposés d'admettre qu’il n’y a que certaines fibres sensitives spéciales qui s’atrophient et nous émettons l'hypothèse : ces nerfs atrophiés sont ceux qui sont destinés aux appareils spéciaux de la périphérie, aux corpuscules du tact et aux renflements en bouton (Endkolben); tandis que les fibres sensitives générales, sans terminaison aux appareils spéciaux, restent intactes.
Nous appuyons cette hypothèse particulièrement sur ce fait d'amputation au niveau des malléoles (obs. VIII) où nous avons trouvé des lésions aussi accentuées que dans les cas d’amputation de la cuisse.
Les appareils spéciaux des nerfs sensitifs sont, à la connaissance de tous, placés pour l'extrémité inférieure, d’une manière toute particulière et presque exclusivement dans la plante du pied et aux orteils; là, ils jouent le rèle d’appareils du tact.
Ce ne serait donc pas la disparition de la fonction qui entraiuerait après elle l’atrophie des nerfs, mais elle serait consécutive à la suppression des appareils du tact.
Homen. — 1887. — Modifications histologiques des nerfs périphériques, des ganglions spinaux et de la’ moelle chez les amputés.
En examinant la moelle, on constate une atrophie assez cons
HD
“dérable de certaines parties du côté opéré. Après une exarticu-
lation de la cuisse, l’atrophie est le plus prononcée dans le renflement lombaire, spécialement dans la partie moyenne de
‘ celui-ci.
Cette atrophie affecte principalement le cordon postérieur et la corne postérieure, mais légèrement aussi la corie antérieure
et en général toute la substance grise du côté opéré; dans les
cordons antéro-latéraux, je n'ai pu constater aucune atrophie. Dans les cordons et même dans les cornes postérieurs, cette atrophie peut être telle que les parties ne sont quelquefois guère plus volumineuses que la moitié des parties correspondantes du côté sain. Quant au cordon postérieur, où l’atrophie est un peu plus prononcée que dans la corne, je dois constater, contrairement à l’opinion de quelques auteurs, que cette atrophie, probablement provoquée par l’atrophie et la disposition des fibres des zones radiculaires est presque également répartie sur tout le cordon et non principalement sur la partie antérieure. À un examen soigneux au microscope, on ne peut constater aucune différence de structure histologique des corcons et des cornes postérieurs des deux côtés, si ce n’est peut-être que les fibres des cordons des côtés opérés sont en partie un peu plus fines. Pourtant il faut constater que le nombre des noyaux est, sur la même surface, à peu près le double dans le cordon postérieur du côté opéré, ce qui correspond environ à l’atrophie ; aussi les racines postérieures sont notablement diminuées, surtout les fibres internes qui passent à travers la partie externe des cordons postérieurs avant de pénétrer dans les cornes.
J'ai spécialement porté mon attention sur les cellules nerveuses des cornes antérieures, en les énumérant et en les comparant avec celles du côté sain dans un grand nombre de préparations. J'ai constaté une petite atrophie et même la disparition d’une partie d’entre elles dans le renflement lombaire ; cette
Lee s6 2e altération, n’est peut-être pas si exclusive et si prononcée que Friedländer et Krause l'ont constatée chez l'homme; elle est cependant bornée surtout au groupe latèéro-postérieur. Le nombre des cellules de ces groupes augmente pourtant aussi dans les cas bien prononcés, environ au 3/4 du nombre de celles du groupe correspondant du côté opposé.
Les altérations décrites ici diminuent rapidement dans la direction ascendante ; ainsi dans la partie supérieure du renflement lombaire et dans la partie inférieure de la moelle dorsale il n’y a à constater qu'une petite atrophie dans les cordons et les cornes postérieurs, qu'on peut suivre à peine jusque vers le milieu de la moelle dorsale. Mais dans ces parties on constate une autre altération assez intéressante, c’est-à-dire dans les colonnes de Clarke, altération sur laquelle Friedländer a rêécemment attiré l’attention. Elle consiste dans une diminution, pourtant peu considérable, des cellules dans ces colonnes ; je n’ai pas pu suivre cette diminution plus haut que dans la partie inférieure de la moelle dorsale ; déjà au niveau du neuvième ou huitième nerf dorsal, elle est à peine constatable. ]l n’y a aucune diminution appréciable des fibres à myéline, comme c’est le cas chez les tabétiques.
Chez les petits chiens exarticulés au genou de la patte postérieure, on trouve les mêmes altérations, bien qu'à un dégré un peu moins prononcé, contrairement à ce que Friedländer et Krause ont trouvé chez l’homme.
Quant aux chiens adultes, il y a aussi les mêmes altérations, mais elles sont encore moins prononcées, même après une exar ticulation de la cuisse ; ainsi l’atrophie du cordon et de la corne postérieurs chez les animaux qui ont vécu un à deux ans après l'opération n’est pas si grande que ces parties ne constituent encore es trois cinquièmes ou les trois quarts des parties correspondantes du côté sain; et l'atrophie de la corne antérieure du côté
opéré est à peine appréciable; aussi l’altération des cellules des
cornes antérieures et des colonnes de Clarke est très reu prononcée.
Chez les animaux dont la patte antérieure a été exarticulée à l'épaule, il y a une atrophie de la corne et des cordons posté rieurs du reuflement cervical au moins aussi grande que celle qu’on trouve dans le renfiement lombaire des animaux exarticulés dans la cuisse. Il y a aussi une atrophie insignifiante de la corne antérieure du côté opéré, ainsi qu’une légère atrophie et même une disparition d'une partie des cellules nerveuses, tout spécialement de celles du groupe latéro-postérieur. L’atrophie du cordon postérieur est bien prononcée encore dans la partie supérieure de la moelle cervicale.
Quant aux nerfs périphériques les altérations correspondent, quant au degré, à celles de la moelle. L’altération consiste en ce qu’un grand nombre de fibres sont assez fines et plus éloignées l’une de l’autre qu’à l’état normal; quelques-unes mêmes, sans doute, complètement disparues, car dans les coupes transversales on peut trouver par places une grande partie occupée par des fibres grêles de tissu connectif et des restes de fibres atrophiées, avec, de loin en loin, quelques fibres d'apparence saine. En général les différents faisceaux sont diminués de volume. Pourtant, l’altération n’est pas à de beaucoup si prononcée que le décrit Dickinson, à peine autant que Friedländer et Krause l’ont constaté chez l’homme. Une augmentation des noyaux est évidente. L’altération est le plus marqué dans les préparations par l’hématoxyline d’après Weigert ; là, même si le liquide de décoloration a été extrêmement dilué et que la décoloration ne soit par conséquent faite très lentement, il peut arriver qu’à peine plus que la moitié des fibres, en comparaison du coté sain, soient bien colorées, et encore un grand nombre d’entre elles sont assez fines, tandis que
le reste de la coupe se compose de fibres plus ou moins atrophiées, dont la gaine de myéline ne s’est pas colorée en noir comme à l’état normal, de fibres et lames connectives épaissies, et de restes de nerfs atrophiés. Dans les fibres anormälement colorées on peut pourtant, le plus souvent, bien distinguer le cylindre-axe et la gaine de myéline qui est à peu près de la même couleur jaunâtre que lui et que le tissu cognectif environnant.
Dans les préparations par le bleu d’aniline et le picrocarmin, on voit, outre les fibres d'apparence normale, un grand nombre de petits points plus ou moins bleus ou rougeâtres (les cylindresaxes atrophiés) entourés d’un anneau incolore ou un peu bleuâtre (dans les préparations par le bleu d’aniline), mais très mince, quelquefois à peine appréciable, Ces points, ainsi que les fibres bien conservées, sont en général, un peu éloignés l’un de l’autre, séparés par un tissu bleuâtre ou rosé. Dans les préparations incolores, les parties atrophiées sont plus claires et plus transparentes, et les fibres n’y ont pas le brillant normal.
Mais ce qui est ici d’une grande importance et donne à ces recherches un intérêt tout spécial (un fait sur lequel Friedlander et Krause ont aussi, attiré l'attention), c'est que seulement les fibres sensitives, pourtant pas toutes, sont altérées. Ce fait ressort d’une manière évidente dans les coupes transversales faites, immédiatement au-dessous des ganglions spinaux, où les parties motrices et sensitives du nerf sont encore bien séparées. Alors, on constate dans la partie sensitive les altérations décrites ci-dessus, bien prononcées, tandis que dans la partie motrice on ne peut constater aucune altération, au moins aucune altération évidente.
Naturellement aussi, les racines motrices sont, du moins en apparence, intactes. Quant aux racines postérieures, il m'a semblé par comparaison avec les racines du côté sain, comme
s'il y avait une petite altération, semblable à celle des nerfs, mais il est bien diflicile de se prononcer absolument sur des différences insignifiantes. Je continue du reste encore mes recherches sur ce point.
J'ai consacré une attention spéciale aux ganglions spinaux, qui dans les cas publiés jusqu'ici 1 ’ont pas été observés. J'ai fait des coupes longitudinales et transversales, et toujours comparé avec des coupes semblables du ganglion correspondant du côté sain. Ici aussi on se trouve en présence de la difficulté de juger de petites différences quantitatives. Je crois pourtant avoir trouvé, surtout dans les coupes transversales, qu'il y a dans les ganglions du côté opéré une légère atrophie et diminution des fibres, peut-être aussi un peu d’atrophie des cellules, quoique je ne sois pas encore à même de me prononcer avec certitude sur ce point.
Pour étudier le début, l’évolution et même la nature du processus, j’ai commencé par un examen au microscope des pièces des animaux qui ont vécu un, deux jours, etc., après l'opération. Je me suis servi pour cette étude des méthodes de Weigert, de la coloration double de Sahli par le bleu de méthylène et par la fuschine-acide, de la coloration double de Merkel par l'indigo et le carmin, du bleu d’aniline, du picrocarmin, etc. J’ai aussi mis des tronçons de nerfs aussi frais que possible, dans une solution d’acide osmique (1/100) et aprés un séjour de dix à vingt heures, je les ai légèrement dissociés ; puis je les ai examinés immédiatement ou après un séjour d’au moins vingtquatre heures dans le picro-carmin, ou le carmin au borax.
Je n’ai réussi, par aucune de ces méthodes, à constater une différence qualitative entre le côté opéré et le côté sain, ni dans les nerfs (excepté l'extrémité tout à fait terminale du nerf dans le voisinage immédiat de la section, où il y a une altération granulo-graisseuse), ni dans la moelle, aucune dégénération ou des-
Oo truction comme dans la dégénération Wallérienne, dans le bout périphérique d’un nerf sectionné ou réaction caractéristique, comme pour la dégénération secondaire par la fuschine-acide, comme je l'ai mon‘rè dans un travail précédent. Mais au bout de huit jours, chez les petits animaux, opérés à l’âge d’une semaine, on commence à constater dans les nerfs périphériques de petites différences quantitatives, en ce qu’on rencontre un nombre relativement srand de fibres assez fines, et de fibres dont la myéline ne se colore pas assez fortement par l’hématoxyline d'après Weigert. Cette altération s'étend sur le nerf dans toute son étendue. Au bout de deux ou trois semaines l’altération est évidente, ainsi qu'une atrophie dans le cordon et la corne postérieure de la moelle du côté opéré. Peu à peu, à mesure que ces altérations progressent, on constate aussi les autres altérations mentionnées ci-dessus ; et après cinq ou six mois le processus fait très peu de progrès.
Chez les chiens adultes, ce n'est qu’au bout d’un à deux mois qu'on peut constater les premières altérations évidentes, du reste de la même nature, mais qui n'atteignent jamais le même degré.
E.-S. Reynolds. — 1887. — On changes in nervous system after amputation of limbs.
Paralytique amputée de la cuisse gauche 6 ans et demi avant sa mort.
La moelle jusqu’au milieu du renflement lombaire était intacte; dans la partie moyenne et inférieure de la moelle lombaire, la moitié gauche était diminuée de volume. diminution plus marquée dans la substance grise que dans la substance blanche. Le
Ep ree
faisceau antérieur éfait sain, le latéral et surtout le postérieur était atrophié.
Sur toutes les coupes on constatait une atrophie de la corne antérieure comme de la postérieure toujours du côté gauche.
Les cellules de la corne antérieure étaient fortement pigmentéés, se coloraient moins bien que normalement et présentaient moins de prolongements.
Les nerfs crural et ischiatique gauches contenaient à côté de tubes nerveux de volume normal, un grand nombre de fibres plus grèles rassemblées et faisceaux minces.
Ces fibres gêles se retrouvaient dans les racines antérieures du côté gauche et les racines postérieures en étaient presque exclusivement formées. La coloration des coupes par l’hématoxiline de Weigert permettait de constater que ces tubes nerveux minces avaient encore leur enveloppe de myéline.
Vanlair (1891). — Altérations nerveuses centripètes consécutives à la nevrotomie et aux amputations des membres.
Examen des nerfs. — Les sections nerveuses amènent l’apparition dans le bout central d'un nombre relativement considérable de fibres grèles fasciculées. ,
Du côté du centre médullaire, la section unilatérale, avec ou sans régénération, n’a provoqué aucun changement de structure appréciable. La division bilatérale avec reproduction ultérieure a été suivie dans deux cas seulement d’une altération de la substance médullaire. Pour l'un d'eux, la lésion a porté sur la corne antérieure gauche (dégénérescence du groupe central) et à un moindre degré sur la corne postérieure du même côté {simple réduction de volume). Pour l'autre, les parties entre-
on
prises étaient la corne postérieure gauche (atrophie cellulaire sans dégénérescense) et le cordon postérieur du même côté (simple diminution de la masse).
Dans le premier cas la lésion occupait la zône inférieure de Ja région lombaire; dans le second, la région dorsale.
Comparés aux résultats obtenus par Vulpian, les nôtres s’en distinguent par leur défaut de constance et d’uniformité. On verra plus tard quelle peut être là raison de ces différences. Il convient aussi de relever ce fait nouveau que la lésion médullaire, quand elle existait, n’a jamais été qu'unilatérale, alors que les deux sciatiques avaient été divisés.
Amputations.
L'opération s’est faite à différents niveaux. Les délaisont varié dans des limites très étendues : de deux à quinze mois.
Exp. I. — Amputation du membre postérieur droit à la partie tout à fait supérieure de la cuisse. — Le temps d’observation a été de trois mois. Les racines et la moelle n'avaient subi aucune altération. Le nerf n’a pas été examiné.
Exp. II. - Amputation au milieu de la cuisse droite. — Temps d'observation, huit mois. Quelques jours avant sa mort, l'animal avait été pris d’une paralysie spastique du membre postérieur gauche, c’est-à-dire du côté opposé à l’amputation, paralysie qui le forçait à ramper sur son train de derrière. Voici les résultats de l’analyses histologique :
Nerf. — À part.une multiplication manifeste des fibres grèles isolées ou réunies en faisceaux qui se rencontre jusqu’au voisinage de l'émergence du nerf, le sciatique droit se montre exempt de toute altération . Le sciatique gauche est normal.
- Racine. — Dans le segment inférieur de la région dorsale, à droite, les racines antérieures et postérieures sont atrophices et cela à peu près au même degré, mais sans dégénérescence. Le
PENENCE rapport entre la racine droite et la racine gauche correspondante peut être évaluée à 1/1,5.
Moelle. — Te cordon antéro-latéral droit.est manifestement réduit de volume, dans le rapport. de. 1/65. C'est la zône latérale qui a subi la plus forte réduction. Les cordons postérieurs ne diffèrent paint d’un côté à l’autre.
La corne antérieure droite est à la fois .plus courte (1/1,2) et plus mince (1/1,5).
L’épaisseur du procès réticulaire se montre également moindre à droite qu'à gauche
Les colonnes postérieures ont exactement les mêmes dimensions des deux côtés. La colonne de Clarke est intacte.
Malgré l’asymétrie portant sur tout le système antéro-latéral, on ne constate nulle part d’altération texturale.
Les modifications qui viennent d’être indiquées occupent la partie moyenne et inférieure de la région dorsale. Dans le segment lombaire, l’asymétrie disparaît et la moelle reprend son aspect normal.
Exp. III, IV et V. — Ampautation au milieu.de Ja jambe droite. — Durée de l'observation : deux, cinq et demi, et dix mois. Rien d’anormal ni dans les racines, ni dans la moelle. Dans le nert, on constate la multiplication des fibres grêles jusque vers le milieu de la cuisse.
Exp. Vlet VIT. — Amputation de l’extrémité du pied droit, à: mi distance entre les orteils et le talon. — Durée de l’observation : quatre et sept mois. Même résultat négatif en ce qui concerne la moelle et les racines.
Exp. VIII. — Amputation du membre postérieur droit à la partie inférieure de la cuisse après résection préalable (faite trois jours auparavant) du sciatique droit près de son émergeance. — Temps d'observation : six mois. Racines et moelle intactes.
Exp. IX. — Amputation du membre postérieur droit à la partie
AT supérieure de la jambe, combinée à l’énervement du moignon (résection du saphène et du sciatique droits au milieu de la cuisse). — Durée de l’observation : quinze mois. Bien qu'il se soit produit ici pendant la vie des accidents paralytiques et spasmodiques localisés surtout dans le côté gauche et s'étendant jusqu’an membre supérieur et à la face, il ne s’est rencontré aucune asymétrie médullaire ni aucune altération des eléments de la moelle et des racines. Il existait seulement un épaississement marqué des parois des vaisseaux periépendymaires dans le renflement lombaire. Le sciatique présentait comme toujours une majoration de ses fibres grêles jusqu’à une certaine hauteur, mais rien de plus.
Dans plusieurs des cas qui précédent, ‘in certain nombre de ganglions ont été cxaminés À différents niveaux, soit à l’état frais, soit après durcissement. Aucun d’eux n’a présenté d’anomalie. En résumé, sur les neuf amputations, il n’en est qu’une où l’appareil médullaire s’est trouvé compris du côté correspondant à l'opération, et encore s’agissait-il d’une atrophie purement numérique exclusivement localisée dans une partie de la région dorsale.
Loin donc de considérer l'apparition d’une atrophie névromédullaire comme une conséquence ineluctable des amputations, on doit y voir, au contraire. une sorte de complication accidentelle de l'opération, au moins quand celle-ci est pratiquée chez un animal sain et adulte, — et cela quels que soient le niveau de la section et la durée du délai séparant l'opération de l’autopsie.
P. Marie. — 1892. — 6% leçon.
Leçons sur les Maladies de la Moelle. Iommé, 40 ans, amputé à la partie moyenne de la cuisse gauche, vingt ans avant sa mort.
Le nerf sciatique du côté gauche présentait dans toute sa hauteur une augmentation de volume considérable, ses dimensions étaient environ le double de celles du nerf sciatique droit, C’est là un tait, qui a déjà été signalé par plusiéurs auteurs, mais qui n’est cependant nullement constant ; je ne l'ai, en effet, pas retrouvé dans deux cas d’amputation du bras, non plus que dans un autre d’amputation du pied. Dans leur cas d’amputation du bras, MM. Hayem et Gilbert notent que « le radial était légèrement amoindri ; le cubital, au contraire augmentait progressivement de volume depuis le plexus brachial jusqu'au névrome terminal, aux approches duquel il se montrait deux fois plus volumineux que le cubital sain; le médian enfin offrait des 2 côtés le même calibre ». 11 est difficile de trouver un plus bel exemple de l’inconstance de cette augmentation de volume des nerfs, puisque ici chacun des trois nerfs du moignon se comporte
à cet égard d’une manière différente.
Notez qu'en général l'augmentation de volume, quand elle
existe, est d’autant plus manifeste qu'on examine les parties périphériques du nerf et tend à diminuer ou a disparaître à mesure qu'on remonte vers la moelle.
Mais passons sur l’aspect macroscopiqu: du nerf, et abordons . l'étude microscopique des lésions qu’il présente. Si l’on jette un coup d'œil sur une coupe de ce nerf sciatique que je prends pour base de cette description, l’on est tout d’abord frappé de ce fait, qu’à 1'œil nu, les faisceaux primitifs dont il est composé ont, la plupart, un diamètre beaucoup plus considérable (2, 3, 4 fois) que les faisceaux d’un nert normal; j’ajouterai que plus le diamètre de ces faisceaux est grand, plus ils sont transparents. Ces faisceaux sont ceux qui sont atteints par la dégénération, et les
OS plus gros parmi eux et les plus transparents sont aussi les plus altérés. En examinant une coupe colorée par l’hematoxyline de Weigert, on constate immédiatement que les lésions sont extrémement marquées. Dans le plus grand nombre des faisceaux, au lieu de la mosaique régulière que produit sur une coupe d’un nerf sain la juxtaposition de toutes les fibres de myéline colorées en noir, On n’aperçoit plus qu’un très petit nombre de fibres de ce genre ; ces fibres sont d’ailleurs parsemées dans toutes les parties de chaque faisceau nerveux, non plus groupées, mais complètement isolées les unes des autres. Dans quelques faisceaux cependant, deux ou trois tout au plus, et encore sont-ce les moins volumineux, on retrouve la mosaïque régulière indi-quant un état normal de cés faisceaux ; ceux-ci proviennent de branches nerveuses destinées à des parties de la cuisse situées au-dessus du point d'amputation. Ils se trouvent d’ailleurs isolés des autres faisceaux atteints par la dégénération et dont les fibres Ctaient pour la plus grande part destinées aux seoments du membre inférieur situés au-dessous du point de l’amputation. Sur quelques coupes, on peut voir un même faisceau présenter deux moitiés fort distinctes, l’une altérée, l’autre saine, séparées par une mince cloison fibreuse ; c’est que la première est constituée par des fibres provenant des parties amputces, tandis que les fibres qui forment la seconde prennent naissance au-dessus du point de l’amputation.
Donc les fibres à myéline sont très rares dans les faisceaux les plus altérèés. — Par quoi sont-elles remplacées ? — Par de petits îlots d'aspect très singulier observés déjà par différents auteurs mais sur lesquels l'attention semble n'avoir guère été appelée d’une façon toute spéciale que par MM Friédlander et Krause, bien qu’à mon avis ces auteurs aient été loin de leur attribuer la signification qu'ils ont en réalité.
Ces îlots ne prennent pas la teinte noire par la méthode de
ANT Weigert, mais se colorent bien par le carmin ; ils sont de dimensions variables, on peut en moyenne leur assigner un diamètre au moins triple ou quadruple de celui que mesure une fibre nerveuse normale avec sa gaine de myéline. Leur forme n'est pas non plus toujours fdentique ; dans les points où ils sont suffisamment isolés les uns des autres, on les voit présenter une figure tout à fait arrondie ; dans les points, au contraire, où ils se pressent les uns contre les autres. leurs contours se ressentent de cctte compression réciproque.
Quelle est en réalité la constitution de ces ilots? — C’est ici que je me trouve en désaccord absolu avec MM. Friedlander et Krause. Si avec un faible grossissement (o ou 1 de Verick) on examine la coupe d'un nerf normal, on constate, quelle que soit la coloration employée, que dans chaque faisceau, les filtres de ce nerf sont divisées par de fines travées conjonctives en un nombre variable de groupes (ilots primitifs de quelques auteurs). Cesilots primitifs ont des dimensions beaucoup plus grandes que les autres « îlots » dont je parlais à l'instant, et auxquels pour les distinguer des ilots primitifs, je donnerai le nom de « ilots de dégénération. » — Pour MM. Friedlander et Krause, les ilots de dégénération ne sont autre chose que les îlots primitits dont les fibres se sont atrophiées et dont les dimensions se sont, par cela-même, trouvées considérablement réduites. Au premier abord, cette façon d'envisager les choses parait extremement vraisemblable. Mais en y regardant de plus près, j'ai pu me convaincre qu’il n'en était pas ainsi. Les îlots primitifs, loin d’être diminués de volume, se présentent dans le nerf dégénéré avec des dimensions plus grandes que dans le nerf normal. Quant aux îlots de dégénération, chacun d’eux ne présente, à mon avis, ni plus ni moins qu'une ancienne fibre nerveuse dégénérée, et dont le volume a triplé ou quadruplé. Si l’on soumet un de ces îlots de dégénération à un plus fort grossissement
(objectif 3 de Vérik), on constate que cet ilot est constitué par un amas de fibres nerveuses très fines, montrant un cylindre axe d’un diamètre beaucoup moins fort que normalement et une gaine de Schwann d'un calibre également réduit et d'une grande minceur. Pour ce qui est de la gaîne de myéline, elle fait, en général, défaut ; cependant on rencontre fréquemment des îlots de dégénération dans lesquels, par la méthode de Weigert, on peut constater l'existence d’un, deux, trois petits points noirs extrêmement fins ; c’est le signe qu’à ce niveau il existe une très fine fibre nerveuse avec gaine de myéline. J'aurais une forte tendance à croire que chacun de ces ilots de dégénération, du moins quand son évolution n'est pas trop avancée, est entouré par la gaine de Schwan, qui primitivement enveloppait la fibre nerveuse dont cet ilot est le vestige. Je dois encore signaler, à l’intérieur de l’ilot, un nombre assez considérable de noyaux dont la coupe apparaît très nettement suf les sections perpendiculaires à l’axe du nert, et qui s'observent plus nettement encore sur les sections parallèles à cet axe; ces novaux sont parsemés dans les interstices des fibrilles nerveuses, et S'allongent suivant le sens de celles-ci, c'est-à-dire parallèlement à l'axe du nerf.
En résumé, l’histoire naturelle de ces îlots de dégénération serait la suivante : Sous une influence que nous n’avons pas à envisager pour le moment une fibre nerveuse du bout central d’un nerf amputé dégenere, c’est-à-dire que son cylindre-axe et sa vaine de Schawnn persiste. Consécutivement, dans l'interieur de cette gaine de Schwann se développent des fibrilles nerveuses composées d’un mince cylindre-axe et d’une étroite gaine de Schwaun contenant une substance qui n’a que rarement les réactions de la myéline ; ces fibrilles nerveuses sont en nombre assez variable, mais quelquefois considérable (10, 15, 20 et peutêtre encore davantage). Par suite du développement de ces fibrilles nerveuses, cette gaine de Schwann que j'appeller a
= 69 se « primordiale » ne tarde pas à se laisser distendre, et c'est ainsi que les îlots de dégénération prennent des dimensions bien supérieures aux fibres nerveuses saines auxquelles ils ont succédé.
Puis, toujours sous la même influence du développement des fibrilles nerveuses et de la poussée excentrique qu’elles exercent, la gaîne de Schwann primordiale, arrivée à l'extrême limite de son extensibilité, se rompt; les fibrilles qu'elle contient deviennent libres et, n'étant plus retenues et réunies par cette gaine, s’écartent les unes des autres L'ilot de dégénération se trouve donc dissocié et méconnaissable ; il cesse même complètement d'exister lorsque les fibrilles nerveuses qui la composaient se sont suffisamment éloignées lesunes des autres pour n'avoir plus aucune connexion apparente.
Telleest la manière dont, pour ma part, je comprends la nature et l'évolution des îlots de dégénération; elle est donc en contradiction formelle avec lopinion professée par MM. Friedländer et Krause; là où ils voient une atrophie des fibres nerveuses, je vois une régénération et une multiplication de celles-ci, et cé qu'ils prennent pour Je vestige d’un ilot primitif n'est, à mon avis, que le reliquat d’une fibre nerveuse dégén“rée.
Sans m'arrêter davantage sur les « ilots de dégénération », j'examinerai maintenant les autres parties de la coupe de notre nerf sciatique et pour cela je ferai usage d’un grossissement plus faible. Si nous considérons les différents faisceaux nerveux, nous voyons que, dans les faisceaux dégénérés, les «cloisons » qui séparent les uns des autres les ilots primitifs, sont deux où trois fois plus larges que celles qui existent dans les faisceaux ‘sains ; elles semblent aussi plus lâches, et prennent un véritable aspect myxoide. Une bande de tissu myxoïde analogue se voit aussi à la périphérie des faisceaux les plus altérés et les sépare de la gaine fibreuse qui leur est fournie par le névrilème, de
ro sorte que, sur les coupes un peu rétractées, ces faisceaux ont une tendance marquée à s’énucléer de leur gaine névrilématique, Quant aux tractus de tissu conjonctif qui séparent les uns des autres les différents faisceaux, il sont mediocrement épaissis ; seuls, les espaces circonscrits par plusieurs faisceaux dégénérés sont très notablement agrandis, ce qui me semble dépendre surtout de l'augmentation de diamètre des faisceaux qui les circonscrivent. Les vaisseaux contenus dans les faisceaux dégénérés ne sont pas plus nombreux que normalement et: c’est tout au plus si on peut constater un épaissement modéré de leurs parois.
De telle sorte que, tout bien considérée, le facteur le plus important dans l’augmentation de volume des troncs nerveux situés au-dessus du point où a porté l'amputation, est certainement la multiplication des fines fibres nerveuses que je vous décrivais tout à l'heure.
Quant aux cas dans lesquels il y a atrophie des troncs nerveux, je ne saurais dire de quelles lésions il s’agit là, n'ayant jamais eu occasion de faire un examen histologique de ce genre.
Nous connaissons maintenant les altérafions que présentent les troncs nerveux, nous savons aussi que, plus on s'éloigne du lieu de l'amputation, plus on trouve dans ceux-ci de fibres saines. Continuons à suivre la dégénération dans son trajet ascendant.
Pour ce qui est des ganglions spinaux qu'un certain nombre d’observateurs considèrent comme sains, je ne saurais rien en dire, j'ai examiné bien des coupes de ces organes, mais force m'est d’avouer que je n'ai pu me faire à leur égard aucune opinion, et que je me trouve hors d'état de décider s'ils étaient ou non altérés.
La recherche des lésions dans les racines s'est, bien entendu, de tout temps imposée aux observateurs, mais les résultats
ol
obtenus ont été fort dissemblables : Vulpian pensait que les racines n'étaient pas altérées ; Dickinson disait avoir observé un certain degré d’atrophie des racines postérieure. Chez les auteurs qui ont suivi ces deux initiateurs, même discordance; les uns, en très petit nombre, n'ont constaté ancune lésion des racines : d’autres ont noté une dégénération des seules racines postérieures, enfin Hayem et Gilbert, une altération des racines postérieures et des racines antérieures.
Dans le cas d’amputation de la cuisse que nous avons pris comme base et comme exemple, les lésions radiculaires n'étaient pas très nettes, et je ne vois guère à noter qu’une abondance un peu trop marquée des fines fibres nerveuses au détriment du nombre des grosses fibres nerveuses; cette disproportion se montrait à la fois dans les racines postérieures et dans les antérieures. Comme normalement, en certaines parties de l'axe spinal, les fibres fines sont assez abondantes dans les racines, c'est là une évalution qui ne laisse pas d'être assez délicate, et on comprendra la réserve dans laquelle je désire me tenir
P. Marie.-—1892.— 7" leçon.
Après avoir étudié les lésions des nerfs périphériques et des racines, consécutivement aux amputations des membres, envisageons les altérations qui peuvent se montrer du côté de la moelle elle-même. Ces altérations ont été très diversement appréciées par les auteurs qui se sont occupés de cette question. ‘Tandis que Vulpian pensait que ce sont surtout le faisceau antéro-latéral et la substance grise qui sont atteints par l’atrophie, Dickinson considérait celle-ci comme beaucoup plus marquée dans le cordon postérieur. Enfin Vulpian, MM. Déjerine
et Mayor auraient vu des cas dans lesquels l'atrophie portait d’üne façon à peu près égale sur toutes les parties de la moitié de la moelle correspondant au membre amputé. Une autre opinion encore est soutenue par M. Flechsig; cet auteur, s’appuyant sur ce que les malformations ou du moins l’asymétrie sont fréquentes dans les moelles de sujets sains, émet l'avis que que les prétendues atrophies d'une moitié de la moelle ou d'un de ses cordons observées chez les amputés ne seraient que des asymétries congénitales n'ayant rien à faire avec l’amputation.
Contre cette dernière manière de voir qui est fort radicale, il suffit d’invoquer les faits eux-mêmes pris en bloc; certes les asymétries de la moelle sont fréquentes, mais on n’en trouve pas chez tous les sujets d'aussi accentuées que celles observées dans les cas d’amputation; or, chez tous les amputés, MM. Friedländer et Krause ont constaté cette atrophie, je l'ai moi-même notée trois fois sur trois cas. En préstnce d’une telle concordance, je dirais presque d'une telle constance, il me semble impossible de nier qu’il existe des rapports directs et nullement fortuits entre l'atrophie de la moelle et l'amputation d'un membre.
Dans les amputations portant sur le membre inférieur, MM. Friedländer et Krause ont noté, outre l'atrophie du cordon postérieur, une diminution de volume de la corne postérieure, du moins dans les parties inférieures de la moelle, et la disparition d’un assez grand nombre de cellules du groupe postérolatéral de la substance grise. Quant à la corne antérieure, ces auteurs l'ont trouvée véritablement amincie dans la région lombaire et ont vu le chiffre de ses cellules ganglionnaires réduit de moitié ou des deux tiers. Enfin, la colonne de Clarke montrait des dimensions moindres du côté amputé, et ses cellules étaient moins nombreuses d'environ un cinquième.
Er Pour ce qui est de Ja corne antérieure, MM. Hayem et Gilbert ont montré de la façon la plus nette son atrophie et la raréfaction de ses cellules ganglionnaires à la suite de la perte d’un bras. Quant à moi, dans mon cas d’amputation de la cuisse, dont j'ai déjà parlé à différentes reprises, je n'ai pas pu ou su constater une atrophie portant sur des points aussi divers, mais en revanche, j'ai trouvé dans le cordon postérieur une diminution de volume des plus manifestes.
Cette diminution de volume portait d’ailleurs sur tout ou presque toute la hauteur de la moelle (le bulbe n’a pas été examiné).
Il m'a semblé aussi que le cordon antéro-latéral du côté opposé était de moins fortes dimensions que son congénère (fait signalé déjà par MM. Bignami et Guarnieri). Pour en revenir au cordon postérieur du côté correspondant à l’amputation, mon avis, et je me base ici tant sur les opinions émises par les auteurs que sur Îles résultats de ma propre expérience, mon avis, dis-je, est que ce cordon est celui qui présente de la façon la plus constante et la plus marquée la diminution de volume dont il est question. Mais cette diminution de volume elle-même porte-t-elle sur toute la masse du cordon postérieur ou est-elle plus spécialement localisée en certains points de celui-ci ?
Contrairement à l'opinion généralement adoptée, et notamment à celle exprimée par MM. Friedländer et Krause, je soutiendrai la seconde manière de voir. Qu'il s’agit d’une amputation du bras ou de la cuisse, j'ai toujours très nettement constaté, au sein du cordon atrophié, une bande, je ne dirai pas fort dense, mais du moins fort nette au niveau de laquelle les travées de tissu conjonctif étaient plus épaisses et plus nombreuses; cet aspect semble bien indiquer que c’est en ce point surtout qu’a eu lieu l’atrophie des fibres nerveuses provenant des racines
A postérieures correspondant au membre amputé. Cette bande que j'appellerai scléreuse, tout en convenant que cette épithète est un peu exagéree, n’occupait pas d’ailleurs exactement le même siège dans la région cervicale, lorsqu'il s'agissait d’une amputation de la cuisse ou d’une amputation du bras. Mais je ne peux entrer ici dans le détail d'une plus longue description.
La seule chose sur laquelle je veuille insister, c’est sur l'existence, dans le cordon postérieur du côté opposé à l’amputation, d'une légère augmentation du tissu conjonctif dans un territoire disposé d'une façon symétrique à la bande scléreuse du côté atrophié. Ne serait-ce pas là l'indice que quelques fibres des racines postérieures du côté amputé, ont subi un entrecroisement dans le faisceau postérieur du côté opposé? M. Tooth, MM. Oddi et Rossi ont également, à la suite de la section de quelques racines postérieures, constaté une dégénération du cordon postérieur du côté opposé; d'autre part, M. O. Barbacci à la suite de l’hémisection de la moelle chez le chien et chez le chat a observé une dégénération ascendante du cordon postérieur de lautre côté. Tous ces faits me semblent concorder assez bien avec celui que je signale ici, et c’est la raison pour laquelle j'ai cru devoir le mentionner.
Telles sont les iésions que l’on peut constater tant dans les nerfs que dans la moelle à la suite des amputations. Je ne parlerai pas maintenant de l’atrophie des circonvolutions sigalée par quelques auteurs.
Comment concevoir un mode de dégénération aussi contraire aux enseignements de la physiologie pure et de la physiologie pathologique? Voilà des nerfs périphériques dont le bout central est affecté de la dégénération la plus étendue, alors que ni le ganglion spinal ni Les cornes antérieures de la moelle n’ont été atteints par le traumatisme ! Que devient donc la célèbre loi
de Waller, d’après laquelle une fibre nerveuse ne dégénère que lorsqu'elle est séparée de son centre trophique ?
MM. Friedländer et Krause ont tenté de donner de ce fait une explication fort ingénieuse. D’après eux, les fibres qui dégénèrent ainsi dans le bout central du nerf amputé, seraient uniquement . des fibres sensitives par conséquent à fonction centripèt:. Mais ce ne seraient pas toutes les fibres sensitives provenant des points du membre situés au-dessous de l’amputation qui dégénèreraient de la sorte. Seules, les fibres d'une certaine classe seraient atteintes par ce processus, et ces fibres seraient celles dont la terminaison se fait dans des appareils spéciaux. corpuscules du tact, etc.; quant aux fibres sensitives dont la terminaison a lieu par une extrémité libre, elles ne dégénèreraient pas. À l'appui de cette hypothèse, les auteurs invoquent ce fait : que si l’on examine le sciatique dans un cas d’amputation de la cuisse et dans un cas d’amputation sus-malléolaire, le nombre des fibres dégénérées serait à peu près le même dans
les deux cas.
D’après MM. Friedländer et Krause, cela tiendrait à ce que, les corpuscules du tact existant surtout dans les téguments du pied, le nombre des fibres qui s’y terminent et qui sont atteintes par la dègénération ascendante se trouve à peu près le même, quel que soit le psint du membre inférieur où a porté Jamputation, pourvu toutefois que ce soit au-dessus des malléoles.
J'ai eu justement l’occasion d'examiner des coupes du sciatique provenant d’une amputation de cuisse et d’autres coupes provenant d’une amputation sus-malléolaire : or, les résultats de mon examen ont êté diamétralement opposés à ceux sur lesquels s'appuient nos deux auteurs. J'ai constaté en effet que dans le cas d’amputation sus-malléolaire le nombre des fibres dégénérées
LG était très faible, tandis qu'il était énorme dans les cas d'amputation de la cuisse.
Tout bien considéré, il est pour moi hors de doute, qu’en présence d’un cas tel que celui dont je viens de parler, on ne peut soutenir que seules les fibres sensitives sont atteintes : cela reviendrait presque à dire, tant il y a peu de fibres intactes, que le nerf sciatique ne contient qu'un nombre infinitésimal de fibres motrices, et vous savez qu’au contraire il est formé d'un bon
nombre de rameaux moteurs.
Certes, j'admets que certaines fibres peuvent dans le bout central subir la dégénération wallérienne, non pas, comme le ‘pensent MM. Friedländer et Krause, par suite d’un défaut de fonction (leur organe terminal étant détruit), mais parce qu’à mon sens ce prétendu organe terminal serait pour un grand nombre de fibres leur noyau d’origine, leur véritable centre trophique. Quoi qu’il en soit, ces fibres-là sont en somme en nombre resteint, et ce n’est pas leur altération qui peut nous expliquer une dégénération aussi massive que celle que nous avons observée dans le tronc du sciatique.
Quelle est donc l'explication de toutes ces divergences entre les auteurs, je dirais presque entre les cas observés par un mème auteur? À mon avis, les notions actuelles sur la dégénération wallérienne sont insuffisantes pour donner la solution de cette question. Il y a là une inconnue que l’avenir dégagera. Peutêtre doit-on faire jouer ici un certain rôle au fait que je vais signa ler : -— Remarquons que toutes les autopsies sur lesquelles est actuellement basée l'histoire de ces dégénérations proviennent de malades amputés depuis longtemps (10, 20, 30'ans', c'est-àdire à une époque à laquelle l'usage des méthodes antiseptiques était à peu près inconnu; ces amputés avaient tous ou presque . tous vu leurs moignons n’arriver à se cicatriser qu'après une suppuration plus ou moins longue; par conséquent les extré-
Sn mités des nerfs sectionnés s'étaient trouvées soumises à des infections multiples et variées. En présence de ces faits, on est autorisé à se demander si l’on n'aurait pas affaire à une altération des fibres nerveuses d'origine septique (quel qu’en soit le mécanisme) et si un agent morbifique n’a pas-pénétré dans l'extrémité dunerf baignant au fond-de-la plaie. — Hypothèse, dira-t-on. ‘Sans doute, aussi n’ai-jepas la prétention d'imposer cette manière de voir; mais quand on réfléchit un peu à ce qui se passe dans l’ophtalmie sympathique, l'hypothèse que j’avance ne laisse pas que d’avoir une-apparence-de probabilité.
Voici donc quelle idée, je me ferais de la genèse des lésions considérables, observées dans le bout central du nerf amputé. — Deux processus concourent à les produire : l’un est un processus de dégénération wallérienne ascendante et porte exclusivement sur les fibres dont la cellule nerveuse d’origine (centre trophique) est située à la périphérie (muscle, tendon, aponévrose, peau, etc.),. l’autre est uu processus de névrite ascendante se comportant de la manière suivante: sous l'influence de la contamination à laquelle a été soumise l'extrémité du nerf amputé, survient la pénétration d'un agent morbifique qui détermine une névrite ascendante spéciale dans ce bout central. L’enveloppe de myéline ne tarde pas à être résorbée; que-devient. le cylindre-axe? Je ne saurais affirmer qu'il soit détruit entièrement ; ce qu’il y a de certain, c’est qu'’il-disparaît. —- Vient ensuite une seconde phase, celle de la régénération. Nousenconnaissonsiles principaux caractères ; nous savons, notamment, d'après la description que j’en ai faite, que dans l’ancienne gaine de Schwann, privée de myéline, un nombre assez considérable de fibrilles nerveuses (10-20) se montrent de nouveau ; elles sont tormées elles:mêmes d'une mince gaine de Schwann.et d’un fin cylindre-axe avec où sans l’adjonction d’une faible couche de myéline. Par quel procédé se gait cette régénération ? Faut-il admettre que ce sont des cellu-
TO
les nerveuse d’origine (ou centres trophiques) contenues dans les ganglions spinaux qui ont poussé dans les gaines vides de nouveaux prolongements en plus grand nombre, constituant les fibrilles en question ? La chose est possible; mais il se pourrait aussi que la régénération se produisit d’une façon différente : les fibrilles qui composent le cylindre-axe de l'ancienne fibre nerveuse ne se trouvant pas toutes détruites par le processus de névrite ascendante (la communication de quelques-unes d’entre elles avec leur centre trophique étant restée indemne), le processus se serait borné à les dissocier. Ainsi dissociées, ces fibrilles nerveuses auraient une tendance à reconstituer chacune une fibre nerveuse complète, et c’est cet effort névro-formatif qui se traduirait par la présence des multiples fibrilles dans l’ancienne gaine de Schwann.
G. Pelli;zi. — 1892.
Cas I. — Individu mort à 43 ans de pneumonie fibrineuse 11 ans après avoir subi l’amputation au tiers inférieur de l’humérus droit.
Le point où les phénomènes d’atrophie sont le plus accentués se trouve au niveau de la sortie du rer nerf dorsal au 7e cervical; vers le haut et le bas, les modifications vont en‘diminuant, durant moins que toutes celles qui se rapportent à la corne grise antérieure un peu plus celles de la corne postérieure, plus que toutes celles du cordon postérieur.
Dans la substance grise de la corne antérieure, le groupe très évidemment le plus lésé est le postéro-latéral ; au point de sortie du rer dorsal au 7e cervical, on peut le dire presque cemplètement disparu; les autres groupes sont à peu près intacts; quelques cellules seulement sont rapetissées et arrondies. Les fibrilles
n-rveuses ne sont notablement diminuées en nombre que dans la partie qui entoure le groupe postéro-latéral. La corne postérieure, du même côté, est plus petite dans toutes ses parties, et, dans les points de la moelle où l’atrophie est plus grande, elle est réduite de presque un tiers ; le processus -réticulaire dans la moelle cervicale et la portion intermédiaire latérale, dans la moelle dorsale sont aussi évidemment plus petits ; la colonne de Clarke, dans le tiers supérieur de la moelle dorsale, est, d'une manière marquée, plus petite dans toute sa masse que du côté sain, aplatie, ct souvent aussi les cellules sont en nombre moindre. Ces modifications de la corne postérieure sont évidentes dans la moitié inférieure de la moelle cervicale et dans un peu plus du tiers supérieur de la moelle dorsale.
Dans la substance blanche, le cordon le plus évidemment lésé est le postérieur : dans celui-ci, l'atrophie va depuis la moitié “environ de la moelle dorsale jusqu’à l'union avec le bulbe ; dans les points les plus petits il est réduit presque à la moitié de celui du côté opposé.
J1 est important de remarquer aussi que l'atrophie est toute au détriment du faisceau cunéiforme et des autres parties du cordon postérieur, excepté le faisceau de Goll, lequel, dans tout son cours, reste parfaitement égal à celui du côté opposé. Les faisceaux cocrant en sens longitudinal dans le processus réticulaire et le long de la portion intermédiaire latérale, spécialement ceux qui sont placés dans l'angle d'union des deux cornes grises sont du côté opéré, notablement rapetissés sur toute la portion dans laquelle dure l'atrophie de la corne postérieure. Dans toute la région cervicale, le cordon antérieur, du côté opppsé à celui de l’amputation, est diminué de volume. Dans aucune autre partie de la substance blanche, je n'ai pu préciser de modifications avec certitude; au niveau du faisceau de Gowers seulement, et peut-être aussi de la partie antérieure du cérébelleux,
du côté sain, j’ai remarqué un léger amincissement, et précisément dans la portion de la moelle où, du côté de l'opération, il y a atrophie de la corne antérieure.
[ n'y a aucune différence marquée dans la continuation des racines antérieures ; elle est très grande, au contraire, pour les racines postérieures. Tout le faisceau des fibres est plus mince, et je n'ai pas rencontré,comme Homen, une atrophie plus grande dans les faisceaux plus internes; parfois seulement elle était pius accentuée dans ces derniers; d’autres fois, au contraire, elle Pétait davantage dans les faisceaux externes. Aucune différence dans les racines antérieures ; au contraire, les racines postérieures, du côté opéré, sont rapetissées ; les fibres sont diminuées en nombre, et, dans beaucoup d’entre elles, la gaine myélinique est plus mince. :
Cas I. — Homme mort, à 62 ans, de broncho-pneumonie chronique, avec marasme; il avait subi l’amputation au tiers inférieur du fémur droit, environ 19 ans avant sa mort.
Les modifications survenues sont en tout analogues à celles du cas précédent. L’atrophie du groupe postéro-latéral de la corne antérieure est très évidente au point de sortie des nerfs premiers sacrés et derniers lombaires. L’atrophie, dans la corne postérieure, dans la portion intermédiaire latérale et dans la colonne de Clarke, diminue à mesure que l'on va vers le haut ; toutefois, on la distingue très nettement sur presque toute la moitié inferieure de la moelle dorsale.
Dans la substance blanche, les modifications les plus marquées sont dans le cordon postérieur ; la différence entre le côté opéré et l’autre est très évidente au-dessous de la terminaison des faisceaux de Goll, où les différences de la substance grise sont aussi plus évidentes ; l’atrophie diminue toujours à mesure que l’on monte dans la partie dorsale de la moelle. En-prenant pour
te
guide lincisure placée à la périphérie du cordon postérieur qui indique la division entre les deux faisceaux constitutifs de ce cordon, on voit que, avant la moitié de la moelle dorsale, Île faisceau de Goll va en se rapetissant du côté opéré, et que le faisceau de Burdach devient égal à celui du côté opposé. De plus. un fait d’une certaine importance et qui, à ma connaissance, n’a encore été observé par personne dans des cas de ce genre, c’est que dans la partie cervicale de la moelle, le cordon de Goll droit, c’est-à-dire du côté opposé, est plus mince d'environ un quart que celui de l’autre côté. Dans la moitié inférieure de la moelle dorsale, le cordon antérieur, du côté opposé à l'opération, est légèrement rapetissé. Il y a atrophie dans les faisceaux de fibres de la zone latérale limitante, placés le long de la portion intermédiaire latérale atrophiée et dans leurs correspondants de la région lombaire, spécialement dans ceux qui sont placés à l’angle d'ünion entre les deux cornes grises. En correspondance des faisceaux de Gowers, on ne peut pr'ciser aucune différence entre les deux côtés.
Dans les racines et dans leur continuation dans la moelle, les modifications sont analogues à celles du premier cas. Dans les ganglions spinaux que je pus examiner, je ne parvins à apprècier ni macroscopiquement. ni microscopiquement, aucune différence notable entre un côté et l’autre.
Marinesco (1892). — Ueber Veränderung der Nerven und des Rückenmarkes nach amputation.
Les coupes du sciatique donnent les résultats suivants :
Les tubes à myéline normaux sont diminués de nombre et séparés par du tissu conjonctif augmenté de quantité, ce qui donne aux préparations un aspect tacheté. Dans le tissu con-
nn
jonctif on trouve des nerfs très gréles possédant une mince enveloppe myélinique, mais cette myéline semble, par places, faire défaut, en sorte que le contour des nerf paraît très indistinct- Cette atrophie n’est pas également distribuée mais intéresse sur: tout certaines portions de la coupe où l’amincissement de la myéline est si considérable que l’on croit avoir affaire, au premier abord, à des cfilndres-axes nus, et qui donne à ces éléments une grande ressemblance avec des tubes nerveux embryonnaires. Cette ressemblance est encore augmentée par l'existence des nerfs à cylindre-axe hypertrophié pouvant atteindre 5 #, se colorant fortement, ayant un aspect hyalin et présentant une substance chromatique disposés sous forme d'U, d’X. ou de rosace. L’atrophie des tubes peut aller jusq'à leur disparition complète et leur remplacement par du tissu conjonctif hypertrophié. À un fort grossissement, on distingue autour de quelques fibres, des figures protoplasmiques semi-lunaires siéceant en dedans ou en dehors de la gaine de Schwann et qui peuvent être assimilées aux Mastzellen d'Ehrlich.
Dans les ganglions spinaux j'ai pu me convaincre que beaucoup de faisceaux nerveux avaient disparu tandis que les cellules ganglionnaires étaient demeurées intactes.
C. von fahlden (1893). — Ueber Entzündung und Atrophie der Vorderhôrner des Rückenmarkes.
OBSERVATION |. — Jeune homme de 16 ans amputé de la jambe gauche, 10 ans auparavant.
Examen microscopique de la moelle épinière.
En comparant la corne antérieure du côté gauche à celle du côté droit, au niveau du renflement lombaire, on ne trouve
aucune différence de volume. Les groupes de cellules nerveuses principalement, l’antéro-interne, et l’antéro-moyen, paraissent plus petits que ceux du côté droit; on trouve néanmoins dans ces groupes atrophiés un grand nombre de cellules normales.
Il faut mentionner aussi que ces deux groupes cellulaires ainsi que le groupe postéro-interne sont très richement pigmentés, tandis que du côté droit on ne trouve pas ou très peu de piment.
Au niveau indiqué plus haut et sur quelques coupes, on ne voit que trois ou quatre cellules. tandis que du côté droit et dans les mêmes groupes cellulaires on.en compte une trentaine.
Les fibres nerveuses à myéline ne sont pas considérablement diminuées dans le territoire atrophié: mais sur quelques coupes elles paraissent plus petites que du cêté sain.
Il n'existe aucune altération dans la texture de ces coupes.
O8s. IL. — Fomme de 24 ans amputé de la jambe droite 9 ans
auparavant.
Examen microscopique de la moelle.
Au niveau du renflement lombaire, la corne antérieure du côté droit paraissait un peu plus étroite que celle du côté gauche. Le nombre des cellules a diminué dans la corne antérieure du côté de l’amputation, cette diminution est marquée dans tous les oroupes; une numération approximative permet de constater que Je nombre des cellules a diminué du tiers et même de moitié, comme il est possible de s'en assurer sur quelques coupes.
Le groupe antéro-interne contient du côté sain, environ 30 cellules, tandis qu’il n’en existe que quelques rares exemplaires du côté droit, et ces dernières sont pour la plupart dépourvues ce prolonsements. Le groupe antéro-médian contient À gauche
ARR EE de 20 à 30 cellules; elles manquent totalement à droite. Le groupe antéro-externe droit ne présente qu’une très légere diminution du nombre de ses cellules, par rapport au même groupe du côté gauche. .
Le tissu interstitiel est un peu plus dense du côté de l’'amputation-et plus riche en noyaux.
Os. TITI. -- Amputation congénitale au niveau de l'épaule gauche.
A l’examen*à l'œil nu de la moelle durcie, on constatait, depuis la 4e cervicale à la 1re dorsale, une atrophie considérable de la corne antérieure du côté gauche, elle équivalait approximativement aux deux tiers du volume de la corne normale.
Toute la moitié de la moelle du côté de Pamputation était atrophiée et cette diminution de volume était surtout très manifeste -pour le cordon antérieur, entre la corne antérieure et le sillon: le cordon était aussi diminué de volume.
Il existait aussi une diminution de volume de la corne postérieure telle que sa largeur n'équivalait qu'aux 2/3 de celle du côté sain.
Mais il fut impossible de constater, pas plus à l'œil nu qu'à l'examen micro copique, d’atrophie des faisceaux postérieurs.
Examen microscopique.
Il va une diminution considérable du nombre des cellules nerveuses du côté malade; le groupe antéro-interne ne laisse apercevoir que quelques cellules très atrophiées mais qui possèdent encore pour la plupart des prolongements et une coloration marquée de l.ur noyau.
Une atrophie considérable et une diminution marquée du nombre des cellules nerveuses se constate dans le groupe antéro-moyen. Dans le groupe antéro-externe. il existe environ la
s — "8 — moitié des cellules, et, les cellules ne sont plus que très légèrement atrophiées, leurs noyaux sont bien visibles.
IT existe sur le côté droit, en arrière des groupes antéromoyen et antéro-externe, un groupe postérieur composé .d’en "viron 20 où 25 cellules ; ce groupe fait complètement défaut du côté de l’amputation. k
Nous avons apporté une attention toute particulière à l'examen du tissu interstitiel de la corne antérieure atrophiée, mais nous avons rien pu constater d’anormal.
Sur quelques coupes ce tissu paraissait moins serré mais sans présenter du reste une altération histologique appréciable.
E. Red!ich (1893). — Zur Kenntniss der Rückenmarcksveränderungen nach amputation. x
J'ai examiné la moelle de 8 individus ayant été amputés 3 semaines, 5 semaines, 4 mois 1 à 3 ans avant leur mort.
Je n’ai pu voir que dans un seul cas, après coloration par le Marchi, (la moelle provenait d’un homme âgé de 65 ans amputé de la jambe gauche 5 semaines avant sa mort),.dans la moelle sacrée et lombaire, les racines, les faisceaux antérieurs et même la corne antérieure du côté de lamputation, parsemés de grains de pigment noir qui pouvaient être considérés comme l’indice d’une légère dégénération.
Mais les lésions étaient beaucoup moins prononcées que je ne l'avais supposé et que me l'avait laissé entrèvoir l’expérimentation chez les animaux (6 cobayes).
Dans tous les autfes cas, il était impossible de trouver trace d'une lésion pouvant faire admettre une dégénération.
Pour expliquer cette différence entre les lésions trouvées chez les animaux et chez l’homme, il est bon de faire rematquer que
tous mes amputés sont des individus ayant passé la quarantaine, sauf dans un seul cas concernant un jeune homme de 16 ans, et dans ce cas,il s'était écoulé un an entre l’amputation et la mort.
Mais nous savons, à la suite des expériences de Gudden, que les lésions ascendantes consécutives à l'amputation d’un membre ou à l’extirpation d'un nerf, surviennent d’autant plus facilement et plus surement que les individus opérés sont plus jeunes.
Je nai constaté que dans un cas (amputation du bras droit chez un jeune homme de 15 ans) une diminution marquée de la moitié de la moelle correspondant à l’amputation, atrophie qui se manifestait aussi bien dans la substance grise que dans la substance blanche, et sur toute la hauteur de la moelle cervicale. Ce cas.était compliqué d'une configuration curieuse de la (corne) substance grise du côté de l'amputation; cette anomalie s’imposit comme congénitale.
Dans les autres observations concernant la moelle d'amputés des membres inférieurs, on ne trouvait que dans quelques cas, la survie après l’amputation avait été de plus d’un an, dans la queue de cheval et dans la moelle lombaire de légères différences entre les deux côtés de l'axe spinal.
La corne antérieure correspondant à l'amputation était plus petite, le nombre des cellules nerveuses avait diminué dans le groupe postero-latéral et le groupe médian ; quelques-unes de ces cellules paraissent dégénérées, brillantes, hyalines.
Dans un cas, (mort 3 ans après l’ablation du membre), le cordon de Goll état très atrophié du côté de l’amputation.
En résumé, je crois pouvoir conclure à la suite de mes recherchés, qu'il est possible d'observer deux sortes d'altérations dans la moelle épinière après l’amputation d'un membre : une dégénérescence ascendante vraie se manifestant surtout dans les régions motrices ; en second lieu, une atrophie ascendante et
une diminution consécutive de la moitié correspondante de
la moelle, mais cette dernière lésion ne se manifestant qu'après plusieurs années
V’andervelde et de Hempline. — 1893.
Recherches sur les allérations de la moelle épinière chez un sujet opéré d'arnputation de la cuisse droile.— L'examen macroscopique de la moelle ne décèle aucune altération appréciable. À la coupe, le tissu a sa consistance normale. La surface de section ne présente rien de particulier.
Nos recherches ont surtout porté sur l’examen microscopique d'une coupe de la moelle dorsale inférieure, perpendiculaire au grand axe rachidien. Les pièces ont été colorées d’après la méthode de Pal.
À un grossissement faible (obj. À, Zeiss. ocul. !)} nous avons relevé les mensurations suivantes :
Hauteur des cornes antérieures :
Côté droit (côté de l’amputation). Côté gauche. 1MmmO72 1mm]36 Largeur des cornes antérieures à leur partie moyenne : Côté droit. Côté gauche.
omm432 ommS44
Largeur des cornes postérieures au niveau de leur plus
grande épaisseur :
Côté droit. Côté gauche, om 448 omm480
Les dimensions des faisceaux de substance blanche sont à peu près égales des deux côtés.
Exception doit être faite pour le cordon de Goll. La largeur du cordon, mesurée à un demi-millimètre en avant de son extrémité postérieure est de:
| co ee |
Côté droit. - Côté gauche.
1mm76O 1mm280
Les sillons rachidiens ont perdu leur rectilignité.
Le sillon antérieur est légèrement refoulé vers le côté malade; le sillon postérieur est fortement refoulé vers le côté sain; il cesse d’être visible au niveau de son quart antérieur et de son quart postérieur.
La masse grise centrale est refoulée vers le côté sain. Le canal central paraît intact.
Les méninges sont épaissies, surtout au niveau du sillon antérieur. Au point de sortie des racines antéricures, l’augmentation de volume est également manifeste.
Lorsqu'on examine les coupes à un grossissement plus considérable (obj. D, Zeiss, ocul. 3), on constate que, dans toute son étendue, le tissu de la moelle épiniére est infiltré de jeunes cellules. Ces jeunes cellules ne sont pas altérées, leur noyau, très distinct, se colore bien par le carmin. Elles conservent leur forme arrondie, sans tendance à l'organisation fibroplastique. Quoique étendue à la moelle tout entière, cette infiltration n’est pas partout. Son abondance est maxima :
19 Dans la pie-mère, surtout au niveau des sillons ;
2° À la racine antérieure des nerfs rachidiens, où existe une vraie prérinévrite ;
3 Dans la corne antérieure du côté droit.
Les artères rachidiennes et leurs rameaux sont le siège d’un travail déjà avancé de sclérose. Cette lésion, apparente surtout dans les vaisseaux des sillons, est ancienne et sans rapport avec les altérations qui nous occurent Cependant la sclérose atteint
un-degré beaucoup plus avancé dans certaines zones où elle s'accompagne de destruction des fibres nerveuses.
Ces zones siègent :
RS es
19 Dans le cordon latéral du côté droit : c'est la partie postéroexterne du taisceau qui est atteinte ;
29 Dans le cordons de Goll du côté gauche : la partie dégénérée affecte la forme d’une bande étroite, transversalement située par rapport au grand axe du cordon.
Les cellules nerveuses des cornes antérieures sont diminuées de volume du côté droit. Leurs dimensions ont été itablies à l'aide d’un micromètre oculaire. La moyenne obtenue d’après les mensurations nombreuses, établit que le volume des cellules du côté droit est à celui des éléments du côté gauche comme 10 est à 12,9. Dans certaines cellules du côté droit, nous avons trouvé le protoplasme rempli de granulations opaques, tandis que les prolongements étaient moins distincts.
Quant à la numération des cellules, elle a donné des résultats à fort peu près semblables pour les deux moitiés de la moelle.
Grigoriew (1894). — Zur Kenntniss der Veränderungen des Rückenmarkes beim Menschen nach Extremitätenamputation.
OBSERVATION Ï, — Homme âgé de 53 ans, mort le 5 novembre 1889 et amputé en 1869 du bras gauche.
OBsERVATION II. — Homme mort en 1892, amputé du bras droit 10 ans auparavant.
OBsERVATION III. — Homme âgé de 53 ans, amputé de la cuisse gauche 5 ans avant sa mort.
OBsERvATION IV. — Femme de 23 ans amputée à l'âge de 21 ans de la jambe gauche.
OBSERVATION V. — Homme de 47 ans amputé 1 an auparavant de la cuisse droite.
Résultat des observations.
Dans quatre cas, il existait des altérations et dans un seul cas (Observation V}), on ne trouva aucune lésion.
Les lésions se rencontraient toujours, dans les renflements de la moelle correspondant au membre amputé ; ces déviations du type normal oçcupaient toujours les mêmes parties de la substance crise et de la substance blanche, et ne différaient entre elies que par un degré plus où moins prononcé d’atrophie.
L'atrophie était proportionnelle au temps écoulé depuis l'amputation jusqu’à la mort ; l'atrophie se propageait d’autant plus loin que l’amputation était plus ancienne.
Dans l'observation V, dans laquelle il ne s’était écoulé qu'une. année entre l’amputation et la mort, il n'existait aucune espèce d’altération.
C’est dans l'observation I que les lésions de la moelle étaient les plus accentuées, dans les observations IT, LIT et [V, elles diminuaient graduellement d'intensité.
Nous avons constaté que les lésions ne concernaient que les éléments nerveux de la moelle et qu'elles ne consistaient qu'en une simple atrophie de ces éléments.
Dans le cas le plus récent que j'ai mentionné (observation V), il était impossible de remarquer la moindre déviation du type normal. Dans l'observation IV, les lésions consécutives de la moelle à la suite de l'amputation n'étaient que peu prononcées ; la mort était survenue deux ans après l'amputation. Les résultats de mes recherches au sujet de ce cas, au point de vue du degré des lésions, concordent exactement avec ceux mentionnés par les autres observateurs; mais il n’en est plus ainsi, si l’on consi- - dère les lésions observées dans ce cas, au point de vue du lieu où se localisent les premières altérations dans la moelle épinière,
à fa suite de l’amputation. Tandis qu'une partie des auteurs loc:- Hisent dans 1a substance blanche en même temps que dans /a substance grise la première apparition de l’atrophie, d’autres mentionnent le cordon antérieur de la substance blanche comme étant le siège primordial de cette altération. Pour ma part, j'ai observé dans mon observation IV, une altération des voies sensitives de la moelle, une atrophie des racines postérieures et du cordon postérieur, mais je n’ai rien trouvé de particulier ni dans le cordon antérieur de la substance blanche, ni dans la substance grise.
Dans les cas d'anciens amputés (obs. I, IT et III), j'ai constaté que l’apparition de l’atrophie se manifestait aussi bien dans la sphère sensitive que dans la partie motrice de la moelle, mais que l’altération de voies sensitives était toujours plus accentuée que dans la sphère motrice.
Dans l'observation IT, la différence de volume entre les racines et les cordons blancs du côte de l’amputation et les mêmes parties du côté opposé, n’était pas considérable, 1l en était de même pour la diminution des cornes antérieures et postérieures comparées à celles du côté normal.
Dans les cas I et II, une différence manifeste existait ; elle se poursuivait dans toute la hauteur du renflement correspondant, entre les mêmes parties de la sphère motrice et sensitive et du côté de l’amputation. Il suffisait de comparer ces parties avec celles de la moitié de la moelle qui était normale.
L'évolution de l'atrophie que j'ai constatée dans les fibres motrices et sensitives, consécutive à l’amputation d’une extrémité, est d'accord avec nos connaissances qui admettent une relation intime entre les appareils nerveux périphériques et les centres médullaires correspondants qui régissent les fonctions de cette extrémité.
La remarque que j'ai faite : l’atrophie est plus rapide et plus
robe accentuée dans les régions sensitives de la moelle que dans les parties motrices, concorde très bien avec les résultats constatés expérimentalement chez les animaux et en partie avec les résultats publiés par les auteurs dans les cas d'examen de la moelle épinière chez l’homme.
J'ai remarqué aussi que, déjà après une période de cing ans, on constatait une atrophie des cellules des cornes antérieures du côté de lamputation et que ces altérations cellulaires étaient d'autant plus accentuées que l’amputation était de date plus ancienne.
Je ne suis pas du même avis que les auteurs qui ont trouvé : que c’est toujours le groupe cellulaire postéro-latéral qui est le plus atteint par l'atrophie et qui pensent même que ces cellules par leur fonction, appartiennent au système sensitif.
Dans mes trois premières observations, tous les groupes de cellules nerveuses étaient effleurés par le processus atrophique mais jamais le groupe postéro-latéral ne l'était plus que les autres.
Dans les cas [ et IT, les cellules placées dans l’angle (Wirkel) médian et latéral de la corne antérieure étaient constamment les plus atrophiées et cette atrophie était toujours plus marquée dans le premier groupe que dans le second. Par contre dans le cas III, ce sont les cellules nerveuses des groupes médian et latéro-ventral qui paraïssaient les plus lésées mais au même degré dans les deux groupes.
La remarque que l’atrophie est plus considérable dans les cellules du bord latéral et ventral des cornes antérieures, (am vendralen und lateralen Rande der Vorderhôrner) cellules qui sont en rapport direct avec les racines motrices, ce que personne ne conteste, sert bien à prouver que l’atrophie, consécutive à l’amputation, se manifeste dans la moelle après quelques
années, non seulement dans la région sensitive, mais aussi dans la région motrice.
J'ai constaté dans les cas [et Il nne légère dégénération des racines postérieures, comme en a observé du reste Homen; mais cette dégénération était bien minime en comparaison de l'atrophie pure qui jouait le premier rôle dans les lésions que j'ai observées.
J'ai pu étudier dans un seul cas seulement (obs. III) les nerfs du moignon, les lésions que j'y ai observées sont en tout'point semblables à celles décrites par d’autres-auteurs, c’est une dégtnération.
À la suite de cet historique, essayons de formuler, en quelques propositions, les diverses causes qui provoquent une telle différence non seulement pour deux observateurs différents, mais souvent pour un même auteur dans deux cas différents.
1° D'abord, les lésions paraissent d'autant plus prononcées que l’amputation a été pratiquée chez un sujet plus jeune. Les expérimentateurs concluent dans le même sens.
2° Les lésions sont dans le même rapport que le temps écoulé entre le jour de l'amputation et la mort, c'est-à-dire : la moelle est d'autant plus profondément atteinte qu'il s'est écoulé un temps plus long depuis l'amputation.
3° Dans quelques cas, il n'est pas aisé de savoir si les lésions observées dans la moelle, sont l'effet de . l'amputation; ou si la cause ne doit pas en être recherchée dans l'affection qui a provoqué l'opération. Il
oi existe dans la littérature médicale un certain nombre de faits positifs de lésions médullaires, sans amputation, à la suite d’affections des membres.
4 Aux différentes méthodes de coloration qui, de jour en jour, se perfectionnent, permettant l'étude plus approfondie des organes malades et l'examen de parües qui avaient été considérées comme saines jusqu'alors,
5° Avant l’antisepsie, il existait des lésions inflammatoires qui ne s'observent heureusement plus souvent aujourd'hui.
6° Enfin, 1l existe certaineme:t des cas dans lesquels une simple asymétrie congénitale de la moelle a été considérée comme une déformation acquise.
En concluant, nous dirons qu'il existe des lésions consécutives aux amputations des membres et que ces lésions découlent d'un même processus morbide, mais que la différence de ces lésions, ainsi que la différence d'interprétation, tient en partie à l'insuffisance des renseignements au sujet des antécédents de l'amputé dont on fait l'examen de la moelle, en partie à l'insutfisance de nos procédés de coloration.
Une fois ces causes d'erreur écartées, il sera possible de trouver plus de concordance dans les observations futures.