‹ Contribution à l'étude des nerfs & de la moelle chez les amputésChapitre 13 sur 17 · AE · texte numérisé non relu

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îlots à un plus fort grossissement, on constate à leur intérieur la présence de fibres à myéline extrèmement minces.

Ces ilots qui ne sont probablement pas autres que ceux décrits par M. Hayem sous le nom « d'’ilots de régénération », sont difficiles à étudier sur des coupes au Pal. Pour essayer d'élucider leur structure intime, il faut se servir de préparations autrement colorées.

Sur des coupes au picrocarmin et à l’hematoxiline, la substance fondamentale prend un aspect fibrillaire, et,dispersés dans ce-tissu, on retrouve des tubes nerveux sains avec gaine de myéline et cylindre-axe central.

Mais l'attention est attirée par ces îlots qui, très foncés, sont colorés en rouge violacé : dans leur intérieur, on voit des noyaux ovoïdes dont le nombre varie entre 1 ou 2, et 8 ou 10

Suivant le volume de l'ilot.

Ces îlots sont quelquefois très rapprochés les uns des autres, ailleurs disposés de façon moins compacte et séparés par une quantité plus ou moins grande de tissu interstitiel.

Nulle part on ne voit de travées fibreuses indiquant une ancienne inflammation, ni accumulation de jeunes cellules pouvant faire songer à une névrite.

En examinant ce nerf à um grossissement de 800 diamètres sur des coupes transversales, on peut s'assurer que les tubes nerveux qui paraissaient sains à un faible-grossissement et sur des coupes au Pal, ne sont pas tous absolument intègres. Nous n'entendons pas parler des cylindre-axes qui sont malades, mais de ceux qui, pour des tubes de calibre égal, sont loin d'avoir toujours les mêmes dimensions, celles-ci variant du simple au triple. Ces inégalités de volume du cylindre-axe étant trop mal étudiées et se rencontrant dans des tubes nerveux sains, il est impossible de dire-s'il s’agit d’une hypertrophie ou d’une atrophie du cylindre-axe.

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Malgré tout, 1l est évident que certains cylindre-axes sont nettement malades; il est possible de voir, en faisant varier la vis micrométrique, des contournements du cylindre axe en S, en T et en V, tels que M. Klippel en a trouvés au début des dégénérescences.

La myéline, par contre, bien conservée dans certains tubes, présente souvent une altération assez uniforme ; il s’agit d’une modification de sa zône interne, celle-ci se colore en rose foncé ou en rouge par le picrocarmin, en rouge par les couleurs d’aniline qui ont une élection sur le cylindre-axe, alors que la zône périphérique de cette gaine de myéline reste jaunâtre ou prend une coloration rose très pâle. Il semble qu’on soit en présence d'une altération analogue à celle décrite par MM. Gombault et Philippe dans la moelle, cependant nous n’avons rencontré nulle part de vacuoles.

Dans ces tubes nerveux, la gaine de Schwann généralement normale est quelquefois épaissie. Le noyau volumineux se colore en violet par l’hématoxiline ; avé@la safranine et le bleu on obtient une teinte orangée, le noyau présente une structure extrèmement granuleuse.

Les îlots présentent au premier abord une structure extrèmement variable. Tantôt il s’agit d’une masse grenue ayant les réactions du tissu fibreux et ne présentant à son intérieur aucune trace d’éléments nerveux, tout autant au moins que les réactions colorantes permettent de le déceler. Ailleurs on observe au centre d’un de ces petits îlots un tube nerveux complet, mais avec gaine de myéline mince, l'ilot lui formant une coque comme s’il s'agissait d’une hyperplasie de la gaîne de Schwann. Ceci n’est pas une simple vue de l'esprit, car, dans les gros tubes nerveux étudiés plus haut, on observe un épaississement limité de cette gaine ; parfois même les épaississe-

ments partiels de tubes nerveux s'accolent par leur convexité, en forme de croissant.

Il semble donc qu’on ait affaire, dans ces petits îlots, à des tubes nerveux dont la gaine de Schwann se serait épaissie, venant remplacer peu à peu la myéline disparue.

Si nous considérons maintenant des îlots plus volumineux, on peut s'assurer qu'ils peuvent être dissociés en un plus ou moins grand nombre d’ilots élémentaires qui sont généralement constitués, par une gangue fibreuse périphérique, et, au centre, par un tube nerveux à enveloppe de myéline d'autant plus étroite que la gangue périphérique est plus épaisse.

Dans quelques-uns de ces îlots primitifs, on n’aperçoit plus d'éléments nerveux ; il ne faudrait pas conclure à la disparition du cylindre-axe qui persiste peut-être, mais seulement à l’absence de la myéline ; l'enveloppe conjonctive qui le remplace prenant les mêmes colorations que le cylindre-axe, ne permet pas de le distinguer.

Enfin dans le tissu interstitiel, entre les tubes nerveux sains, entre les îlots, on @Bnstate avec ce grossissement un très grand nombre de points colorés en rouge par le picro-carmin ou la safranine et qui doivent être considérés, les plus petits comme des cylindres-axes sains, les autres comme des ilots primitifs très petits, très inégalement disséminés dans toute la coupe.

Coupes longitudinales. — Méthode de Pal, Ce qui frappe tout d’abord, c'est l'inégalité et l'irrégularité des gaînes de myéline.

Il ne s'agit pas d'une dégénération caractérisée par la segmentation de la myéline ‘en boules, mais d'une espèce de désagrégation en granulations très fines, dont le maximum se trouve généralement situé dans les points immédiatement adjacents aux segments interannulaires et aux incisures de Schmidt- Lantermann.

Ici comme sur les coupes transversales, on peut constater que certaines fibres nerveuses prennent plus fortement la coloration que d’autres et, dans ces dernières, la zône périphérique de la myéline se colore d’une façon plus'intense que la zône centrale.

Il existe quelques rares fibres normales, mais le plus grand nombre se présentent sous l’aspect de tubes moniliformes, formés d’une succession de renflements; dans ces renfléments, la myéline est plus abondante, tandis qu’elle fait presque complètement défaut dans leurs intervalles.

On peut également s'assurer sur les coupes longitudinales des contournements du cylindre-axe et de linégalité de son diamètre variant, pour un même tube, d'un point à un autre.

Quant aux ilots dont nous avons parlé plus haut, ils sont plus difficiles à étudier sur les coupes longitudinales ; ils parais sent représentés par des traînées de tissu interstitiel ou plutôt par la gaîne de Schwann épaissie ; il nous faut également ajouter que sur ces points les noyaux de la gaine de Schwann sont un peu plus rapprochés que dans les tubes normaux.

Examen de la moelle épinière.

L'examen à l’œil nu ne permet de constater aucune altération spéciale, sauf dans les régions lombaire supérieure et dorsale inférieure, où il est aisé de constater, du côté droit (côté de l’amputation), la présence d'une corne antérieure supplémentaire assez volumineuse, car elle équivaut à la moitié de la corne existante de ce côté, celle-ci, il est vrai, est moins volumineuse que celie du côté normal.

Mais cette anomalie n’est plus sensible au niveau de la région dorsale moyenne, pas plus que dans les parties moyenne et inférieure de la moelle lombaire.

Il est impossible de constater une atrophie générale, souvent signalée par les auteurs, de toute la moitié de la moelle correspondant à l’amputation et ceci, dans n’importe quelle région.

Nous ne pouvons pas, du reste, donner d’affirmation dans ce sens, pour les régions lombaire supérieure et dorsale inférieure, étant donnée l'hétérotopie que nous avons signalée plus haut ; elle change complétement les rapports et le volume des fais. ceaux, constituant cette partie de la moelle.

La corne hétérotopique de substance grise dont nous venons de signaler l'existence du côté droit, présente une forme triangulaire. Sa base, par laquelle elle s’insère sur le bord externe de la corne droite, s'étend en hauteur environ depuis le niveau de l’épendyme, àla moitié postérieure du bord externe de la corne postérieure. Le bord supérieur qui commence, comme nous venons de le voir, au niveau du canal épendymaire, se porte, en faisant un angle de 45° environ avec le bord externe de la corne antérieure, vers la périphérie, jusqu'à la limite interne du faisceau cérébelleux direct. Le bord inférieur se détache au niveau de la moitié postérieure du bord externe de la corne postérieure, pour y rejoindre le bord supérieur à la limite que nous lui avons fixée, en formant avec ce dernier un angle assez aigu. Cette corne, dont nous venons de dessiner approximativement les dimensions, est intimement unie à la corne grise du côté droit. Nous la considérons comme une anomalie congénitale.

Examen microscopique. — A un faible grossissement on voit une sclérose avec disparition d’un grand nombre de tubes nerveux, dans les cordons latéraux et postérieurs, sclérose qui s'étend du haut en bas de la moelle.

Dans les cordons postérieurs, au niveau du renflement lombaire, cette sclérose intéresse particulièrement la moitié postérieure de ces cordons; ceux-ci ne présentent plus que très peu de fibres colorées par le Pal. Dans la moitié antérieure de ces mêmes cordons, on remarque des tubes en plus grande abondance et ces tubes paraissent d'autant plus nombreux

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