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qu'on se rapproche plus du bord interne des cornes postérieures. Au-dessous du renflement, dans la partie terminale de la moelle, les cordons postérieurs sont également atteints, mais d'une façon moins intense ; c'est toutefois toujours la région postérieure qui parait le plus malade.
Dans la région lombaire supérieure, et dorsale inférieure, cette sclérose, tout aussi marquée, intéresse encore les deux côtés; toutefois un peu plus à droite qu'à gauche.
Dans la région dorsale moyenne, la sclérose des cordons postérieurs affecte surtout une petite portion ayant environ les dimensions et la forme du centre ovale de Gowers mais siègeant un peu plus en arrière que ce faisceau. Les trois quarts antérieurs du faisceau de Burdach sont normaux, la partie postérieure des cordons de Burdach et de Goll sont un peu sclérosés. |
À partir de la région dorsale supérieure, la sclérose des cordons postérieurs se limite plus exactement dans la région moyenne et postérieure des cordons de Goll; l'intégrité des zônes avoisinantes faisant paraitre les points malades d'une façon plus tranchée sans que ceux-ci soient en fait plus volumineux.
À la région cervicale, la sclérose se localise dans les 2/3 postérieurs du cordon de Goll n’empiétant plus sur le cordon de Burdach.
La sclérose paraît finalement disparaître dans la région cervicale supérieure.
Notons enfin que cette sclérose n'a pas une marche régulière ; c'est ainsi, par exemple, que dans la région cervicale inférieure, elle paraît moins accusée que dans la région sousjacente, pour s'étaler et comprendre les 2/3; du faisceau de Goll dans le renflement cervical. Dans le renflement lombaire les cordons latéraux sont sclérosés dans toute leur épaisseur
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d'une façon à peu près égale sauf au niveau du bord des cornes. Dans la région lombaire inférieure et dans le cône terminal cette sclérose existe plus accentuée à droite qu’à gauche et elle est un peu plus intense en avant qu'en arrière. Dans la région lombaire supérieure, la sclérose intéresse les faisceaux pyramidaux, cérébelleux et de Gowers ; en remontant elle s’atténue au niveau de la région dorsale moyenne, elle n'existe plus à gauche. mais persiste à droite où se constate une diminution notable des fibres nerveuses. Dans les cordons antérieurs il existe une sclérose diffuse beaucoup moins intense que dans les régions décrites plus haut ; cette sclérose s'étend ue la région dorsale moyenne à la région lombaire moyenne. -
Nous avons vu que dans le renflement lombaire les cordons étaient atteints de sclérose avec disparition des tubes nerveux; ceux qui persistent se colorent en rose par le pricrocarmin. Quand on examine des coupes faites à ce niveau avec un fort grossissement, l'aspect en est tout différent; on constate qu'il existe des travées assez épaisses correspondant les unes au sillon médian, les autres aux sillons collatéraux des cordons postérieurs. Dans le reste des cordons postérieurs, il n’éxiste pas de grandes bandes de sclérose; on y rencontre très largement espacés des tubes normaux bien conservés dont le cylindre axe est intact et dont le nombre peut-être approximativement évalué au cinquantième des tubes qui devraient normalement exister.
Mais entre ces tubes nerveux bien conservés, ce n’est pas du. tissu scléreux qu'on aperçoit. On distingue nettement la persistance de tous les cylindres-axes qui se présentent sous la forme de points bien réguliers; quelques uns sont entourés d’une zône claire qui ne se colore plus par le Pal et qu’on peut considérer comme les traces de la myéline disparue. |
Il nous est difficile de dire si cette zône claire, que nous
venons de mentionner, est constituée par des vacuoles formées à la suite de la disparition de la myéline, ou s'il existe une substance spéciale, transparente, ne se colorant pas par les réactifs usuels. Nous pencherions plutôt pour la première hypothèse, car quelques-uns des cylindres-axes présentent à leur surface une zône très mince de myéline perceptible à un très fort grossissement. Il semble que la myéline ait disparu par-
tout, sauf dans la zône qui est en contact avec le cylindreaxe.
Les tubes normaux, et ces tubes entourés d'une vacuole constituent le quart ou le cinquième du cordon postérieur ; le reste. qui parait plus compact, est constitué par des cylindresaxes de volume normal, entourés d'une zône amorphe colorée en rose se continuant avec le tissu voisin. Ce sont des tubes qui ne présentent aucune trace de gaîne myélinique ; le tissu qui les sépare peut être considéré comme du tissu conjonctif ou névroglique remplaçant la myéline absente.
Il est important de signaler cependant que ces cylindresaxes privés de myéline sont situés à distancé normale les uns des autres : en ce sens que si, par la pensée, on leur restitue leur gaine de myéline, on reforme un stroma normal. En d’autres termes, le nombre des cylindres-axes ne semble pas avoir dininué d'une quantité appréciable et leur aspect clairsemé paraît dà Simplement à l'absence de gaîne myélinique, le tissu interslitiel étant venu combler le vide ainsi produit.
Enfin, disons que nulle part il n'existe. de corps granuleux, les vaisseaux présentent des parois saines et de dimensions normales. Dans ce tissu interstitiel, on ne constate, en aucun point, de prolifération cellulaire, nt traces de tissu inflammatoire ancien ou récent. En un mot, il s’agit ici d’une atrophie simple des éléments nerveux et non pas d’une dégénérescence Waltérienne, plus que d’une névrite propagée à la moelle.
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Nous assistons ici à un phénomène identique à celui signalé dans l’examen du sciatique ; toutefois, tandis que, dans le nerf, la gaine de Schwann, en s’hypertrophiant, venait combler les vides laissés par la résorption de la myéline, dans la moelle en l'absence de gaine de Schwann, c'est le tissu interstitiel qui remplit les mêmes fonctions. En outre, tandis que ces interstices sont plus exactement remplis dans le nerf (où l’on ne trouve pas ces vacuoles déjà signalées par MM. Gombault et Philippe dans les lésions de la moelle), pour des raisons mal élucidées, ce fait se produit plus lentement ou moins parfaitement par suite de l'absence de gaines de Schwann, d'où la persistance des vacuoles que nous avons signalées. Cette différence d'aspect que présentent les lésions, bien étudiée par M. Durante, est une preuve qu’il s’agit bienici d’un processus de dégénérescence rétrograde. Dans les cordons latéraux, nous trouvons une lésion identique, dans le faisceau pyramidal droit et dans les faisceaux cérébelleux des deux côtés; le faisceau pyramidal gauche, au contraire, se signale par l’abondance de ses gaînes de myéline.
Dans les faisceaux antérieurs, le côté droit parait plus riche en fibres atrophiées que le côté gauche.
Dans la région lombaire inférieure, les parties altérées le sont beaucoup moins que celles situées plus haut, car on y trouve un bon nombre de tubes nerveux à gaine de myéline large.
Dans la région dorsale inférieure, les lésions histologiques sont moins accentuées ; on y trouve malgré cela une disparition des éléments nerveux. Mais ici l'estimation de l'intensité de la lésion est-plus difficile à établir par suite de l'hétérotopie signalée.
Au niveau de la région dorsale supérieure, dans les cordons postérieurs, il existe non seulement une atrophie des tubes
nerveux, mais une disparition d'un certain nombre d'entre eux. Dans la partie moyenne des faisceaux de Goll, nous avions signalé, dans les coupes colorées au Pal, la disparition partielle de la myéline ; nous constatons, par les colorants spéciaux du cylindre-axe, la persistance de ces derniers, mais en même temps une atrophie des éléments nerveux. Dans le cordon latéral, au niveau du faisceau de Gowers, un certain nombre de tubes nerveux ont disparu des deux côtés. Dans le faisceau pyramidal croisé, du côté droit, existe une atrophie des éléments nerveux ayant déterminé l'aspect de celle fausse sclérose dont nous avions signalé l'existence, car, à un fort grossissement, on distingue tous les cylindres. Dans le faisceau pyramidal croisé, du côté droit, ces lésions font défaut ou n'existent que d’une manière inappréciable. |
Au niveau de la région cervicale inférieure, dans la zône malade des cordons postérieurs, les cylindres-axes sont généralement conservés ; ces derniers ne font défaut, que dans la partie postérieure des cordons de Goll. Dans le faisceau pyramidal droit, on constate aussi la disparition partielle des gaînes de myéline, fait qui n’existe pas pour le même faisceau du côté gauche.
Enfin, dans le renflement cervical, on observe la même dis tribution des lésions que plus bas, mais elles paraissent un peu plus accusées que dans la région cervicale inférieure.
Examen de la substance grise. — On ne constate qu'une faible diminution du nombre des cellules nerveuses. Celles qui persistent sont bien colorées et présentent beaucoup de pro: longements. On remarque sur les coupes colorées par le Pal, que le chevelu de la substance grise est moins abondant à droite, qu’à gauche, tant en avant qu'en arrière. Nous n’avons rien de particulier à signaler au niveau de la région lombaire, si ce n'est ce fait curieux, qu'il existe, dans quelques coupes, sur une
igne passant par la base de la corne postérieure du côté droit, une cellule nerveuse bien conformée, envoyant son prolongement cylindraxile en arrière el des prolongements proloplasmiques en avant, placée en pleine subslance blanche et complètement isolée de la substance grise. Il s’agit probablement encore ici d'un nouveau point d'hétérotopie.
C'est dans la région lombaire supérieure que l’on commence à constater la présence de la corne hétérotopique que nous avons signalée. Le chevelu à ce niveau est aussi plus pauvre à droite qu'à gauche.
Dans la région dorsale inférieure, la corne antérieure, du côté droit, est plus petite que celle de gauche; cette atrophie est même notable. Le nombre des cellules nerveuses de la corne de droite est diminué. Mais il n'en est plus de même pour la colonne de Clarke, car les cellules du côté gauche font presque complétement défaut, tandis qu’elles sont nombreuses à droite.
Dans la région cervicale inférieure, on constate toujours l’atrophie de la corne antérieure du côté droit. Au-dessus de ce niveau toute différence dans la substance grise des deux côtés, disparaît.
Méninges. - Il existe un léger épaississement des méninges, sans altération des vaisseaux, dans la région lombaire, mais cet épaississement ne semble pas se rencontrer dans les points où . nous avons mentionné la fausse sclérose des cordons blancs. Ces deux lésions sont donc indépendantes l’une de l’autre.
Racines. — Dans la région lombaire inférieure, les racines postérieures sont saines du côté gauche, tandis qu'il est facile de voir que celles du côté droit présentent des lésions identiques à celles que nous avons signalées dans le nerf sciatique; car, dans ces dernières, en dehors de quelques tubes normaux, tous les éléments nerveux paraissent atrophiés, et les gaînes
Spore de myéline à peine visibles. Au niveau du renflement lombaire, les racines antérieures et postérieures du côté gauche, sont normales ; la moitié des faisceaux constituant les racines antérieures du côté droit, présente un aspect normal, On y constate quelques rares îlots analogues à ceux que nous avons décrits dans le sciatique; les autres fibres constituant ces racines sont altérées et ne présentent presque pas de gaine myélinique ; les cylindres-axes sont par contre conservés Dans les racines postérieures du côté droit, on observe les mêmes lésions : On y voit deux gros faisceaux complètement altérés à l'intérieur desquels on n'aperçoit que quelques rares tubes nerveux, noyés dans une substance amorphe.
Les mêmes lésions peuvent être observées, au niveau de la région lombaire supérieure, mais elles sont moins accentuées, et les racines deviennent norma:es aussi bien à droite qu'à gauche au niveau de la région dorsale inférieure,
Essayons, maintenant, d'interprêter briévement les lésions que nous avons observées dans ce cas. Il nous faut d'abord faire remarquer qu'il est difficile quelquefois de savoir, et de dire, quelles sont les lésions provoquées par l'amputation, et quelles sont celles qui sont la conséquence de la double hétérotopie que nous avons signalée.
Etant donnée la disposition des lésions dans les cordons postérieurs, nous croyons qu'il s'agit bien ici d'une lésion ascendante d'origine périphérique, d'autant plus que dans les parties de Ja moelle touchées par ces lésions, 1l est possible d'observer un, destruction partielle des tubes nerveux surtout en ce qui concerne leur gaîne de myéline.
Nous croyons que l'amputation a été la cause des lésions suivantes : destruction partielle, des tubes nerveux dans les nerfs, les ganglions, les racines et les cordons postérieurs par dégénérescence rétrograde.
Quant à la lésion du faisceau pyramidal que nous avons trouvé lésé surtout à droite, nous croyons qu'il s'agit ici d'une dégénérescence rétrograde non pas directement consécutive à la lésion ascendante qui avait frappé les racines antérieures, mais secondaire a l’altération des cellules nerveuses que nous avons trouvées lésées dans la région lombaire, altération déterminée par la propagation cellulipète de la dégénérescence rétrograde dés racines antérieures.
Nous nous trouverions donc en présence, pour Île faisceau pyramidal, d'une dégénérescence rétrograde propagée produite en deux temps : lésion ascendante altérant le centre trophique moteur, ce dernier provoquant à son tour, par contre coup, des lésions ascendantes et rétrogrades dans le faisceau pyramidal.
Ces constatations cadreraient assez bien avec les faits semblables signalés par M. Durante.
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