TRAITEMENT
Presque tous les auteurs qui ont observé des névriles palustres s'accordent à ne reconnaitre aucune efficacité à la quinine dans le traitement de ces affections C'est ainsi que Sacquepée et Dopter ne rapportent que deux cas où la médication quinique ait produit un effet heureux. |
L. Moreau écrit dans le Paris Médical (1918) que, si la quinine ne peut avoir la prétention d'être le médicament spécitique de loutes les manifestalions paludéennes, au moins dansles polynévrites elle aura l'avantage, en supprimant les accès, d'empêcher les aggravations locales qui sont la règle à chaque crise nouvelle. Pour ces auteurs, la thérapeutique des névrites palustres ne: doit différer en rien des moyens appliqués aux névrites d’aulre origine. Le traitement consistera donc en électrothérapie appliquée conformément aux réactions observées des nerfs et des muscles. Le massage, la rééducacation musculaire, les arsenicaux, la strychnine et la cure d'altitude viendront compliquer la thérapeutique.
Cependant, Ardin-Delteil prétend, dans un article du Sud Médical et Chirurgical (15 mai 1923), que la qui-
nine, prise à dose suffisante (2 grammes pro dite), a sur la névrite elle-même une réelle valeur curatrice. « En même temps qu'elle exerce sur le paludisme sa fonction d'arrêt, la quinine guérit la névrite, son action sur la douleur est immédiate. » Chez la malade qui fait l’objet de sa première observation et chez qui l’auteur à consalé une polynévrite sensitivo-motrice à prédominance paraplégique, le traitement quinique et arsenical a donné les résultats suivants :
« Les troubles sphinctériens disparurent les premiers, cependant que les réflexes rotuliens s’affaiblissaient, les achilléens restant normaux. On nota ensuite la diminution, puis la disparition des douleurs, en même temps que l’abolilion des réflexes rotuliens ; enfin la paralysie rétrocéda, et les réflexes rotuliens furent perceplibles : l'amyotropie diminua et la malade quillail le service, 56 jours après son entrée, pouvant marcher en s’aidant d’une canne. ».
Celle observation est suffisamment éloquente par ellemême. Point n’est besoin d'essayer par des discussions de. prouver l'efficacité de la quinine. Du reste, notre malade, dont l’histoire est rapportée en détail dans notre observation Ï, a présenté une amélioration considérable au bout de huit jours du traitement préconisé par Ardin- Delteil (bromhydrate de quinine 2 gr. pro die). Après un séjour dans le service d’un mois à peine, notre malade, qui élait condamné à l’immobilité la plus absolue par sa sciatique paludéenne, put à nouveau marcher sans Île secours d'une canne et steppant légèrement.
Indépendamment de la prophylaxie pratiquée contre l'infection malarique, le paludéen, pour éviter la névrite palustre, devra se défendre contre l'humidité et la fatigue, causes adjuvantes des complications nerveuses.