INTRODUCTION
N'us nous proposons, dans cet ouvrage, de donner une étude d’ensemble de la question des névrites tétaniques. Le tétanos, comme il a été nettement établi, doit être considéré comme une intoxication du système nerveux central par les produits solubles sécrétés par un micro- -organisme spécifique, le bacille de Nicolaïer. L’expérimentation a prouvé que ceux-ci sont absorbés par les nerfs et transportés par leur intermédiaire aux centres, qui offrent LA ; pour eux une affinité élective. L’anatomie pathologique a montré, en outre, qu'il en résulte pour eux de graves lésions. Il est normal que la clinique ait à enregistrer, de ce fait, des manifestations névritiques qui ne seront que la traduction de la souffrance de ces organes. Or, ces névri- 1 {tes sont particulièrement rares. Elles furent uniquement observées, et ceci depuis longtemps, dans le tétanos céphalique: nous verrons combien ce phénomène qui peut s’ex-
pliquer simplement, à l’heure actuelle, a excité la sagacité
— 140 — NT < \ des auteurs et a provoqué d’interprétations contradictoires; mais ce n’est pas là l’objet:de notre étude. Nous étu- L dierons particulièrement les névrites qui siègent aux membres; celles-ci se sont manifestées seulement depuis la guerre, à la faveur de ce vaste FRAME d'expériences que furent le che de bataille et de ses annexes : les ambulances d’armées; et nous réchercherons les: causes de cette apparition tardive des névrites des membres, parmi les complications du tétanos. |
Nous avons divisé notre sujet en cinq chapitr FH
Dans le premier, nous en détaillons l’historique; nous montrons que le rôle prépondérant des nerfs dans le téta-. nes avait été bien compris des anciens auteurs; nous étudions, et pour n’y plus revenir, le tétanos céphalique et surtout la paralysie faciale qui l'accompagne, résumant les diverses théories auxquelles donna naissance ce phéuomène troublant pour des observateurs, ignorant encore le mécanisme intime de l’intoxication tétanique ; enfin nous traçons rapidement l’histoire des névrites tétaniques ‘des | membres; | RE CRE ou
Dans le deuxième, hous résumons les données que nous | ont apporté l’expérimentation: avec l'étude de la toxine tétanique et celle du rôle de conduction des nerfs; et l’ana tomie pathologique: avec l’étude des lésions qu ils subis- Sent dec fait: 0,0" p
Dans le RTS nous publions in extenso les rares: observations que nous avons pu recueillir sur ce sujet;
Dans notre quatrième chapitre, nous déduisons du pré-. cédent les caractères du tétanos causal et ceux de,la névrite elle-même ; DA =.
Enfin, dans le cinquième, nous essayons de montrer les difficultés de ce diagnostic et particulièrement combien l’emploi du sérum antitétanique rend délicate l’apprécia- 2° tion étiologique des phénomènes observés, is “
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CIFAPITRE PREMIER
IlisrorIQUE .
La découverte du bacille de N icolaïer et de sa toxine, à
Ja fin du siècle dernier, à révolutionné la conception que
l’on avait de cette maladie; les études expérimentales et
anatomopathologiques, basées sur elle, nous en révélèrent
la pathogénie intime, mettant en lumière le rôle prépon-
dérant dévolu aux nerfs et Les lésions qui en résultent pour eux. FES
LE — Ere prébactériologique
Il n’est pas douteux cependant que les anciens auteurs : aient compris la part qui xevenait aux nerfs dans la Sattio: génie des phénomènes tétaniques, mais confondant cause et effet, c’est par leur lésion, qu'ils tentèrent d'expliquer cette maladie.
Ne À Paré l’attribue à la douleur produite par la à blessuré = d'un ferf, Guy de Chauliac incrimine les sections nerveu-
ses incomplètes, Fabrice d'Aquapendente (1723), remar- .. quant la fréquence du ‘tétanos dans les plaies des extré- Le mités, explique ce fait par leur richesse en nerf. Frinka de Krzovitz (1777) conseille la section des nerfs dans un. - but curateur.
Larrey, lors des guerres de l’Empire, précise les notions en cours; la maladie ne serait qu’une névrite propagée aux centres. Cette idée de névrite ascendante est admise et soutenue par la majorité des auteurs. Curling (1836) insiste sur la rougeur et l’inflammation des nerfs. Cavelbhino, Jobert de Lamballé, Stafford (1845), Labas (1846), | Zuffi 1851), Brown Sequard en 1864 qui défend cette théorie coùtre Verneuil; -Arloing et Tripier (1870) illustrent cette hypothèse.
Aïnsi, pour ces précurseurs, le tétanos n’est qu’un accident nerveux des plaies, lié à l'excitation anormale des nerfs intéressés par la blessure,