‹ Contribution à l'étude des névrites tétaniquesChapitre 6 sur 15 · IV. — Comparaison avèc l’action de la toxine diphtérique · texte numérisé non relu

IV. — Comparaison avèc l’action de la toxine diphtérique

La: toxine drphtérique se comporte sensiblement de la même facon que la toxine tétanique : On peut produire des paralysies en inoculant-la toxine (Roux et Yersin) ou des corps bacillaires tués (Rist, 1903). Baboneix (1902) a ob-

servé suivant les cas des paralysies ascendantes aiguës

type Landry, des paralysies généralisées débutant par la

région inoculée,. des paralysies localisées. Par une série

d? expériences on: prouve qu’elle suit la voie nérveuse

comme la toxine tétanique et qué la paralysie débute toujours ou se localise dans là région inoculée (Courmont,

Doyon et Parivot, 1895; Baboneix, 1904).

‘P’anatoômie pathologique grâce aux études de Déjerine :

(1878) et de Gombault (1881), surtout, prouve qu’il s’agit de névrite wallérienne et de névrite. segmentaire nee avec lésions vasculaires et inter stitielles. Fe ais

2e Co CHAPITRE Il |

OBSERVATIONS ee l

1 Observation Première Névrite. Ps des sus et sous- épineux gauches consécutive à une blessure du mollet gauche, par Laigncl-Lavastine SE Gougerot, publiée dans la Revue 2° Neurologie, 2? -décernbre 1915.

Le blessé, âvé de 21 ans, a été atteint, le 8 mars 1915, à

Beauséjour d’un éclat d’obus à la face interne du mollet gauche; premier pansement dans là tranchée sans teinture

d’iode;iln w avait dans la plaie m terre ni débris de vête-

ments, dit-il ; second pansement à la teinture d’iode au

nique à dose de 10 centimètres cubes sur le côté droit \de

E poste de secours. Le soir même, à l? ambulance, nouveau pansement, teinture d’iode, injection de un antitéta-

LL abdomen (elle ne fut par renouvelée). Le 9 mars il est.

évacué sur L'ambulance de Valmy, où on l’opère sous chloroforme, la plaie étant très infectée; il est évacué sur Sau- - mur le 17 mars. re :

La plaie suppure beaucoup; le tétanos se déclare le 25 mars ; il débute par des contractures lombaires, dorsales 6 le puis par celle des. masticateurs, les membres n'étant pas encore atteints; le blessé perd conscience et ne se réveille que vers le 1* avril; à ce moment, Jes membres participent aux contractures ; un abcès sous-

op e

cutané s'était formé au niveau de la piqûre de sérum et avait dû être incisé. Le traitement fut mené énergiquement: ponction lombaire, injection de sulfate de magnésie, injection intraveineuse de sérum antitétanique.

Dès les premiers jours d’avril, le blessé sentit que l’épaule gauche était paralysée, mais le membre était souple; tout le membre inférieur gauche (membre blessé) restait contracturé, le pied était fixé en varus équin; le bras gauche, le bras droit, le membre inférieur droit étaient redevenus souples.

Vers le 20 avril, on peut le considérer comme guéri du tétanos, mais il lui reste une paralysie de l'épaule gauche. L'état restant stationnaire en mai, on l’évacue à Angers, hôpital de Bellefontaine pour y suivre un traitement électrique. Sa fiche’ porte: « Névrite, périphérique d’origine toxique ». Electro diagnostie du 21 mai 1915. Courant faradique: absence de réponse pour les sous et sus- épineux sauches; hypoexcitabilité du deltoïde. Courant -gavanti-. que: réponse avec inversion de la lon pour les sus et sous-épineux, Il entre le 11 août 1915 au Centre de nette. rologie.

La blesstre du mollet, qui a Jaissé une large cicatrice

verticale, longue de ?1 centimètres, sur sa face interne

provoque encore quelqués tiraillements qui ne gênent pas : la marche. Seule la fonction de l’épaule gauche est encore troublée. Les muscles du bras, de l’avant- bras, de la maim ont toujours été normaux. Le bras droit a 260 millimètres de circonférence, le gauche 256. L’avant-bras droit 260, le gauche 252, À Ja vue, l’épaule gauche est un peu plus haute que la droite; le deltoïde ne dessine pas d’ épaulette ;

le pectoral gauche laisse une dépression sous- claviculaire

à peine plus marquée qu'à droite. Au contraire, l’atr ophie ne des muscles sus et sous-épineux est évidente; leurs saillies

: 25 — sont remplacées par des creux, et la partie postérieure du deltoïde semble atrophiée à la palpation.

Tous les mouvements provoqués sont normaux. Tous les. mouvements spontanés sont revenus; mais l’abduction de épaule et surtout la rotation us et le port du bras en arrière se font encore sans force.

IL n’y a pas de troubles trophiques cutanés.

On note une anesthésie du moignon de l’épaule gauche remontant à 80 millimètres de l’interligne scapulohuméral le long du trapèze et descendant, verticalement à 140 millimètres en dessous, s ’étendant en largeur par rapport à 2 articulation claviculaire externe, à 65 millimètres en avant et 100 millimètres en arrière le long de l’épine de l’omoplate.

Le

L'examen électrique montre une atrophie simple sans réaction de dégénérescence des sus et sous-épineux.

On ne note aucun trouble dans la motilité des membres inférieurs ; leurs réflexes tendineux et cutanés sont vifs également, sauf le réflexe achilléen gauche qui est plus faible que le droit, bien que la percussion du musele donne une réponse égale des deux côtés. Les cuisses ont, à 21 centimètres de la rotule, la droite, 522 millimètres de circon- férence et la gauche 515.

Sous l'influence du traitement électrique, la force musculaire revient avec une extrême lenteur. Aussi le malade reste-t-il encore hospitalisé en décembre 1915.

. Cette observation est atypique. Elle peut donner lieu à certaines discussions au sujet de son interprétation diagnostique ; nous y reviendrons plus loin.

Observation ET … :

Polynévrite félanique ranitinle à début local par le neniire Supérieur gauche consécutive à une plaie de l'extrémité de ce ‘membre, par, W. Richardson, publiée in-extenso dans le Journal of the Anterican medical Asséeialion, le ? juin 1917, résumée dans la Revue de Neurologie en 1917. Nous n'avons Pu, à notre regret, nous procurer Pape valion: COM 'ète.

“Le blessé, âgé de 19 ans, fait un tétanos g grave au 10° Jour qui suit une lacération de J’annulaire gauche ; troubles mentaux, convulsions. Fi

On fait le nettoyage de la plaie, du sérum antitétanique en abondance. Sous l'influence du traitement par l’antitoxine, le sulfate de magnésie et l’acide phénique, il y eut. deux périodes de rémission suivies 4 un retour offensif du mal. Les convulsions ne cessent définitivement qu ’au vingt. cinquième jour après le début des accidents. Trois semaines plus tard appar aissent des phénomènes névriti-

ques au bras : il se fait une rapide généralisation.

La” oeil coiimence à rétrocéder deux semaines plus tard. a

Observation III es is : os ; RATE PVRS P “ A 2 Wii | É *

Réaction polynévritique localisée au membre blessé dans un. cas de: fétanos local, par M Henri Français, “pubee dons la neue de Neurologte de juil

let 1918. 31

Un tétanos localisé au membre inférieur dut ie chez un lieutenant d ’infanterie blessé le 26 mars 1918 d “an séton du mollet droit. Deux injections préventives de sérum antitétanique ont été faites à dix jours d'intervalle. Les premiers symptômes de tétanos font leur apparition

Je 6 avril, donc onze jours après la blessure.

Late

Sauf quelques secousses convulsives du membre inférieur gauche, ayant duré trois jours, les manifestations tétaniques restent localisées au membre atteint; les mem- : bres supérieurs, le trone, sont toujours restés indèmnes. “he traitement fut le suivant : chlor al, 10 à 12 grammes pax jour; injections intrarachidiennes de sérum, à quatre reprises, de 20 centimètres cubes; injections intrarachidiennes de sulfate de magnésie à 2 p. 100.

Toute contracture est disparue. au bout de deux mois. La guérison aurait pu être considérée comme complète si certaines particularités n'avaient: attiré notre attention. A l’examen, les téguments de la jambe présentent un peu de-rougeur et d’œdème, Le réfiexe achilléen droit (côté malade) est très affaibli, tandis que les réflexes rotuliens et achilléens gauches sont encore exagérés. La force des mouvements de flexion, d’extension, d’ adduction ét d’abduction du pied sur la jambe est diminuée. L'’hyperexecita- bilité faradique et galvanique considérée comme classique au décours du tétanos n'existe qu’au niveau des muscles restés indémnes. C’est, au contraire, une hypoexcitabilité faradique et galvanique très marquée-que nous constatons au niveau des nerfs et des muscles du membre atteint. Elle est moins accusée dans le domaine du nerf cru: ral et dans les muscles de la ceinture pelvienne. Les seuils de contractilité galvanique: sont notablement plus élevés que du côté opposé. Enfin, en excitant le nerf tibial postérieur et les muscles de son territoire (de la plante du pied et les fléchisseurs: des orteils) on noté l'existence de con: tractions lentes et galvanotoniques.

Observation 1V.

Polynévrite hémiplégique consécutive à un télanos hémiplégique, par MM. P: Decomps, J. Euzière et P. Quercy, due à nie graude obligrance de M..le Professeur agrégé Euzière. Es

R. J.., fut blessé en février 1917 par cinq éclats d’obus en divers points du côté gauche. Pansé et muni le jour inême de son injection de sérum antitétanique, il fut évacué sur un hôpital de l'arrière. Le billet d’entrée établi alors, dresse en ces termes l'inventaire de ses blessures: « Séton de la cuisse gauche, face externe; plaie superficielle de la jambe gauche; plaie superficielle de Paisselle gauche; séton de l’avant-bras gauche avec parésie Ta diale ». À

Les cinq premières semaines s en sans encombre; peu de douleur, peu de suppuration. Au trente-sixième jour après la blessure se-développe g graduellement un tétanos hémiplégique. Le malade ne peut préciser le point de. départ des contractures ; le premier signe qui l’inquiéta fut le trismus, après quoi ses souvenirs deviennent très confus, Toutefois l'observation qui accompagne le malade donne les renseignements suivants: @La contracture s’6tend à tout le côté gauche, le côté droit restant presque entièrement indemne; il ÿ'a pleurosthotonos. Jusqu'au dixième jour du tétanos on administre quotidiennement … 20 centimètres cubes de sérum antitétanique et 4 grammes de chloral. A partir du dixième jour, traitement de Bacelli. La contracture diminue progressivement, et au vingt-cinauième jour le membre inférieur gauche reste seul contracturé ». Le souvenir de toute cette période reste très imprécis chez le malade ; il était très agité, délirait, se débattait et « roulait kois de son lit »,

ER Quand il reprit conscience il souffrait des articulations et des masses musculaires du membre inférieur gauche dont les trois segments étaient nettement immobilisés en flexion. Les tentatives d'extension provoquaient de vives douleurs dans le mollet et les adducteurs. Pour: lutter contre cette attitude vicieuse on essaye sans aucun succès: lé massage, la mobilisation, la réduction sous chloroforme

avec maintien dans une gouttière.

Au bout de quatre mois, la contracture céda, mais en

- même temps s’affirmait une parésié marquée du membre

‘inférieur. Le membre supérieur gauche présentait également des phénomènes de parésie diffuse, sans qu’on ait jamais noté à son niveau de contracture.

(l’est à ce monrent qu’on pratiqua un examen électrique. Ha fiche d’électrodiagnostic donne les renseignements suivants: € Hypoexcitabilité faradique et galvanique de tous les muscles des deux membres gauches avec trace de réaction de dégénérescence dans le territoire du sciatique poplité externe gauche ». Il y à en outre: € Lenteur de la contraction des muscles de ce territoire, réaction myoto-

nique ». | :

Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir à son sujet, avant d’avoir été appelé à l’examiner, huit mois. après l’apparition des premiers symptômes. Notre investigation donne les résultats suivants:

Côté droit: rien à noter.

Membre inférieur gauche: on découvre ane très légère flexion des divers segments; un raccourcissement apparent de 2 centimètres, ainsi qu’une légère scoliose lombaire à concavité gauche, provoqués par une inclinaison du bassin vers la droite; le pli fessier gauche est effacé; le sillon interfessier, oblique en bas et à gauche; à la mensuration, la cuisse a 4 centimètres d’atrophie, la jambe 2 centimètres par rapport au côté droit; le pied est à angle

droit surla jambe; il y a en outre une desquamation active de la plante et du talon gauches. ee

La mobilité passive est normale, la motilité de très compromise; les mouvements des divers segments sont limités, lents, sans force, et les orteils sont immobilisés. Le réflexe rotulien est normal, l’achilléen et le plantaire abolis ; la contractilité idiomusculaire des jumeaux, vive.

Membre supérieur gauche: abstraction faite de la destruction partielle du long supinateur par le séton qui l’a traversé, il paraît normal; les mouvements y ont leur amplitude ordinaire, mais la force déjà diminuée dans la ceinture scapulaire l’est de plus en plus en se rapprochant de l’extrémité distale; la parésie est très marquée au niveau des petits muscles de la main. La force enregistrée au dynamomètre est de 42 kilos pour le côté droit, de 15 kilos pour le gauche.

On ne note pas de Fe Sbrilaires pas d’exagération de la contractilité idiomusculaire. La recherche des réflexes radial et cubital provoque des contractions fascieulaires au-dessous du du coude. Le réflexe he est net. |

Dans les deux membres gauichés: on note dé 1’ ‘hypoesthésie tactile, douloureuse et thermique, légère à leurs racines, confinant à l’anesthésie à leurs extrémités. La sensibilité profonde est normale. On ne réveille pas de douleur à la pression des masses musculaires où des troncs nerveux. Mais le malade se plaint assez vivement. quand il

marche ou appuie l’avant- pied. .

L'examen électrique pratiqué sept : mois après l’appari- é tion du tétanos, révèle une hypoexcitabilité légère, dans le territoire du sciatique poplité interne, très marquée dans celui du sciatique poplité externe avec égalité polaire, et même, tendance à l’inversion dans le jambier antérieur et PE

\ Le

l’extenseur des orteils. Un mois plus tard, l’excitabilité est redevenue normale sauf dans le sciatique poplité externe où la secousse galvanique est molle et prolongée avec tendance à l'égalité polaire.

Cet ensemble de troubles s'améliore avec une extrême lenteur.

Peda

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