‹ Contribution à l'étude des notions nouvelles sur la grippeChapitre 7 sur 15 · ETUDE CRITIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CRITIQUE

Lorsqu'on compare les deux épidémies que nous venons de décrire, celle de 1889 et celle de 1918, on ne peut pas ne pas être frappé de leurs nombreux points de ressemblance. Dans l’une comme dans

l’autre, il s’agit d’une maladie à incubation courte

(quelques heures à un jour) à évolution rapide, trois à quatre jours (voir observations I, Il, III, IV), présentant les mêmes symptômes et la même série de complications. Les descriptions de ces deux épidémies se superposent dans leurs grandes lignes. C’est un fait incontestable.

Est-ce à dire que les diverses manifestations de cette affection ont été exactement les mêmes ? Nous ne le pensons pas.

L’épidémie de 1889 débuta en hiver, pendant lequel elle fit également son évolution. Celle de 1918 est apparue au printemps, s’est continuée pendant l’été et l’automne et ses manifestations ont varié suivant les saisons. En 1889, les poumons ont été surtout touchés. En 1918; ceci est vrai encore, mais avec quelques restrictions. Il ne faut pas perdre de vue, qu’à ses débuts, la grippe fut surtout intestinale.

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Bart

Les cas de juin, juillet et août furent de ce nombre. Nous avons eu personnellement, en août dernier, l'occasion detraiter dans une petite ville de province, un certain nombre de cas de cette grippe. Or toutes, saufune, furent intestinales. Il s'agissait, le plus souvent,de diarrhées abondantes, répétées, quinze à vingt fois par vingt-quatre heures, avec quelquefois du sang dans les selles, avec un état général de moyenne gravité, sans grosse température, mais avec asthénie très marquée et pronostic généralement bon. Plus tard, en septembre, apparurent les complications pulmonaires, à mesure que disparaissaient peu à peu les complications intestinales. Il nous semble que dès à présent il convient de signaler cette variété dans la localisation de l'infection subissant l'influence de la saison. i

De plus, alors qu’en 1889, la pneumonie surtout domina le tableau clinique, c’est la broncho-pneumonie qui, cette fois-ci, vient au premier rang de la liste des complications (Obs. V, VI, VIL, VIIL, IX, X). Mais dans les deux épidémies, que ce soit la pneumonie ou la broncho-pneumonie, on est souvent frappé de l’insignifiance, on pourrait même dire de l'insuffisance des signes d’auscultation, en présence d’un état général grave. Plusieurs fois, nous nous sommes trouvé en ‘face de malades dyspnéiques, cyanosés, chez qui il aurait été logique, de trouver des lésions graves. Or, à l’auscultation, on ne trouvait souvent que quelques râles épars dans les poumons et rien de plus (Obs. VI). Il semble bien qu’en

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