‹ Contribution à l'étude des occipito-iliaques gauches postérieuresChapitre 6 sur 25 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il nous a paru intéressant de commencer tout d’abord par quelques pages d’historique. L'évolution des idées est toujours chose curieuse à suivre. Chemin faisant, à mesure que se perfectionnent les méthodes d’observation, nous __ verrons s’individualiser les présentations, les positions et leurs variétés, se préciser leur évolution et leur méca-. nisme, nous rencontrerons aussi, dans plus d’un texte, certaines des idées que nous allons -défendre touchant les occipito-gauches postérieures.

Des siècles durant, la notion de position reste inconnue (telle du moins que nous la concevons de nos jours). Il n’est question que de présentations ou, plus exactement, de « Postures » ou « Figures ». HrippocRATE, dans son traité « De la nature de l’enfant », admettait trois postures générales. La première, quand l’enfant présente la tête, la deuxième quand il présente les pieds, la troisième «quand il vient de côté ou de travers ». (Mauriceau.) Les idées sur les présentations fœtales ne sont guère plus avancées au xvrr° siècle. Dans son & Æschole méthodique et parfaite des sages-femmes » Charles de SAINT-GERMAIN admet une « figure naturelle » et des & figures contre na-

RER Re ture ». Qu'est-ce que la figure naturelle? « C’est quand l'enfant sort présentant la tête la première, la face tournée vers le dos de sa mère, ayant les jambes en haut et les bras couchés sur les cuisses, sortant immédiatement après que les eaux sont percées » (page 178).

Quant aux figures contre-nature, ce sont celles que l’on rencontre dans l’accouchemient contre-nature, c’est-à-dire « celui dans lequel on a toute autre figure que la figure naturelle ». Ces figures contre-nature étaient nombreuses : les mains, les pieds, les fesses, les lombes, le nombril, ete. Le mécanisme de l’accouchement est alors presque totalemnt inconnu. Il n’est pas question de diamètres maternels et de diamètres fœtaux, les auteurs connaissent les contractions utérines mais imputent le travail à l’activité du fœtus. C’est ainsi que, dans ce même Charles de Saint- Germain, on lit que: & si vers le septième mois les enfans se tournent pour l’ordinaire la teste la première vers le couronnement, c’est d’autant qu'aux hommes, les parties supérieures sont plus lourdes et pesantes » (p. 121). C’est le fœtus qui perce les eaux, c’est lui qui détermine l’accouchement prématuré quand ne trouvant au sein de sa mère qu’une nourriture insuffisante il presse sur le couroïnement pour ((1ssir » et chercher sa nourriture au dehors.

Presque à la même époque François MauricEau dans son ( Traité des femmes grosses et de celles qui sont accouchées » (7° édition posthume, Paris, MDCCXL) admet une posture ou figure naturelle € quand la tête vient la première la face en dessous » (p. 234) et quatre postures contre-nature en général qui sont (premièrement, par toutes les parties antérieures du corps; secondement, par les postérieures; troisièrement, par les latérales, et quatrièmement par les pieds ».

Dans l’œuvre de cet homme qui fut pourtant un novateur en obstétrique, rien de valable encore sur le mécanisme de l’accouchement. .

Au siècle suivant LEvrer commence à s’occuper des diamètres du petit bassin (L'art des accouchements démontré par des principes de physique et de méchanique, Paris, MDCCLXVI). Il cite les trois diamètres antérieur, transversal, oblique du « détroit abdominal » mais il eroit que la tête s’engage au détroit supérieur par «€ l’occiput » la suture sagittale «suivant le tracé du conjugué ». En Aïllemagne, RœperEer et STeIN adoptèrent les mêmes conceptions.

L’Irlandais F. Ou», dans ( À treatise of midwifery in tree parts » (Dublin, 1742) fut le premier à déclarer que la tête se présente dans le diamètre transverse du bassin. Smellie fut de cet avis. Il enseigne que la tête se présente par le sinciput en position transversale, que dans l’excavation l’occiput est généralement la partie la plus basse et se tourne enfin en avant (vers la partie inférieure de la symphyse pour se dégager ».

C’est à Mathias Saxrorrx, de Copenhague, et surtout, au Français SOLAYRÈS DE RENHAC, que revient vraiment l’honneur d’avoir montré le rôle des diamètres obliques du bassin dans le mécanisme de l’accouchement.

Andrieux de Brioude, dans la traduction française qu’il donne de la « Dissertatio de partu viribus maternis absoluto » de Solayrès (Traduction, Paris, 1842), s’exprime ainsi au sujet de l’auteur: « C’est de lui que doit dater la période obstétricale à laquelle on donne à tort le nom de période de Baudelocque. Si Solayrès eut vécu, dit M. Velpeau, peut-être Baudelocque n’aurait point honoré la France ». C’est, en effet, dans la dissertation de Solayrès

s Atipree

que l’on trouve la première classification méthodique (bien

que touffue) introduite en tocologie. La présentation du

sommet (1* genre, du 1* ordre de la 1" classe) comprend

six (espèces » (variétés de positions), dont voici les carac-

tères.

1% espèce. — La suture sagittale est placée dans la direction du diamètre antérieur, la fontanelle postérieure est vers le: pubis, l’antérieur vers le sacrum. Solayrès ajoute: « Cette position de la tête est tellement rare que sur vingt accouchements on la rencontre à peine une ou deux fois ».

2 espèce. — La suture sagittale est dans le même diamètre, mais la fontanelle antérieure est derrière le pubis, la postérieure devant le sacrum.

3 espèce. — La direction de la suture sagittale suit celle du diamètre, oblique de gauche à droite; la fontanelle postérieure est à gauche et en avant, l’antérieure à droite et en arrière.

4 espèce. — La suture sagittale occupe le même diamètre oblique, mais la fontanelle postérieure est vers la symphyse sacro-iliaque droite l’antérieure répond à la cavité cotyloïde gauche.

5° espèce. — La sagittale suit la direction du diamètre oblique de droite à gauche, la fontanelle postérieure regarde la cavité cotyloïde droite, l’antérieure la symphyse sacro-ilaque gauche.

6° espèce. — La fontanelle postérieure (la sut. sagittale occupant le même diamètre que pour la 5° espèce) est vers la symphyse sacro-iliaque gauche. L’antérieure vers la cavité cotyloïde droite.

Par ordre de fréquence on rencontrait pour Solayrès :

DO EG), 5 (OLD: A), — T1 (O"P.),;-—2 (0. $.), 4 (0. ID. P.), —6 (0. I. G: P.).

Les positions les plus rares étaient donc les obliques postérieures. L'auteur est d’avis que dans la majorité des cas leur rotation de dégagement se fait en O:$. mais 11 admet cependant, à titre exceptionnel, leur conversion en ‘OP.

BAUDELOCQUE, qui multiplhia les positions au point d’en admettre 94, considère, comme son maître Solayrès, six espèces dans la présentation du sommet. (L'art des Accouchements, édition posthume de 1825).

1° La fontanelle postérieure est située derrière la cavité cotyloïde gauche, l’antérieure au-devant de la symphyse sacro-iliaque droite.

2° La fontanelle postérieure est derrière la cavité cotyloïde droite, l’antérieure au-devant de la symphyse sacroiliaque gauche.

3° La fontanelle postérieure répond au pubis, l’anté-

. rieure au sacrum.

4° La fontanelle antérieure répond au cotyle gauche, la postérieure à la symphyse sacro-iliaque droite.

5° La fontanelle antérieure répond au cotyle droit, la postérieure à la symphyse sacro-iaque gauche.

6° La fontanelle antérieure répond au pubis, la postérieure au sacrum.

Par ordre de fréquence Baudelocque rencontra sur 10.322 enfants:

8522 fois la position n° 1 O.I.G.A.

RUE is 2.O.I.D.A.

DE Le 4 O.I.D.P.

JOEE ce 5 O.I.G-.P.

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